L'affaire des parachutes EPC des troupes aéroportées
Par PC le vendredi 5 mars 2010, 06:02 - Actualité - Lien permanent
Les EPC, nouveaux parachutes pour
l'armée française
La judiciarisation des appels d’offres de défense a fait une nouvelle victime : les parachutes des troupes aéroportées.
La compétition EPC (ensemble de parachutage du combattant), qui doit remplacer l’équipement existant (EPI : ensemble de parachutage individuel) à bout de souffle, doit fournir un système comprenant un parachute dorsal, un ventral et une gaine d’emport de charges, le tout compatible avec le système Felin.
Attribué en 2008 à la société française Aerazur, habituée à travailler avec l’armée française et qui avait développé conjointement avec la DGA et l'Armée de terre, les protoytype de l'EPC, le marché avait fait l’objet d’un recours en référé précontractuel de la part du candidat malheureux, la société allemande Spelco.
Surprise : le tribunal administratif de Versailles avait décidé d’annuler la compétition, obligeant la DGA à relancer la procédure. Or, le nouvel appel à candidature de 2009 a vu l’arrivée d’un troisième larron, britannique cette fois-ci, Airborne Systems Ltd, qui, non content de s'immiscer dans la course, a remporté le marché !
Nouveau gagnant, nouveau recours, c’est Aerazur, qui, à son tour, s’est fait débouter. Résultat : le marché, de 69 millions d’euros, a été notifié fin 2009 au Britannique, le moins-disant. Les nouveaux parachutes français seront donc britanniques et commenceront à arriver dans les forces dès 2010, avec une bonne année de retard. A moins que...
Doutes lors de l'attribution du marché des parachutes de l'armée
Suite à l'échec de ce dernier recours pré-contractuel introduit par Aerazur, filiale du groupe Zodiac, la candidate malheureuse a ressaisi le TA de Versailles en référé sur le fond cette fois-ci. Aerazur conteste les résultats de l’expertise menée sur les échantillons.
Car l’appel d’offres a abouti à son éviction sur une note technique, les échantillons (qualité du tissu...) n’ayant pas correspondu aux critères imposés par le cahier des charges EPC. Un résultat, il faut le reconnaître, étonnant, sachant qu' Aerazur avait développé une trentaine d’équipements avec la Direction Générale de l'Armement pour aboutir à l’expression du besoin EPC !
S’agit-il d’une erreur du laboratoire indépendant consulté durant la
procédure ?
La justice devra éclaircir ce point.
Autre interrogation, le gagnant britannique Airborne Systems a, depuis, changé d’actionnaire, racheté par HDT Engineered Technologies à la fin janvier 2010. Alors que, durant le premier appel d’offres, Aerazur avait noué un partenariat de sous-traitance avec Airborne Systems, ce dernier avait ensuite cassé cet accord pour faire cavalier seul et finalement remporter la seconde procédure, suite à l’annulation de la première.
Comment expliquer ce revirement ?
L’ancien actionnaire de
Airborne Systems n’aurait-il pas voulu “gonfler” le carnet de commandes pour
valoriser les actifs de la société, quitte à faire des propositions
difficilement tenables pour remporter des marchés ? Une telle stratégie risque,
par la suite, de contraindre à faire appel à des sous-traitants dans des pays
où la qualité n’est pas le critère principal... La DGA et l’Armée de
terre veilleront au grain, mais des non-conformités de qualité
retarderaient une fois de plus les livraisons...
«Cette affaire met en lumière les limites du code des marchés publics», commente une source institutionnelle, «tenues au strict respect des procédures, certaines attributions de marchés aboutissent à la livraison de produits non-conformes.»
«Une décision difficilement compréhensible», commente un dirigeant
d’Aerazur, «en contradiction avec le plan de relance, puisqu'
au final, cette décision aboutira à la perte d’emplois en
France». Le temps reste un facteur déterminant, le marché ayant été
attribué en décembre 2009 à la société anglaise, les livraisons devraient
commencer cette année.
Affaire à suivre...
Source : G Belan - TTU on Line - Crédit photo :
Aerazur
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Commentaires
La coupole ressemble à une soucoupe volante !!! Il manque le bonhomme vert…
L'interet du code des marches publics
est d'obtenir le meilleur prix
les inconvenients sont nombreux:eloignement du fournisseur,destruction du tissu industriel français,materiels nouveaux,qualite differente
Pour des commandes concernant les entreprises françaises,afin de ne pas se faire gruger,obtenir le meilleur prix,on pourrait faire de la negociation de gré à gré en comparant et demander à sa fournisseur de s'aligner ou de partager ou de s'associer.
Airborne peut aussi parfaitement faire fabriquer en chine contribuant à la destruction des emplois industriels français
Encore une fois de plus . Pourquoi avoir trainé, sur le sujet de remplaçant du 696-26.
Il y a plus de dix ans tout le monde dans les TAP savait qu'il fallait changer ce parachute. C'est un parachute dangereux ou le taux d'accident est élevé. Il tourne , il à peu de portance, il faut l'utiliser avec charge. D'autre système on été proposé à l'armée ,mais celle-ci à toujours refusé. C'est simple , si l'idée vient d'en bas , on fait la sourde oreille. Si l'idée vient d'en haut alors là on écoute. Faites confiance aux gens qui pratique la SOA militaire tout comme la chute et non aux gens de salon. Pour nos hommes, pour notre indépendance il vaut mieux du matériel français et y mettre le prix, que du matériel étranger ,fabriqué on ne sait ou et à moindre cout. Les intermédiaires devraient s'en mettre un peu moins dans les poches. Il faut croire aux TAP , même si sur le plan stratégique c'est une arme fragile , on connais les conséquences, mais c'est une arme dangereusement fiable, discrète, une arme de pro, qui doit être gérée pâr des vrai pro et non des amateurs.
Les marchés, les industries françaises ont les capacités, la volonté à réaliser un "piège" correcte pour nos hommes. Plutot que de chercher ailleurs regardons chez nous.
La justice est indépendante, la DGA applique le code des marchés publics, bref personne n'a rien à se reprocher. Et le politique regarde-t-il ailleurs ? Le contribuable (et électeur) appréciera. 69 M€ tout de même ! Les marges partent en Grande bretagne, ou vers un consortium américain, les emplois en Roumanie, si le bruit qui court dans les unités est fondé, tout cela avec des crédits provenant de nos impôts. Si au moins la qualité est au rendez-vous ! Mais c'est quoi cette affaire d'échantillon de tissu ? Aerazur qui a développé le produit aurait présenté dans son offre un tissu non conforme au cahier des charges établi à partir de ses propres prototypes ?!? Espérons que Airborne utilisera le bon tissu ... Les unités auront vite fait de constater si la qualité des matières premières et de la fabrication des parachutes EPC est au rendez-vous. Si le parachute est bien fabriqué et pas cher, il nous restera à remercier Aerazur pour avoir développé un excellent piège.