Selon le colonel Benoît Royal, chef du service d'information de l'armée de terre, l'enquête de commandement, immédiatement déclenchée, a déterminé que les tirs ont été organisés par un adjudant chef de section : "En infraction flagrante avec les consignes précises qui lui avaient été données, y compris par écrit, il n'a pas fait retirer les balles traçantes des chargeurs."

Plus précisément, une directive de l' armée de terre avait été diffusée en avril 2009, rappelant qu'il est interdit d'utiliser les balles traçantes durant la période sèche de mai à novembre. Ces mesures ont été rappelées par écrit début juillet dans un message adressé à toutes les unités par le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Elrick Irastorza. Reste à démontrer que l'adjudant connaissait cette directive.

L'armée est engagée en Provence dans la prévention des feux...

Le responsable militaire de la région, le général Louis Pichot de Champfleury, gouverneur militaire de Marseille et OGZD-Sud (officier général de la zone de défense sud) occupe ce poste depuis le 2 juillet dernier, immédiatement après avoir quitté ses fonctions de commandant de la Légion étrangère. Le quotidien La Provence notait à cette occasion : "À ce titre, en cas de catastrophe naturelle ou industrielle, il aurait à accomplir avec les moyens de l'armée de terre, de l'armée de l'air ou de la marine, les missions de sécurité civile que lui confierait le préfet, dans l'hypothèse où les moyens civils seraient inexistants, inadaptés ou insuffisants. L'armée est plus particulièrement engagée en Provence dans la prévention des feux de forêt."

Détail assez cruel : alors que les balles traçantes des légionnaires enflammaient Carpiagne, le général Pichot de Champfleury se trouvait en Corse, pour inspecter les mesures de mise en place du plan Hephaïstos de lutte contre les incendies de forêt .

Source : Jean Guisnel - Le Point.fr