Pour 150 insurgés tués, les pertes françaises se sont élevées, durant la même période et le même secteur, à quatre morts par action de l'ennemi (et trois par accident). Ce que les experts appellent le kill ratio est donc d'environ 1 pour 37 en faveur de l'armée française. Ce résultat a permis de rétablir la crédibilité militaire du contingent français auprès du commandement américain.

Toutefois, l'armée française ne pratique toujours pas ce que les Américains appellent le "dynamic targeting", c'est-à-dire la traque des insurgés afin de les détruire ou des capturer (kill or capture). Dans le secteur de la Kapissa, les Français feraient toujours face à environ 600 à 800 rebelles, un chiffre qui n'a pas baissé en dépit des pertes infligées. Le devoir de vengeance, tradition pachtoune, assure un recrutement permanent de nouveaux insurgés qui souhaitent venger la mort de leurs "cousins" tués par les Français. Selon l'état-major, il convient toutefois de distinguer deux catégories d'insurgés : les chefs, les plus motivés, et ceux qui agissent parce qu'ils sont payés pour le faire.

Faute de pratiquer le "targeting" (on pourrait également employer le terme de "commando de chasse"), l'armée française reste donc dans une posture qui peut apparaitre comme essentiellement défensive. Cela ne signifie pas que l'armée française reste dans ses bases - bien au contraire, elle mène de nombreuses patrouilles sur le terrain. Selon l'état-major, "nous ne faisons pas la chasse aux insurgés, mais nous protégeons la population avec les forces afghanes".

Source : Jean Dominique Merchet - Libération.fr

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