Lien Armée- Nation. Sécurité et prévention des Journées "Portes ouvertes" dans la ligne de mire
Par PC le mercredi 2 juillet 2008, 23:39 - Actualité - Lien permanent
Renforcer le lien "Armée-Nation"
Après le drame survenu à Carcassonne, dans la caserne du 3e RPIMa, lors d'une journée "Portes ouvertes", destinée à renforcer le lien "Armée-Nation", la question se pose de savoir, au-delà de l'erreur commise par un sous-officier, si ce type de manifestation ne comportait pas un risque anormal pour les spectateurs civils qui y avaient été invités.Les jeunes soldats apprennent, lorsqu'ils font leurs classes, qu'il ne faut jamais, en dehors des situations de combat, diriger une arme, même déchargée ou chargée à blanc, en direction d'une personne.
Il s'agit là, non seulement d'une précaution, mais d'un véritable réflexe vital à acquérir, car les armes, et particulièrement les armes automatiques, sont par définition des engins destinés à tuer, et leur emploi comporte inévitablement un risque mortel qui doit être réduit à sa plus simple expression au moyen de procédures rigoureuses.
Certains anciens se souviendront de ce qui se passait, lors des exercices de tir, lorsqu'un bleu, oubliant les consignes reçues, commettait l'erreur funeste de se retourner stupidement avec son arme chargée, pointée en direction de ses camarades. Il ne se voyait infliger aucun motif écrit, mais recevait sur le champ du gradé instructeur, un grand coup de poing "dans la gueule."
La leçon se voulait salutaire et elle l'était : on n'a jamais vu un bleu ayant commis une faute aussi grave se lamenter sur son sort. Le coup de poing dans la figure n'était pas ressenti comme une brimade, c'était la juste punition d'un geste idiot qui avait mis en péril la vie des camarades. On buvait un bon coup ensemble à la cantine et l'incident était clos, on n'en parlait plus.
De nos jours, et c'est un sujet d'étonnement pour les anciens, il semble que ces sages principes de prudence aient été quelque peu perdus de vue. Les exercices de tir à blanc sonr effectués, non seulement en présence de civils, mais on comprend que les tirs sont effectués en direction même des civils, afin de rendre les simulations encore plus réalistes.
Lorsque tous les blessés de Carcassonne seront rentrés chez eux, et, nous l'espérons de tout coeur, avec un minimum de séquelles, la question qui restera posée sera de savoir si, au delà de la faute d'un sous officier, il n'y a pas dans cette affaire, une erreur beaucoup plus générale, dans la conception technique de cette "Journée "Portes ouvertes", et de toutes celles qui pourraient être organisées dans les mêmes conditions.
Commentaires
Personnellement, suite une erreur de ce genre lors d'une sortie avec des amis chasseur, surpris par un bruit derriere moi je me suis retourné un peu brusquement et involotairement pointé le fusil sur les 2 amis qui me suivaient...
BLANC ! Ils sont devenus blanc d'un coups !
Evidement il ne m'ont par "casser" la gueule, mais depuis ce jour, il n'ont plus jamais voulu chasser avec moi depuis3 ans. Et je comprend leur décision. Nous restons amis, en dehors, evidement nous avons reparlé, mais m'ayant trouvé trop émotif... Un coup de feu part si vite !
Très sincère et honnête, le récit de micmac.
Mais la réaction des amis chasseurs me paraît disproportionnée.
Un coup de poing fait moins mal que cette mise à l'écart définitive.
Quant on manie des armes durant un exercice, il est de règle de prendre de sérieuses précautions.
J'en sais quelque chose, durant un exercice d'instruction avec une mitrailleuse calibre 30, un sous-officier , le sergent ...., blessa à la cuisse et au ventre un hpmme de troupe qui se trouvait à côté de lui.
Lorsque dans un spectacle, les acteurs tirent sur les spectateurs, il y a effectivement quelque chose qui ne va pas dans les décisions prises et dans les ordres donnés. N'essayons pas d'expliquer l'inexplicable. Laissons la parole aux responsables. Des centaines de " Portes ouvertes " se déroulent chaque année dans chacune des 3 Armées à la grande satisfaction du public (le meeting aérien d'Orange a réuni plusieurs milliers de personnes il y a quelques jours). Les relations Armée-Nation doivent se poursuivre bien évidemment avec le maximum de sécurité, comme nous savons le faire.
Je viens de prendre connaissance des diverses réactions.
Sans jeter l'anathème ni mettre en doute le professionnalisme du sergent - je me pose cependant deux questions.
A - A quoi sert-il de détenir des cartouches, à balle réelle, quant on est en garnison en métropole ?
B - Pour quelle raison avait-il ce chargeur sur lui alors qu'il participait à un exercice à blanc.
Quant aux diférences de réaction des responsabilités Morales, entre civils et militaires, elles ne sont pas d'aujourd'hui mais je conseil de lire l'édito d'Alexis BREZET, dans Figaro magazine de cette semaine, il les analyse très bien.