Ce jour-là, au tribunal correctionnel d’Evry, comparait un homme poursuivi pour port illégal de décorations. Il a usurpé pendant près de quinze ans le port de médailles militaires, défilant sur les Champs-Elysées, etc.

A l’audience, l'avocat Jacques Bourdais, son conseil, demande l’acquittement, s’enflamme, raille, demande qu’on ne s’acharne pas sur son client pour une histoire de breloques. Parmi les anciens combattants présents, c’est l’émeute ! « On aurait dû sortir ! » regrette aujourd’hui Jean-Claude Le Mao, président de l’Ayac. Côté tribunal, le président, choqué, sermonne l’avocat.

« Je ne mets pas dans le même sac les déportés et les soi-disant héros des guerres coloniales »

« Je ne suis pas là pour entendre dire par un avocat provocateur et grossier que les médailles que j’ai gagnées dans les opérations militaires sont des breloques », s’indigne le colonel Georges Choix, présent à l’audience. Médaille militaire, Légion d’honneur, Ordre national du mérite à la boutonnière, président de l’UNC du val d’Yerres (Union nationale des anciens combattants), il a, entre autres, débarqué en 1944 avec les Anglais sur les plages normandes pour libérer la France (Le débarquement de Normandie 6 juin 1944)…

« Ils peuvent porter plainte. S’ils veulent la castagne, ils l’auront ! » réplique Jacques Bourdais. Mais tempère le « vilain » mot : « Quand j’ai parlé de breloques, je parlais de ce que portait mon client et qui n’était dû à aucun mérite particulier », faisant référence à toutes ces décorations achetées dans une boutique à Paris. Au passage, Jacques Bourdais envoyait, hier, un dernier Scud : « De toute façon, je ne mets pas dans le même sac les déportés et résistants et les soi-disant héros des guerres coloniales. »

Les anciens combattants demandent à l’avocat « provocateur » des excuses publiques. Et comptent transmettre leur plainte auprès du bâtonnier du tribunal, en passant par la garde des Sceaux Rachida Dati, l’Elysée Monsieur Nicola Sarkozy, le ministre des Anciens Combattants Jean-Marie Bockel, la grande chancellerie de la Légion d’honneur… La guerre des breloques ne fait que commencer.

Une polémique qui n'est pas prête de s'éteindre, à l’heure ou nombre de jeunes combattants OPEX engagés volontaires pour servir la France, réclament et méritent eux aussi une reconnaissance de la nation… La CCV, Croix du Combattant Volontaire.

Source : Céline Carez, Le Parisien

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