Réforme et carte militaire : Discours du ministre de la défense - Hervé Morin

Réforme de la Défense et carte militaire : Discours du ministre de la Défense - Hervé Morin
Extrait du discours du ministre de la Défense
Aux directeurs, chefs de service et chefs de corps
Jeudi 24 juillet 2008
- 1er principe : clarifier la gouvernance et renforcer la
cohésion.
Nous avons créé un comité exécutif autour du ministre
de la défense. Il se réunit avec le CEMA, le SGA et le DGA. Il nous oblige à
travailler ensemble et à décider collégialement.
Nous allons renforcer le rôle du CEMA, responsable des choix capacitaires, dans
le cadre de la refonte des décrets de 2005.
Nous allons moderniser la DGA et améliorer le pilotage des programmes
d’armement.
Le symbole de cette cohésion renforcée sera le regroupement des états-majors et
de l’administration centrale à Balard autour du ministre, à l’horizon 2013.
- 2ème principe : rationaliser les soutiens et l’administration
générale.
Cela passe par deux voies :
- mutualiser en construisant des fonctions de soutien intégrées (finances,
achat, paie) en s’appuyant bien sûr sur les armées ;
- recourir à l’externalisation pour les fonctions qui n’appartiennent pas au
cœur de métier, tout en préservant notre capacité de projection (alimentation,
soutien de l’infrastructure).
Comme je vous l’ai dit le 8 avril lors de notre précédente rencontre, toutes
les fonctions du soutien sont potentiellement concernées : communication,
finances, ressources humaines, restauration, infrastructure, soutien
opérationnel, systèmes d’information.
Mais les évolutions seront menées à un rythme modéré et les situations seront
examinées au cas par cas, sans dogmatisme.
Je comprends très bien, je l’ai lu, que l’alimentation puisse être une
nécessité opérationnelle. Mais qu’on ne me raconte pas que tous les restaurants
de France doivent être internalisés pour répondre à des préoccupations
opérationnelles !
- 3ème principe : mettre fin à la dispersion excessive du
stationnement et densifier les implantations en créant des bases de défense
(environ 90).
Le Premier ministre en a parlé.
Elles deviendront au niveau local les principales formations administratives de
la Défense et l'échelon local de la chaîne interarmées des soutiens.
Dès 2009, il y aura onze bases de défense, pour expérimenter le concept et
préparer la mise en place des autres bases.
Il s’agit de Clermont-Ferrand, de Marseille, de Laudun, de Valence, de La
Valbonne, de Rennes, d’Avord, de Nancy, de Creil, de Brest et de notre
implantation en République de Djibouti.
Cette période d’expérimentation nous permettra d’identifier les difficultés et
de prévoir les adaptations nécessaires avant la généralisation,.
Les bases de défense ne remettent en cause ni la culture d’armée ni les
spécificités de chacune des trois armées.
Chaque Etat-major d’armée continuera à exercer sa responsabilité organique et
surtout sa responsabilité dans la préparation opérationnelle de forces
dorénavant recentrées sur leur cœur de métier.
Chaque chef de corps restera le patron de son régiment.
En revanche, notre effort portera sur les besoins communs des armées, où la
tendance à la différenciation ne se justifie pas : c’est bien là que nous
allons gagner en efficacité.
Nous créerons pour cela un service unique d’administration et de soutien des armées, sous l’autorité du CEMA. Il reprendra les attributions exercées par les services du commissariat des trois armées et les étendra aux autres entités du ministère.
Tout cela conduit logiquement à des mesures de redéploiement, qui sont cohérentes et font en sorte que notre outil de défense soit plus resserré, plus efficient, et demeurant excellent sur le plan opérationnel.
Avant de détailler les redéploiements, je voudrais vous rappeler quels ont
été les trois principes directeurs qui ont guidé les réflexions menées par les
Etats-majors - je rappelle que ce travail a été réalisé en symbiose totale avec
le CEMA, les Chefs d’Etat-major de l’Armée de terre, de l’Armée de l’air et de
la Marine, le DGA et le SGA pour les domaines qui les concernent – :
- la logique opérationnelle d’abord ;
- la cohérence des bases de défense, la concentration et la densification des
unités qu’impose la création des bases ;
- les conditions de vie du personnel et de leurs familles.
En revanche, j’en conviens, 5 ou 6 exceptions ont été faites à ce principe
où l’aménagement du territoire a primé.
J’ai connu d’autres restructurations et je peux vous dire en toute modestie que
c’est vraiment très peu par rapport à 1994 ou 1996, où les logiques étaient
souvent très éloignées de celles de nos armées.
Là, comme je m’y étais engagé devant vous en novembre 2007, c’est le contraire
qui a primé.
Je vais maintenant détailler les mesures. Le Premier ministre ne m’en voudra pas si c’est un peu long, mais je veux vous montrer la cohérence du dispositif.
1er principe : l’adaptation et la réorganisation de nos capacités opérationnelles pour tenir compte de la nouvelle donne stratégique.
S’agissant des capacités terrestres, il nous faut faire face aux nouvelles
menaces.
Pour cela :
- nous avons besoin de moins de blindés, et surtout de moins de chars lourds,
conçus prioritairement pour les engagements de la guerre froide en
Centre-Europe.
Ceci justifie la suppression d’un tiers des escadrons dans chacun de nos quatre
régiments de chars Leclerc;
- nous devons réorganiser notre artillerie.
Ceci entraîne la fermeture du 12° régiment d’artillerie d’Haguenau, du 402°
régiment d’artillerie de Châlons en Champagne et enfin du 57° régiment
d’artillerie de Bitche, dont les batteries sol-air seront cependant conservées
et iront renforcer d’autres régiments d’artillerie.
De plus, la fermeture du 8° régiment d’artillerie de Commercy est inéluctable,
mais n’interviendra que lorsqu’un projet viable de revitalisation économique
pourra être mis en œuvre ;
- nos unités du génie doivent être plus polyvalentes.
Ceci passe par la fermeture de trois régiments du génie : le 1er d’Illkirch, le
2° de Metz et le 5° de Versailles, avec la redistribution de certaines de leurs
spécialités rares dans les autres régiments du génie, comme par exemple la
spécificité ferroviaire du 5° de Versailles ;
- nous devons également concentrer nos capacités de commandement, par la
fermeture de trois régiments de transmissions (le 18° Rt de Caen, le 41° Rt de
Senlis et le 42° Rt de Laval), et de cinq états-majors : les états-majors de
force de Nantes et de Limoges et leurs bataillons de quartier général, les
états-majors de la brigade aéromobile de Nancy, de la brigade d’artillerie
d’Haguenau et de la brigade du génie de Strasbourg ;
- nous allons aussi réorganiser les capacités logistiques.
En plus de la fusion des commandements des forces d’action et des forces
logistiques à Lille, nous fermerons trois régiments du train (les 601° d’Arras,
517° de Châteauroux et 519° de La Rochelle) et l’état-major de la 2° brigade
logistique de Souges.
Nous déplacerons aussi le 503° RT de Souges vers Nîmes, pour le recentrer vers
le sillon rhodanien, axe majeur de la logistique terrestre.
S’agissant des capacités aériennes, nous tirons les conséquences :
1) de la mise en service opérationnel du Rafale, chasseur polyvalent qui nous
permet de resserrer le format de la flotte des avions de combat et de passer de
350 avions en ligne à 234,
2) de la rationalisation de la flotte des Mirage F1.
Ces évolutions conduisent à la fermeture des bases aériennes de Colmar, de
Cambrai et de Reims.
S’y ajoutent :
- la rationalisation de la flotte de transport et des modes d’entraînement et
de formation des équipages, avec la fermeture de la base de Toulouse, déjà en
cours,
- et l’adaptation des structures de commandement et l’évolution des capacités
de détection et de contrôle, qui imposent la fermeture des bases de Taverny, de
Nice et de Metz-Frescaty.
Les dépôts du service des essences associés à ces bases aériennes seront
également fermés.
La marine, grâce à la modernisation de ses équipements et la polyvalence de
ses frégates, va également voir ses capacités et son format évoluer, ce qui
entraînera des réorganisations internes dans les bases de Toulon et
Brest.
S’agissant de la patrouille maritime, le redéploiement des flottilles
d’Atlantique sur Lann-Bihoué se traduira par la fermeture de la base aéronavale
de Nîmes-Garons.
Enfin, la nouvelle donne stratégique s’applique aussi au déploiement de nos
forces de souveraineté, dans les départements et territoires d’outre-mer.
Il doit être resserré et organisé autour de trois théâtres : Antilles – Guyane,
zone sud de l’océan Indien et Pacifique.
Au sein de ces théâtres, les renforcements reposeront sur une capacité de
transport permanente.
Ce redéploiement des forces de souveraineté va conduire à fermer le 33°
régiment d’infanterie de marine et la base aérienne de Fort-de-France en
Martinique, le 41° bataillon d’infanterie de marine en Guadeloupe, la base
aérienne de Saint-Denis à la Réunion, enfin en Polynésie le régiment
d’infanterie de marine du Pacifique et la base aérienne de Faa’a.
Il y aura désormais des compagnies tournantes.
Pour autant, dans les départements et territoires d’outre-mer, l’Etat
n’abandonnera aucune de ses missions actuelles. Ainsi, quelques-unes des
missions de service public que la Défense assure aujourd’hui seront transférées
à d’autres ministères, notamment au ministère de l’intérieur, qui se verront
dotés des équipements adéquats, en particulier des hélicoptères de
gendarmerie.
Le second principe, c’est la rationalisation de toutes les fonctions
de soutien et d’administration générale.
Cette rationalisation se
traduira par une réduction importante des effectifs concernés par toutes ces
fonctions, qui seront profondément restructurées.
Je vous l’ai déjà dit : l’objectif, c’est que 60% de nos forces soient dédiées
aux opérations.
Pour le service de santé des armées, cette évolution se traduira à la fois
par une interarmisation maximale des services médicaux et par des regroupements
sur des pôles spécialisés : formation initiale des praticiens à Lyon, recherche
à Brétigny, ravitaillement sanitaire à Orléans, Marseille et
Vitry-le-François.
La réforme conduira à la fermeture de l’école du service de santé des armées de
Bordeaux, de l’institut de médecine navale de Toulon, de l’institut de médecine
tropicale de Marseille, des établissements de Mondeville et de Chartres et de
la pharmacie magasin du port de Brest.
Pour le service des essences, l’optimisation de l’organisation reposera sur l’adaptation de l’infrastructure pétrolière et la suppression des directions régionales, ce qui provoquera la fermeture des directions régionales de Metz, Marseille et Bordeaux.
Les commissariats des trois armées vont connaître une évolution importante,
avec une harmonisation croissante et, à terme, une intégration dans le service
interarmées de l’administration générale et des soutiens communs.
Le commissariat de l’armée de terre va être profondément remanié.
Cette modernisation imposera aussi la fermeture de toute une série
d’établissements. Vous avez tout cela dans votre dossier.
Nous allons également fermer les centres de paie de Lille, de Marseille et de
Rennes par intégration dans le projet Louvois, le laboratoire de Metz, le
centre de production alimentaire de Lyon, le commissariat de l’armée de Terre
de Limoges et le commissariat administratif de l’armée de Terre de
Vincennes.
S’y ajoutera le transfert d’un certain nombre de services.
Une réorganisation d’ampleur va aussi s’appliquer à la maintenance
terrestre.
Elle passe par des transferts : en particulier ceux des détachements des
régiments du matériel placés auprès des forces ou encore du PC de la 12° Base
de soutien du matériel de Neuvy-Pailloux vers Gien.
Elle passe aussi par toute une série de fermetures qui là aussi seront dans
votre dossier.
La maintenance aéronautique et la fonction logistique poursuivront pour leur part leur réorganisation, avec notamment la fermeture de la base aérienne de Brétigny.
Dans le domaine des ressources humaines, l’optimisation va passer par des
regroupements d’écoles de formation.
L’école d’application de l’Infanterie se déplacera de Montpellier à Draguignan
pour faciliter les coopérations avec les hélicoptères, l’artillerie et les
blindés.
L’école du commissariat de Montpellier rejoindra le pôle de formation initiale
des officiers à Coëtquidan.
Celle de la logistique et du train de Tours rejoindra le pôle de formation à la
maintenance de Bourges et l’école d’état-major de Compiègne sera transférée à
Saumur.
Notre troisième principe, c’est de rechercher, chaque fois que possible, le regroupement de nos implantations et leur densification.
Il s’agit en premier lieu d’améliorer la cohérence des déploiements, autour de métiers ou de spécialités.
Pour l’armée de terre, cela s’applique :
à la brigade de renseignement, dont le centre de gravité se trouvera en Alsace,
avec le regroupement à Haguenau de l’état-major de la brigade et du groupement
de recueil de l’information en provenance de Metz, du 2° régiment de hussards
de Sourdun et du groupe géographique de Joigny.
Dans le même esprit, la 2° brigade blindée se concentrera.
L’état-major de la brigade des transmissions, actuellement à Lunéville,
s’installera à Douai, au plus près du commandement des forces terrestres de
Lille.
Quant au 13° régiment de dragons parachutistes, il devra quitter Dieuze pour
Souge, se rapprochant ainsi de la brigade des forces spéciales terre.
Cet effort de cohérence s’appliquera aussi aux capacités médicales, par le
déplacement du 1er régiment médical et du centre d’instruction santé de Metz
sur La Valbonne, pour y constituer un pôle avec le 3° régiment médical,
et à la protection NBC, puisque nous installerons à Saumur le centre de défense
NBC de Draguignan.
Par ailleurs, l’entraînement et l’aguerrissement des forces terrestres
seront optimisés.
D’une part avec la fermeture des groupements de camp de Caylus et de La
Courtine, ces camps étant soutenus depuis les bases de défense de Montauban et
Brive.
D’autre part nous fermerons le centre d’entraînement commando de Givet et les
deux centres d’aguerrissement en montagne de Briançon et Barcelonnette – dont
je vous rappelle qu’ils avaient été créés pour compenser la disparition de
bataillons en 1994 –, en transférant les capacités d’aguerrissement au sein
d’une ou deux formations de la 27ème brigade d’infanterie de montagne.
Enfin, le pôle ressources humaines de l’armée de terre sera créé à Tours, avec le déplacement de la direction des ressources humaines, actuellement à Paris.
En ce qui concerne l’armée de l’air, la suppression d’une base aérienne sur
quatre se traduira par une densification des bases restantes :
- les effectifs présents sur chaque site vont croître pour passer d’une moyenne
de 1600 personnes en 2007 à 2000 en 2016 ;
- dans la même période, le nombre moyen d’appareils stationnées sur chaque
plate-forme aéronautique augmentera de 30 à 40.
La marine, dont l’implantation est déjà très resserrée, poursuivra son regroupement par la fermeture des établissements de l’aéronautique navale de Toussus-le-Noble et de Dugny.
La délégation générale pour l’armement va mettre en œuvre une politique
similaire, en concentrant ses activités dans des pôles de compétences
renforcés, centrés sur un domaine : aéronautique, systèmes terrestres, systèmes
navals ou systèmes électroniques.
Seront aussi fermés les centres de Gâvres et de Saint-Médard-en-Jalles, et
seront transférés une partie de l’établissement d’Angers vers Bourges, le
groupe d’études sous-marines de Brest vers Toulon, le laboratoire de Vernon
vers Bruz.
Les services centraux de la direction des essais et de celle du service de la
qualité se déplaceront de Paris à Bordeaux et la base du centre d’essais en vol
de Toulouse sera intégrée au centre d’études aéronautiques, dans cette même
ville.
Les synergies entre la DGA et l’armée de terre seront également renforcées, par
le déplacement de la section technique de l’armée de terre de Versailles à
Bourges et celui de la composante de guerre électronique d’Orléans à
Rennes.
Le secrétariat général pour l’administration sera concerné par les regroupements et par la réorganisation des fonctions ressources humaines, finances et immobilière.
S’agissant du service national, nous fermerons les directions de
Saint-Germain-en-Laye et de Lyon et le centre d’Ajaccio.
Nous devons aussi transférer le bureau de Valenciennes à Lille, la direction de
Compiègne à Orléans, enfin les centres de Nantes à Angers, de Tours à Orléans,
de Compiègne à Creil et de Montbéliard à Besançon.
S’agissant des anciens combattants, les services seront transférés à l’office national des anciens combattants pour constituer un guichet unique, et aux autres services de la défense.
La fonction infrastructure fera l'objet d'un redéploiement important sur le territoire pour se rapprocher des bases de défense. Elle connaîtra également une externalisation d'une partie des tâches de maîtrise d’œuvre assurée en régie et l'établissement du génie de Limoges sera fermé.
L’ensemble de ces mouvements s’effectuera dans la logique du renforcement et de la densification de nos unités.
Ainsi, l’état-major de la 9° brigade légère blindée de marine quittera Nantes pour la base de défense de Poitiers, celui de la 3° brigade mécanisée quittera Limoges pour Clermont-Ferrand, le régiment de marche du Tchad, en provenance de Noyon, rejoindra la base de défense de Colmar, le 7° bataillon de chasseurs alpins quittera Bourg Saint Maurice pour la base de défense de Varces et le 1er régiment d’artillerie de marine se déplacera de Laon-Couvron vers la base de défense de Châlons en Champagne.
Par ailleurs, s’agissant de la brigade franco-allemande, une étude est actuellement conduite, avec le Gouvernement allemand, sur l’évolution de la composante française de cette brigade.
Au total, le nouveau plan de stationnement des armées constitue un ensemble
cohérent.
Il correspond aux axes stratégiques du Livre blanc.
Il correspond aux objectifs de réorganisation de nos fonctions de soutien et
d’administration générale.
Il est réalisable en l’espace de six à sept années.
Il permet de conserver l’efficacité globale des armées durant la phase de
transition.
Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises – et je ne suis pas le seul ! – :
l’armée n’a pas vocation à faire de l’aménagement du territoire.
Ces considérations, toutes les considérations étrangères à nos missions, nous
les avons donc mises au maximum de côté.
Pour autant, nous avons donc consenti quelques exceptions pour ne pas
aggraver la situation de territoires déjà en grande difficulté.
Elles ont été décidées en toute connaissance de cause, quand nous avons estimé
qu’un départ d’unité ou une fermeture de site aurait été insupportable pour une
commune ou un département.
Je pense notamment à Luxeuil, à Charleville-Mézières ou à Lunéville.
J’ai pleinement conscience de l’ampleur de ces réformes.
Elle est à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres.
J’ai souhaité qu’elles soient mises en œuvre avec un plan d’accompagnement
ambitieux, tant pour les civils que pour les militaires.
Aux dispositifs existant vont donc s’ajouter les nouveaux dispositifs élaborés
par la fonction publique et des dispositifs spécifiques aux personnels de la
Défense.
Les demandes de notre ministère ont été très largement comprises et acceptées
par le Président de la République et le Premier ministre.
Ces dispositifs permettront :
- d’apporter un surcroît d’attention à toutes les mobilités liées aux
réorganisations, en prenant en compte les conjoints des personnels civils et
militaires et les préoccupations liées au logement ;
- d’accompagner les départs en direction du secteur privé (conventions avec les
grands groupes, service unique de reconversion pour tout le ministère, pécule
pour une seconde carrière), et en direction des trois fonctions publiques
(assouplissement des conditions de passage).
Je ne m’étends pas plus, puisque j’ai adressé un message détaillant tout cela.
Par ailleurs, nous consacrerons des moyens importants à la revitalisation des sites concernés par les mesures de redéploiement. Ces moyens proviendront du ministère de la défense, mais également du secrétariat d’Etat en charge de l’aménagement du territoire.
Mesdames et messieurs,
Dans les épreuves de demain comme dans celles d’hier, avant le combat et
avant l’adversité, il y a l’intelligence et la responsabilité.
Devant vous, c’est à ces deux vertus que je fais appel.
Je sais pouvoir le faire au nom de la Nation tout entière : elle sait qu’elle
peut porter sur ses Armées le regard de la confiance, qui n’est au fond jamais
différent de celui de la fierté et de la reconnaissance.
Ce que nous faisons, nous le faisons car il est de notre devoir de le faire,
c’est notre responsabilité.
Et je mène cette réforme, sous l’autorité du Président de la république et du
Premier ministre, avec le sentiment profond que c’est utile, nécessaire, que
c’est un impératif pour notre défense, pour le pays et pour les Français.
Je veux vous dire que nous n’avons pas le choix : j’ai cette conviction intime
que si nous ne le faisions pas, notre système s’effondrerait, ou du moins
subirait une profonde déconvenue lors d’une crise majeure.
Je ne veux pas porter cette responsabilité – ou plutôt cette
irresponsabilité.
Nous avons une grande armée, nous sommes l’une des quatre puissances militaires
majeures.
Nous devons le demeurer et cela passe par cet immense effort
d’adaptation.
Je sais que je peux compter sur vous.
Hervé Morin, Ministre de la Défense - le 24 juillet 2008
- Pour en savoir plus : Télécharger le discours intégral...
Publié le jeudi 24 juillet 2008 par PC
FNCV.Combattants.Volontaires