Le journal l'Alsace a rendu compte de ce drame dans les termes suivants :

Un homme de 27 ans a été tué vendredi soir par un gendarme alors qu’il tentait de s’évader, menotté, de la compagnie de gendarmerie de Draguignan (sous-préfecture du Var).
La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a demandé la suspension du gendarme et « qu’une enquête interne de la gendarmerie soit menée sans délai ».

Selon le procureur de la République de Draguignan, Christian Girard, l’homme avait été autorisé à fumer dans l’escalier durant sa garde à vue mais la minuterie s’est éteinte et il en a profité pour sauter par une fenêtre à 4,60 m au-dessus d’une cour. « Le gendarme a fait les sommations et a tiré sept coups de feu dans sa direction. Trois projectiles l’ont atteint dont l’un perforant dans le thorax ».
La victime, Joseph Guerdner, sans profession et appartenant à la communauté des gens du voyage, vivait dans un campement à Brignoles. Un pistolet de calibre 11,43 a été trouvé par les gendarmes dans le véhicule de la victime. De source policière, le pistolet était armé.

Joseph Guerdner était le père de trois enfants âgés de 10 mois, 3 et 7 ans, a précisé sa sœur aînée, Mauricette Shatz, ajoutant que la victime « avait fait pas mal de bêtises dans le passé » mais était sous contrôle judiciaire et en voie de réinsertion. Son nom était apparu dans un dossier récent concernant l’agression et la séquestration d’un chauffeur routier. Après trois interpellations, les gendarmes de la section de recherche de Marseille étaient sur sa piste. Ils avaient profité de son pointage pour un contrôle judiciaire à la gendarmerie de Brignoles pour l’interpeller puis le transférer à Draguignan.

Le gendarme, un officier de police judiciaire, maréchal des logis-chef, a été placé en garde-à-vue. La qualification retenue contre lui est celle « d’homicide volontaire », a précisé le procureur qui a saisi l’inspection technique de la gendarmerie. La question qui se pose désormais est de savoir si les coups de feu procédaient d’une intention de tuer.

Le droit de tirer de la Gendarmerie Nationale

Alors que pour la police, l’utilisation ne peut se faire qu’en état de légitime défense, « les textes de la gendarmerie sont plus complexes parce que les gendarmes sont des militaires qui ont le droit de faire usage de leurs armes dans certaines circonstances, notamment dans le cadre d’évasions », a souligné le procureur.

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