Des chiens de guerre en Afghanistan ?
Par PC le mardi 2 septembre 2008, 15:20 - Actualité - Lien permanent
Des conditions de guerre très dangereuses et difficiles contre les
talibans
Les combats que mène l'armée française en Afghanistan, contre des bandes très organisées de rebelles qui ont pris le nom de talibans, se déroulent dans des conditions particulièrement difficiles et dangereuses.
L'embuscade du 18 août 2008 dans laquelle dix soldats français ont été tués en est la tragique illustration. Un commentaire très pertinent a été fait à ce sujet par un ancien du 18e RCP et des commandos de chasse, qui a été amené à servir en Algérie dans les massifs montagneux et boisés du nord-constantinois, où les lieux d'embuscade étaient nombreux.
Pour y faire face, le général Challe et le colonel Bigeard créèrent alors les commandos de chasse, unités mixtes dont l'effectif était composé de combattants autochtones, connaissant bien leur secteur, et de volontaires venus de France.
Côte à côte,partageant les mêmes épreuves, ces commandos menaient une vie très rude, et rustique, calquée sur celles de leurs adversaires, et ce fut un facteur de succès déterminant: l'adversaire fut pris à son propre piège.
Chiens de guerre et commandos de chasse en Afghanistan ?
Mais il faut souligner le rôle des chiens des pelotons cynophiles dont sut se doter l'armée française. La part que prirent les chiens de guerre dans les opérations des commandos de chasse contribua de manière très importante à prévenir un certain nombre d'embuscades, à retourner l'effet de surprise contre les rebelles, et à éradiquer la rebellion armée, tout en épargnant bien des vies.
Un tel concept est-il transposable en Afghanistan ?
Documentation
: Pour en savoir plus sur les commandos de chasse et les chiens de
guerre
- Les "têtes chercheuses" du général Challe (lire particulièrement le chapitre "Les chiens de guerre")
- "A ceux des Commandos de chasse" par le Général Challe
- Le Commando de Chasse L124 en Algérie
- Le Commando de Chasse "Georges"
FNCV.Combattants.Volontaires
Commentaires
Et pourquoi pas?
Lors des guerres qu’elle connut au cours de son histoire, l'armée française fut amenée à employer des chiens sur les théâtres des combats.
Durant la guerre d’Algérie, l'expérience déjà acquise dans ce domaine, notamment en Indochine par les troupes aéroportées, fut naturellement exploitée pour les besoins de certaines unités opérationnelles.
Les chiens, souvent des bergers allemands, dressés et entraînés par les maîtres-chiens des pelotons cynophiles, étaient fort appréciés des commandos de chasse lors de certaines missions particulièrement dangereuses. La principale difficulté résida dans la rareté des effectifs canins, lesquels, de 40 en 1950, furent multipliés par 100 en moins de dix ans. Ces 4.000 chiens furent affectés à une centaine de pelotons cynophiles répartis sur l’ensemble du territoire de l’Algérie.
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La collaboration des chiens éclaireurs fut particulièrement précieuse pour notre commando. Mais, en raison du déficit de leurs effectifs, nous ne les vîmes guère apparaître avant l'année 1961. Grâce à leurs qualités naturelles, ces animaux, insensibles à la peur et doués de certains sens hyper-développés propres à leur espèce, se révélèrent d'extraordinaires éclaireurs de pointe qui permirent d'épargner bien des vies humaines.
Les chiens lorsqu'ils ouvraient la piste en avant-garde de nos voltigeurs de pointe, pouvaient déceler toute présence à une distance de près de cent mètres, ce qu'aucun être humain n'aurait pu faire.C’est en silence qu’ils donnaient l'alerte à leur maître qui les suivait en retrait.
L'emploi des chiens éclaireurs constituait un avantage sans pareil dans les zones difficiles où nous avions à nous déplacer, notamment dans les secteurs à relief accidenté et à végétation dense, propices à de meurtrières embuscades. Certains chiens avaient été dressés pour attaquer et poursuivre l’ennemi sur ordre. D'autres pouvaient même être chargés d'accompagner les commandos chargés de missions nocturnes, ce qui intervenait presque quotidiennement.
Les chiens permettaient également d'éviter d'exposer inutilement nos hommes lors des explorations de grottes ou de fouilles de mechtas suspectes. Après que les occupants aient été évacués, c'est le chien qui effectuait le premier contrôle du gîte. L’efficacité du binôme maître-chien et chien éclaireur avait en outre un certain impact dans le cadre de l'action psychologique que l'armée était chargée de mener auprès des populations.
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Plus rarement, nous eûmes à utiliser les chiens pisteurs, qui opéraient à partir d'habitations, gourbis, grottes ou caches diverses où des djounoud avaient séjourné. Dès lors que l’on proposait au flair du chien un morceau d'habit ou de linge ayant été au contact d'un rebelle, l’animal se mettait en piste et suivait la trace laissée au sol par le fuyard.
J'ai pu remarquer, lors de nos opérations dans le Nord-Constantinois vers la fin de l’année 1961, que ce pistage ne pouvait aboutir à un succès que dans la mesure où certaines conditions étaient réunies: intervention rapide, pas de brouillage de piste, absence de substances irritantes, telles que le poivre, qui auraient pu avoir été saupoudrées par les rebelles, et pas d’odeur d’essence ou autres liquides inflammables qui furent parfois employés pour le débroussaillage de l’entrée de certaines caches ou grottes.
Et enfin, le trajet à parcourir en chasse devait être aussi court que possible: un pisteur perdait une bonne partie de ses performances au bout de quelques kilomètres et c’est pourquoi il devait être transporté au plus près du point de départ de la traque.
Certains chiens reçurent par ailleurs des missions de garde, ou de détection de mines, mais dans notre secteur, nous n'eûmes pas à ma connaissance recours aux chiens pour ce type d'intervention.
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Ainsi, au cours de la guerre d'Algérie, plus de 150 chiens de guerre furent tués au combat et leur sacrifice a sans doute sauvé un nombre beaucoup plus important de nos camarades de la mort qui les attendait au détour de la piste... Un ancien du commando L124. Indicatif Boudeur Carmin Azur.
Le témoignage précédent est particulièrement éloquent quant à l'efficacité des chiens de guerre. On pourrait ajouter la lutte contre la drogue, qui pourrit le Pays et alimente abondamment les caisses des talibans et leur armement. En 2006, 610 tonnes d'héroïne ont été déversées dans le monde et en Europe, en provenance d'Afghanistan. La monoculture du pavot par les paysans et la commercialisation de la drogue sont gérées par les talibans. Les chiens nous aideraient à détecter leurs laboratoires de production, quelquefois, paraît-il, proches des centres militaires.
Les chiens de guerre… en Afghanistan ....oui pourquoi pas...les braves bêtes, certaines citées à l'ordre de leur régiment; d'autres ont été décorées d'une étoile (insigne de l'éclaireur) ayant fait preuve de bons et loyaux services dans l'armée.
Ces chiens, dont l'odorat est évidemment d'une grande finesse, ont rendu entre 1954 et 1962 de grands services dans des opérations de commandos et surtout en opération de nuit…. notamment la fouille de grottes . Ces chiens étaient des chiens pisteurs ou de combat, des éclaireurs de pointe, silencieux et rapides, ils fouillaient le terrain en avant du détachement dont ils assuraient la sûreté immédiate lors de patrouilles ou de missions de reconnaissance. Ils étaient en mesure de déceler tout ce qu’il y avait de vivant devant eux (une centaine de mètres au maximum en condition normale) et de transmettre l’alerte à leur maître par leur attitude (refus d’avancer) Pour nous commandos, ce mode d’éclairage présentait un très grand intérêt dans les terrains difficiles et dans les couverts (broussailles, forêts , rochers ou terrains accidentés), le chien attaquait s’il en avait reçu l’ordre et pouvait suivre un fuyard. Certains, parmi les plus calmes, pouvaient être également utilisés en embuscade. On confiait aux chiens éclaireurs des missions de patrouille, de ratissage, de guet et de bouclage….
Nous leurs devons une fière chandelle !!! et bien des fois la Vie.
Après les premiers succès remportés par le plan Challe, le commandement décida la mise en place de chiens éclaireurs dans des Unités de la 10éme DP, 25éme D.P et des Commandos de chasse.
Commentaire injurieux censuré par le modérateur.
Bonjour à tous
Vos témoignages au sujet de l'embuscade et hommages sont les bienvenus. Merci à tous ceux qui donnent des idées.
Sans être un stratège d'état major, mais ayant une très bonne expérience du terrain, je voudrais par ces quelques lignes apporter des solutions pour nos soldats.
1.La création de commandos de chasse. Comme les groupes matou .
2.Envoyer des commandos style cobra c'est à dire des afghans formés à la chasse aux talibans, mais sous contrôle français .
3.Employer des chiens de guerre mais sous différentes fonctions. Le pistard qui découvre le taliban. le renifleur pour les explosifs et la drogue.
4.Changer les groupes de combat. Mieux les articuler. 2 fusils FAMAS. 1 minimi. 1T.E.
5.Emploi de la guerre électronique.Saturation de zone.Déception etc etc...
6.Emploi des vib de l'armée de l'air avec canon de 20.
7.Enfin l'hélicoptère de combat style cobra ou apache.
8.L'emploi de détecteurs de passage style sismographe cher aux Américains.
9.Les drônes à employer en masse.
10.Ratisser toutes les maisons et détruire celles qui ont été suspectes ou ayant servi à cacher des armes.
11.Enfin faire aussi la guerre psy
Je n'en dirai pas plus, certains lecteurs peuvent mal interpréter mes dires ou suggestions
Un jeune ancien des commandos parachutistes.( Liban,Tchad,Ex-Yougoslavie)
Bonsoir tt le monde.
Que de solutions, mais pour ceux d'entre vous qui ont vu le reportage sur nos soldats lundi soir, vous aurez noté les erreurs flagrantes de ce groupe en reconnaissance. C'est comme poster un mirador dans un puits et laisser les jumelles à la maison !!!
Je ne m'étendrai pas, car je n'ai pu voir la totalité du reportage et ne suis pas un grand stratège, mais en reconnaissance l'on prend un minimum de précaution et l'appui n'est jamais loin. Ici le VAB en cas de repli était bien loin et la reco sur les hauteurs inexistante !!!
Ce n'est pas une critique, juste un constat et il est facile à la télévision de montrer juste ce que l'on veut, pas forcément l'essentiel.
J'ai vu aussi le reportage dont parle Claude et mon impression rejoint la sienne.
Grâce à un journaliste qui était présent et qui a filmé le déroulement de l'engagement, nous avons vu des soldats français engagés dans un accrochage contre des talibans, et ces soldats faisaient visiblement preuve de sang-froid et de professionnalisme.
Ils étaient casqués, bottés, gilettés, bien répartis avec des distances de l'ordre 10 mètres entre les gus et faisaient une guerre de tranchée défensive contre un groupe d'une quinzaine de talibans qui tenaient un ensemble de gourbis à une distance de 150 à 200 mètres. Entre les deux, un no man's land bien dégagé.
Je ne dirai pas qu'il fallait monter à l'assaut, cela aurait été du suicide au travers d'un terrain aussi peu propice, mais nom de Zeus, quand on a la chance d'accrocher une bande de rebelles, ont effectue un début d'encerclement, tout en appelant à la rescousse les hélicos avec quelques sticks de commandos que l'on dépose vite fait sur les points clef situés à l'arrière de la position ennemie.
Le bouclage fait, c'est gagné: soit on négocie la reddition des rebelles, soit on pilonne et on flingue ce qui sort de la ratière. Le site se prêtait bien à une telle intervention, d'après ce que j'ai pu en voir.
Là, rien de tel: les Français, après avoir tiré un certain nombre de rafales avec leurs FAMAS (ils n'avaient pas de fusils lance-grenades, apparemment), et arrivant presque à court de munitions, se sont repliés. Ils ne pouvaient rien faire d'autre. Aucune perte chez l'adversaire, aucune arme récupérée.
Je reste perplexe: qui était l'assaillant? Pas les nôtres, en tous cas: les deux groupes ennemis campaient sur leurs positions respectives sans aucune volonté manifeste d'attaquer, ou d'encercler l'adversaire; pas d'hélicos, aucun appui aérien visible. Cela donne l'impression d'une petite bataille rangée, une escarmouche, chacun dans sa tranchée et puis on rentre au quartier pour le méchoui du soir.
Aucune perte amie, c'est bien, mais on compte gagner la guerre de cette façon? Ca sert à quoi, tout ça? Quelle est la stratégie? Ces talibans sont des guerriers redoutables et il faut tenir compte de leur combativité, de leur rusticité et de leur connaissance du terrain. Ou alors, il faut partir. Si l'on prétend faire la guerre, il faut s'en donner les moyens, ET VAINCRE !!!.
Des explications seraient les bienvenues...
Pour répondre à carmin azur
Difficile de juger n'est ce pas ? Quel est le degré de notre engagement ? Est ce que l'on patrouille pour patrouiller ?
Je me souviens de cette prise d'otage au Liban (des militaires suédois de la FINUL)
Apres 3 jours, il a fallu calmer les gars de la Cie d'appui dont j'ai fait partie,qui, si le Force Commandeur ne se bougeait pas (pour ne pas les provoquer !!!) étaient prêts à intervenir de leur propre chef .
A l'époque, nous pouvions nous reposer sur notre encadrement de la Cie qui était (avis personnel) compétent.
Alors Messieurs, là bas,vous êtes en guerre. Quel que soit votre mission, vous êtes l'intrus.
Ne vous considérez jamais comme les bienvenus, les sauveteurs, vous êtes des chiens d'infidèles, alors reste prudent ami et ne fais confiance qu'à toi, ton instinct, ton arme, et tes couilles. Nous sommes avec toi par le cœur, ce que tu vis, nous l'avons vécu,
N'hésite pas un seul instant, va au bout de ce que tu crois, fais toi confiance et tu vaincras!
Mes respects.
IL N'Y A PAS DE MAUVAISES TROUPES, MAIS DE MAUVAIS CHEFS...