Lorsqu'il s'agit de sauver l'économie américaine et la bourse de Wall Street, Barack Obama ne passe pas son temps à dire que les États-Unis n'ont qu'un président à la fois. Il agit. En ce qui concerne les affaires du monde, il ne s'est pas privé de réagir aux attentats de Bombay. Mais, depuis le début de l'offensive israélienne, il n'est sorti qu'une seule fois de son silence. Il a dit d'abord qu'il ne fallait pas prendre son mutisme pour de l'indifférence et, ensuite, qu'il faisait tout pour être prêt, dès «le premier jour», à faire face à la situation à Gaza, mais aussi «à construire un processus menant à une paix durable». En attendant, il refuse de laisser les événements lui imposer leur calendrier et préserve au maximum une marge de manœuvre dont il aura bien besoin à partir du 20 janvier.

Une diplomatie américaine plus présente et énergique

Barack Obama a pour objectif déclaré de mettre en œuvre une diplomatie beaucoup plus énergique que celle de son prédécesseur. Il n'est pas très risqué de prévoir qu'il s'efforcera de peser sur le conflit israélo-palestinien en insistant sur un arrêt des hostilités et une reprise du dialogue. L'abstention des États-Unis, qui a permis l'adoption d'une première résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu, est un premier pas dans cette voie.

Du point de vue israélien, même si une telle intention est officiellement démentie, il n'est pas illogique de chercher à affaiblir au maximum le Hamas avant l'arrivée à Washington d'une administration que l'on dit davantage portée à la négociation.

Du point de vue du Hamas, il est tout aussi vraisemblable que la volonté d'exister en tant que parti politique au conflit ait joué dans la décision de reprendre les tirs de roquettes.

Quant aux autres acteurs régionaux (Egypte, Syrie, pays arabes modérés…) ou internationaux (Europe, président français Nicolas Sarkozy, ONU…), ils sont aussi dans l'attente de la relève à la Maison-Blanche.

Plus de partenaires, moins d’adversaires »

Hier au Sénat, devant le comité des relations extérieures, la future secrétaire d'État, Hillary Clinton,  a déclaré «L'Amérique ne peut résoudre seule les problèmes du monde, mais le monde ne peut pas les résoudre sans l'Amérique». Les Etats-Unis doivent avoir «plus de partenaires et moins d'adversaires à l'avenir» pour réconcilier l’Amérique avec le reste du monde. Concernant le conflit à Gaza, Hillary Clinton a toutefois exclu un dialogue avec le Hamas.

Même l’Iran est dans l’attente…

Il est frappant, à cet égard, de constater que le Hezbollah s'est gardé, jusqu'à présent, d'ouvrir un second front au nord d'Israël. Quatre roquettes katiouchas ont bien été lancées jeudi passé depuis le Liban, vraisemblablement par un groupe palestinien, mais ils n'ont pas entraîné la milice chiite pro-iranienne dans le conflit.

En attendant le président Obama, il y a fort à parier que ce sont les dirigeants iraniens qui ont calmé leurs amis libanais, l'Iran préférant ainsi éviter d'insulter l'avenir.


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