La semaine qui vient de s’écouler a été particulièrement sanglante. Lundi 6 avril, une série d'attentats et d’explosions à Bagdad a tué des dizaines de personnes. Mardi et mercredi, des bombes dans la capitale du district de Kadhemiyah ont tué au moins quinze personnes. Et vendredi, au moins sept personnes, dont cinq soldat américains, ont été tuées à Mossoul. Ce qui inquiète les autorités et les Etats-Unis, c’est le risque de voir les 100 000 miliciens sunnites enrôlés dans la guerre contre Al-Qaida revenir à la lutte armée : les promesses qui leur ont été faites, selon lesquelles ils seraient intégrés à l’armée ou à la police, ne semblent pas tenues.

Sur les incertitudes concernant les milices sunnites, on lira « Arrests Deepen Iraqi Sunnis’ Bitterness », de Alissa J. Rubin (The New York Times, 12 avril). Ces milices, selon la journaliste, se sentent de plus en plus prises en tenaille entre les groupes armés qui les visent et le gouvernement à majorité chiite qui arrête leurs dirigeants. Le retrait progressif des Etats-Unis laisserait libre cours à un gouvernement qui leur est hostile.

Par ailleurs, Mossoul reste une ville où l’activité d’Al-Qaida n’a pas été réduite. La télévision CNN affirme le 10 avril que la situation dans cette ville pourrait remettre en cause le retrait des troupes combattantes américaines des villes irakiennes, fixé au 30 juin.

Le reportage de Sudarsan Raghavan sur la ville de Samara, dans le Washington Post du 13 avril, reflète la persistance des difficultés, notamment les tensions entre sunnites et chiites.

Les médias américains auraient-ils términé la guerre d'Irak ?

Dans un article du site Antiwar.com, « Iraq Disaster Still a Mystery to Some » en date du 5 avril, Alan Bock tente de tirer les leçons de ce qui se passe en Irak, alors que la presse et les télévisions américaines semblent se désintéresser du sujet. Il évoque d’abord la bataille qui a opposé fin mars des miliciens sunnites à l’armée irakienne à Bagdad. La bataille, explique-t-il, n’a été qu’un exemple de la recrudescence de la violence. Dans la ville de Diyala, connue un moment comme « la ville de la mort », 43 personnes ont été tuées en mars, contre 29 en février et 6 en janvier.

Quelles que soient l'évolution de la situation, rien ne permet malheureusement d'espérer que les Américains ont gagné la guerre en Irak, et que la paix va revenir sur le sol Irakien.

Source : Alain Gresh- Alter Info