Le général Irastorza s'exprime sur le thème : Explosif contre cuirasse
Par PC le dimanche 1 novembre 2009, 09:00 - Actualité - Lien permanent
La course au blindage contre explosifs improvisés ?
Le numéro de novembre 2009 de la revue Défense nationale et sécurité collective publie un article signé par le chef d'état-major de l'armée de terre (CEMAT) le général Elrick Irastorza, sous le titre " Explosif contre cuirasse "
Dans ce texte, la plus haute autorité des forces terrestres françaises fait le point sur l'une des innovations majeures des derniers conflits - Israël/Hezbollah 2006, Irak et Afghanistan - à savoir l'emploi massif d'engins explosifs improvisés (EEI, ou IED - Improvised explosive devices). Ils sont employés par des guérilleros aux moyens très modestes contre des armées technologiques utilisant des véhicules blindés, et mettent ces derniers en grand péril. L'auteur note que ces mines sont responsables de 29 % des pertes américaines en Afghanistan, donc comparables en pourcentage à celles des Français (28 %), mais très inférieures à celles des Britanniques (47 %).
Dans ces conditions, ces armées se trouvent confrontées à la nécessité de réduire les pertes causées par ces armes, dont le rapport coût/efficacité est exceptionnel, avec une "asymétrie financière exorbitante lorsqu'un dispositif de 200 euros est à même de détruire un matériel coûtant jusqu'à 8 millions d'euros."
L'un des problèmes n'est autre que l'actuelle infériorité de la cuirasse, dès lors que "nous sommes arrivés, d'une certaine manière, au bout des possibilités techniques actuelles en termes de protection de nos engins."
Le général cite (à juste titre !) le peu connu Jean-Frédéric Le Mière de Corvey , qui écrivait en 1823 à propos des insurgés espagnols combattant les troupes napoléoniennes : "Cette guerre bien faite, dirigée par un chef habile, inspirera la terreur à l'ennemi. Il saura occuper les villes, comme il traversait des routes pour communiquer de l'une à l'autre, il sera assailli sur ces routes. Il faudra qu'il soutienne un combat à chaque défilé. Il n'osera plus faire sortir une seule voiture sans escorte. Il fatiguera ses troupes et sera détruit peu à peu sans avoir jamais éprouvé une grande perte à la fois." Étrange similitude avec la situation afghane, n'est-ce-pas ?
"La solution réside en partie dans le retour à l'effet de surprise"
L'armée française a acquis aux États-Unis et déployé en Afghanistan des engins MRAP (Mine Resistant, Ambush Protected) Buffalo qui résistent aux mines. Mais problème : ils sont peu mobiles, car "le surblindage entraîne une augmentation de la taille et du poids des véhicules" ; les combattants sont de ce fait mieux protégés, mais sourds et aveugles...
Pour le général, il faut arrêter l'escalade du blindage contre les EEI, menace "improvisée, rudimentaire, permanente, fugace et très évolutive". Il souhaite insister sur l'ensemble des facteurs permettant d' "éviter d'être détecté, visé, atteint, percé et détruit", et relève que l'armée de terre a acheté en urgence des brouilleurs et des tourelleaux télé-opérés pour les VAB. Mais il observe également que les hélicoptères Tigre et les canons Caesar, qui viennent de connaître leurs premiers déploiements en Afghanistan, ont été respectivement développés à partir de 1976 et de 1993 ! 33 ans avant sa première opération pour l'un, et 16 ans pour l'autre... Et le général de réclamer que les armes actuellement à l'étude "offrent des marges d'évolution bien supérieures à celles des matériels actuellement en service".
Le général ne renierait pas la fameuse réplique des Tontons flingueurs : "Seulement, de nos jours, il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied. L'esprit fantassin n'existe plus. C'est un tort." Pour Elrick Irastorza, de fait, la solution réside en partie dans le retour à la "mobilité tactique" et à l'"effet de surprise" de même que dans le refus des "dispositifs statiques aux modes d'action et aux déplacements prévisibles".
Il voit un grand avenir à l'association des moyens de renseignement, des véhicules à haute mobilité et à la manoeuvre aéromobile associés à des "phases d'engagement à pied ,qui doivent être un facteur de supériorité, l'endurance et la rusticité de nos combattants leur permettant d'affronter, voire de devancer l'adversaire sur son propre terrain". Autant d'éléments prônés par la nouvelle doctrine de contre-rébellion de l'armée française, qui entend associer les opérations de combat aux actions civilo-militaires au service de la population.
Quant à la course au blindage, elle n'est pas tout : "Prendre ou reprendre l'ascendant est affaire matérielle, mais aussi affaire de courage et d'intelligence."
Source : Jean Guisnel - Le Point.fr
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Commentaires
Ce général est un bon général qui met le doigt sur le noeud du problème. Un blindé c'est pour une guerre de blindés, pas pour le corps à corps avec des ennemis à pied. Dans toutes les guerres les chars ont été facilement détruits au moyen de mines ventouses ou simplement cocktail molotov. Ils ont deux points faibles : le train de roulement et le compartiment moteur. Ces deux points de par leur destination ne sont pas ou peu protégés. Un char sans train de roulement c'est un peu comme un boxeur qui pert son caleçon en plein combat. Et un char immobile est une proie facile. Quant au compartiment moteur du fait des contingences de refroidissement il est perméable aux liquides enflammés. Et dès qu'un compartiment moteur prend feu il vaut mieux se tirer rapidement de la caisse.
Un blindé c'est une artillerie "protégée" en appui de fantassins, c'est à dire derrière les fantassins ou à coté mais pas à la place comme le fait remarquer avec bon sens le général.
Je pense qu'il faut avant tout repenser à la tactique d'emploi de chaque type de blindé car chacun à une spécificité propre.
Arriver en hélicoptère, j’ai eu l’occasion de le voir au mois de juin 2009 sur l’esplanade du Monument aux Morts du Mont Mouchet en Auvergne, il faisait un froid de canard….juste 5 degrés !
Jovial et sympathique le Général….à 59 ans il totalise pas mal de responsabilités opérationnelles, de formation, de gestion des ressources humaines.
En tant que nouveau Patron de l’armée de terre, nous pouvons que lui souhaiter de faire bonne route et qu’il n’est pas la malchance qu’à eu le Général Bruno Cuche qui a dut démissionner suite au drame de Carcassonne.
En espérant que l’Elysée trouvera en lui un homme digne de confiance et surtout irréprochable……au petit bonheur la chance !!!
Pour information : Bon à savoir
Aujourd ‘hui, notre armée Forte de 54 600 hommes et femmes, la Marine nationale dispose de 146 bâtiments pour un tonnage de 305 000 tonnes et de 162 aéronefs.
Elle est composée de quatre forces principales :
la Force d'action navale (FAN) : 115 bâtiments et 12 000 personnes. ;
Les Forces sous-marines (FSM) : 10 bâtiments et 3 300 personnes ;
L'Aviation navale (AVIA) : 147 aéronefs et 7 300 personnes ;
Les fusiliers marins et commandos (FORFUSCO) : 2 000 personnes réparties en 16 formations
L'Armée de l'air est forte d'environ 65 000 personnels dont 9 % de civils et près de 8 000 réservistes. Elle dispose d'environ 830 aéronefs, dont 300 avions de combat, répartis sur 37 bases aériennes en métropole et 9 bases outre-mer. Elle est composée de 3 forces principales :
la Force aérienne stratégique (FAS) ;
la Force aérienne de combat (FAC) ;
la Force aérienne de projection (FAP).
La Gendarmerie nationale est une force de police ayant un statut militaire rattachée au ministère de la Défense jusqu'au 31 décembre 2008. Depuis le 1er janvier 2009, la Gendarmerie est sous l'autorité budgétaire et opérationnelle du ministère de l'Intérieur, tout en conservant son statut militaire de 4e armée aux côtés de la terre, de l'air et de la marine.
103 866 personnels (dont 86 038 d'actifs). Les personnels militaires de la Gendarmerie nationale se répartissent en :
4 169 officiers et 75 842 sous-officiers de gendarmerie ;
154 officiers et 3 729 sous-officiers des corps technique et administratif ;
15 757 volontaires aspirants issus du volontariat (AGIV) et gendarmes adjoints volontaires (GAV) ;
2 011 personnels civils se répartissent en fonctionnaires, ouvriers d’État et contractuels ;
25 000 personnels de réserve utilisés en fonction des besoins du service. Cette réserve
Ange tu es super source d'information;
Je crois savoir que nos gendarmes vont à plus ou moins longue échéance devenir une sorte de "garde nationale" à l'américaine. Ils n'auront plus de pouvoirs de police mais de maintien de la sécurité civile face aux "envahisseurs". Les pouvoirs de police seront octroyés au coup par coup. Par contre ils auront des moyens tactiques renforcés.
A te lire nous avons une aéronavale plutot fournie. As tu les chiffres par type d'appareil ? Embarqué je précise.
Ange je reviens sur le Général. C'est un Basque et comme tous les Basques ce n'est sans doute pas un triste.
Tu t'es bien amusé à Gardanne. Je peux te dire qu'on passe des soirées inoubliables au pays basque aussi.
Très beau le pays basque… avec l’amicale du 18éme ARA anciens du 18éme RCP nous y étions au mois de Mai…..dommage le temps !!!
Nous avons fait Biarritz, Anglet et Ainoha pour un dépôt de gerbe sur la tombe d’un ami en présence du Maire de la commune et de la famille.
POUR REPONDRE A MARCEL N°4
La force d'action navale regroupe les forces de surface. Elle comprend 12 000 marins et une centaine de bâtiments. Elle fournit l'essentiel de la contribution de la Marine aux missions de prévention et de projection. Elle est placée sous le commandement d'un amiral.
Le porte-avions Charles de Gaulle et ses bâtiments d'accompagnement ; les bâtiments de débarquement ; des frégates : frégates antiaériennes, frégates de lutte anti-sous-marine, frégates légères furtives et avisos; la force de guerre des mines : chasseurs de mines des bâtiments de service public (ou de souveraineté) : frégates de surveillance et patrouilleurs ; des bâtiments de soutien ; des bâtiments hydrographiques et océanographiques
Les 6 sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire de classe Rubis, basés à Toulon, participent aux missions de prévention, de projection et de protection.
L'aviation navale : compte 162 aéronefs et 6 800 personnes, ainsi que six bases d'aviation navale (BAN): Landivisiau, Lann-Bihoué, Hyères, Nîmes-Garons, Lanvéoc-Poulmic et Tontouta (Nouvelle-Calédonie).le groupe aérien embarqué, destiné à armer le porte-avions est composé de quatre flottilles de Rafale, de Super-Étendard et de E-2C .des hélicoptères embarqués sur les frégates, principalement des Panther et Lynx ;
Bravo Ange !! Il n'y a qu'à demander et on est servi !!
Tu honores grandement ce blog à mes yeux avec deux ou trois autres qui mouillent leurs chemises toujours à bon escient.
Je trouve tous les commentaires super….alors, que ne ferait-on pas pour les amis…..
... Facheux lieu commun .. vieux comme ... la Bible - comme qui dirait, histoire de voir les choses en face - ... de la lutte de David contre Goliath.
Bigeard se régalerait sans doute - autant de se souvenir - même s'il s'agit maintenant de "bonnes paroles" - de ce que la Guerre d'Algérie se trouvait militairement gagnée ... mais pas avec des chars ...
Bonjour à tous
Effectivement un général qui met le doigt, là ou........ça grince.
Lors de mes précédentes suggestions , j'avais apporté, mais sans le souligner, un manque de mobilité, une cruelle inertie à un niveau certain. Bref, les retours d'expériences ce n'est pas pour les gens de bureaux, mais pour les hommes de terrain, pour éviter de faire les mêmes conneries. Notre dernier conflit, l'Algérie, est un très bon exemple. Des hélicos, pas quatre , mais une trentaine, transport de troupe et appuis feu. Des hommes à la condition physique, des chefs sachant prendre des décisions rapides, sans demander à leur hiérarchie le chemin à prendre. Adoptons la même méthode que ces gens. groupes, ou groupuscules articulés, souples, manœuvriers, cela doit rappeler à certains notre général le plus décoré de FRANCE.
Mais la protection de nos hommes aujourd'hui pèse sur leur mobilité, leur gestuel. Une analyse profonde à revoir , ne serait-ce sur le gilet par éclat, le casque qui empêche toute réelle mobilité.En face , pas de casque, pas de gilet par éclat, mais là une stratégie s'impose.
Sortons des sentiers battus, appliquons ,la contre guérilla, les opérations coup de poing, les embuscades, les choufs, les ratissages, l'étude du terrain avec gps puisque c'est une mode, créer un climat d'insécurité. UNE SOLUTION , PEUT ÊTRE. Des Vandenbergh, Bigeard, Salan, Martin il y en à encore.
Bj a tous j'ai connu le Gal en juillet 18/19 a la passation de commandement du Grand 8°
c'est un enfant du 8° il y a fait deux commandements il est formidable ( exécutez et rendre compte après ) c'est pour ça qu'on les appels les voleurs de poules , j'ai appris la vie de soldat pendant quatre années beaucoup de rire mais surtout de l'action le premier qui n'arrive pas a s'intégrer dehors , pas de pitié , voilà ma bafouille et mes respects Mon Général . jab
Ras le bol N° 11 et tous nos blogueurs.
Concernant les généraux d'antan.... ci-joint un commentaire et une anecdote
Alors qu’aujourd’hui Monsieur Bouteflika clame notre repentance, nos hommes se font décimer en Afghanistan par des musulmans, ces hommes payent le prix de leurs engagements en faveur de la paix et il est triste de le dire, ils leur manquent des Chefs de guerre comme Salan, Massu, Bigeard, et les autres qui ont su conserver leur dignité de Militaire, de meneur d’hommes et l’amour de la patrie.
En Algérie nous étions divisés ; il y avait les réserves générales et les troupes de secteur, En 1961, plus de 400.000 hommes et plus de 30.000 officiers, aucune Unité de secteur ne participait au putsch, dans les réserves générales, à la légion 3 régiments sur dix marchaient avec le Général Challe.
A la 10 éme division paras, 1 sur 7 participait à l’action, à la 25 éme division paras 3 sur 7 s’engageaient, les 14é et 18é Régiments paras et le 2é REP.
La 11é me division d’infanterie, pas un des 5 régiments n’a bougé.
Au retour d’Alger (putsch) à la plage de Philippeville je me souviens du désarmement et de la dissolution de mon régiment , dégradation des officiers supérieurs….triste cérémonie que de voir des hommes hautement honorés par la France finir carrière sur du sable….
Triste pour certains d’entre nous de nous voir affecter dans diverses unités dites régulières et nous faire traiter de branleurs, de rouleurs d’épaules par des officiers du Commando de chasse ( nouvelle affecttion) et je me souviens d’un Ami sergent du nom de L. Serge , qui à force d’humiliation ce dernier a dégoupillé une grenade….. Le reste…….
Nous l’avons soutenu et en guise de protestation , nous avons mis sur le béret noir l’insigne des paras…..inutile de vous dire le commandant de Compagnie…..la Haine, menace en tous genres…bref et pour conclure beaucoup plus tard j’ai revu Lestournelle à Marseille il travaillait chez Mercedes et j’ai appris vers 1963 par des copains que ce dernier avait mis fin à ses jours avec un tuyau de gaz dans la bouche…avec un mot écrit " je ne me fais pas à cette vie " j'ai retrouvé sa tombe.
je pense encore et encore à lui.....
11 pour raz le bol
Là je te suis sans problème !!
C'est l'évidence même. Pour les coureurs de djebels il faut d'autres coureurs de djebels pour leur foutre la trouille. Ce que nous avons fait en Indos et en Algérie avec des troupes mobiles et qu'on entendait pas arriver une heure avant (blindés et tout le toutim).
Ils refont l'apprentissage de la guerilla. Putain qu'ont ils donc appris dans leurs foutues écoles de guerre ?
Bonsoir.
Il est peut-être sympathique ce géneral,
mais il semble effectivement redécouvrir bien tard ce que l'Indochine et l'Algérie avaient appris à l'armée française quant à la contre-guerilla !
Comme déjà dit, pour écraser une guerilla il
faut faire ce que les Russes ont fait en Tchechenie ou ailleurs, les Chinois au Tibet ou ailleurs,
ou ce que feraient les Afghans en France si.........
Mais l'Occident est trop politisé, policé, moralisé, peureux, et depuis la notion de crimes de guerre.....
Je vous rejoint à 100% !!
L'occident à causé sa déperdition suite à la second guerre mondiale en s'imposant à elle même une éthique ... alors même que le droit de La Haye n'est plus appliqué en temps de guerre (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_...) !
Nous avons des lois "International" qui nous empêche de faire la guerre alors que nos ennemis n'en n'ont pas (ni loi ni pitié) !
Depuis le 2WW l'occident n'a pas gagnée une seul guerre, même si les médias (propagande) veux nous faire croire le contraire.
Quand aux crimes de guerre ... il n'y a qu'a voir ce qui se passe aujourd'hui autour de la dernière guerre de Gaza, où des boucliers humain protégeaient les caches et autres lieux stratégiques du Hamas face à l'IDF qui n'a eu d'autre choix que faire attention ... et on entre aperçoit déjà la prochaine guerre car les objectifs n'ont pas été atteints, si non il y aurait non pas eu 1200 morts mais 12000 et plus !
A que nos politiques sont bien ! vous croyez que les descendants des déportés attendait d'avoir ce genre de loi pour leur rendre justice ?.... non il suffit de se rappeler les règlements de compte qu'il y a eu après guerre, Nuremberg n'ayant assouvit que la jouissance des classes politique et militaire.
Ne soyons pas naïf et rappelons nous un vieux conseil qui dit "oeil pour oeil et dent pour dent" ! entendez pas là, non pas vengeance comme on l'a souvent traduit en Occident, mais être être à arme égal (que se soit l'arme politique, judiciaire, ou guerrière).