Armées : Réduction et professionnalisation des effectifs militaires
Par PC le mardi 17 juin 2008, 09:08 - Actualité - Lien permanent
En 2008, la Défense Nationale emploie en France 320.000
personnes. Les réductions importantes annoncées par Monsieur Hervé MORIN,
ministre de la Défense, vont avoir pour effet de supprimer des dizaines de
milliers de postes militaires et civils. Les mesures toucheront trois armées :
terre, air, mer. La gendarmerie devrait être épargnée.
Une prochaine loi de programmation militaire
La liste des unités et implantations concernées sera connues au début de juillet 2008. La fonction renseignement sera considérée comme une priorité stratégique.
Ces dispositions vont entraîner la disparition de 54.000 des 320.000 postes civils et militaires de la défense à l'horizon 2015. Les effectifs des armées passeront de 271.000 à 224.000 personnes. L'armée de l'air sera la plus touchée (-24%), suivie de l'armée de terre (-17%) et de la marine (-11%).
Les autres réductions d'effectifs affecteront la Délégation générale pour l'Armement et le Secrétariat Général de l'Administration.
Livre Blanc de la Défense, restructuration, nouvelle carte militaire, bases inter-armées, budget de la Défense… sont autant de sujets dont nous reparlerons prochainement.
Ce bouleversement s'inscrit dans la continuité de la professionnalisation voulue par Jacques Chirac en 1996.
Il est étonnant que personne n'évoque le rôle social des armées, qui ont été un véritable creuset de la Nation depuis la Révolution Française.
Faut-il se réjouir ou désapprouver la disparition de service militaire ?
Précédents articles FNCV :
Commentaires
Rite initiaque, passage de l'adolescence à l'age adulte ; assurement le service militaire y a longtemps contribué... Le bal des conscrits, les classes, les chambrées, les diverses brimades aussi stupides que variées, les "gauloises troupes"... et enfin la quille ! Et des années, les retrouvailes entre "copains de régiment". Sans parler de ceux qui d'appelés se sont retrouvés au front ! Mais cette armée là de citoyen était certainement devenues lourde à gerer, peu reactives, les armées de masse seraient-elles dépassées ?
Le professionalisme est peut-etre peu mieux à même de repondre aux danger potentiels d'aujourd'hui et de demain. Enfin souhaitons, que nos 'décideurs' pour une fois ne se tronpent pas ! Quant au rôle social et de cohésion, on peut en effet se poser cette question, car mis à part le foot, rien de ou presque ne cohésionne les pays :-(
salut monsieur B , pour les jeunes il y a les bandes, la casse ,bruler et se taper un flic a la rigueur un pètard et pour nous les assossiations d'anciens combatants ,les amicales règimentaires et un bon goeuleton , pour ne pas oublier notre jeunesse dans la brousse ,c'est ce qui nous fais tenir debout avant de tomber a jamais , allez bon courrage a tous bye jablon
Bonjour,
Comme l'a dit le Président "L'armée n'a pas un rôl d'amenagement du territoire...", et j'adhère à cette formule... Même si il est vai que depuis... aller, remontons au moins jusqu'au moyen-âge... l'art militaire à façonné l'architecture, le paysage parfois et les esprits. Particulièrement les esprit et les corps depuis que notre armée est devenue l'armée citoyenne de la nation.
Maintenant il est vrai que dans bon nombre de pays les budget militaires augmentent, et que chez nous, il stagne, voire regresse... et pire que ça si l'on considère notre croissance (réelle et prévue) quasi ridicule.
Or, voila nous devons faire face à de nouveaux danger, un monde de plus en plus imprévisible, instable... Donc, en effet l'une des réponses apporté est de mettre le paquet sur le pôle renseignement, plutôt que l'opérationel.
Oui, mais prenons garde à ne pas nous retrouver avec armée avec "une grosse tête et une petite q... heu...peits bras..." !
A mon sens, il EST necessaire d'enfin construire ENSEMBLE une véritable europe de la défense, partie prenante majeure, d'un ensemble plus vaste de l'OTAN.
Si la France veut encore peser dans le monde de demain, elle doit s'associer encore plus fortement avec ses voisins, tout en conservant son très bon savoir faire technologique en matière d'armement notament et son potentiel humain en sachant motiver sa jeunesse. Nor jeunesse, notre Avenir ! ! !
La colère des légions
Tout jeune, j’avais entendu le reproche fait, après 1940, au Général Gamelin d’avoir cautionné la mollesse de notre politique de défense face à Hitler. J’avais aussi retenu la leçon : « Quand un militaire n’est pas d’accord, il ferme sa g… ou il claque la porte ! »
Devenu chef d’état major de l’armée de terre, j’ai choisi de démissionner en mars 1983 pour marquer mon opposition à la Loi de Programmation concernant mon armée…
Je ne suis plus aujourd’hui que l’observateur, souvent attristé, de l’actualité. Elle m’apprend qu’un groupe d’officiers généraux vient d’exprimer publiquement ses réserves, non pas au contenu du Livre Blanc sur la Défense, mais aux mesures de déflation et de réorganisation qu’il prépare et entend justifier. Je lis aussi (sans surprise…) que les Hautes Autorités de l’Etat sont très choquées de leur prise de position inhabituelle.
Sans vouloir ajouter à la polémique, je remarque d’abord que ce sont des directives officielles récentes qui encouragent dorénavant les militaires à s’exprimer sur les sujets qui les concernent. (Peut-être les rédacteurs s’attendaient-il à ce qu’ils n’osent donner leur point de vue que sur des broutilles, comme la couleur du béret ou le prix des repas au mess !...)
Cette volonté affichée d’ouverture a été quelque peu contredite, me dit-on, par une participation trop limitée des soldats à la rédaction du Livre Blanc. Le Pouvoir politique s’exposait dès lors à des réactions exprimées (je le déplore) de façon anonyme. Elles étaient d’autant plus prévisibles qu’elles portaient non pas sur les attendus politico stratégiques, techniques et économiques (le plus souvent fondés, selon moi) que contient le Livre Blanc mais sur la réduction des moyens des armées qu’il annonce alors que leurs missions restent, me semble-t-il, inchangées, voire accrues. Du Livre, mes jeunes camarades paraissent avoir retenu surtout la conclusion implicite: « On ne peut pas vous donner plus. Adaptez-vous ! Débrouillez-vous pour faire aussi bien avec moins ! »
Ce langage, je n’avais pas pu l’accepter. Je comprends donc leur mécontentement.
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La manifestation de centaines de gendarmes en uniforme organisée, il y a deux ou trois ans, à Paris, à l’insu de la hiérarchie, représentait déjà un signe avant - coureur des réactions possibles de la grande muette.
Elle m’avait paru d’autant plus inquiétante que la Gendarmerie est réputée pour son loyalisme mais que ses personnels sont extrêmement sollicités… tout comme ceux de l’armée de terre actuelle qui fonctionne, selon le mot de son chef, « à flux très tendu » …
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Les hommes politiques de l’Ancienne Rome recommandaient aux Empereurs de se méfier de la colère des Légions… Nous n’en sommes pas là en France et je connais assez l’armée pour affirmer que ses cadres restent loyaux et disciplinés. Comme moi, ils admettent comme un dogme la primauté du pouvoir civil : arma cedant togae… Ils en donnent d’ailleurs chaque jour la preuve en partant tous les 4 mois en OPEX et ailleurs...
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Ce que je crains cependant, c’est qu’à force de compressions et de bricolages reposant davantage sur des impératifs financiers que sur des critères opérationnels, on en arrive à démotiver les jeunes cadres. J’en rencontre souvent ; ils font mon admiration par leur disponibilité, leur ouverture d’esprit et leur désir de servir la France.
Depuis longtemps, j’ai alerté les responsables sur le danger de transformer nos meilleures unités en « tigres de papier », à force de les engager, notamment sous le casque bleu, en interposition, c'est-à-dire en observateurs impuissants des combats des autres.
Il ne faudrait pas ajouter à ce risque celui d’écoeurer les meilleurs. Ils ne se satisferont pas longtemps d’entendre parler d’une armée plus resserrée, plus mobile et mieux équipée, selon le discours officiel qui masque mal la réalité budgétaire. Soit ils s’en iront, soit ils resteront pour la gamelle mais perdront leur âme… C’est là ma crainte de grand ancien.
Jidé