Peuple originaire des steppes qui s'étendent de la Chine à la Hongrie, les Huns sont des proto-turcs mélangés à des Mongols, dont on ignore beaucoup de choses, en particulier la langue qu'ils parlaient. L'auteur, professeur émérite à Paris-IV, ne se perd pas en circonlocutions académiques pour les décrire : il s'agit d'une "société de prédateurs" aux moeurs rudes : sacrifices humains, pratique rituelle de l'anthropophagie, supplice du pal, etc. Il s'agit bien d'un choc de civilisations entre une culture nomade, avide mais ignorant la propriété foncière et une civilisation à la fois rurale et urbaine.

Michel Rouche décrit en détail "la supériorité militaire" des Huns, à laquelle fut confronté l'Empire romain entre le milieu du IVème siècle ap. JC et celui du Vème. Leur supériorité est celle de l'armement, celui d'une "merveille", comme la qualifie Michel Rouche, "l'arc à double courbure asymétrique", fait de bois et d'os. Combattant à cheval, les Huns tiraient des "flèches qui pouvaient atteindre un adversaire à 50-60 mètres, parfois même 160-175 mètres. Les cuirasses étaient perforées si le coup était bien assuré". Remarquablement disciplinés, les Huns pratiquaient la tactique de la "fuite simulée" pour désorganiser le dispositif adverse. L'ordre régnait chez eux, plus que dans l'armée romaine  d'alors, que l'auteur décrit également avec une grande précision.

Les Huns furent pourtant vaincus, notamment lors de la bataille des Champs catalauniques, le 20 juin 451. Après avoir traversé le Rhin, les Huns prirent Metz puis vinrent assièger Orléans, utilisant la terreur comme arme psychologique. Les populations fuyaient devant eux. Les Romains parvinrent à rassembler une armée pour leur faire front : des Romains, mais aussi des Wisigoths (installés dans le sud-ouest de la France), des Armoricains, des Alains (les ancêtres des actuels Ossètes qui nomadisaient dans nos régions), des Francs (dont le père de Clovis).

La rencontre eut lieu quelque part entre Troyes et Chalons-en-Champagne. Entre 30.000 et 50.000 hommes s'affrontèrent - un chiffre considérable pour l'époque. Les Huns furent défaits, notamment grâce à la cavalerie lourde des Alains. Utilisant la lance, protégés par des cuirasses, les Alains sont, sur le plan militaire, à l'origine du modèle du chevalier médiéval.

Les Huns défaits, d'autres peuples des steppes leur succèdèrent jusqu'aux environs de l'an Mil, les Avars puis les Magyars (actuels Hongrois) mais aucun ne laissa dans les mémoires une trace comparable aux hordes d'Attila.

Source :  Jean Dominique Merchet - Libération.fr

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