A l'Elysée, l'amiral a exercé, ces trois dernières années, un rôle d'éminence grise. Sur la dissuasion, bien sûr. Mais aussi sur les ventes d'armes, que M. Sarkozy a souhaité relancer. Edouard Guillaud s'est beaucoup impliqué dans l'exportation du Rafale, aux Emirats arabes unis et au Brésil. La vente de l'avion de chasse, plus difficile qu'attendu, a poussé l'Elysée à différer son départ ; un décret a été pris à l'été 2009 pour prolonger le général Georgelin, atteint par la limite d'âge des 61 ans.

Edouard Guillaud a, en outre, mené la renégociation des accords de défense entre la France et les pays africains, et géré la question sensible du redéploiement des bases militaires françaises. Une décision présidentielle est attendue sur le choix de maintenir ou non les deux bases d'Afrique de l'Ouest, Dakar (Sénégal) et Libreville (Gabon).

Le mandat du nouveau CEMA,chef d'état-major des armées, devrait courir jusqu'en 2014. C'est le terme de la loi de programmation militaire votée en 2009. L'amiral Guillaud devra, dans un contexte budgétaire très tendu, en assumer les promesses. "L'armée de terre, la plus engagée dans les opérations extérieures OPEX, va l'attendre au tournant", note un spécialiste des questions de défense. A lui, aussi, d'achever la restructuration des armées, appelées à perdre 7500 emplois par an d'ici à 2014. Il lui faudra encore assurer la montée en puissance de la France dans l'OTAN. Pour exercer ces responsabilités gestionnaires, comme pour préparer les décisions stratégiques, l'Elysée lui a donné de nouveaux outils. Les pouvoirs du chef d'état-major des armées ont été renforcés. Il est, plus que jamais, un interlocuteur privilégié du pouvoir exécutif.

Source : Nathalie Guibert - Le Monde.fr