Deux de ces navires, dont l’étude a débuté en 1997, ont été construits : le Mistral (L9013), admis au service actif le 18 décembre 2006 et le Tonnerre (L9014) qui l’a été le 1er août 2007. Un troisième, le L9015, doit entrer en service en 2012.

C'est une bonne nouvelle pour les chantiers navals STX et la région de Saint-Nazaire : "Ce contrat bénéficie directement à l'économie française et il est immédiatement réalisable" a expliqué le ministre de la Défense, Hervé Morin. Le BPC, dont le nom n'est pas encore connu, devrait être livré à la Marine à l'été 2011. Le contrat d'un montant de 420 millions d'euros TTC devrait apporter une bouffée d'oxygène aux anciens Chantiers de l'Atlantique et à leurs sous-traitants.

Il n'est pas certain, toutefois, que cette commande corresponde parfaitement aux besoins de la Marine. Celle-ci dispose déjà de quatre batiments amphibies (BPC Mistral et Tonnerre, TCD Foudre et Siroco), ce qui correspondait à son contrat opérationnel, tel qu'il est fixé par le Livre blanc sur la Défense. Un troisième BPC lui permettra toutefois d'assurer plus facilement la relève du navire-école Jeanne d'Arc, en fin de vie.

Mais ce dont les marins ont le plus besoin - c'est en tout cas ce qu'ils n'ont cessé de répéter durant la préparation du Livre blanc - ce sont des frégates de premier rang, les Fremm. Or le nombre des commandes a été sévérement réduit de 17 à 11. Une frégate coûte légèrement moins cher qu'un BPC : 388 au lieu de 420 millions. Concrètement, pour la même somme, la Marine aurait eu une douzième frégate.

La Marine dit "Merci la crise économique..."

Rajouter un gros bateau de 20.000 tonnes à la flotte n'est pas forcément ce qu'il y a de plus cohérent en termes de besoin et de gestion du personnel. L'équipage d'un BPC est de plus de 160 marins, celui d'une Fremm de 108.  Avec ce choix, dicté par de bonnes raisons économiques et sociales, on s'oriente encore un plus vers le modèle d'une marine macrocéphale dotée d'un nombre appréciable de grands bateaux, très prestigieux, mais de peu de frégates et d'avisos, qui sont pourtant la bête de somme ordinaire de toute marine.

Quoi qu'il en soit, il était difficile pour les marins de faire grise mine à l'annonce de cette "divine surprise" : un BPC de plus grâce à la crise économique !

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La Russie s’intéresserait elle aussi aux BPC français...

Selon la lettre d’information TTU, le commandant en chef de la marine russe, l’amiral Vladimir Vyssotski, n’aurait pas caché son intérêt pour l’acquisition d’un Bâtiment de Projection et de Commandement, lors de sa visite au salon Euronaval 2008.

Russia Intelligence précise que les négociations pour l’achat d’un BPC seraient même avancées alors que les relations franco-russes sont au beau fixe actuellement.

Précisons que les BPC "Mistral" et "Tonnerre" qui sont en service peuvent embarquer 450 soldats et des véhicules, dont des chars Leclerc et des blindés, ainsi que 16 hélicoptères (Tigre et NH-90 à terme) et 4 chalands de débarquement pour les projeter à terre. Ils sont également dotés d’importantes installations de commandement et médicales. DCNS en propose des versions de 14000 à 25000 tonnes à l’export.

Des capacités amphibies de haute mer qui font défaut à la Russie depuis le retrait du service et la mise en vente de son dernier navire de transport de chalands de débarquement de 11 000 tonnes : le "Mitrofan Moskalenko"

Source : Jean Dominique Merchet - Liberation.fr et TTU