Afghanistran : Danse avec les talibans... Vives critiques du reportage de Paris Match
Par PC le vendredi 5 septembre 2008, 22:10 - Actualité - Lien permanent
Les familles sous le choc des photos de Paris Match
L'hebdomadaire Paris Match a fait paraître dans les colonnes de son dernier magazine, un reportage et des photos montrant des images recueillies en Afghanistan auprès des talibans qui ont tendu les 18 et 19 août 2008, une embuscade à un détachement du 8e RPIMa.
Ces images montrant des talibans fêtant la mort de dix de nos jeunes soldats français, exhibant leur butin, casque, fusil d'assaut, vêtements pris sur les cadavres, ont été, comme on pouvait s'y attendre, affreusement mal ressenties par les familles des victimes, dont le chagrin et l'immense tristesse en ont été cruellement avivés...
Fallait-il que cet hebdomadaire publie de telles photographies ? Un tel reportage est-il légitime ?
Nous sommes en guerre et dans une telle situation, tous les citoyens français ne doivent-ils pas faire front face à un ennemi commun. Ces jeunes hommes morts pour la France méritaient-ils que l'on fasse aussi peu de cas de leur sacrifice ? Le service de l'information peut-il s'affranchir de toutes les barrières morales et de tout scrupule pour augmenter son tirage ?
Il est permis d'en douter. Nous vous laissons la parole...
* * *
Dernière minute...
Un seul soldat tué par arme blanche
Pour tenter de faire taire la polémique et les rumeurs qui se sont développées, depuis le battage médiatique des photos controversées du reportage de Match sur les talibans, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a affirmé, sur France 2 au journal de 20 heures : « Il n'y a eu qu'un soldat tué par arme blanche. Tous les autres soldats ont été tués par balles».

Commentaires
Voici le message que j'ai adressé aux différents responsables de PARIS-MATCH.
Messieurs,
Ayant très bien connu plusieurs de vos collaborateurs, rédacteurs, grands reporters ou photographes, certains sont encore mes amis,j'avais une certaine admiration pour l"esprit "PARIS-MATCH"...
Aujourd'hui, je tombe des nues... Je rêve... C'est terrible... Vous êtes devenus fous... Comment avez-vous perdu tout sens moral, tout sens éthique...
Ayant une double légitimité à vous écrire (journaliste à la retraite - Europe 1, RTL, Le Figaro... et ancien parachutiste), je vous transmets mon profond dégoût, ma répulsion et mon mépris total suite à l'incroyable "reportage"que vous avez publié concernant ces "talibans".
Aucune des justifications que vous avez émises depuis la parution de votre "torchon" ne tient un seul instant la route.
Non seulement vous avez complètement trahi l'éthique professionnelle (si elle existe encore!) en vous faisant totalement (malgré vos dénégations) les complices (ils sont maîtres de ce type d'opérations) de ceux qui ont tué nos compatriotes (Imaginez un seul instant une interview du même type à l'époque de la guerre d'Algérie...) mais vous avez également commis un acte de trahison.
Je l'affirme haut et fort. Vous avez trahi votre pays et vous en méritez les conséquences. Si ce mot bien sûr a encore une valeur aujourd'hui.
Votre campagne de "pré-vente" a été remarquablement orchestrée (c'est un comble !!!) . Il vous fallait, en plus, "vendre" à tout prix ... Il vous fallait faire du tirage sur ce thème... Bravo ! Chapeau ! Vous ajoutez l'abject à l'abject...
J'ai écouté (sur Europe 1 entre autres supports), les explications de votre photographe (la pauvre... elle bafouillait un charabia incompréhensible... Elle semble être un pauvre pantin manipulé...)
Comment croire un seul instant que vous ayez pu contrôler cette opération. Vous êtes des irresponsables. L'acte que vous avez commis est immonde.
J'ai honte de me dire journaliste aujourd'hui... Et en plus vous parlez d' "ETHIQUE"... C'est à pleurer. Déjà, j'avais trouvé votre précédent N° assez choquant. Comme d'habitude vous avez dû rétribuer ces pauvres familles en leur demandant de vous fournir des documents personnels. Vous appelez cela "Faire de la RECUP" N'est-ce-pas ?
J'imagine la réaction de Jean-Pierre Biot, votre ancien photographe ancien para comme moi...
Paris-Match, est devenu aujourd'hui le choc de la Honte et le choc de l'Imposture.
Je ne lirai désormais plus jamais votre magazine...
Je vous transmets mon plus profond dédain.
*****
Vous pouvez publier ma réaction ou la transmettre à qui de droit ...
Je suis sûr que vous n'oserez jamais publier ma réaction dans votre journal.
J'en fais le pari...
CHICHE!
Bravo Monsieur !!! pour votre franchise, votre professionnalisme !!!! malheureusement des gens comme vous "disparaissent " pour laisser place aux hypocrites qui n’ont plus le sens de l’honneur .
Respectueusement.
Le plus triste dans cette histoire, c'est de savoir qu'une bande d'extrémistes suicidaires de ce pays peuvent avec les moyens et l’armement que nous avons, nous chasser facilement en nous faisant déguerpir la queue entre les jambes….il faut reconnaître qu’ ils sont très bien organisés…nos troupes sont devenues des cibles facile et cela devient de plus en plus dur dans ces zones montagneuses, c'est comme se jeter dans la gueule du loup.
Il faut changer la stratégie militaire en faisant nous même du tir aux pigeons…pour cela ; changeons totalement le comportement de nos hommes en employant de nouvelles tactiques….sinon la France risque de s’enliser dans un conflit sans fin qui coûtera fort cher en hommes et aux contribuables….
Tous les morts d’Indochine et d’Algérie doivent se retourner dans leurs tombes …..s’ils pouvaient voir les moyens que nous avons en frappes aériennes, Chars, équipements des plus sophistiqués …. et ne pas sortir de ce guet-apens….honte à nous qui nous battons avec des hommes qui marchent encore de nos jours en pantoufles , mieux à pieds nus….les frappes aériennes de l'Otan peuvent frapper…il faut les sortir des grottes pour les tuer. Ou alors comme un jour de 1945 …. Stopper les Kamikazes afghans.
Bravo Messieurs !!!
Là, je vous retrouve.
Il est donc dit une fois pour toute que les médias français sont incapables de soutenir leur armée au combat.
Nos troupes sont en Afghanistan sur ordre du gouvernement français, légalement et démocratiquement élu. Leur présence là-bas peut se discuter au plan politique, mais l’armée, elle, est censée ne pas en faire. Par contre, elle fait son devoir… elle fait la guerre… et à la guerre, malheureusement, il y a des pertes que l’on ne peut jamais prévoir.
Les leçons de tactique et de stratégie données par des gens qui n’ont jamais entendu siffler une balle, à part les balles de tennis, et qui, pour la plupart n’ont même pas fait leur service militaire, commencent à nous fatiguer. Mais maintenant, voici que certains médias deviennent tout simplement des propagandistes de nos ennemis du moment, les Talibans, et nous rapportent leurs désirs, leurs ordres et leurs menaces !
En tant que Président du Cercle National des combattants, je tiens à nouveau à apporter le soutien de tous les membres de mon association, anciens de toutes les guerres, y compris de la Résistance et de la Libération, à nos soldats, et dire qu’en voilà assez, de toutes ces gesticulations et de ce verbiage qui sont tout simplement à classer dans le registre « haute trahison ».
Je signe ce communiqué avec d’autant plus de fermeté qu’il se trouve que je suis ancien du 8e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine où j’ai été grièvement blessé dans un combat au corps à corps, et que j’ai été aussi pendant de longues années grand reporter à Paris-Match. Journaliste reconnu, respecté, et royalement payé, je n’ai jamais oublié qu’avant d’être grand reporter, couvrant tous les champs de bataille du monde, j’étais Français !
Comme les Viets avant hier, ou les Fellaghas hier, les Talibans doivent être heureux et rire dans leur barbe d’avoir trouvé de si bons auxiliaires pour faire leur propagande gratuitement, payée uniquement du sang de nos soldats.
Roger HOLEINDRE
Président du Cercle National des Combattants
Ancien député FN – Conseiller régional d’Ile de France
Médaillé militaire - cinq citations – 2 fois blessé
Je suis retraité militaire (Marine Nationale et Gendarmerie) et je suis né et resté quelques années en Algérie (comme fils de militaire) jusqu'à ce que mon père soit muté aux FFA en 1960.
J'ai donc vécu une partie de la guerre d'Algérie et j'ai connu également les attentats et les embuscades meutrières: c'était terrible et les massacres que l'on a accordé par la suite à l'Armée Française, étaient injustifiés car l'Armée Française là-bas a beaucoup fait pour la pacification et l'aide aux autochtones.
Aujourd'hui, j'ai deux garçons sur trois qui sont militaires (l'aîné dans l'Armée de l'Air et le second dans l'Armée de Terre); actuellement le second (21ans et demi) est en Afganistan comme démineur (13ème R.G de Valdahon); l'aîné repartira en fin d'année pour un second séjour (soutien technique des Transalls).
Comme beaucoup d'anciens militaires, je suis perplexe pour ne pas dire déçu, par l'organisation militaire de l'ISAF dans ce pays : pas ou peu de moyens aériens opérationnels, absence de chars Leclerc (qui sont le "fer de lance de notre armée" avec un blindage conséquent et imposants par leur masse, donc "protecteurs") peu ou pas d'utilisation de moyens d'exploration aérienne (je pense notamment aux "Drones" qui auraient eu un rôle majeur dans l'embuscade meurtrière), des ordres et des contre-ordres qui nuisent au bon déroulement des "Opex", pas ou peu de de renforts héliportés (qui auraient fait gagner un temps précieux lors de l'embuscade par une rapidité d'intervention au lieu de faire acheminer les renforts par la route) des gilets pare-balles trop lourds, peu protecteurs ont dit certains et mal adaptés, etc, etc......
C'est triste, dix soldats tués pour que la Paix règne dans ce pays et les médias audio-visuels qui se font des "choux gras" sur nos chers défunts: une honte!!!!
Mon fils doit bientôt rentrer et je fêterai son retour comme il se doit et surtout son vingt deuxième anniversaire!!
AD PERPETUAM HOMINIS pour ces HEROS morts au Champ d'Honneur!
Amitiés à toutes et à tous.
Jimmy 9/15
Ancien du 17è R.G.P, j'ai été outré de voir des talibans se faire prendre en photo sans aucune pudeur!.
C'est évidemment se moquer du monde pour en arriver là! Il nous narguent et on les prend très au sérieux en les mettant dans un magazine français...
Stratégie : CELA FERA CERTAINEMENT SOURIRE CERTAINS MAIS NOUS DEVRIONS TOUS nous faire passer pour des reporters de Match et ensuite de DESCENDRE CES TERRORISTES APRES LA PHOTO DE FAMILLE!! car au vu de ce qui se passe là-bas , il est plus facile de les coincer dans cette situation.
Chers camarades, quelle honte pour notre pays que d'autoriser pareille publication! C'est une véritable gifle à nos soldats, à leurs familles dont la douleur est encore si vive...Que penserz enfin, de ce sensationnalisme grimpant...L'image, l'instantanée, le sensationnel deviennent la monnaie courante de notre société et l'on oublie des valeurs fondamentales comme le respect, l'honneur, le sens du sacrifice, le sens du service....C'est triste et pourtant si bien joué de la part de nos ennemis les talibans, car la guerre psychologique existe.
Il nous faut resserrer les rangs, tenir ferme face à de pareilles manoeuvres et garder confiance! Mais au - delà, comment ne pas s'interroger de l'absence de reconnaissance aérienne, de l'absence de prise en compte du renseignement d'ambiance qui signalait des talibans dans la zone, de l'absence enfin d'appui immédiat!!! Voilà où nous en sommes avec une armée qui doit elle aussi, faire toujours plus avec moins!!!! Il est vraiment temps d'ouvrir les yeux, la France, avec les moyens dont elle diposera à terme, ne sera plus la grande Nation du temps du Général de Gaulle !! C'est bien triste...mais ainsi.
Comment ne pas avoir envie de vomir sur ce véritable acte de trahison commis par Paris-Match envers son pays ?
De plus, les reporters de ce torchon sont de bons Français à "particules"...ceux de qui on réclamerait plus de patriotisme qu'un simple loustic du PCF....
Il fut un temps béni où on les aurait foutus au trou !
La France est devenue depuis 40 ans une nation de crétins avides d'argent et de gloire médiatique à l'image de la classe dirigeante...notre pays et nos soldats méritent mieux que cela !
Allons-nous revoir et subir les humiliations de 54 et 62 ? Certainement si nous nous décidons pas à sortir nos griffes et nos dents pour nettoyer ce bourbier !
Comme le disait aussi si bien Roger Holeindre dans l'interview que lui a consacré le magazine "Parent"...l'Afghanistan est certainement encore plus dangereux que les précédents affrontements que nous avons eus dans le passé...
Nous devons absolument faire confiance dans la capacité de nos hommes qui luttent là bas mais aussi leur donner les moyens de vaincre...ou tout du moins de pouvoir se défendre efficacement. En matériels, en tactique et en soutien...
Il est de notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir et même au-delà pour atteindre ce but !
Si le capitaine Hentic avec son commando le CRIK avaient été chargés de cette mission, l'embuscade aurait été déjouée par la prudence et la technique de l'approche des lieux cités dans vos articles. Comme je vous l'ai déja dit, il n'y a pas de mauvaise troupe mais que de mauvais chefs. Bien à vous M D F
Analyse
Le choc des photos de guerre
Une pluie de critiques et d'indignation s'est abattue sur un reportage, texte et photos, publié par Paris Match dans son numéro daté 4-10 septembre. Un texte court, mais surtout cinq photos en couleur. Une en première page, quatre à l'intérieur. Elles montrent, affirme l'hebdomadaire, des talibans qui, le 18 août, ont tué dix soldats français lors d'une embuscade en Afghanistan. Les insurgés posent avec leurs prises de guerre, érigées en trophées : treillis, casques, armes, montre ayant appartenu aux soldats français.
> Le spectre des accusateurs est large. D'abord, des personnalités politiques de tous bords : le premier ministre, François Fillon, le ministre de la défense, Hervé Morin, les socialistes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Moscovici, le député européen Vert Daniel Cohn-Bendit ou le député européen Philippe de Villiers - il a parlé de " haute trahison ". Mais aussi des militaires présents en Afghanistan, comme le général Michel Stollsteiner, qui commande la région de Kaboul, ou le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin. Et des parents et amis des victimes.
> Les critiques tournent autour de trois axes. Ce reportage serait " une insulte " aux soldats tués et à leurs familles. Il ferait " la promotion " des talibans, qui auraient ainsi " marqué des points dans la bataille de la communication ". Il fragilise l'engagement français en Afghanistan. Une fois de plus, c'est le " choc des photos " bien plus que " le poids des mots ", pour reprendre le célèbre slogan de Paris Match, qui provoque le tollé. " Je me demande comment cette journaliste se regarde en face dans la glace ", réagit Pascale Aragonès, l'épouse du chef de corps du 8e RPIMa, actuellement en Afghanistan. Cette dernière cible l'auteur des images, Véronique de Viguerie, qui a répondu aux critiques - " Je suis peinée et énervée " -, et qui a trouvé un soutien ferme au festival Visa pour l'image de Perpignan, début septembre, rendez-vous annuel des photojournalistes du monde entier. Son directeur, Jean-François Leroy, a projeté les images sur grand écran pour les défendre.
> Véronique de Viguerie est une photographe indépendante âgée de 30 ans. Elle n'est pas une débutante. Elle a réalisé des reportages dans plusieurs pays, dont l'Irak. Elle a vécu trois ans en Afghanistan, et c'est sa quatrième rencontre avec des talibans. Selon la photographe, l'uniforme porté par le taliban au premier plan sur l'image principale n'appartenait pas à un soldat français, mais a pu être acheté dans un bazar. Mais les autres objets semblent bien être des prises de guerre, notamment la montre, que l'on voit en gros plan sur une photo, et qui a été remise aux journalistes par le commando. Et l'on imagine la douleur de la mère de ce soldat, Béatrice Gaillet, qui a dit son désespoir au Parisien : " Qu'est-ce que mon fils a pu vivre ? Comment les talibans sont-ils parvenus à mettre la main sur cette montre ? "
> Ce qui, consciemment ou pas, ajoute à l'indignation, est le fait que les photos ne sont pas des instantanés pris dans une action, mais sont le résultat d'un rendez-vous. Il s'agit de clichés posés avec des combattants qui fixent l'objectif. Or la pose, dans certains cas, comme celui-ci, sous-tend un échange, une confrontation à égalité entre le photographe et son modèle, dans laquelle chacun a sa vérité à dire. La frontière devient alors floue entre la communication et l'information. " Les talibans ont voulu me recevoir parce qu'ils avaient un message à faire passer ", a reconnu la photographe.
> Mais si l'on comprend la douleur des familles, on comprend moins l'indignation des politiques et des responsables militaires. Car il faut ressituer ces images parmi les nombreux clichés similaires pris dans le monde, comme on en voit chaque année dans la presse et à Perpignan. M. Leroy a beau jeu de rappeler que " quand les mêmes journalistes publient des images d'insurgés en Irak avec des armes de soldats américains, aucun homme politique ne crie au scandale ". Et aucun responsable politique ou militaire ne parle de " communication " quand l'armée américaine ou française " encadre " des photographes pour immortaliser leurs opérations, en Irak ou en Afghanistan.
> LE JEU DES RAVISSEURS
> Aujourd'hui, les images qui font surtout débat en Occident - les publier ou non - sont celles qui montrent des soldats blessés, tués ou tenus prisonniers. De la même façon, en mars 1978, des journaux italiens se sont demandé s'il fallait publier la photo représentant le patron de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro, que ses ravisseurs, les Brigades rouges, leur avaient envoyée. Parce que la publication faisait le jeu des ravisseurs. Les arguments qui viseraient à ne pas publier ces photos de talibans, qui montrent " indirectement " des victimes, tournent autour d'une extension du droit à l'image, principe dont la France est la championne. Mais ils résistent mal face à un autre impératif : le journaliste, en guerre mais pas seulement, se doit, dans la mesure du possible, de montrer les deux facettes d'une actualité. D'aller dans les deux camps. Ce que Véronique de Viguerie a fait, puisqu'elle a photographié des patrouilles avec les armées française et américaine en Afghanistan. Mais aller de l'autre côté a souvent été mal accepté, voire assimilé à de la trahison. Ce fut le cas de Catherine Leroy, qui, dans Life, en 1968, a montré les combattants du Vietcong durant la guerre du Vietnam. Ou lorsque de rares photographes ont montré les combattants du FLN durant la guerre d'Algérie. " Eux aussi ont été accusés de soutenir les terroristes ", rappelle M. Leroy.
> Le reportage de Véronique de Viguerie et le texte qui l'accompagne mettent un visage sur un ennemi que l'on refuse de voir. Il est également instructif. Il dit la détermination et l'organisation des insurgés. Il invite à nous interroger sur le terme de taliban, qui évoque un radicalisme religieux teinté de terrorisme, alors que, selon des experts de la région - l'entretien avec le chef du commando semble aller dans ce sens -, ces combattants sont aussi des guerriers tribaux qui défendent une vallée, un territoire. Plus largement, la polémique autour de ces photos a quelque chose de sidérant quand on la met en regard de l'imagerie dominante affichée dans les journaux A savoir la douleur des gens pauvres offerte aux lecteurs des pays riches Résonne ici ce que disait Jean Baudrillard dans un entretien au Monde de 2003 : " Tous ces gens qui crèvent de faim et donnent leur image, jamais on ne pourra payer la dette qu'on leur doit. " Ces gens-là, il n'y a pas grand monde pour les défendre. Et défendre leur droit à l'image.
Michel Guerrin Chef du service Culture
Courriel : guerrin@lemonde.fr © Le Monde
Quelques informations complémentaires (et sûres!) :
1. la journaliste a payé 5000 USD pour avoir cette interview, donc a directement financé l'achat d'armes et de bombes contre nous.
2. le journaliste Eric de Lavarène, malgré ses déclarations, n'était pas là mais dans son bureau au Pakistan = désinformation des Français.
Ai-je besoin de préciser que si j'avais su ceci, la teneur de mon courrier à Match eut été différente.
Je pense que cette information mérite de circuler et d'être largement diffusée !
PCH
Lettre envoyée par l’ACH (er) Jacques ANTOINE
A Véronique DEVIGUIERIE photographe des photos de Paris Match
Madame ou mademoiselle,
Je suis un enfant du 8 et c’est à ce titre que je vous écris.
Entendez 8, comme 8ème RPIMa, sigle que vous connaissez depuis peu.
Et enfant, car j’y ai fait toute ma carrière de parachutiste.
Un régiment de parachutistes vu de l’extérieur c’est un monde qui vit derrière des murs, c’est un microcosme opaque, une société hiérarchisée: «Oui chef ! Non chef!» C’est aussi un monstre froid qui broie les personnalités et transforme l’humain en machine. Les gradés ne font rien, les soldats balaient les couloirs et tout le monde est payé par la république.
C’est ce que beaucoup se plaisent à dire pendant que les autres se satisfont à le croire. Les Français ne connaissent pas leur armée, on le sait.
En vérité ce régiment, c’est une communauté d’hommes et de femmes (depuis peu chez nous) qui réagissent aux mêmes valeurs, aux mêmes codes et chez laquelle on va trouver de la solidarité, de la fraternité, de l’amitié. C’est un petit univers où tout le monde se parle, se reconnaît. Un endroit où il est interdit de laisser quelqu’un en arrière. Un endroit où les relations sont franches, où les chefs disent " Suivez-moi !" Et pas « En avant ! »
C’est aussi un endroit où il faut se fatiguer, très souvent se dépasser, aimer et souffrir et toujours tenter d’approcher l’excellence. On y rit parce qu’il y a de l’humour, on y pleure aussi car les fautes et les échecs s’ils peuvent être parfois pardonnés sont toujours sanctionnés. Les médiocres sont écartés et le manque d’enthousiasme est condamné. On se dit les choses sans détours et la camaraderie fait le reste. Nos familles sont impliquées dans notre vie de parachutiste et vivent au rythme de nos joies et de nos peines.
Nous saluons les trois couleurs, nous nous redressons pour la Marseillaise, respectons une foule de valeurs qui ailleurs sont devenues des «gros mots».
Nous aimons notre chef et notre chef nous le rend bien.
Notre prière:
« Mon Dieu donnez moi ce qui vous reste »
Donnez-moi ce que les autres ne veulent pas »
Je viens d’écrire ceci pour vous apprendre ce qu’est un régiment de parachutistes.
On sait vivre dans des situations extrêmes, on sait aller à la guerre et l’on sait aussi y mourir. Cela vous le savez.
On a perdu 8 garçons du régiment et toute la presse en a parlé, des jours durant.
Naïvement, car parfois nous le sommes, nous avons cru que cette presse allait un peu s’intéresser à nous pour nous. S’intéresser à ces jeunes hommes qui se sont battus sans faiblir, à ce chef qui a sauvé les 22 qui restaient, le premier moment de surprise passé, alors que la section a toujours été à deux doigts d’être submergée, plusieurs heures durant.
Non, l’héroïsme ne doit pas payer car la presse s’est intéressée à tout autre chose, je ne détaille pas ce n’est pas mon propos.
En finale arrive le reportage et vos photos qui font couler de l’encre et beaucoup parler.
Quel est mon point du vue et par là celui de bien d’autres alors que de ci, de là on vous reproche en bloc votre travail.
Quelqu’un de chez vous a voulu d’ailleurs désamorcer tous ces «grincements» en disant que Match n’était pas là pour faire la propagande de l’Armée Française?
Ce qui correspond à ce que dit l’Histoire contemporaine puisque la presse de l’hexagone a très rarement soutenu l’armée française, elle avait plutôt des faiblesses pour ceux d’en face. Preuve que cela n’a guère changé d’ailleurs.
Alors ce reportage sur « La parade des talibans ».
Vous avez pris des risques en allant chez eux. Eux qui font passer les femmes après les chèvres !
Ils ont accepté c’est dire qu’ils avaient sacrément besoin de se confier !
Vous avez pris des photos. (Elémentaire pour une photographe !) et vous êtes revenue vivante. On est content, il est vrai que vous avez une bonne tête.
Le reportage ne nous gêne pas tous, bien que s’il n’avait pas été fait, il ne nous aurait pas manqué.
Les photos des talibans portant les équipements de nos gars tués nous choquent à divers degrés mais c’est du matériel militaire et il ne permet pas de dire qu’il appartenait à tel ou tel. Cela reste en quelque sorte anonyme.
Mais la montre ???
La montre c’est un objet personnel ! Ce n’est pas du matériel militaire ! Une seule personne l’a reconnue du fond de la Basse-Normandie et s’est effondrée pour la seconde fois en quinze jours, la mère du garçon.
C’est de l’info avez-vous répondu à une interview !
Je sais lire et écrire, vous avez un niveau d’étude supérieur au mien alors en 10 lignes vous seriez certainement capable de me convaincre que cette photo de montre c’est de l’info ? On ne voit même pas la marque pour de l’info !
De l’info qui n’a touché violemment qu’une personne en France, la mère. Touchée et coulée puisqu’elle l’a bien mouillée cette page 46! C’est vrai dans des statistiques une personne en larmes sur plusieurs milliers de lecteurs c’est négligeable en regard des exemplaires vendus.
Au nom de l’info, il y a quelque chose de glacial dans tout cela.
Nous ne sommes pas spécialement émotifs dans ce métier mais il arrive tout de même parfois que l’on réfléchisse avec le cœur.
Je ne vais pas vous insulter, je ne vais pas vous condamner, je veux simplement vous faire découvrir quelque chose.
Avec la main droite positionnez vos doigts de chaque côté de votre larynx et serrez à peine. Après 2 ou 3 secondes si vous sentez comme de petits battements c’est que vous avez un cœur.
Alors servez vous en un peu dans votre travail de grâce!
Le fric ça se dévalue, pas les valeurs du cœur.
Agréez mes salutations de provincial (parce que j’ai été bien élevé)
NOS JEUNES SOLDATS
Il y a quelque temps, ils paradaient dans la cour de leur quartier, fiers d’être soldats, heureux de devoir partir loin, très loin, trop loin, là où les hommes s’entretuent, où règne l’intolérance, le sectarisme, l’obscurantisme, l’aveuglement de ceux qui croient changer le monde, une ceinture d’explosifs autour de la taille.
Ils savaient tout cela, nos jeunes soldats, mais ils n’avaient pas peur. Ils représentaient leur pays.
Ils étaient pleins de cette force de l’âge, les cheveux courts, le regard droit, les muscles saillants, ceux des hommes qui savent que la guerre ne se gagne pas sans force physique et rigueur morale. Ils portaient un béret rouge, un béret vert, un béret noir, fierté de l’unité dans laquelle ils avaient choisi de servir. Ils aimaient Castres et son RPIMa, ils aimaient Calvi et son REP, ils aimaient Noyon et son RMT. Ils en avaient fait leur raison d’être et celle plus belle et plus noble de servir son pays.
Aujourd’hui, ils demeurent ce qu’ils étaient hier : de grands et beaux soldats, mais aujourd’hui, ils ne sont plus.
Courageux, ils sont tombés là-bas, dans ces montagnes afghanes, au détour d’un col qu’ils n’avaient peut-être jamais vu et que jamais plus, ils ne franchiront.
Terrible destin que celui de ces jeunes qui ne demandaient qu’à vivre pour aider un peuple à survivre !
Ils ne reverront plus le bout de leur terre natale qu’ils aimaient tant et pour laquelle aujourd’hui ils sont partis, loin des leurs, loin des camarades avec qui ils ne partageront plus les soirées endiablées de jeunes de vingt ans.
Aux familles qui souffrent, nous disons toute notre sympathie attristée. Aux camarades de compagnie, de section, nous apportons notre compassion et notre soutien le plus sincère, à eux, qui auront à effectuer les mêmes missions, exposés au même danger.
Quand demain, nous verrons, dans la Cour des Invalides, vos cercueils alignés, vos familles éplorées, quand nous verrons vos camarades porter vos corps sans vie, quand nous verrons le Président déposer une médaille sur le bois sinistre devenu votre demeure à jamais, sûr que nos yeux se mouilleront car vous n’aviez pas le droit de nous quitter si tôt.
A tous ceux qui ne comprennent pas la grandeur de votre engagement qui vous laisse aujourd’hui sans vie, nous dirons que vous avez été beaux, dignes et grands. Nous dirons que vous avez été l’exemple de la jeunesse que l’on admire. Nous dirons que vous n’étiez pas à la recherche du confort matériel mais que vous êtes partis pour la défense de valeurs qui nous dépassent.
A tous ceux qui veulent parler de vous sans vous connaître et se saisir de votre malheur et de notre tristesse dans des buts inavoués, nous disons simplement que le silence, le respect et le souvenir de ce que vous avez été est le plus bel hommage qu’on puisse vous rendre.
Reposez en paix !
Vos amis ne vous oublieront pas !
Vous étiez beaux et grands avant de nous quitter, vous restez beaux et grands dans votre sacrifice qui fait que notre France est belle quand elle se donne les fils que vous êtes.
Michel RICHAUD Président de l’Union Nationale des Combattants des Bouches du Rhône.
L’Union Nationale des Combattants des Bouches du Rhône a tenu à s’associer, à vos côtés, au deuil qui nous frappe.
Moi je vous rejoins sur vos commentaires: rasons les champs de pavots et les média qui font le bon et le méchant en remettront une couche.
J'ai fait 3 séjours en opex 78 79 80 et à cette époque, quand je suis revenu, ces opérations n'étaient pas aussi médiatisées. Merci à l'encadrement professionnel qui nous a sauvés d'un carnage, car nous avions en face des P.M. AK 47 chinoises...Tout s'est bien passé. Merci messieurs. A présent, si on ne peut plus faire confiance à la hiérarchie militaire, il faut réformer.
Sinon, le jour où nous aurons un 11 septembre, il ne faudra pas se plaindre
. Merci à tous.
je pense madame qu'il n'y pas si longtemps que cela vous auriez été condannée pour votre torchon,combien avez vous été payée pour ce reportage abject je me demande maintenant si vous avez le courage de vous regarder dans votre miroir,mais je pense surtout que pour des gens comme vous cela ne dois pas vous déranger car soit disant au nom de la liberté de la presse il n'y a que la notoriété et l'argent qui vous interesse et rien d'autre, si vous avez été au restaurant avec cet argent si bien gagné j'espere que l'odeur de cet argent sale venant d'une fosse septique vous suivra patout. un ancien du 3eme RPIMA