Une condamnation unanime de la communauté internationale

En Corée du Sud, toujours techniquement en guerre avec son voisin du Nord depuis la guerre de 1950-53, le président Lee Myung-bak a convoqué une réunion d'urgence sur la sécurité.

La Chine, bien qu'alliée de Pyongyang, s'est déclarée "résolument opposée" à cet essai nucléaire et a demandé la reprise des discussions à six - Chine, les deux Corées, Japon, Russie et Etats-Unis.

Selon des experts, il est toutefois peu probable que Pékin, malgré ses protestations, soutienne à l'Onu un renforcement des sanctions contre Pyongyang.

Moscou a également condamné le test nord-coréen effectué "dans une région voisine de la Fédération de Russie" et a fait état de ses profondes inquiétudes. Selon les Russes, la puissance de la bombe était équivalente à celle lancée par les Américains sur les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki en 1945.

Washington et Pékin ont déclaré avoir été informés du test nucléaire une heure seulement avant qu'il ait lieu. Le Japon, lui, n'a reçu aucune notification des autorités de Pyongyang.

Pour Barack Obama, "les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord représentent une grave menace pour la paix et la sécurité du monde".
"Je condamne fermement cette action irréfléchie. Les Etats-Unis et la communauté internationale doivent prendre des mesures pour y répondre", a-t-il ajouté.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays ne coopérait pas avec Pyongyang dans le domaine nucléaire et a dit l'hostilité "de principe" de la République islamique à la fabrication d'armes de destruction massive.

Pour le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, cet essai nucléaire menace un peu plus la paix et la sécurité dans la région.

La France a annoncé qu'elle consulterait ses partenaires internationaux pour envisager un renforcement des sanctions internationales contre Pyongyang.

"La France condamne fermement l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord", dit un communiqué du ministère français des Affaires étrangères.

Le Quai d'Orsay appelle Pyongyang "à s'abstenir de toute nouvelle provocation" et à "reprendre les discussions au sein des pourparlers à Six en vue du démantèlement complet, irréversible et vérifiable de son programme nucléaire".

Des essais nucléaires  pour forcer les Etats-Unis à négocier…

Jusque-là, le seul essai nucléaire effectué par la Corée du Nord avait eu lieu en octobre 2006, mais Pyongyang menaçait depuis plusieurs semaines d'en mener un nouveau. A Moscou, une source proche de l'ambassade de Corée du Nord a indiqué que Pyongyang pourrait effectuer d'autres essais nucléaires si les Etats-Unis et leurs alliés continuaient de chercher à intimider les Nord-Coréens.

Pyongyang s'est retiré il y a quelques semaines des discussions à six sur son programme nucléaire, après la condamnation par le Conseil de sécurité de l'Onu du tir de fusée effectué début avril.

La Corée du Nord avait expliqué que ce lancement devait servir à placer un satellite de communication en orbite mais la communauté internationale y a vu un tir de missile déguisé.

Source : Le Point.fr

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