Les Algériens ont fourni une frégate lance-missile, le Salah Raïs, navire de fabrication russe de la classe Nanuchka III. Les Français ont affecté la frégate Guépratte et un avion de patrouille maritime Atlantique 2 .

Cette manoeuvre se déroule sur fond de concurrence commerciale intense pour la fourniture de frégates à l'Algérie, mettant en oeuvre de nombreux réseaux politico-commerciaux officiels ou officieux. Plusieurs chantiers européens sont en compétition. Les Russes proposent la frégate Krivak III , les Français de DCNS la frégate multimission FREMM , et les Allemands leur modèle best-seller Meko , fabriqué par ThyssenKrupp. Mais le quotidien La Tribune nous signalait la semaine dernière une nouveauté, plutôt inquiétante pour les Français qui croyaient bien tenir la corde. Venus du diable vauvert, les Britanniques, très soutenus par le gouvernement de Gordon Brown, occuperaient désormais la meilleure position, avec les chantiers BVT Surface Fleet.Pour 4 à 5 milliards d'euros, la Grande-Bretagne fournirait quatre navires de la classe Type 22 et une base navale.

Les Français à la manoeuvre, les Britaniques à l'oeuvre...

Si cette information devait se vérifier, les Français seraient ainsi battus une seconde fois à plate couture par les Britanniques dans la fourniture de matériels à la marine algérienne. Le Point avait révélé en novembre 2007 comment Eurocopter, qui avait conclu la vente de huit hélicoptères, avait été finalement coiffé sur le poteau par AgustaWestland.

La firme britannico-italienne avait fourni des équipements permettant de conduire des missions identiques, mais pour deux fois plus cher. En fait, avec l'Algérie, c'est assez simple : les Français font les manoeuvres, et les Britanniques vendent le matériel. Cherchez l'erreur...

Source : Jean Guisnel - Le Point.fr