C’est par ces mots, traduits par un interprète, qu’un Kurde qui comparaissait, hier à Nîmes avec sa famille, a expliqué son périple à travers l’Europe. Mais c’est avant tout pour des questions de procédures que la justice nîmoise a majoritairement tranché en faveur de la remise en liberté des réfugiés. La veille, ils avaient été transférés en avion de Corse vers le continent, et installés dans plusieurs centres de rétention (Midi Libre d’hier).

La situation judiciaire a été examinée par trois juges des libertés et de la détention (JLD) du TGI de Nîmes.

Face à eux, le même nombre d’avocats et trois audiences organisées en parallèle pour dire si ces clandestins devaient être maintenus ou non en rétention. Tour à tour, ces migrants sont venus devant les magistrats expliquer leur parcours et dans quelles conditions ils ont fui la Syrie, où ils sont considérés comme une minorité et mal traités par le régime.

Dans la salle d’audience correctionnelle, ce père de famille, profession «décorateur d’intérieur», s’apprête à venir à la barre pour être interrogé. Sa femme est assise devant lui. Ses jumeaux font basculer leurs jambes comme les enfants le font parfois. Pour lui, pas question de retourner en Syrie. Plutôt avoir « la tête tranchée » que de « retourner là-bas », aurait-il déclaré aux autorités en Corse.

L’avocate, Pascale Me Chabbert-Masson, a immédiatement annoncé la couleur dans sa plaidoirie. « Je n’ai jamais vu autant de procédures avec autant d’irrégularités », a-t-elle observé pour réclamer la remise en liberté pour cette famille kurde, qui a demandé le droit d’asile. Rétention, garde à vue, interpellations, droit d’asile, aucun de ces aspects n’a été respecté selon elle. Mes Raphaël Bellaiche et Carmelo Vialette ont développé les mêmes arguments auxquels les juges ont été sensibles.

Source : Midi Libre.com

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