Dans son communiqué, le chef de l'Etat a rendu hommage au «courage de ces hommes qui ont accompli leur devoir jusqu'au sacrifice suprême». «Mes pensées vont d'abord à leurs familles et à leurs proches, auxquels je transmets, au nom de la Nation, mes condoléances. Je dis aux blessés ma sympathie et mon soutien dans cette épreuve. Je partage également la peine de leurs camarades et, au-delà, de tous les militaires français», a-t-il ajouté.

«Importants moyens aériens»
Les combats impliquant des militaires français ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit de lundi à mardi, avait précisé plus tôt une source proche de l'Élysée. Une source militaire en Afghanistan avait indiqué que des éléments français de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) étaient engagés dans un «incident majeur» avec des insurgés talibans dans le district de Saroubi, mais n'avait pas communiqué de bilan des combats. Une information déjà évoquée par l'état-major français des armées la veille au soir.

Nicolas Sarkozy précise également que «d'importants moyens, aériens notamment, ont été mis en oeuvre avec le soutien des Alliés pour appuyer et dégager» les militaires français.

«Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes», a par ailleurs déclaré un porte-parole des talibans. «L'Otan a riposté par des frappes aériennes aux cours desquelles cinq talibans et 15 civils ont été tués», a-t-il ajouté. Il n'était pas possible de vérifier ces informations et les bilans donnés par les talibans sont souvent très exagérés. Le porte-parole du ministère de la Défense afghan a affirmé que 13 insurgés, parmi lesquels un Pakistanais, avaient été tués.

Le plus meurtrier depuis Bouaké !

Il s'agit du bilan le plus meurtrier pour l'armée française depuis celui du bombardement de Bouaké en Côte d'Ivoire, en novembre 2004. Ce jour-là, neuf soldats français et un civil américain avaient été tués et trente cinq autres soldats blessés. Ce bombardement par des avions des forces ivoiriennes avait engendré une sévère riposte française puis des émeutes dirigées contres les expatris français.

Ces pertes sont les premières depuis le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, actuellement de l'ordre de 3.000 hommes, annoncée par Nicolas Sarkozy lors du sommet de l'Otan à Bucarest en avril. Avant ces combats, quatorze militaires français y avaient été tués dans des accidents, opérations ou attentats depuis fin 2001, selon l'état-major français. Quelque 176 soldats étrangers sont morts dans le pays depuis le début de l'année, selon un décompte de l'Agence France-Presse.

La France est engagée depuis 2002 dans la coalition qui a défait les talibans après les attentats du 11 septembre 2001. Une coalition qui réunit sur place des militaires de l'Otan et des soldats américains.