Cette découverte publiée dans The Lancet pourrait améliorer sensiblement l'arsenal thérapeutique pour les brûlés graves, ceux dont l'étendue et la profondeur des lésions met en jeu le pronostic vital. Depuis plus de vingt ans, en effet, les brûlés graves ont bénéficié de thérapies cellulaires taillées sur mesure.

Au début des années 1980, les travaux de l'Américain Howard Green, biologiste au Massachusetts Institute of Technology, le MITde Boston, avaient permis de mettre en culture l'épiderme des brûlés. Avec un prélèvement d'épiderme de la taille d'un timbre-poste, on peut en laboratoire, pour 135 000 euros et en 23 jours, obtenir près de deux mètres carrés du propre épiderme du brûlé. Aujourd'hui, une seule firme Genzyme, basée à Boston, continue à fournir ce service aux centres de brûlés.

Une peau de "synthèse" ... en attente de l'autogreffe

Mais la mise en culture des propres cellules de peau d'un brûlé pour obtenir suffisamment de surface d'épiderme ne permet une «récolte» qu'au bout de 23 jours. Entre-temps, il faut obligatoirement un «pansement» temporaire en attendant les autogreffes définitives.

L'enjeu est considérable : en effet, les brûlés au-delà de 70 % de surface (90 % voire 95 % ne sont plus rares) doivent impérativement recevoir une couverture cutanée comme barrière physiologique antibactérienne. Sinon, c'est la déshydratation, les septicémies, les infections rénales, les abcès cérébraux, le «poumon de pierre», qui menacent le pronostic vital des brûlés graves. Pendant des décennies, les chirurgiens et les réanimateurs n'ont eu à leur disposition que les greffes prélevées de la propre peau saine des brûlés. Celle-ci, comme une terre fertile, cicatrise et peut même fournir plusieurs récoltes successives. Mais chez les brûlés graves (on en compte 350 par an en France), la surface saine restante ne peut fournir suffisamment de peau pour panser la brûlure. Les peaux animales et les greffes de peau de cadavres sont immanquablement rejetées.

Inserm et Généthon

D'où l'idée de Marc Peschanski de fournir un épiderme bourré de kératinocytes à partir de cellules souches embryonnaires qui n'expriment pas les antigènes reconnus comme étrangers par le corps. Déjà, une équipe autrichienne avait en 2006 fait des greffes de peau à partir de cellules de peau de fœtus humains : dix-huit mois après, ils n'étaient pas rejetés. C'était une piste à suivre.

L'équipe de l'Inserm et du Généthon a mis en culture pendant 40 jours des cellules souches d'embryons humains, mêlées à des cellules nourricières qui leur envoient des signaux chimiques spécifiques pour les encourager à se différencier en kératinocytes adultes. Surtout, cette lente maturation a enfin permis (personne n'y était parvenu jusqu'ici) l'assemblage in vitro d'un véritable épiderme constitué de multiples couches de ces kératinocytes. Un tissu organisé et vivant que l'on pourrait «stocker» au congélateur et fournir ad libitum aux chirurgiens pour les soins des brûlés.

Le futur ? Faire des kératinocytes à partir de cellules pluripotentes induites adultes prélevées sur des donneurs sélectionnés : en choisissant quelques centaines ou quelques milliers d'individus possédant certains antigènes du système HLA (qui commande le rejet des greffes) qui seraient des «donneurs universels», on aurait accès à une banque permanente de peau.

Source : Le Figaro.fr - Sur une idée de Vincent

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Argent du Téléthon 2009 : Polémique de Pierre Bergé  sur la générosité...

NDLR : Cette avancée médicale majeure illustre le rôle majeur du Généthon, qui rappelons le, a été créé en 1990 par l'AFM grâce aux dons du Téléthon. Le Généthon est un centre de recherche et d’application sur les thérapies géniques. Il intègre également des activités de recherche autour des cellules souches.

Cette précision est importante à quelques jours du 23 Téléthon ; ceci en pleine polémique sur l'argent de l'AFM.

L'homme d'affaires Pierre Bergé, à la tête du Sidaction, s'en est pris vivement samedi au Téléthon, qui selon lui "parasite la générosité des Français d'une manière populiste". "Soyons clair, je n'accuse personne de détourner de l'argent (...), mais j'accuse que 100 millions pour le Téléthon ne sert à rien", a lâché Pierre Bergé sur France Info, révélant au passage qu'il était lui-même myopathe. "Les organisateurs du Téléthon ont trop d'argent, ils achètent des immeubles", a-t-il encore attaqué.

"Moi, je parle pour le sida, mais il n'y a pas que le sida. Le Téléthon parasite la générosité des Français d'une manière populiste, en montrant des enfants myopathes, en exhibant le malheur des enfants. Je trouve ça absolument inadmissible", a encore déclaré l'homme d'affaires.

La présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), organisatrice du Téléthon, Laurence Tiennot-Herment, a démenti tout placement financier dans l'immobilier. "L'AFM ne fait évidemment aucun placement financier dans l'immobilier. C'est clair, net et précis", a-t-elle affirmé. "Par contre, nous engageons des moyens financiers parfois dans de la construction et dans du bâtiment", a-t-elle précisé, ajoutant que c'était "forcément toujours en lien avec nos missions sociales, guérir et aider".

Elle a cité comme exemple la construction de trois appartements près d'Angers qui sont des "lieux de répit pour les familles", ou la construction d'un bâtiment dédié à la fabrication de médicaments de thérapie génique pour les maladies rares.

Le 23e Téléthon aura lieu les 4 et 5 décembre sur France 2 et France 3. La collecte précédente, en décembre 2008, a rapporté 104,911 millions d'euros.

Source : Le point.fr (extrait)