Les jeunes soldats apprennent, lorsqu'ils font leurs classes, qu'il ne faut jamais, en dehors des situations de combat, diriger une arme, même déchargée ou chargée à blanc, en direction d'une personne.

Il s'agit là, non seulement d'une précaution, mais d'un véritable réflexe vital à acquérir, car les armes, et particulièrement les armes automatiques, sont par définition des engins destinés à tuer, et leur emploi comporte inévitablement un risque mortel qui doit être réduit à sa plus simple expression au moyen de procédures rigoureuses.

Certains anciens se souviendront de ce qui se passait, lors des exercices de tir, lorsqu'un bleu, oubliant les consignes reçues, commettait l'erreur funeste de se retourner stupidement avec son arme chargée, pointée en direction de ses camarades. Il ne se voyait infliger aucun motif écrit, mais recevait  sur le champ du gradé instructeur, un grand coup de poing "dans la gueule."

La leçon se voulait salutaire et elle l'était : on n'a jamais vu un bleu ayant commis une faute aussi grave se lamenter sur son sort. Le coup de poing dans la figure n'était pas ressenti comme une brimade, c'était la juste punition d'un geste idiot qui avait mis en péril la vie des camarades. On buvait un bon coup ensemble à la cantine et l'incident était clos, on n'en parlait plus.

De nos jours, et c'est un sujet d'étonnement pour les anciens, il semble que ces sages principes de prudence aient été quelque peu perdus de vue. Les exercices de tir à blanc sonr effectués, non seulement en présence de civils, mais on comprend que les tirs sont effectués en direction même des civils, afin de rendre les simulations encore plus réalistes.

Lorsque tous les blessés de Carcassonne seront rentrés chez eux, et, nous l'espérons de tout coeur, avec un minimum de séquelles, la question qui restera posée sera de savoir si, au delà de la faute d'un sous officier, il n'y a pas dans cette affaire, une erreur beaucoup plus générale, dans la conception technique de cette "Journée "Portes ouvertes", et de toutes celles qui pourraient être organisées dans les mêmes conditions.