Marine nationale : Collision entre sous-marins nucléaires français et britannique
Par PC le lundi 16 février 2009, 11:26 - Actualité - Lien permanent
Les collisions entre sous-marins sont
rarissimes.
Si les collisions entre un sous-marin et un autre bateau, voire le fond de la
mer, sont loin d'être exceptionnelles, celles entre deux sous-marins sont
rarissimes, pour autant que l'on sache.
Un sous-marin français a-t-il heurté un sous-marin britannique ?
Les rares cas documentés ont eu lieu au cours d'exercices et surtout d'opérations de traque entre Américains et Soviétiques...
* * *
- Le 19 mars 1998, le USS Kentucky (SNLE de la classe Ohio) était en surface lorsqu'il a percuté le USS San Juan (SNA de la classe Los Angeles) qui était, lui, en plongée. L'accident s'est produit au large de Long Island (côte Est des Etats-Unis) au cours d'exercice et n'a fait aucune victime. L'accident a été attribué à des erreurs humaines.
- En mars 1993, un sous-marin américain USS Grayling est entré en collision avec un le sous-marin russe K-407 (classe Delta) en mer de Barents. Pas de victimes.
- Le 11 février 1992, le SNA américian USS Baton Rouge a percuté un sous-marin russe de la classe Sierra, qu'il pistait, au large de Moumansk, à la limite (contestée) des eaux territoriales russes. Pas de victimes.
- En 1986, selon certains experts navals russes, le sous-marin soviétique K-219 (classe Yankee) aurait pu couler à la suite d'une collision avec un sous-marin d'attaque américain, l'USS Agusta.
Collision entre le sous-marin Le Triomphant et le HMS Vanguard britannique...
Le sous-marin nucléaire français, "Le Triomphant", serait entré en collision au début du mois de février (le 3 ou le 4) avec un sous-marin nucléaire britannique, le "HMS Vanguard", au milieu de l'Altantique alors que les deux bâtiments effectuaient en immersion deux missions séparées, affirme le quotidien britannique Sun de ce matin. Comme nous l'écrivions ici-même le 6 février, "Le Triomphant" est rentré au port de Brest ce jour-là avec des dommages sur son dôme-sonar. La Marine nationale affirmait alors que le sous-marin avait heurté un objet immergé alors qu'il était en plongée, "probablement un conteneur", mais sans aucune certitude.
Le journal britannique affirme à son tour que le "HMS Vanguard" a été remorqué dimanche soir jusqu'au port écossais de Faslane, avec des éraflures et des bosses visibles sur sa coque. Le ministère britannique de la Défense indique ne jamais faire de commentaire sur les opérations sous-marines. Simple hasard ou collision en mer, dont la probabilité est de une chance sur plusieurs millions ?
Une collision entre deux sous-marins de 15.000 tonnes en pleine mer est-elle possible ? On sait que les sous-mariniers français indiquent que l'objet qu'ils ont percuté "ne faisait pas de bruit". La discretion acoustisque des deux bateaux est-elle si grande qu'aucun des deux n'ait entendu l'autre ? Cela semble difficile, mais les lois de propagation des ondes sonores dans l'océan sont tellement complexes qu'il est impossible d'exclure absolument un tel événement. Sans parler d'erreurs humaines.
Les dommages provoqués par la collision ne semblent pas "importants", car Le Triomphant a pû rentrer de mission par ces propres moyens, y compris en plongée.
Contactée lundi matin 16 février 2009, la Marine nationale n'avait pas
encore de commentaires à apporter.
Source : Jean Dominique Merchet - Libération.fr

Commentaires
Le risque zero , n'existe dans aucun domaine ;la preuve , meme les satelites americains et russes ,se sont telescopés, tellement l'espace est encombré .
Avec la radioactivité que contiennent les deux submersibles, le danger est bien présent à bord des deux bâtiments, cette collision aurait pu provoquer une catastrophe d’une ampleur inconsidérée et lourde de conséquence…..
De tels engins ne doivent jamais être dans des mains inexpérimentées….
pour sylla
pas de quoi.
J’ai fait allusion à d’autres moins pacifistes que nous….. ! et moins expérimentées.
dommage
La probabilité d'une collision entre deux sous-marins comme celle qui vient de se produire entre bâtiments nucléaires anglais et français peut paraître presque nulle si on considère le volume de l'océan dans lequel ces engins évoluent en trois dimensions.
Mais c'est sans compter que lorsque deux sous-marins étrangers se détectent par hasard à proximité l'un de l'autre, ils doivent se protéger en manœuvrant comme si l'autre était hostile. Au cours de ces évolutions, l'un peut se risquer à effectuer un "Crazy Ivan". Comme son nom l'indique, cette manœuvre a été souvent utilisée par les sous-marins soviétiques pendant la guerre froide et a entraîné un bon nombre de collisions avec leurs homologues de l'OTAN. Evidemment, la plupart de ces incidents n'ont pas été médiatisés à l'époque.
"Crazy Ivan" découle du fait que le seul moyen de détection d'un sous-marin est son sonar, utilisé de manière active ou plus souvent passive. Mais ce sonar n'est pas efficace vers l'arrière du bateau, où il est brouillé par ses hélices et son propre sillage. Lorsque deux sous-marins manœuvrent l'un contre l'autre, la tactique élémentaire est donc d'essayer de se placer derrière l'autre. Crazy Ivan consiste, pour celui qui est poursuivi, à faire brusquement un virage à 90 degrés pour s'échapper. Mais une telle manœuvre peut effectuée un peu trop tard, d'autant plus que l'estimation de la distance est perturbée puisque l'approchant se trouve dans la zone masquée du sonar. Et comme ces mastodontes ont des inerties considérables ... boum !
Dans le cas de la récente collision, c'est sans doute le britannique qui était poursuivi, puisqu'il a été touché par le travers alors que le français a endommagé son dôme sonar situé à l'avant.
Nota : Les sous-marins modernes utilisent des sonars remorqués pour passer au delà de leur hélice, mais il reste le brouillage du sillage et comme ils sont de plus en plus silencieux, le problème demeure.
Pour Sylla,
Autant pour moi aussi, j’aurais dut être plus explicite….
Amicalement
Bravo Monsieur Sylla pour cette démonstration!!.
J'en reste baba mes connaissances en navire de guerre se limitant à:
-La traversée du canal de Suez le 6.11. 1956 de la rive gauche à la rive droite à bord d'un vieux LCT qui avait peut être servi au débarquement en 1944!
-du retour Port Saîd Alger à bord de l'Athos II pris aux allemands en 1918 n'ayant plus,pour naviguer,qu'une seule machine!!! (le top du top!!..)
Alors un SNLE!!!.......
Je ne voudrais pas etre à la place des deux commandants respectifs ; ils vont avoir droit à une sérieuse remontée de bretelles !!!!!!!!
Bonjour Sylla, je vois que tu connais beaucoup de choses, c'est très intéressant ! Dis moi aurais tu des informations sur la durée des missions en mer, les rayons d'action et les capacités défensives et offensives de ce genre de bâtiments ? Merci de nous partager ton savoir. Ciaoo
Non pas du tout Charybde. Je trouve ça bien de vouloir répondre aux questions de personnes comme moi novices dans ce domaine ou autre, et qui est très interessé par ce sujet. Je pense que Sylla n'est pas assez bête du moins je l'espère pour tomber dans ce genre de réaction. Mais j'ose croire que si tu as ce genre de réflexions, c'est qu'elles sont fondées sur ta propre expérience avec lui ou autres personnes. Après je rejoins ton raisonnement, en fréquentant les forum on tombe régulièrement sur ce genre de personnes qui aime dévoiler leur science et prennent la grosse tête....
Merci Sylla, pour m'avoir éclaircie sur ces points. Très bien expliquées. Et en ce qui concerne leur rayon d'action, avec leur temps max en profondeur, tu as des informations ? Merci.
Merci Sylla !