La principale différence introduite par cette arme de fabrication norvégienne concerne la sécurité des soldats français. Désormais, ils utilisent la mitrailleuse de 12,7 depuis l'intérieur du véhicule, en suivant leur cible sur un écran, avec un joystick. Selon ce cadre du GTIA, "les jeunes tireurs ont appris très vite, en moins d'une journée, sans aucune difficulté et de manière complètement instinctive.

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Ils avaient déjà vu cette tourelle sur des véhicules américains et britanniques, et manient le joystick dans les jeux video" ! Les munitions sont utilisées avec une grande parcimonie : une trentaine de coups seulement ont été tirés durant les combats d'Alasay. Alors que les 12,7 classiques "arrosent" leurs cibles, en raison de leur relative imprécision au-delà de 800 mètres, "on frappe à coup sûr un pick-up à mille mètres avec une seule cartouche tirée par le VAP-TOP, qui s'avère encore efficace à 1.800 mètres", explique Philippe, adjudant-chef au 27e bataillon de chasseurs alpins et instructeur sur cette arme : "Le gunner dispose d'un télémètre laser, d'une caméra exceptionnelle qui grossit vingt-cinq fois, qui fonctionne de plus la nuit en caméra thermique."

Souligné au sein même de l'état-major de l'armée de terre, l'inconvénient majeur de cette armée paraissait être la nécessité de monter sur le toit du véhicule pour changer le chargeur. Or l'économie des tirs est telle, en raison de leur efficacité, que les deux cents cartouches du chargeur sont amplement suffisantes : "En fait, poursuit Philippe, le gunner du VAB-TOP agit comme un tireur d'élite. Il tire très peu, mais avec, à chaque fois, une efficacité maximale car il n'a à s'occuper d'aucun paramètre de tir (altitude, vent, déclivité, température, hygrométrie, etc.) : l'ordinateur s'occupe de tout."

Pour autant, la puissance et la portée du VAB-TOP n'égalent pas celles du même blindé équipé d'un canon de 20 mm, le VAB-C20, qui est pleinement efficace à 2.000 mètres. Un cadre du GTIA précise d'ailleurs que durant les combats d'Alasay, "les armes d'appui à longue distance ont joué un rôle primordial, ce qui fait que les fantassins se sont peu servi de leurs FAMAS". Notion relative, puisque plus de 15.000 cartouches de FAMAS ont été tirées les 13 et 14 mars. Mais un officier d'état-major se dit persuadé que si un pilote de VAB-C20 a été tué dans ces combats, et un servant de missile Milan visé par des snipers, "c'est bien parce que les insurgés avaient considéré ces armes comme les plus menaçantes pour eux !"

Source : Jean Guisnel - Le Point.fr