Le premier ministre, Brian Cowen, a soutenu cette demande, obligeant son homologue français, François Fillon, à réagir : "Ce n'est ni au gouvernement français ni au gouvernement irlandais de s'immiscer dans le fonctionnement de la fédération internationale." La requête est de pure forme, car jamais le résultat d'une rencontre n'a été annulé en raison d'une erreur d'appréciation de l'arbitre.

Même notre président de la république, Nicolas Sarkozy, interrogé sur cette affaire, à botté en touche, "... ce qui m'arrange..." a-t-il ajouté avec humour ;-)

Thierry Henry a reconnu s'être aidé de la main. En une soirée, il est devenu la star incontestée de la Toile, suscitant caricatures, parodies et canulars. Sa notice sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia a dû être verrouillée, des plaisantins l'ayant ainsi rectifiée : "Thierry Henry est un volleyeur français..."

En France, les politiques ne cachent pas leur embarras. Si la secrétaire d'Etat aux sports, Rama Yade, a défendu Henry avec un éclairage technique, sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, a évoqué un "lâche soulagement" mâtiné d'une "grande inquiétude". "Si on continue comme ça, on ne va pas être bien en Afrique du Sud." La ministre de l'économie, Christine Lagarde, militait le 20 novembre au matin sur RTL pour "faire rejouer un match".

Quant à Ségolène Royal, elle n'a toujours pas présenté d'excuses officielles de la France au peuple d'Irlande.

Source : Bruno Lesprit - Le Monde.fr - Extraits

NDLR : Nous, on l'aime bien, Thierry Henry, même s'il a été pris " la main dans le sac ".

Il faut lui reconnaître que ce ballon est arrivé de manière très provocatrice, et puis, même sans cette main destinée à assurer une passe vers le buteur, il est probable que ce but aurait été  marqué. C'est un brave type Thierry Henry, avec du coeur et de vrais sentiments. Un sportif au sens noble du terme. A l'issue du match, il n'était guère triomphant, ni radieux, bien que son équipe ait gagné sa qualification. On le sentait un peu gêné, non ? Il a aussitôt manifesté sa solidarité avec la valeureuse équipe irlandaise, reconnu très vite sa faute "instinctive" et déclaré que la solution la plus équitable serait de rejouer le match. Nous le croyons sincère et c'est à son honneur.

Car c'est bien sur ce plan que se situe le vrai débat : Et l'honneur dans tout ça? Il semble que cette vieille notion d'HONNEUR, de même que celle du FAIR - PLAY et le goût du PANACHE, aient disparu des critères du foot ball, au niveau international. La question ne se pose même plus en ces termes. Sans doute est-il techniquement difficile de faire rejouer un match, mais le mot IMPOSSIBLE disait-on, n'est pas français. Comme les temps ont changé...

La décision a été prise par les hautes instances du foot-ball international de ne pas faire rejouer le match. Cela aurait créé un précédent, étant donné que jusqu'ici, les fautes passées inaperçues d'un arbitre n'ont jamais été sanctionnées. Ouf ! Tout le monde peut s'en laver... les mains, ce qui est du reste un excellent moyen de lutter contre la grippe H1N1 mais ceci est un autre sujet.

Il nous reste à espérer qu'au moins, en Afrique du Sud, l'équipe de France se montrera digne de cette qualification.  Si ce n'est pas le cas, quelle défaite cette victoire !     PC/PJ

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