Les bombes du Printemps... Des bâtons de dynamite qui ne pouvaient pas exploser

La lettre de revendication était très précise. Le courrier détaille de manière très exacte la localisation des explosifs. Les explosifs, relativement anciens selon la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, n'étaient pas munis d'un dispositif de mise à feu. En l'état, donc, ils ne pouvaient pas exploser. Dans le message de revendication de ce Front Révolutionnaire Afghan, figure cette menace :

Le FRA exige le retrait des troupes françaises d'Afghanistan

" Si vous ne faites pas intervenir quelqu'un avant mercredi 17 décembre, elles exploseront." Leitmotiv de ce FRA : " le retrait des troupes françaises en Afghanistan avant fin février 2009".

"Faites parvenir ce message à votre président de la République. Qu'il retire ses troupes de notre pays avant fin février 2009, sinon nous repasserons à l'action dans vos grands magasins de capitalistes et cette fois-ci, sans vous en avertir", poursuit la lettre, qui ajoute que d'autres "bombes" sont placées dans les toilettes de la section femme du magasin.

De source policière, on parle d'un "sérieux avertissement", et l'on évoque plusieurs hypothèses pour expliquer cette découverte d'explosifs :

  • soit l'initiative d'un être isolé,
  • soit la piste de l'extrême droite,
  • soit celle de l'extrême gauche.

Un périmètre de sécurité a été mis en place par la police autour du magasin, qui a été évacué avant de rouvrir vers 14 h 30.
Sur place, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a estimé qu'"il fallait se méfier des indications qui étaient dans la lettre [de revendication, NDLR] qui pourraient orienter les enquêteurs vers de fausses pistes". Elle doit présider une réunion sur le sujet mercredi en fin de matinée place Beauvau avec "les Directeurs Généraux de la Police et de la Gendarmerie, le Préfet de Police, les responsables des services de renseignements, des représentants des Grands Magasins, de la RATP, de la SNCF et d' Aéroports de Paris".

Michèle Alliot-Marie : Renforcement de la sécurité anti-terroriste et du plan Vigipirate

"J'ai décidé un renforcement du dispositif de sécurisation à Paris et dans les grandes villes de province", a annoncé la ministre Michèle Alliot-Marie plus tard au Sénat. Ce dispositif a déjà été renforcé depuis le début du mois de décembre, à l'approche des fêtes de fin d'année, notamment aux abords des grands magasins.
"On est en train de mettre en place des mesures renforcées de sécurité, pour la sécurité du personnel et des clients", a expliqué, peu après la réouverture du Printemps, son directeur général, Pierre Pelarrey, refusant cependant d'"en dire plus" concernant ces procédures. Il a ajouté : "Il y a également le plan Vigipirate (plan de lutte contre le terrorisme) qui est appliqué. Les grands magasins, y compris le Printemps, sont un des lieux les plus sécurisés" de la capitale.

Selon le premier ministre François Fillon "la menace terroriste sur la France est forte" mais "la France n’y cédera pas" [au terrorisme , NDLR].

Source : Le Point.fr