Premier officiel israélien à prendre la parole à l'issue de l'attaque, le ministre israélien de la défense Ehoud Barak a prévenu que d'autres raids pourraient suivre et n'a pas écarté l'hypothèse d'une offensive terrestre. "L'opération se poursuivra et s'intensifiera autant que cela sera nécessaire", a-t-il dit. "Nous ne sommes pas enthousiasmés par l'idée d'une confrontation mais nous y sommes prêts. Depuis des mois, nous nous sommes préparés à frapper durement le Hamas pour qu'il cesse ses attaques contre des civils israéliens", a poursuivi le ministre, faisant état de plus de 150 combattants du mouvement islamiste tués ou blessés par les frappes.

DES DIZAINES DE ROQUETTES TIRÉES VERS ISRAEL DEPUIS GAZA !

Dans un communiqué, le Hamas a appelé son bras armé, les brigades Ezzedine Al-Qassam, à "mettre tous les moyens en œuvre pour empêcher les sionistes de dormir". Dans la foulée, des dizaines de roquettes et d'obus de mortiers ont été tirés sur Israël. Une civile israélienne a été tuée dans la ville de Netivot. Des roquettes sont aussi tombées sur la ville d'Ashkelon. A Gaza, des combattants du Hamas ont appelé par haut-parleurs les habitants des localités du sud d'Israël "à préparer les linceuls", affirmant que la riposte aux attaques israéliennes "arrive".

Ce raid israélien fait suite à la décision du conseil de sécurité israélien, dirigé par le premier ministre Ehoud Olmert, d'intensifier les représailles contre les tirs de roquettes palestiniens. Depuis l'expiration d'une trêve de six mois, le 19 décembre, plus de 200 engins ont été tirées sur Israël, sans faire d'autres victimes que deux fillettes palestiniennes tuées accidentellement.

Fawzi Baroum, porte-parole du Hamas, a affirmé à la radio du mouvement islamiste que ces opérations étaient "un complot orchestré" après la rencontre jeudi entre le président égyptien Hosni Moubarak et la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni. Il a accusé l'Egypte d'avoir donné son feu vert à Israël pour lancer ces opérations dont les dirigeants israéliens avaient brandi la menace depuis plusieurs jours.

Alors que Bruxelles, Paris, Moscou notamment appelaient à un cessez-le-feu immédiat, Tzipi Livni a réuni ses collaborateurs en vue d'une campagne d'information internationale pour justifier l'action israélienne. "Nous avons fait preuve de retenue jusqu'à présent. Aujourd'hui, il n'y a pas d'autres options qu'une opération militaire" contre le Hamas, a affirmé Mme Livni.

Pour que la violence cesse entre Israéliens et Palestiniens"

Les Etats-Unis ont pressé Israël de faire en sorte que les raids ne fassent pas de victimes civiles tout en avertissant le Hamas qu'il devait cesser ses attaques à la roquette "pour que la violence cesse". Les pays arabes ont généralement condamné Israël et leurs ministres des affaires étrangères devaient se réunir d'urgence dimanche au Caire.

En réaction aux raids israéliens, des centaines de Palestiniens ont manifesté en Cisjordanie, notamment à Hébron, à Bethléem, à Kalendia, à Ramallah, et dans les villages de Nilin et Bilin. D'autres manifestations ont été organisées au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Turquie ou au Pakistan.

Source:  Le Point.fr