Introduisant le débat qui ouvrait la session extraordinaire, le Premier ministre François Fillon a affirmé tirer les enseignements du drame du 18 août. Il a annoncé des moyens renforcés, hélicoptères, drones, moyens d'écoute, mortiers, dans quelques semaines.

Afghanistan Otan Embuscade talibans (c)Globe and Mail de Toronto sept. 2008 Un officier de l'OTAN souligne le manque de préparation des soldats français

Après la diffusion d'un document confidentiel d'un officier de l'OTAN sur l'embuscade meurtrière des talibans, pointant un sous-équipement français face aux talibans, M. Fillon a fustigé "le mensonge et la désinformation".

Ce n'est qu'un "compte-rendu à chaud qui ne recoupe pas les informations complètes que nous avons recueillies", a martelé le premier ministre. Selon lui, lors de l'embuscade, les forces françaises n'ont manqué ni de munitions ni de moyens de communication.

Plus tôt, son ministre de la Défense, Hervé Morin, avait admis l'existence d'un "compte-rendu d'un officier" de l'Otan comprenant des "éléments faux". Mais il a démenti qu'il s'agisse d'un "rapport" officiel, comme le maintient le journal Globe and Mail de Toronto, quotidien canadien qui l'a publié.

Plaidant pour "un consensus national", M. Fillon a prévenu que la France n'est "pas à l'abri du terrorisme" et invoqué la nécessité de respecter "l'engagement" pris en 2001 devant l'ONU par le président Jacques Chirac et son Premier ministre socialiste Lionel Jospin.

Ce choix n'ira pas "sans probables pertes", a admis M. Fillon, rejetant néanmoins l'idée, avancée par la gauche, d'un calendrier de retrait.

Un "soutien clair" des parlementaires aux soldats français

Dans une réponse à un courrier du PS et du PRG, le président de la république, Nicolas Sarkozy avait aussi jugé qu' "un calendrier artificiel ne ferait que servir les intérêts des terroristes", et réclamé un "soutien clair" des parlementaires aux soldats français.

Pour épargner les civils, M. François Fillon a appelé les alliés à la "vigilance" contre les talibans. Ceux-ci ne doivent être poursuivis au Pakistan qu'avec "l'autorisation" d'Islamabad, a-t-il dit, critique implicite des frappes américaines contre les zones tribales pakistanaises.

Dans un climat tendu, le patron des députés du parti socialiste, Jean-Marc Ayrault, a justifié le "non" socialiste : le PS "n'accepte plus la dérive à l'oeuvre" qui conduit à un glissement "vers une guerre d'occupation".

"Nous refusons que soit versé le sang de nos enfants au nom d'une cause qui n'est pas la leur", a renchéri l'écologiste Noël Mamère, au nom du groupe GDR (PCF, Verts).

Le départ des Français serait un "signe dramatique" adressé à la communauté internationale, a répliqué M. Hervé Morin.

"Il ne faut pas abandonner nos amis afghans", a appuyé Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères), à l'unisson de Jean-François Copé ( président de l' UMP).

Les députés avaient ouvert la session par une minute de silence en hommage aux dix soldats, dont la mort a eu un retentissement considérable en France.

Source Hervé ASQUIN AFP

  

NDLR :  Il semble curieux que ce "rapport secret d'un officier de l'OTAN" sorte juste avant un débat à l’Assemblée nationale et au Sénat, alors qu'il aurait été écrit il y a presque un mois. Que peut-on en penser ?



Précédents articles sur infos.fncv.com