L'histoire coloniale française entre fierté et repentance
Par PC le lundi 19 mai 2008, 10:10 - Sujets divers, Débats... - Lien permanent
En
France, il apparaît que chez certains, la mode est à la repentance
La repentance, c'est humain, c'est solidaire, et pour tout dire un peu chic, ce qui ne gâte rien. Un repentant ne peut que recueillir de la sympathie, de la compassion, voire même de l'admiration pour le courage moral dont il fait preuve, surtout lorsqu'il a pris soin de se repentir en faisant préalablement savoir que lui personnellement, n'a jamais été un de ces affreux colonialistes, encore moins un esclavagiste, et qu'il n'a jamais porté les armes...
Il est vrai que vu par le petit bout de la lorgnette, ce type de discours tendancieux et défaitiste, souvent préparé par des groupes aux intentions subversives, largement encouragé et accompagné par les médias, arrive encore à impressionner les personnes mal informées de ce que fut l'Empire français.
L'Empire, la France et les colonies
Celui-ci, de l'Algérie à l'Indochine, en passant par bien des territoires de par le monde, eut des défauts, certes, mais les erreurs qui ont été commises, pour réelles et regrettables qu'elles furent, ne doivent pas faire oublier le contexte de l'époque, ni le formidable instrument de pacification et de civilisation que fut notre Empire.
La parole est trop souvent donnée aux détracteurs de l'Empire et de l'oeuvre coloniale française, mais l'on n'entend que trop rarement s'exprimer ses défenseurs.
>Voudriez-vous nous apporter vos témoignages et vos commentaires ?

Commentaires
Ci-après la présentation d'un "débat" organisé par la LDH le 26 mai prochain, suivie d'un message envoyé par l'un des petits fils du général Zeller aux organisateurs et aux élus de la Ville de Paris. Si certains d'entre vous pouvaient s'inscrire et participer à ce "débat", cela montrerait à ces révisionnistes qu'il existe encore en France des gens qui savent ce qui s'est réellement passé en Algérie et qui ne cherchent pas à reconstruire l'histoire au travers du prisme de leur idéologie.
Bien à vous, Bernard Zeller
Débat organisé par Ligue des droits de l'Homme et la section de Paris des Amis du Monde Diplomatique, à l'occasion de la parution dans Le Monde Diplomatique de mai 2008 du reportage de Pierre Daum et de Aurel : "Sans valise ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie" et après la sortie du film de Jean-Pierre Lledo "Algérie, Histoires à ne pas dire".
Algérie 1962 : De quoi les Pieds-noirs ont-ils eu peur ?
Lundi 26 mai à 19h00 - Auditorium de l'Hôtel de Ville - 3 rue Lobau 75004 Paris
Avec : Pierre Daum, Mohammed Harbi, Jean-Pierre Lledo, Gilles Manceron et Benjamin Stora, animé par Georges Morin, président de l'association Coup de soleil. Le dessinateur de presse Aurel dessinera en direct lors du débat.
L' ESCLAVAGE
Quelle a été la part de culpabilité de la France dans cette honteuse pratique ?
Notre pays est mis en accusation pour avoir commis ce que l'on considère, aujourd'hui comme un crime contre l'Humanité . Peut-on expliquer cette infamie ? Nos Pères ont-ils été vraiment coupables ? Quels sont les responsables en France et/ou dans le Monde ?
Une étude vraiment historique de la question, c'est à dire effectuée de la façon la plus
honnête possible,nous permet de répondre à cette accusation. Il est d'ailleurs très curieux de
constater que les accusateurs les plus acharnés sont précisément ceux qui le pratiquèrent de la
façon la plus systématique et pendant la plus longue période. Certains même continuent de s'en
rendre coupables, au XXI° siècle !
Qui a inventé cette forme abjecte de la domination de l'homme par l'homme ?
C'est une pratique ancestrale, qui remonte à la nuit des temps. Dès le début de l'humanité la seule forme
connue d'énergie était la force humaine. Bien avant les Romains, les Suméniens et les Egyptiens, il y eut
des esclavec et des trafics. Cela aurait pu continuer encore longtemps, s'il n'y avait eu deux facteurs
favorables à l'abolition de cette indignité .
Ces deux facteurs furent : la diffusion du Christianisme et l'apparition du Machinisme. En effet, le Chtist fut
le premier à parler de dignité des Enfants de Dieu et à exiger qu'elle soit respectée chez tous les êtres humains,
sans aucune exception. Toutes les autres religions pratiquèrent cet avilissement humain dans leur compor-
tement et s'en accomodèrent, sans état d'âme , dans leur enseignement . Il y eut cependant beaucoup d'hésitations
et de temps perdus chez les Chrétiens pour leur faire mettre en pratique ce commandement de Dieu ! Pour ce
qui est du machinisme, l'affaire est plus facile à régler : c'est bien grâce à l'arrivée de la machine-outil et à la
domestication de l'énergie qu'il fût possible de libérer l'homme des tâches les plus pénibles.
Les Français ont-ils vraiment pratiqué l'esclavage
Oui ! mais pas en France . Certes, le servage a sévi pendant longtemps chez nous mais pas l'esclavage .
Ce fut Louis X qui abolit le servage en 1314 . Il promulga aussi un édit déclarait libre toute personne esclave,
à son arrivée sur le sol de France ! En revanche, dans les possessions françaises d'Outre-mer, l'esclavage a
sévi depuis François 1° . Il fut aboli en 1794 sous la Convention , grâce à l'Abbé Grégoire , mais rétabli en 1800
par Bonaparte, à la suite des émeutes sanglantes dans les Antilles. Libérés , les Noirs avaient crû qu'ils
pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient : pillages, massacres,, viols se succédèrent jusqu'au retour au calme,
au prix d'une répression sévère . En conséquence l'esclavage fut rétabli en 1804 ! Il fallu attendre 1848 et
l'action bénéfique de Victor Schoelcher pour qu'il soit officiellement enfin aboli chez nous ...
Pourquoi cette différence de traitement de l'esclavage entre
la France et ses colonies ?
Cela est dû surtout à un concours de circonstances . Il y avait en Afrique , une main d'oeuvre abondante et bon marché et de gros besoins sue le Nouveau Continent . Des intermédiaires se sont présentés : d'un côté des
marchands pour transporter et négocier cette matière première, de l'autre : des trafiquants pour alimenter le
marché . Il s'établit un commerce triangulaire très lucratif : des bateaux partaient d'Europe, chargés de verroteries
et de tissus, les troquaient en Afrique contre du bois d'ébène, qu'ils échangeaient au Nouveau Monde contre
du coton. Et la ronde continuait ! Cela ne choquait personne ..., par exemple , Voltaire gagna une petite fortune
en participant au financement de ces campagnes triangulaires . A l'époque, Alger était le Marché aux Esclaves
le meiux achalandé de tout le bassin méditerranéen . Des caravanes de captifs noirs arrivaient du centre de
l'Afrique, tandis que les Barbaresques écumaient les mers les plus proches, raflaient les hommes jeunes pour en
faire des janissaires, et les femmes jeunes et jolies, pour peupler les harems de la bonne société locale . Détail croustillant, les femmes étaient vendues entièrement nues pour que l'acheteur ne soit pas lésé par un vice caché !
A leur arrivée en 1830, les Français mirent un terme à cette Honte .
Où en est-on aujourd'hui de l'esclavage dans le Monde
et en France ?
Selon le Quid ,il y aurait environ 8,4 millions victimes de par le Monde, avec 800.000 de renouvellement annuel .
Beaucoup, mais pas seulement, sont des pays musulmans. Pour son Honneur, la France mène une traque
constante pour combattre pour combattre l'esclavage, ( de services ou sexuel ). Mais il peut encore subsister
des cas très isolés. Par exemple dans des ambassades, où l'immunité diplomatique gène considérablement l'inculpation des contrevenants.
Peut-on espérer une éradication totale de ce fléau ?
Il y a eu des progrès énormes enregistrés depuis 150 ans , mais il reste encore beaucoup à faire dans les
mentalités, en particulier . L'esclavage est considéré, encore trop souvent, chez les peuplades peu évoluées
comme un phénomène de société. On est effaré de compter aujourd'hui les pays pratiquant, sous une forme ou sous une autre, un véritable esclavage. Mais il est présenté sous un caractère protecteur. Le Laître prétend
veiller sur son protégé, en revanche .... il lui confisque son passeport, ne lui accorde pas de rétribution régulière
et lui interdit toute sortie. Il est paradoxal de voir figurer dans la liste de ces " esclavagistes " modernes : Haîti ,
la République Dominicaine, le Libéria, alors que ces mêmes pays protestent véhémentement de nos jours
du calvaire enduré, pendant les siècles passés, par la faute des pays colonisateurs .
CONCLUSION
Il est illusoire d'imaginer que cette simple réflexion est capable d'apporter une
solution à tous les problèmes suscités, à travers le Terre et les Siècles, par l'esclavage. Nous proposons
à nos lecteurs, simplement d'imaginer où en serait actuellement cette question si les Pays Occidentaux,
et Eux Seuls, en dépit de leurs graves défauts, ne s'étaient efforcé, avec un succès réel bien qu'incomplet,
de rémédier à ce qui constitue vraiment un crime contre l'humanité .
J.C. MORON Asaf
EPISODE 1 15 AOUT 2007
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RÉAGIR
Résister et Agir
Communiqué de Presse
de Claudine Dupont-Tingaud
A propos du Festival du Cinéma à Douarnenez du 18 au 25 août 2007 et de son thème : COLONIES !
J'ACCUSE ses organisateurs, les cinéastes et conférenciers invités, de FALSIFICATION DE NOTRE HISTOIRE COLONIALE : car les films de René Vautier et Medhi Lallaoui, notamment, sont des films de propagande gauchiste et de « kollaboration» anti-française.
Puisqu'aussi pour des intervenants, tel Olivier Le Cour Grandmaison ou Odile Taubler, la colonisation ne fut que «spoliation, humiliation et violence» envers les populations indigènes... Routes, écoles, hôpitaux réservés «aux blancs».... Populations locales affamées, «condamnées au travail forcé»....Richesses locales exploitées au seul profit des colons...
Bref : le refus sans aucune concession de ce que même les historiens ou hommes politiques les plus critiques à l'égard de notre présence outre-mer, les plus favorables aux luttes pour les «indépendances» de nos anciennes colonies ou départements, n'ont jamais contesté...Tel Ferhat Abbas, président du « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne» (GPRA) reconnaissant que « la France n 'a pas colonisé l'Algérie, elle l'a fondée ! » ou Aït Ahmed, chef historique du FLN, déplorant les conditions dans
lesquelles les Européens avaient été contraints de quitter l'Algérie en 1962, et paraphrasant Talleyrand « .. Ce fut pire qu’'un crime, une faute ! »
J'ACCUSE le cinéaste René Vautier de mensonge délibéré dans ses «films culte» «20 ans dans les Aurès » et «Afrique 50 » où, lui-même en faisant l'aveu, des images prises hors contexte sont présentées comme prises sur le vif pour rendre plus «saignante sa caméra « citoyenne » et plus convaincante son idéologie manipulatrice....
J'ACCUSE le professeur Olivier Le Cour Grandmaison de «négationnisme» - au sens primaire du terme - en niant l'œuvre positive de notre civilisation alors qu'il peut constater comme nous que des milliers de colonisés quittent chaque jour, au péril de leur vie, leur continent d'origine pour rejoindre le pays des colonisateurs....et en refusant de se souvenir que dans un article récent, un responsable politique de Centre-Afrique lui rappelait que les Gaulois avaient, eux aussi, étaient colonisés... par les Romains, et que
nous n'en demandions pas compte... aux Italiens !
J'ACCUSE le cinéaste Mehdi Lallaoui de vouloir, en nous imposant la «tyrannie de la repentance» instiller en nous la haine de notre Histoire commune, alors qu'il sait fort bien que la conquête de l'Algérie en 1830 a
libéré les populations d'Afrique du Nord du joug des Barbaresques de l'Empire Ottoman !... Et que ce sont massacres, tortures, viols exercés contre la population algérienne, toutes religions confondues, par un FLN fanatisé et un De Gaulle impatient de l'abandonner, qui a condamnée l'Algérie, privée des hommes qui en faisaient la richesse, à vivre la misère qu'elle connaît aujourd'hui.
J'ACCUSE enfin les organisateurs de cette mascarade partisane financée par des fonds publics de ne m'avoir consenti qu'une brève contradiction aux thèses racistes anti-françaises, et de perpétrer ainsi, en n'ouvrant porte, micros et écrans qu'à une version hémiplégique de notre Histoire, un véritable génocide culturel au seul bénéfice des néo-colonialistes « humanitaires»
.ça suffit, trop c'est trop : il est temps de réagir... A moi les médaillés de l'Empire Français, les héros de nos combats coloniaux, les adhérents de l'ACUF, de l'AMEF, l'ADIMAD, VERITAS. .
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EPISODE 2 22 AVRIL 2008
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Amis des journaux et associations patriotes, vous trouverez ci-dessous un communiqué dont vous pouvez vous servir et relatif à ma mise en examen à la suite de mes interventions au Festival du film de douarnenez.
Je vous tiendrai au courant puisque j’ai bien l’intention de défendre nos opinions communes.
En comptant sur votre soutien, bien cordialement.
Claudine Dupont-Tingaud
RÉAGIR
Résister et Agir
Pour la défense de nos identités
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DEFENDRE LE ROLE POSITIF DE LA COLONISATION
Etant allée défendre l’identité de la France française au cours des débats organisés dans le cadre du Festival du Film à Douarnenez, en Finistère (18-24 août 2007) sur le thème « colonies, portraits de colonisés… » et ayant confirmée l’indignation et les accusations que j’avais exprimées de vive voix au cours de ces journées dans une lettre ouverte « J’ACCUSE… », celle-ci a conduit le juge d’instruction Richard Foltzer du tribunal de Grande Instance de Quimper a me mettre en examen (18/04/2008) en raison de la plainte déposée pour diffamation par le journaliste Olivier Legrand Maison et les cinéastes René Vautier et Mehdi Lallaoui.
Les débats auxquels j’avais participé dans le cadre de ces journées avaient pourtant le caractère politique que souhaitaient les organisateurs, eux au nom d’une « démarche citoyenne » de dénonciation de l’œuvre civilisatrice de la France d’outre-mer et d’outre Méditerranée, et moi, au nom du refus de l’obligatoire
repentance et ce dans le cadre démocratique de la liberté d’expression d’un pays civilisé.
Me Frédéric Pichon du barreau de Paris assurera ma défense mais je compte également sur le réseau des amitiés patriotes pour profiter de cette tribune afin de crier la vérité en disant pourquoi nous ne demandons pas pardon,
fiers du rôle que nous impose notre 'blanchitude'.
Claudine Dupont-Tingaud
Présidente de Réagir
Mardi 22 avril 2008
Commentaires de Maurice FAIVRE1
sur l’article de Pierre Daum et Aurel 2
Sans valises ni cercueil…
Cet article est remarquable, parce qu’il met en lumière la différence entre la mémoire (unilatérale par définition), et l’Histoire, qui s’efforce d’expliquer les faits, en les replaçant dans leur contexte, sans parti-pris idéologique .
Les journalistes ont recueilli 9 témoignages, Hélène Bracco 60. Leurs témoins, aussi sympathiques et émouvants qu’ils soient, sont à comparer aux 300.000 familles rapatriées. Cela fait déjà une différence de poids. Il faut ensuite examiner les documents qui traitent des disparitions de1962, et des relations intercommunautaires, et relever quelques erreurs.
Enquête sur les disparus : sur 3.800 dossiers consultés, 650 sont de fausses disparitions, 900 ont été libérés de prison, restent 2.000 présumés décédés (et non 25.000 comme le prétendent certains), dont 320 avant le 19 mars 1962. 158 cadavres seulement ont été localisés, ce qui explique que le mur des disparus de Perpignan a permis aux autres familles de faire leur deuil. Les listes ont été diffusées par les Affaires étrangères en juillet 2004 et corrigées en juillet 2005. L’incertitude demeure pour les militaires disparus.
Les enlèvements de 1962 ont concerné des agriculteurs et des petits fonctionnaires habitant les quartiers périphériques. 10% de femmes, 115 chauffeurs, mais non les membres de l’OAS qui demeuraient au centre des villes. La wilaya 4 (Algérois) et la zone autonome d’Alger (Azzedine écrit que l’exode massif est aussi la conséquence des enlèvements ) ont constitué des équipes chargées de pratiquer des enlèvements. Le vol de la voiture, de la ferme ou de l’appartement est parfois le motif de l’enlèvement. La réclamation de l’impôt révolutionnaire, et la saisie des récoltes, sont aussi des causes de départ
Les faits portent à croire, écrit l’historien Pervillé, que l’expulsion des pieds noirs et l’appropriation de leurs biens fut le principal but avoué de la Révolution algérienne. La corruption des responsables du FLN demeure une des tares de l’Algérie.
Selon le Comité des Affaires algériennes, il restait en Algérie - en septembre 1962, 100.000 Français dont 50% ne sont pas des pieds noirs - en mars 1965, 92.000 Français comptant 37.000 coopérants. Bruno Etienne compte 800 Français ayant demandé leur naturalisation au bout de trois ans ; 260 sont des prêtres et des religieuses, et 300 des épouses à la double nationalité. Les pieds noirs restés en Algérie constituent donc une très petite minorité.
Erreurs factuelles ;
- on ne connaît pas l’origine des coups de feu le 26 mars et le 5 juillet ; les manifestants de la rue d’Isly n’ont pas cherché à forcer les barrages, mais ont essayé de négocier leur passage. Les résultats sont de 66 tués le 26 mars et 350 disparus le 5 juillet à Oran,
- les enlèvements n’étaient pas ignorés, ni les charniers, tous les journaux en faisaient état,
- après la trêve unilatérale de mai à septembre 1961, il y a recrudescence des attentats du FLN, qui sont plus nombreux que ceux de l’OAS jusqu’au mois de mars 1962,
- en août-septembre 1962, les combats entre la wilaya 4 et l’ALN de Boumediene ont fait des centaines de morts par arme à feu ; l’anarchie de l’été 1962, les soulèvements ultérieurs et les coups d’état militaires contredisent la vision irénique de JR Henri,
- les meilleurs historiens de l’Algérie sont pour moi G.Pervillé, D.Lefeuvre et J.Frémeaux.
Relations entre les communautés3
Le racisme des uns et des autres doit être nuancé, comme l’ont montré Daniel Lefeuvre et Jacques Frémeaux . Le sentiment de supériorité de celui qui laboure en tracteur, sur le fellah qui fauche à la serpe, apparaît naturel. Les communautés étaient juxtaposées, sans connaissance réciproque, sans mariages mixtes en raison de la religion, ni apartheid (légende du trottoir ou de l’autobus réservé aux Européens). Mais on fêtait Noël et l’Aïd Kebir.
Le film de JP Llledo met en évidence deux catégories d’Algériens :
- le fanatique qui exécute l’ordre de tuer des innocents pour effrayer les femmes,
- l’homme du peuple qui se souvient des bons rapports qu’il entretenait avec ses voisins.
Parmi les hommes de bonne volonté, il faut ranger aussi les nationalistes qui considéraient les Européens comme des citoyens Algériens à part entière (F.Abbas, Messali Hadj, B.Krim, le FLN en 1954 et à la Soummam).
En revanche, de nombreux militants sont à ranger dans la catégorie des « éradicateurs » :
- - en 1942 Lamine Debaghine souhaite créer un fossé irréversible avec les Européens,
- - le slogan « la valise ou le cercueil » apparaît en 1945 à Constantine,
- - en 1946, Ben Tobbal rejette les Européens, à l’exception des Juifs,
- - en août 1955 Zirout Youssef ordonne de tuer les infidèles et de les rejeter à la mer,
- - Yacef Saadi prescrit de descendre n’importe quel Européen,
- - le Congrès du CNRA en mai 1962 décide de récupérer les richesses nationales (terres nationalisées en 1963, mines en 1966, l’industrie en 1968, le pétrole en 1971),
- - l’Assemblée algérienne adopte en octobre 1963 un Code raciste de la nationalité, rejeté par les libéraux tels que Mlle Lavalette et les abbés Bérenguer et Scotto,
- - Ben Bella ne pouvait concevoir une Algérie avec un million et demi de pieds noirs,
- - Ben Khedda célèbre le triomphe de la révolution qui a réussi à déloger un million d’Européens, et qui a obtenu l’unité du peuple, un seul peuple de culture arabo-islamique.
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La réconciliation possible
Il y a des signes d’évolution.
Les voyages de pieds noirs en Algérie montrent que le peuple les accueille avec sympathie. Même des anciens combattants ont été accueillis dans l’Aurès en 2005 et 2008.
En France, d’anciens terroristes sont reçus comme des héros par les médias.
-Les responsables du parti unique et les islamiques semblent en revanche s’opposer à toute réconciliation. Le pouvoir algérien poursuit aujourd’hui les chrétiens et les musulmans convertis.
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1 je ne suis pas pied noir, ni engagé politiquement, mais attaché à la vérité historique.
Officier en Algérie pendant 5 ans, dont 1962 au 2ème Bureau du Cdt en chef, j’ai connu des colons, mais fréquenté surtout les musulmans du bled. Vice-Président de la Commission française d’Histoire militaire, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, du Conseil scientifique des Mémoriaux (quai Branly et Marseille), j’ai consulté des centaines de cartons d’archives (Comité des Affaires algériennes, Commission de sauvegarde du droit et des libertés, CICR Genève), j’ai écrit 8 livres sur l’Algérie, participé à 6 ouvrages collectifs, et dirigé l’équipe de chercheurs sur les civils disparus (rapport remis au Premier ministre en novembre 2006).
2 Le monde diplomatique de mai 2008.
3 pour ne pas surcharger le texte, je ne précise pas les références des déclarations et des documents cités.
Dans tout ce que je lis je ne trouve que la concision froide et professionnelle du chirurgien qui vous dit : votre jambe est foutue je vais la couper. Il a fallu que je rentre en France pour entendre le mot racisme. Je pense que nous devrions tourner la page et laisser ces gens raconter ce qu'ils veulent. Pour ce que ça change !! Nos morts ne reviendront pas.
Par contre je pense que les Français regretteront amèrement un jour leurs actes de "compassion" à l'égard de certains Algériens sanguinaires. Je ne généralise pas, mais il faut savoir les distinguer de la masse des braves gens.
Recevoir avec honneur en France des combattants de l'ALN et dans le même temps, trainer dans la boue ses propres soldats c'est le déclin de la "conscience" de la soi disant intelligentsia des penseurs chevelus.
Il ne faudra pas compter sur eux quand les islamistes de tout poil se mettront à égorger en France. Laissez ces imbéciles à vision courte dans leur crasse: ils le méritent. Mais ouvrez bien les yeux, et soyez vigilants !!!
À débats & opinions, nous publions le courrier adressé ou président algérien Monsieur Bouteflika par André Savelli, professeur agrégé en histoire au Val-de-Grôce. Nos lecteurs apprécieront cette lettre d'Un érudit, extrêmement bien documentée, éclatante de vérité, qui relate l'histoire d'un pays, l'Algérie.
Monsieur le Président,
en brandissant l'injure du génocide de l'identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n'a jamais existé avant 1830. Ferrat ' Abbas et les premiers nationalistes avouaient l'avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles ! C'était le Maghreb ou l'lfriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d'origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le Vllle siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d'Hippone / Annaba, avec saint- Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen-orient, récemment islamisés ont envahi le Maghreb et converti de force, << béçif >> (par l'épée), toutes ces populations ? << Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion... Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez >(Coran sourate 11, 186- 7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par trou- peaux des centaines de milliers d'esclaves berbères ; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLWII, 19, 20). Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l'ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rah|man ibn Khaldoun el Hadram, Histoire des Berbères,'T 1, p.36-37, 40, 45-46. 1382).
Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les lais sant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie ? Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves ? Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d'esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants.
- Dans l'Alger des corsaires du X'Vle siècle, il y avait plus de 30.000
esclaves enchaînés. D'où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain. . . Les beys d'Alger et des autres villes se main- tenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne. Faut-il oublier que l'esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen-orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l'apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n'excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
Faut-il oublier qu'en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires des barbaresques ottomans qui pillaient la Méditer- ranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées ? Faut-il oublier qu'en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb, où n'avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l'Empire Ottoman favorisait divisant pour régner.
Faut-il oublier qu'en 1830 les populations étaient sous- développées, soumises aux épidémies et au paludisme ? Les talebs les plus évolués qui servaient de toupies (les hakems), suivaient les recettes du grand savant << Bou Krat >> (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis ! Faut-il oublier qu'à l'inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l'an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d'un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962 ? Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l'imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n'avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s'islamiser mur ne pas être tués, d'où le nom de kabyle - j'accepte) ? Faut-il oublier qu'en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du Moyen Age au XXe siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des jardins d'essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports. un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste. . . ? Il n'existait rien avant 1830. Cette mise en place d'une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l'Etat naissant de l'Algérie.
Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d'Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle ? Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l'état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide ? Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l'Algérie, dans l'ère de la mondialisation.
Faut-il oublier qu'en 1962, un million d'Européens ont dû quitter l'Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés ?
Il en est de même de quelque cent mille israélites dont nombre d'ancêtres s'étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s'y établisse. Etait-ce une guerre d'indépendance ou encore de religion ? Faut-il oublier qu'à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l'humanité, et des milliers d'Européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de I'OAS, il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique, beaucoup plus que pendant la guerre d'Algérie ? C'est cette guerre d'indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d'autre , qui a fondé l'identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits ! Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre Premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val-de-Grâce. L'un d'eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d'Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu'elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées, ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l'avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l'Algérie pour la France ? En fait, le passé, viabilisé, désinfecté, n'est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d'un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j'honore cette fonction.
Un citoyen français, André SAVELLI professeur agrégé au Val de Grâce
Que dire de mieux Professeur Savelli , toute mes félicitations pour cette leçon d'histoire, je ne pense pas que monsieur le Président de la république Algérienne trouve les bons mots pour vous répondre.
Pour les vacances, lisez le roman Prunes Amères d'Yves Horeau, ancien EOR de Cherchell, capitaine CR, membre de l'Académie de Bretagne. Si vous l'avez déjà lu, offrez-le à un camarade ou à un ami qui a connu la guerre d'Algérie. Cet ouvrage, largement commenté sur Google, a fait l'objet le 17 mars d'une émission sur Radio Courtoisie à Paris en même temps que les beaux livres d'Alain Zeller et de Bruno Deckel. Dans ce roman, largement autobiographique et nullement politique ni polémique, les anciens officiers de réserve ayant servi en Algérie reconnaîtront le terrain, le djebel, la vie quotidienne, les problèmes de conscience et la nostalgie que chacun a gardé de ce magnifique pays où se sont tissées tant d'amitiés. Les Chasseurs, qui auront reconnu le bleu-jonquille de la couverture, auront une raison supplémentaire de s'y intéresser... Ecrit dans un style très classique plein de couleurs et de poésie, ce roman inhabituel se distingue des plaidoyers pro domo et des clichés fatigants sur la colonisation et la torture. Il se veut un hommage à ceux qui sont tombés là-bas, pour des prunes... des Prunes amères...
Repentance
La France est la risée du monde entier. Et parmi nos attitudes, pour le moins discutables, parmi les nombreuses «repentances», comme on jargonne aujourd’hui, la plus récente vaut le détour.
C’était à Madagascar, un pays que je connais bien pour y avoir vécu lorsque je commandais les forces françaises de l’océan Indien. En visite officielle dans ce pays, en juillet 2005, Chirac a présenté les excuses de la France pour la répression musclée de l’insurrection de 1947, répression que je me refuse à qualifier de « massacres ». Cela donnait, dans le texte : « Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. »
Mais pourquoi aller se coucher comme ça, alors que tout le monde sait qu’il s’agissait d’une autre époque ? Pourquoi éprouver le besoin de se repentir, quand les autres ne le font pas, quand les autres, de plus, ne l’exigent pas et comprennent mieux la situation que nous ne la comprenons nous mêmes ?
La réponse du président malgache Ravalomanana en est la meilleure preuve : « C’est du passé. Je suis né en 1949, et non en 1947. Je pense à l’avenir. Ce n’est pas une source de blocage pour travailler ensemble. » (...)
Marcel Bigeard
Bonjour ,
Que rajouter à ces vérités indéniables et tellement judicieuses .
Que sont devenues les Colonies Francaises après le départ de notre Pays .
Le chaos quasi général dans toutes ses ex-colonies ,à quelques exceptions près... ,la main mise des régimes totalitaires qui eux profitaient sans donner , sans apporter l' aide fraternelle que la France dispensait dans tous les domaines !
Combien des ces anciens et braves indigènes rêvent du bon vieux temps de la France ?
Combien souhaiteraient la voir de retour ?
Las , désormais , pour ces peuples affamés ,désoeuvrés , bien souvent si jeunes... , opprimés réellement OUI ! par leurs régimes , les terroristes extrémistes et les brigands , malfaisants de tous bords .
Tout au long de la si longue et belle période de cohabitation fraternelle française ces territoires furent développés et enrichis et leurs habitants tous français profitaient de cette évolution vers le modernisme au sens noble du terme .
Il suffit de voyager un peu et de voir sur place que tout n' est que déchéance et hélas misère !
Pour eux ! La France n' est plus qu' une terre d' asile si convoitée .
Hélas si la France reste une terre d' accueil , elle ne peut recevoir toutes les misères du monde .Nous avons déjà bien assez à remonter la pente nous même ! De plus appauvrir un Pays France "qui fout le camp " n' enrichirait pas nos pauvres anciennes Colonies .
" Au temps béni des Colonies" pour tous! Il fut .
Repentance mais ...pour qui ? pourquoi?
Diabolique politique ...
Repentance....Dans un discours, le président de la République algérienne demande à la France de faire son mea culpa pour les “exactions commises durant sa présence coloniale en Algérie”.
Faisant allusion au traité d’amitié, Abdelaziz Bouteflika rappelle implicitement qu’un tel traité reste conditionné par une reconnaissance solennelle par la France des “atrocités commises de 1830 à 1962″.!!!
il souhaite une reconnaissance officielle française des “crimes commis contre le peuple algérien”.!!! A qui d'autres devons nous demander pardon ? La police, les médecins, l'église c'est fait . Que veut-on de la France et des Français ?
Ce qui est lamentable, c'est que les " gauchistes "soutiennent cette "ignomanie" et nous devrions nous aplatir commes des paillassons devant eux?.
Procédons dans l'ordre: qu'ils fassent d'abord leur autocritique, et reconnaissent les horreurs et abominations qui ont été commises contre des populations civiles innocentes, ce qui a déclenché le cycle des mesures répressives.
Il fallait qu'une (franco)-algérienne le dise ! Même au Maghreb, "les gens sont consternés par ce qui se passe en France" et mettent en cause "la repentance".
Quand les Français reprendront-ils "leur destin en mains"?
Dans le cadre de son émission "Répliques" du 26 septembre 2009 sur France-Culture, le philosophe Alain Finkielkraut recevait Malika Sorel et Alain Renaut pour un débat autour du thème «Liberté, Egalité, Diversité : une nouvelle devise républicaine ?». Il y est question de l’intégration problématique des populations immigrées en provenance du Maghreb et de l’Afrique. Malika Sorel n’a cure du politiquement correct et le prouve de façon magistrale au cours du débat.
Citations tirées de l’émission
«Les personnes issues de l’immigration renvoient une image épouvantable au reste de la population. Les Français ont une mémoire. Ils ont accueilli de nombreux flux migratoires. Ils n’ont jamais assisté à un tel déchaînement de violence, une telle haine…»
«Au Maghreb, les gens sont consternés par ce qui se passe en France. Pour eux, la situation est liée à cette « repentance » et la responsabilité en incombe aux adultes français qui passent leur temps à se prosterner et être à genoux…»
« Je vous laisse deviner ce qui se passe lorsqu’un peuple estime que ses élites ne le représentent plus, ne défendent plus son identité, ne défendent plus ce qu’il est, eh bien l’étape suivante, c’est que le peuple reprend son destin en mains. »
Qui est Malika Sorel ?
Malika Sorel est française d’origine algérienne, issue de l’immigration maghrébine. Née en France, elle a longtemps vécu au Maghreb. Diplômée de plusieurs grandes écoles, Malika Sorel est dotée d’une formation pluridisciplinaire.
Après avoir, entre autres, travaillé au recrutement de cadres pour le secteur des hautes technologies, elle a décidé de se consacrer à des sujets qui engagent, selon elle, l’avenir de la France. Son champ d’intérêt couvre l’éducation et la formation des jeunes générations, la politique familiale, les problématiques de l’immigration ainsi que la politique étrangère de la France.
En 2007, Malika Sorel a publié « Le puzzle de l’intégration », aux éditions Mille et une nuits, salué par l’Expansion comme un livre important, essentiel, indispensable sur l’immigration en France. Elle a été nommée membre au Haut Conseil à l’intégration en septembre 2009.
Son blog : http://puzzledelintegration.blogspi...
Répliques – France-Culture – 26/09/2009 – Extraits choisis (18 minutes)
EXTRAITS de l'Emission :
http://www.dailymotion.com/video/xa...
Regardez, écoutez et faites-vous votre opinion.
Monsieur le Président,
En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !
C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadrami , Histoire des Berbères,T I, p.36-37,40,45-46. 1382) .
Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme ,sans rien construire en contre partie.
Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain… Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.
Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
UNE BELLE REPONSE A MONSIEUR boutleflika
Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.
Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles,un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie .
Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !
Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?
En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.
Un citoyen français,
André Savelli, Professeur agrégé du Val de Grâc