L'assaut des commandos marine n'a duré que 6 minutes

Vendredi
La nuit tombe sur le Puntland, cette région autonomiste du nord-est de la Somalie. C'est le moment que les autorités militaires ont choisi pour intervenir. Trois des cinq pirates sont sur le pont. Les tireurs d'élite de la marine les mettent en joue depuis l'Aconit, qui vogue à 500 m de là. Deux d'entre eux sont tués, le troisième tombe à l'eau.

Dans le même temps, un Zodiac s'est mis dans le sillage du Tanit. Huit hommes sont à bord, tous de noir vêtus, armés jusqu'aux dents. Ils abordent rapidement le bateau: deux d'entre eux protègent la mère et l'enfant, deux autres s'assurent des 2 autres passagers. Les 4 derniers tentent de maîtriser les 2 derniers pirates, qui étaient dans la cabine avec Florent Lemaçon, le skipper.

La suite est un peu confuse. Lors de l'intervention des forces spéciales qui essuient un feu nourri et ripostent de la même façon, une balle perdue a mortellement frappé Florent Lemaçon. Qui l'a tirée ? Mystère. Même Hervé Morin, ministre de la défense, n'exclut aucune hypothèse. Etant donné l'exiguité des lieux, l'otage français n'avait pas beaucoup d'espace pour s'abriter de la fusillade. Il décèdera quelques minutes plus tard.

Toutes les décisions ont été prises par le président de la république, chef des armées

Il faut souligner qu'à chaque étape de l'opération en préparation, des réunions se sont tenues à l'Élysée avec le président de la République en personne, auxquelles ont participé, notamment, le ministre de la Défense Hervé Morin, le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, et le chef de l'état-major particulier de la présidence de la République.

Toutes les décisions ont été successivement prises en direct par le chef des armées, Nicolas Sarkozy, qui confirme, une fois encore, sa volonté de conduire les opérations militaires rênes courtes. La décision d'intervenir a été prise pour plusieurs raisons. La principale, c'est que le voilier se rapprochait dangereusement des côtes somaliennes, et que Paris ne voulait en aucune manière avoir à gérer des otages, dont un jeune enfant, retenus sur le sol du Puntland, entité sans statut juridique.

L'assaut du Tanit a été décidé en fin de journée, afin d'éviter le pire

Actuellement, près de 150 marins étrangers y sont déjà retenus. Les autorités françaises se sont également aperçu que les pirates somaliens fonctionnaient comme ceux du XVIIIe siècle. Une fois le bateau arraisonné, il est confié à un "équipage de prise" composé de convoyeurs de rang subalterne. Aucune négociation n'a été possible avec eux, et ils ont refusé toutes les ouvertures, qu'il s'agisse du versement d'une rançon ou de l'échange de la mère et de son enfant contre un officier. Pire : les interceptions des communications des pirates utilisant les moyens de communication du bord ont révélé que leurs commanditaires à terre leur donnaient des instructions radicales. Les convoyeurs ont menacé de faire sauter le Tanit avec les otages en se suicidant, en cas d'assaut.

Sources : Le Post et Jean Guisnel - le Point.fr

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