Après un week-end d'ultimes contacts, voire de pressions selon les intéressés sur les derniers récalcitrants, l'exécutif se montre confiant.

Le clan des "irréductibles" de l'UMP devrait se réduire à moins de 10, dont MM. Goulard, Cuq, Grand, Geoffroy, Myard, Le Guen. Au Sénat, Alain Lambert, viscéralement opposé à la réforme, votera finalement oui "par affection" pour Nicolas Sarkozy.

Mais le plein de voix de l'UMP (317 députés, 159 sénateurs) ne suffit pas, la réforme devant être validée par 3/5èmes (60%) des suffrages exprimés. Le vote étant public, on saura qui vote quoi.

Les centristes (24 députés, 30 sénateurs) devraient globalement voter oui. Mais, au Sénat, le groupe disparate centriste compte au moins 3 ou 4 bayrouistes qui pourraient, comme leur patron, voter non.

Le camp du oui devrait également rassembler les sénateurs radicaux valoisiens (9) et la plupart des 18 parlementaires Radicaux de gauche qui devraient suivre leur président Jean-Michel Baylet, après une dernière concession de M. Sarkozy, prêt à abaisser de 20 à 15 députés le seuil pour former un groupe.

Le camp du non devrait lui faire le plein des voix communistes et Verts (24 députés et 23 sénateurs en tout) et des socialistes (186 députés/95 sénateurs), pour lesquels la réforme est largement insuffisante. Seul Jack Lang (PS) votera oui.

Plusieurs demandes du PS -24 selon la droite- ont été intégrées à la réforme. Mais, parmi les conditions posées pour un soutien, seul un droit de réponse lorsque le président parle politique intérieure, a été concédé, en dernière minute, par le chef de l'Etat. Pour le PS, à trois mois de son congrès, c'est trop tard et trop peu.

Pour faire adopter l'un de ses projets majeurs, Nicolas Sarkozy aura dû également composer avec sa majorité, notamment avec la cinquantaine d'opposants à une entrée de la Turquie dans l'UE, qui ont obtenu que le verrou référendaire soit maintenu.

Agence France Presse

Il a aussi accepté que le Sénat consolide son mode de scrutin.

Fortement édulcorée par rapport à l'ambition initiale du chef de l'Etat qui envisageait un régime présidentiel, la réforme lui offre, dans sa version finale, une nouvelle prérogative: pouvoir s'exprimer devant le congrès. Elle donne des pouvoirs supplémentaires au Parlement en matière législative et de contrôle et accorde deux nouveaux droits, fortement encadrés, aux citoyens: référendum et contestation des lois.

Un rejet du texte constituerait un revers personnel pour M. Sarkozy, qui ne manquerait pas d'en faire porter la responsabilité à la gauche. En revanche un "oui" rendrait "la politique de réformes irréversible pour le reste du quinquennat", selon ses amis. M. Sarkozy devrait apprendre, vers 19H15, le verdict depuis l'avion qui le ramènera de son déplacement en Irlande.

Quant au Premier ministre François Fillon, il sera l'invité du journal de 20H00 sur TF1.