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samedi 24 août 2019

SEA : Le Service des essences des Armées manque de sous-officiers

Sous l’effet conjugué de la réforme du ministère de la Défense et de la Révision générale des politiques publiques [RGPP], les services de soutien perdirent 20.000 postes entre 2009 et 2015. Ce qui mit l’effectif du Service des essences des Armées [SEA] sous de « fortes tensions », dans un contexte, qui plus est, marqué par une activité opérationnelle intense.

« Entre 2008 et 2011, le service des essences des armées a subi une première baisse de 11 % de ses effectifs. Dans le cadre de la LPM [Loi de programmation militaire] 2014-2019, le mandat reçu par le SEA prévoyait une nouvelle diminution de 250 ETP [12 % des effectifs], ramenée à 102 postes après l’actualisation de la LPM. Ces évolutions concernent essentiellement le personnel civil pour préserver la capacité de projection militaire du service et maintenir son niveau de réponse au contrat opérationnel », était-il ainsi souligné dans un rapport pour avis publié en novembre 2016 par l’Assemblée nationale.

Seulement, le personnel militaire du SEA était alors déployé en opérations extérieures [OPEX] plus souvent qu’à son tour, avec des « taux de projection » oscillant entre 30 et 37% sur la période 2012-15. Voire plus pour certaines spécialités. Entre 2013 et 2015, entre 50 et 60% de l’effectif des sous-officiers spécialisés en maintenance des matériels fut « projeté » en OPEX. Et s’agissant des militaires du rang, la « période comprise entre deux projections fut divisée par deux entre 2012 et 2014 ».

Avec l’entrée en vigueur de la LPM 2019-25, qui se veut à « hauteur d’homme », la situation du SEA semble s’améliorer un peu. « En 2018, le Service rencontrait encore un déficit RH de grande ampleur mais un effort partagé avec la DRH de l’armée de Terre a permis de recruter puis de former cinq contingents d’engagés volontaires », s’est félicité l’Ingénieur général de 1re classe Jean Charles Ferré, le directeur central du service des essences des armées; dans son dernier rapport d’activité [.pdf].

Mais il y a encore un gros bémol… « Néanmoins, […] le SEA demeure confronté à un déficit en sous-officiers qui nécessitera à l’avenir des efforts de compréhension et d’adaptation au marché de l’emploi », a en effet ajouté son directeur.

En 2018, le SEA comptait 1443 militaires et 675 civils [soit 0,8% de l’effectif du ministère des Armées] pour « assurer l’appui de bout en bout de l’ensemble des forces armées, sur le théâtre national comme à l’étranger. »

Le personnel civil est surtout chargé des missions d’expertise [produits, équipements, infrastructure], de maintenance et de soutien [finances, achat, ressources humaines, prévention…], ce qui permet aux militaires du SEA de se consacrer « principalement à la mission opérationnelle, en particulier la projection. »

« L’adéquation obtenue à ce jour entre personnel civil et personnel militaire, a permis de mettre en place une organisation en mesure de répondre à la fois aux besoins de projection et d’entraînement des militaires, mais également aux missions permanentes des plates-formes aéronautiques et navales sur le territoire national et aux besoins d’expertise », explique le SEA dans son rapport d’activité.

Parmi ses 1443 militaires, on compte 53 ingénieurs des essences [IME], 159 officiers logisticiens, 334 sous-officiers ainsi que 897 militaires du rang, qui « occupent des fonctions d’opérateurs avitailleurs ou de maintenanciers pétroliers au sein des dépôts. »

Le SEA comprend deux « corps » de sous-officiers : ceux qui sont recrutés comme maréchaux-des-logis, chefs de groupes puis sous-officiers adjoints au sein de ses unités, et ceux qui sont recrutés sur concours parmi les sous-officiers et militaires du rang des armées et services [15 à 20 par an]. Ces derniers « exercent des fonctions d’encadrement puis d’expertise » et ils « sont nommés agents techniques [équivalent adjudants] à l’issue de leur scolarité qui leur délivre un brevet supérieur technique. »

Source : Zone Militaire - Photo : SEA

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mercredi 21 août 2019

Syrie : La Turquie dénonce l’attaque d’un de ses convois par les forces syriennes et russes...

À l’été 2018, les forces gouvernementales syriennes ne cachèrent pas leur intention de lancer une offensive en direction de la province d’Idlib, alors dominée aux deux tiers par l’organisation jihadiste Hayat Tahrir Al-Cham [HTS, ex-branche syrienne d’al-Qaïda] et, pour le tiers restant, par des groupes rebelles affiliés au Front national de libération [FNL], soutenu par la Ankara.

Or, cette province d’Idleb faisait partie des quatre régions qualifiées de « zones de désescalade » par l’accord d’Astana qui, conclu en septembre 2017 par la Turquie, la Russie et l’Iran, ne concernaient pas les entités jihadistes, comme l’État islamique [EI ou Daesh] et le HTS. Et les forces turques y installèrent, à la périphérie, des « postes d’observation ».

La Turquie chercha donc à empêcher une offensive des forces syriennes dans cette région. Offensive alors soutenue par la Russie, qui parlait de « vider l’abcès » terroriste qui s’y était développé à cause, d’ailleurs, de la stratégie suivie par Damas et Moscou.

« Chaque fois que le régime de Bachar-al-Assad, appuyé par les Russes, parvient à résorber une poche, il le fait en permettant l’évacuation et le regroupement des mouvements terroristes les plus durs dans cette poche d’Idleb », avait ainsi rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA]. Et d’ajouter : « Cette poche devient problématique dès lors qu’elle peut être le lieu de la reconstitution d’une base à partir de laquelle ces mouvements terroristes n’auront d’autre souci que d’organiser des actions en Europe et en France en particulier. C’est pour cette raison qu’il est souhaitable que cette poche soit résorbée. »

Seulement, avec près de 3 millions d’habitants, une opération visant la région d’Idleb risquait de donner lieu à de graves problèmes humanitaires. D’ailleurs, la Turquie insista sur cette éventualité, craignant de devoir accueillir un flux trop important de réfugiés sur son sol. Mais il s’agissait aussi pour Ankara de protéger les groupes rebelles syriens qui lui étaient favorables.

D’où un nouvel accord trouvé avec la Russie en septembre 2018. Accord qui ne fut que partiellement appliqué, les organisations jihadistes ayant refusé de se retirer d’Idleb.

Puis, en janvier, le HTS passa à l’offensive contre contre le Jabhat Tharir Souriya, une formation radicale qui, née de la fusion d’Ahrar al-Cham avec le Harakat Nour al-Din al-Zenki, rejoignit le Front national de libération en août 2018.

Le succès du HTS dans la poche d’Idleb changea la donne. Fin avril, les forces gouvernementales syriennes, avec l’appui de l’aviation russe, passèrent à l’action. Depuis, 400.000 civils auraient fui les combats, selon les Nations unies.

Quoi qu’il en soit, le 18 août 2019, soit après environ trois mois de combats et de bombardements, les forces favorables au régime syrien sont entrées dans la ville de Khan Cheikhoun [qui fut le théâtre d’une attaque chimique en 2017, nldr]. Une première depuis 2014…

Les objectifs de Damas [et de Moscou] sont de s’assurer le contrôle de l’autoroute stratégique qui relie Damas à Alep et d’imposer un siège au nord de Hama, notamment vers la ville de Morek, où un poste d’observation turc est installé.

Mais la Turquie a réagi à cette avancée majeure des forces pro-Damas, avec l’envoi, en direction de Maaret al-Noomane, à 15 kilomètres au nord de Khan Cheikhoun, d’un convoi d’une cinquantaine de véhicules, dont, selon un correspondant de l’AFP, des blindés et au moins cinq chars.

« Des véhicules turcs chargés de munitions […] ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes […], ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes », a immédiatement dénoncé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. « Ce comportement hostile du régime turc n’affectera en aucun cas la détermination de l’armée syrienne », a-t-elle ajouté.

Et, visiblement, les forces syriennes et russes ont empêché la progression de ce convoi turc. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], des frappes aériennes ont été effectués non loin de ce dernier afin de le stopper.

Un véhicule appartenant au Faylaq al-Chamn un groupe rebelle soutenu par la Turquie, aurait été visé par un raid russe, alors qu’il ouvrait la voie au convoi turc aux abords de Maaret al-Noomane. D’où la réaction d’Ankara.

Ainsi, le ministère turc de la Défense a indiqué, via un communiqué, que la Russie avait été informée de l’envoi de ce convoi, lequel devait « ravitailler l’un des postes d’observation » installé par les forces turques à Idleb.

« Nous condamnons fermement cette attaque qui est en contradiction avec les accords existants, la coopération et le dialogue avec la Russie », a ainsi dénoncé le ministère turc. « En dépit d’avertissements répétés que nous avons adressés à la Russie, les opérations militaires menées par les forces du régime continuent à Idleb, en violation des mémorandums existants et des accords passés avec la Russie afin de maintenir les voies d’approvisionnement ouvertes, d’assurer la sécurité de notre poste d’observation et d’empêcher de nouvelles pertes de vies civiles / innocentes dans la région », a-t-il encore fait valoir. Et de conclure : « Sans préjudice de nos droits de légitime défense, nous espérons que les mesures nécessaires seront prises pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. ».

Source : Zone Militaire

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samedi 17 août 2019

Sports : Les tireurs d’élite de la 13e DBLE remportent l’European Best Sniper Team Competition

Contrairement à ce que son appellation suggère, l’European Best Sniper Team Competition est organisée chaque année par l’US Army Europe [USAREUR], et plus précisément par le 7th Army Training Command, à Grafenwoehr [Allemagne]. Ce challenge vise à favoriser le partage d’expérience et de tactiques entre les différentes équipes de tireurs de précision engagées, avec l’objectif de renforcer l’intéropérabilité.

Pour l’édition de 2019 de cette « European Best Sniper Team Competition », 32 équipes de tireurs d’élite, venues de 16 pays membres ou partenaires de l’Otan, se sont mesurées lors d’une trentaine d’épreuves mettant l’accent sur la précision du tir [au fusil et à l’arme de poing], la condition physique ou encore la force mentale.

Cette année, l’armée de Terre était représentée par des tireurs de précision du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa] et de la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère [DBLE].

Et le résultat devrait ravir le général Thierry Burkhard, le nouveau chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] et ancien chef de corps de la 13e DBLE : en effet, le 25 juillet, les légionnaires de la section de tireurs d’élite appartenant à la compagnie d’appui de la « Phalange magnifique » [*] ont terminé à la première place de cette compétition, devançant leurs homologues du 42e Bataillon mécanisé de l’armée tchèque et du centre d’entraînement d’infanterie de la Bundeswehr. L’équipe du 8e RPIMa a obtenu la 25e place.

Pour rappel, et alors qu’elle avait le statut d’unité servant de support à celles projetées aux Émirats arabes unis, la 13 DBLE a été transférée au camp du Larzac en 2016 pour intégrer la 6e Brigade légère blindée [BLB]. Actuellement, elle compte 1.300 légionnaires, répartis dans cinq compagnies de combat, une compagnie de soutien [CCL] et une compagnie d’appui [CA].

[**] Allemagne, Italie, France, Belgique, États-Unis, République tchèque, Suède, Lettonie, Turquie, Pays-Bas, Slovénie, Danemark, Espagne, Pologne, Royaume-Uni, Canada

[**] La 13e DBLE est aussi surnommée la « Phalange magnifique », ndlr

Source : Zone Militaire - Photo : 7th Army Training Command

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jeudi 15 août 2019

Armement : Futur fusil d’assaut de l’US Army - Cartouches de 6,8 mm et intelligence artificielle

À partir de 2023, l’US Army remplacera les mitrailleuses légères M249 et les carabines M4 de ses unités de mêlée par de nouvelles armes développées dans le cadre du programme NGSW [Next Generation Squad Weapons], pour lequel 30 millions de dollars devraient être consentis au titre de l’exercice budgétaire 2020 pour financer la phase de recherche et de développement actuellement en cours.

Concrètement, il s’agit de mettre au point deux armes : le NGSW-R [R pour Riffle] remplacera les carabines M4/M4A1 tandis que le NGSW-AR [AR pour « Automatic Riffle »] succédera aux mitrailleuses M249 Squad [SAW]. Au total, l’US Army compte commander 100.000 exemplaires de ces futures armes qui auront une précision, une portée et une létalité accrues tout en étant plus silencieuses.

Pour cela, le cahier des charges précise que ces armes devront être en mesure de tirer des cartouches spéciales de 6,8 mm, appelées XM1186. Par rapport à celles de 5,56x45mm actuellement utilisées, elles ont une capacité de pénétration supérieure, tout en offrant une meilleure portée et une précision améliorée.

Justement, s’agissant de la précision, ces armes seront en outre équipées d’un système de conduite de tir devant visant à augmenter « la capacité du soldat à engager rapidement des cibles de la taille d’un homme jusqu’à 600 mètres ou plus tout en lui laissant la possibilité de mener un combat au corps à corps ».

Ce système de conduite de tir devrait intégrer plusieurs fonctions, comme le suivi de cible, la reconnaissance faciale et une optique principale à vision directe intégrant la réalité augmentée, une capacité qui sera probablement fournie par Microsoft, qui développe l’IVAS [Integrated Visual Augmentation System] dans le cadre d’un contrat de 480 millions de dollars notifié par le Pentagone en novembre 2018.

Par ailleurs, et selon le Joint Service Small Arms Program, cité par Defence Blog, il aura recours à l’intelligence artificielle pour l’identification des menaces et la « hiérarchisation des priorités ».

Il s’agira également de permettre au tireur de prendre en compte la « distance par rapport à la cible, les conditions atmosphériques et la balistique des armes et des munitions. » Le tout sera alimenté par une batterie logée dans la crosse et donnant une autonomie de 72 heures.

En outre, les lentilles des caméras devant équiper ces armes seront « hydrophobes » et « anti-rayures ». Enfin, le NGSW devra également être compatible avec les systèmes d’optique et de vision nocturne actuels.

Plusieurs industriels sont sur les rangs pour fournir des prototypes à l’US Army, dont AAI Corporation [filiale de Textron Systems], General Dynamics-OTS Inc, PCP Tactical LLC, Sig Sauer et FN America LLC.

Source: Zone Militaire - Photo : Joint Service Small Arms Program

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mardi 13 août 2019

Terrorisme : Sept ans de prison pour une jeune femme radicalisée qui projetait un attentat "banal"...

Un attentat juste "banal"...

Janna C. avait été interpellée en 2016. Alors âgée de 18 ans, elle envisageait de commettre un attentat en France au nom de l'organisation État islamique. 

Lors de l'audience, la jeune femme avait reconnu que, à l'époque de son projet, elle considérait un attentat comme "banal".

Aujourd'hui âgée de 21 ans, Janna C. passera les sept prochaines années de sa vie en prison. La jeune femme, radicalisée, avait été arrêtée en 2016, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Elle avait pour projet de commettre un attentat sur le sol français au nom des djihadistes de l'État islamique. Or, le tribunal correctionnel de Paris a décidé, mercredi, de la condamner à une peine de sept ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Il a également prononcé son maintien en détention et ordonné un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Le 12 juillet 2019, le parquet avait requis la peine maximale de dix ans d'emprisonnement, à l'encontre de la jeune femme. Abreuvée de la propagande de l'EI, elle avait été interpellée le 10 août 2016 dans un jardin public de Clermont-Ferrand, après avoir évoqué un projet d'attentat dans des messages et auprès de sa famille. Cette jeune radicalisée (comme on dit) avait la veille recherché sur Internet « comment fabriquer une ceinture explo » (sic) ou la technique de « fabrication du TATP », un explosif artisanal très instable prisé des djihadistes. Sur Snapchat, elle avait donné « rendez-vous dans le paradis éternel ».

Le tribunal retient un « projet d'action violente »

À l'époque, « j'étais dans mon délire, (...) dans ma bulle » et commettre un attentat était « banal », avait expliqué la jeune femme à l'audience. L'enquête avait débuté après un appel à commettre des attentats en France par le propagandiste français de l'EI Rachid Kassim, relayé sur une chaîne du réseau social Telegram. Les enquêteurs avaient repéré Janna C. en remontant ses échanges avec la créatrice de cette chaîne, alors mineure, poursuivie dans un dossier distinct. Elle était aussi jugée pour avoir incité cette mineure à commettre un attentat et pour avoir envisagé de se rendre en Syrie, ce qu'elle nie.

Le tribunal a retenu un « projet d'action violente » à l'explosif contre Janna C., mais pas de volonté de départ en Syrie. Une autre radicalisée, Djelika S., 25 ans, qui était très proche de Janna sur Internet et qui comparaissait à ses côtés, a, elle, été condamnée à six ans d'emprisonnement. Jeune femme à la personnalité instable, Djelika s'était accusée devant les policiers, indiquant que Janna et elle, avaient prévu deux attaques au couteau pour « tuer le maximum de personnes »; des déclarations faites sans avocat et qui n'ont jamais été corroborées par l'enquête, a souligné le tribunal. Les juges l'ont par conséquent uniquement condamnée pour des velléités de départ en Syrie. Huit ans avaient été requis à son encontre. 

Sources : AFP et Le Point.fr


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samedi 10 août 2019

Technologie : Franky Zapata le Français volant a traversé le Channel sur son Flyboard Air...

Subvention de 1,3 million d'euros du ministère des Armées... Pour quoi faire ?

C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Franky Zapata ! 

La référence à cette mythique réplique de Superman saute aux yeux à la vision du Français volant dans le ciel, le corps vissé sur son fameux Flyboard Air. Il s'illustra pour la première fois en 2016 : un trajet de 2 km près d’un port du Sud qui impressionna les badauds. Et puis il y a surtout eu cette démonstration franchement perturbante lors du dernier défilé militaire de la fête nationale du 14 Juillet 2019. 

En face de la tribune officielle, Zapata, fusil factice dans la main gauche, fend l’air avec une aisance remarquable, laissant des millions de Français bouche bée devant leurs écrans. Ce 4 août, il est entré dans l'histoire en traversant la Manche sur sa planche, en seulement vingt-deux minutes, à une vitesse de 160 km/h. 

Au passage, le « jouet » de Zapata réjouit bien évidemment nos imaginaires en offrant un cadre bien réel à plus de 50 ans de fantasmes de geeks fans de SF sur la vision d'un individu filant dans le vide juché sur une mini-plateforme volante. Ou à l'aide d'une improbable mécanique dorsale lui assurant, quoi qu'il en soit, la possibilité de se mouvoir en solo. 

... Pour développer des turboréacteurs !

Sur l'utilité du Fly Board le plan militaire, Franky Zapata répond aux questions :

Votre entreprise bénéficie depuis décembre 2018 d'une subvention de 1,3 million d'euros du ministère des Armées. Est-ce que ça vous a aidé à développer votre machine ?

Il y a une grosse confusion avec tout ça depuis quelques semaines. La subvention n’a pas du tout été donnée pour développer le Flyboard ; la subvention de l’armée a été donnée pour développer des turboréacteurs. Évidemment que si l’armée nous a donné une subvention pour améliorer l’état des mini turbopropulseurs, c’est qu’ils ont un intérêt pour le type de technologie qu’on développe mais pas pour le Flyboard tel qu’il est.

Le Flyboard n’est pas un produit utilisable par l’armée et le commun des mortels. On est en train de travailler avec les forces spéciales pour un produit qui s’appelle le EZ-Fly, qui est un hybride entre un Flyboarder et un Segway, avec des poignées pour se tenir, comme ça c’est plus facile à utiliser. Ils sont intéressés par d’autres produits comme les plateformes volantes pour la logistique et les voitures volantes. 

Source : Le Point - Photo Denis Charlet. AFP

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jeudi 8 août 2019

Armement : L'US Navy va enfin tester son canon électromagnétique

Il y a quelque temps, l’Office of Naval Research [ONR] avait annoncé que le canon électromagnétique sur lequel il travaillait depuis 2005, allait être prêt pour des essais opérationnels. En outre, il était même prévu de mobiliser l’USNS Millinocket ou l’USNS Trenton, deux navires de type JHSV [Joint High Speed Vessel] à cette fin. Seulement, ces tests n’eurent jamais lieu.

En février 2019, l’amiral John Richardson, le chef d’état-major de la marine américaine, a sévèrement critiqué la conduite de ce projet, pour lequel plus de 500 millions de dollars ont été investis. « C’est une leçon sur la façon de ne pas développer d’armes », avait-il dit, critiquant la lenteur de ce programme alors que, dans le même temps, à Pékin, les médias rapportaient qu’une telle arme avait déjà fait l’objet d’essais préliminaires en mer, à bord du navire d’assaut amphibie Haiyang Shan.

Quoi qu’il en soit, et d’après un document [.pdf] détaillant l’impact sur l’environnement des exercices qu’elle entend prochainement mener, l’US Navy serait sur le point de tester enfin son canon électro-magnétique.

Ce dernier sera « testé à bord de navires de surface, tirant des projectiles explosifs et non explosifs sur des cibles aériennes ou navales », est-il indiqué dans ce document de 1.800 pages, évoqué par le quotidien The Seattle Times.

Jusqu’à présent, l’ONR a testé son canon électromagnétique sur le polygone de tir du Naval Surface Warfare Center de Dahlgren, en Virginie.

Pour rappel, le principe d’une telle arme consiste à faire circuler un courant électrique très intense couplé à un champ magnétique entre deux rails parallèles conducteurs d’électricité. Grâce à la force de Laplace, résultante de celle de Lorenz, un projectile subit une forte accélération avant d’être éjecté à une vitesse d’au moins cinq fois la vitesse du son. Ce qui peut le projeter à une distance de 200 km.

Un canon électro-magnétique présente plusieurs avantages : il permet de frapper une cible à une distance de sécurité, il n’est plus besoin de stocker des explosifs à bord d’un navire et un tir est peu coûteux [de l’ordre de 50.000 dollars].

En revanche, sa mise au point suppose de relever plusieurs défis. Le premier porte évidemment sur l’énergie nécessaire pour tirer un projectile. Et le besoin sera d’autant plus important que cette énergie doit être disponible instantanément et de façon répétée s’il s’agit de tirer des salves.

Ainsi, la Direction générale de l’armement [DGA], qui soutient le développement d’une telle arme [mais pour le combat terrestre, ndlr] par l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis [ISL], explique que pour envoyer un obus à 200 km, il faut une « quantité d’énergie pas considérable, mais délivrée en un instant tellement court que la puissance électrique nécessaire est comparable à celle nécessaire pour une ville de 500.000 d’habitants. »

Un autre défi concerne l’usure prématurée des composants, soumis à de fortes contraintes physiques. Enfin, se pose la question du guidage des projectiles tirés. Sur ce point, l’US Navy peut compter sur le « High-velocity projectile », développé par BAE Systems.

Source : Zone Militaire - Photo : US Navy

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lundi 5 août 2019

Armement : Combat info-valorisé - Le système français SCORPION... Futur standard européen ?

La semaine passée, et après le Sénat, l’Assemblée nationale a adopté l’accord de coopération avec la Belgique dans le domaine de la mobilité terrestre. En clair, il s’agissait d’approuver le contrat CaMo [Capacité Motorisée] qui, d’un montant de 1,6 milliard d’euros, vise à livrer 382 Véhicules blindés multi-rôles Griffon et 60 Engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar à la Défense belge.

Pour rappel, ce contrat va au-delà de la livraison de Griffon et de Jaguar puisque la Belgique et la France ont aussi convenu d’établir un partenariat stratégique dans le domaine des blindés médians, incluant un volet opérationnel ainsi que la maintenance. Ce qui veut dire que la composante terrestre belge et l’armée de Terre auront une même doctrine d’emploi ainsi qu’un système de formation commun. Et donc dans le cadre du programme français SCORPION [Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’info-valorisation] qui, plus que le renouvellement des blindés, établit un nouveau standard en matière de combat collaboratif, info-centré et info-valorisé.

Ainsi, une compagnie française et une compagnie belge pourront être parfaitement interopérables et sans préparation spécifique dans un bataillon belge ou une brigade française. En matière d’interopérabilité, on n’a sans doute jamais été aussi loin puisque cela dépasse même les critères de l’Otan. Du moins dans le domaine terrestre.

Or, pour une fois qu’un accord intergouvernemental sur une vente d’équipements militaires était soumise à l’examen du Parlement, le débat sur le contrat CaMo a fait l’objet d’une « motion de rejet préalable » déposée par le groupe de La France Insoumise [LFI]. Et l’argumentation développée à cette occasion par le député Bastien Lachaud a surtout visé les avions américains F-35A choisis par la Belgique pour remplacer ses F-16. On était alors à quelques jours des élections européennes. Ceci expliquant cela…

Car le contrat CaMo peut être une chance, justement, pour faire avancer la défense européenne. C’est, en tout cas, ce que pense le député Jean-Charles Larsonneur, rapporteur pour avis sur le projet de loi concernant cet accord franco-belge au nom de la commission de la Défense.

« Le programme CaMo marquera un progrès dans l’interopérabilité des forces terrestres européennes. Certes, l’Otan a élaboré des normes d’interopérabilité, mais celles-ci ne concernent pas les niveaux hiérarchiques inférieurs à la brigade. Or l’interopérabilité à des niveaux moins élevés revêt un enjeu de plus en plus crucial sous l’effet de deux tendances », comme la « numérisation croissante des moyens de combat terrestre » et la « fréquence des opérations conduites en coalition avec agrégation de forces nationales de format réduit, particulièrement pour les missions de l’Union européenne, dont le volume dépasse rarement celui d’un GTIA [*] », écrit M. Larsonneur.

À ce titre, et selon le général Charles Beaudouin, chargé des plans et des programmes de l’état-major de l’armée de Terre, la France pousse en faveur d’une « norme d’interopérabilité qui prévoie des passerelles à des niveaux hiérarchiques inférieurs à celui de la brigade ». Aussi, estime le député, « l’accord franco-belge peut être vu comme créant un standard d’interopérabilité à un niveau inférieur au GTIA. »

D’autant plus que la France a un train d’avance dans le domaine de l’info-valorisation et que le système SCORPION a déjà obtenu un premier succès à l’exportation avant même d’être mis en oeuvre par l’armée de Terre. Pour M. Larsonneur, cela donne « toutes ses chances à ce système pour être retenu comme le standard du combat collaboratif parmi un nombre significatif d’Européens. »

Rapporteur pour avis au nom de la commission des Affaires étrangères, le député Jacques Maire fait le même constat que M. Larsonneur. En effet, estime-t-il, « l’acquisition d’équipements identiques peut être un puissant intégrateur pour l’Europe de la défense, dans le sillage du programme CaMo. » Toutefois, tempère-t-il, « cette perspective est néanmoins compliquée par le morcellement des industries de défense européennes, et par la place de premier plan qu’occupe l’industrie de défense américaine chez nombre de nos partenaires. »

Si cela est vrai pour les perspectives d’exportation des véhicules de la gamme SCORPION, les avancées du programme français en matière de combat collaboratif « peuvent intéresser nombre d’États, particulièrement ceux dont les armées ne disposent pas nécessairement d’un grand nombre d’engins, mais souhaitent en tirer le plus d’effet opérationnel possible », répond M. Larsonneur.

« L’intérêt de SCORPION tient à l’interconnexion de tous les armements au sein d’une ‘bulle’ qui exploite l’info-valorisation pour permettre le combat collaboratif. Dès lors, un État qui se dote de certains matériels SCORPION ne peut en tirer pleinement parti qu’en intégrant l’ensemble de ses blindés et autres équipements terrestres dans cette ‘bulle’ qu’a développée notre BITD [**]. À tout le moins doit-il y connecter ses autres équipements, via le système d’information de SCORPION et la radio CONTACT, exportée sous le nom de Synapse », a en outre expliqué le député, lors de l’examen de son rapport par la commission de la Défense.

Source : Zone Militaire

[*] GTIA : Groupement tactique interarmes, soit un bataillon

[**] Base industrielle et technologique de défense

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vendredi 2 août 2019

Armée de Terre : Le 132e Bataillon cynophile devient un régiment

En 1977, il fut décidé de regrouper le Centre d’instruction des formations vétérinaires de Compiègne, le 54e groupe vétérinaire de Tarbes et le 24e groupe vétérinaire de Suippes au sein d’une seule unité, en l’occurrence le 132e Groupement cynophile de l’armée de Terre [GCAT], par ailleurs héritier des traditions du 132e Régiment d’Infanterie [RI], qui s’illustra notamment durant les guerres de la Révolution et du Premier Empire ainsi que lors de la Première Guerre Mondiale.

Cette unité fut alors chargée de l’acquisition du « cheptel canin » au profit des trois forces armées et de la Gendarmerie. Mais, avec les besoins opérationnels allant crescendo, le 132e GCAT devint le 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre [BCAT]. Depuis, ce dernier est constamment sollicité pour les opérations extérieures  auxquelles il fournit des équipes spécialisées dans l’appui cynotechnique au combat débarqué, l’appui aux opérations spéciales [SCAOS], la sécurisation de sites et, enfin, la recherche et la détection d’explosifs, d’armement ou de stupéfiants.

ll en va de même pour les missions intérieures, comme Sentinelle. Là, le 132e BCAT déploie généralement des chiens détecteurs d’explosifs, afin de renforcer les dispositifs lors de grandes manifestations.

Actuellement,  implanté à Suippes, où il dispose du plus grand chenil d’Europe,  le 132e BCAT compte 600 militaires [et autant de chiens] répartis selon 5 compagnies [2 d’intervention, une de détection et recherche d’explosif, une de commandement et de logistique et une de réserve] et 40 équipes déployées hors du territoire métropolitain.

Or, le 1er juillet 2019, cette unité va à nouveau changer d’appellation pour devenir le 132e Régiment d’Infanterie Cynotechnique [RIC].

« Ce changement dans la continuité, qui ne modifie pas le fonctionnement de l’unité au quotidien, permet de donner au 132e RIC la reconnaissance qu’il mérite par son engagement opérationnel », explique en effet l’armée de Terre.

En outre, ajoute-t-elle, le 132e RIC « sera intégré dans le programme Scorpion avec l’arrivée du ‘SERVAL cyno’ un blindé dédié qui permettra au personnel d’être totalement intégré dans la manœuvre interarmes. »

Pour rappel, le « Serval » est un véhicule blindé multi-rôle léger [VMBR-L] de 15 tonnes dont la conception a été confiée à Nexter et à Texelis. Disposant des mêmes équipements que les autres véhicules du programme SCORPION [électronique, détecteurs de menaces, mitrailleuse télé-opérée et, évidemment le système d’information du combat – SICS], il pourra transporter jusqu’à 10 soldats dotés du système FELIN [Fantassin à Équipements et Liaisons Intégrés]. Selon la Loi de programmation militaire, 489 exemplaires – sur 978 – devront avoir été livrés à l’armée de Terre d’ici 2025.

Source : Zone Militaire - Photo : armée de Terre


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lundi 29 juillet 2019

Europe : Coup de gueule de Matteo Salvini, sur l'immigration !

Dans un courrier adressé à son homologue français, le ministre italien de l’Intérieur refuse que la France et l’Allemagne aient le monopole des décisions sur la politique migratoire.

Exaspéré par les décisions franco-allemandes sur le sujet migratoire, le ministre italien de l’Intérieur a adressé une lettre à son homonyme Christophe Castaner, dans laquelle il s’insurge que l’Italie ne soit pas assez consultée sur la question, rapporte notamment Le Point. 

Pour lui, la France et l’Allemagne ne peuvent pas décider seules des politiques migratoires, « en ignorant les demandes des pays les plus exposés », comme son pays ou encore Malte. « Les choix faits seulement à Paris et Berlin, ça suffit. L’Italie n’est plus disposée à accepter tous les immigrants qui arrivent en Europe », s’est emporté le ministre transalpin dans un message Facebook. Jeudi dernier, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne étaient réunis à Helsinki pour discuter de la politique d’accueil des migrants. Ils ne sont pas parvenus à s’entendre sur un « mécanisme de solidarité » visant à mettre un terme à l’errance des bateaux qui ont l'interdiction de faire débarquer des migrants secourus en mer Méditerranée.

Dans sa lettre, Matteo Salvini indique avoir noté à Helsinki « des positions très proches de celle exprimée par l’Italie, en particulier sur le ferme engagement d’une politique migratoire visant à défendre les frontières extérieures de l’UE et de l’espace Schengen ». « De nombreux collègues ont en effet soutenu la nécessité de revoir les règles du Search And Rescue [recherche et sauvetage, ndlr] pour empêcher les abus qui visent à favoriser une immigration illégale et incontrôlée, comme celle exposée dans le document que nous avons préparé à Malte », a aussi expliqué l’homme fort italien. 

Lors de ce meeting, l’Italie et Malte ont présenté un texte qui recommande le débarquement et la création de centres d’accueil temporaire et d’identification des migrants dans les pays limitrophes aux pays de départ. Pour Matteo Salvini, ce document doit servir de point de départ à « toute nouvelle discussion ». Les ministres doivent à nouveau se réunir lundi à Paris.   

Source : Valeurs actuelles -  Photo © Emmi Korhonen/AP/SIPA


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vendredi 26 juillet 2019

Armement : Des robots « mules » en OPEX pour l'armée de Terre

Alors que le détachement d’infanterie estonien déployé à Gao [Mali] au titre de l’opération Barkhane expérimente le robot THeMIS [Tracked Hybrid Modular Infantry System], associé au drone KX-4 Titan LE, pour des missions de transport et observation, l’armée de Terre pourrait en faire de même d’ici quelques mois.

En effet, via un avis de marché déniché par Forces Operations Blog [FOB], la Direction générale de l’armement [DGA] a fait savoir qu’elle cherche à se procurer cinq « robots terrestres ‘mule’ à des fins d’essais en opération extérieure et sur le territoire français ».

« La première expérimentation doit se dérouler en opération extérieure, en 2020. D’autres expérimentations suivront sur opportunité pendant la durée du marché », est-il indiqué dans l’avis.

La durée de l’expérimentation conduite lors d’une opération extérieure sera de quatre à six mois.

Concrètement, la DGA cherche un robot « mule » d’une capacité de charge de 400 à 800 kg, devant permettre aux fantassins de se décharger d’une partie de leur paquetage, afin de gagner en mobilité ». Cet engin pourra avoir à remplir des « missions connexes », comme « procéder à un ravitaillement [munitions, alimentation ou autre], ou assurer une liaison entre deux groupes distants. »

En outre, ce robot devra avoir des « fonctions d’observation et de reconnaissance » et être « télé-opérable, à vue et hors de la vue, et est tractable derrière certains modèles de véhicule de l’armée de Terre. »

« Pendant la phase de préparation au déploiement en opération extérieure, des prestations d’assistance et de transfert de compétences sont assurées » par celui remportera le contrat. « Suite à cette première expérimentation, le marché comprend le maintien en condition d’expérimentation des robots jusqu’à la fin du marché, l’acquisition de robots supplémentaires ainsi que des prestations d’assistance en vue de nouvelles expérimentations », précise la DGA.

En janvier 2018, la DGA avait déjà lancé le programme FURIOUS [FUturs systèmes Robotiques Innovants en tant qu’OUtilS au profit du combattant embarqué et débarqué], lequel prévoyait de mettre à l’essai trois démonstrateurs de « tailles différentes » au sein d’une section d’infanterie dès 2019 au Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine [CENZUB] de Sissonne.

Source: Zone Militaire - Photo : Barakuda, de Sharks Robotics

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lundi 22 juillet 2019

Histoire : Le sous-marin la « Minerve », disparu depuis 1968, retrouvé au large de Toulon...

Les recherches pour retrouver l’épave avaient repris plus de cinquante ans après la disparition du submersible et de ses 52 membres d’équipage.

Seconde phase de la nouvelle campagne de recherche du sous-marin la « Minerve », disparu le 27 janvier 1968, au large de Toulon.

Après cinquante et un ans de silence et de douleur pour les familles des marins disparus, la nouvelle est enfin arrivée : Florence Parly, la ministre des armées, a annoncé lundi 22 juillet que le sous-marin la Minerve, disparu le 27 janvier 1968 au large de Toulon avec ses cinquante-deux membres d’équipage, avait été retrouvé. « C’est un succès, un soulagement et une prouesse technique. Je pense aux familles qui ont attendu ce moment si longtemps », s’est félicitée Mme Parly.

« La mission a réussi ! C’est une espèce d’émotion terrible, qui est partagée par les familles », témoigne au Monde, bouleversé, Hervé Fauve, le fils du commandant du navire, André Fauve. « Beaucoup me disent qu’elles m’ont soutenu dans les recherches car elles ne voulaient pas me laisser seul, mais qu’elles n’y croyaient plus. » Lui avait retrouvé espoir : « A Toulon, on a senti que la marine avait fait un gros boulot d’analyse. C’est super », réagit simplement Christophe Agnus, fils du commandant adjoint aux machines, Jean-Marie Agnus.

« J’ai mes petits-enfants auprès de moi, à qui j’ai fait découvrir l’histoire de la Minerve, ils me font des câlins, confie en larmes Jean-Marc Meunier, le frère de François Meunier, un des quartiers-maîtres de l’équipage d’alors. C’est la fin d’une longue attente et de beaucoup de questions. J’étais confiant, surtout quand j’ai vu que ceux qui avaient retrouvé le San Juan allaient aider aux recherches. »

A 2 350 mètres de profondeur

C’est en effet le Seabed Constructor, un navire américain privé arrivé il y a cinq jours sur la zone, équipé de drones, qui a repéré, dimanche 21 juillet dans l’après-midi, l’épave, à 45 kilomètres au large de Toulon, à l’ouest du cap Sicié. Le Seabed Constructor avait, fin 2018, trouvé le sous-marin San Juan qui gisait dans l’Atlantique au large des côtes de l’Argentine.

Le sous-marin la Minerve, posé à 2 350 mètres de profondeur dans une zone sans sédimentation, a été retrouvé en trois morceaux apparaissant bien distinctement. L’identification a pu être réalisée formellement : on lit sur le kiosque les trois premières lettres de son nom, « MIN ».

C’est grâce aux calculs du Commissariat à l’énergie atomique que la zone de prospection a pu être affinée, un peu plus à l’ouest que celle pressentie jusqu’alors. La marine nationale a repris tous les relevés faits entre 1968 et 1970 après le naufrage, qu’il s’agisse des images prises par l’avion de patrouille maritime dépêché aussitôt, de l’ébranlement sismique enregistré, ou des remontées d’hydrocarbures visibles à l’époque. En croisant les marges d’erreurs, une nouvelle zone de recherches est apparue, et les calculs se sont avérés exacts.

Le sous-marin la Minerve avait implosé sous la pression en coulant, vraisemblablement à la suite d’une avarie de barre survenue lors d’un exercice. Depuis deux ans, Hervé Fauve a entrepris de rassembler les familles, restées seules et dispersées depuis un demi-siècle. Lors du cinquantenaire de la disparition du navire, elles ont décidé d’agir, et demandé au ministère des armées de relancer les recherches pour retrouver l’épave, alors que d’énormes moyens venaient d’être mobilisés – avec succès – pour retrouver les débris du San Juan, un sous-marin argentin presque semblable.

Les recherches autorisées par Florence Parly, avaient repris en février, par un premier sondage des fonds. Depuis le 4 juillet, un navire de l’Ifremer sillonnait la zone pressentie, avec un drone, avant d’être rejoint par le bateau américain.

Lors de sa disparition, la marine française avait mené des recherches durant cinq jours. Une campagne infructueuse avait eu lieu durant treize jours en 1969, suivie d’autres sondages, avant que le dossier soit classé secret-défense.

Source : LeMonde.fr / Ministère des armées

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dimanche 21 juillet 2019

Mali : Pour la première fois, les VHM de l’armée de Terre en opération...

En 2009, l’armée de Terre annonçait l’acquisition d’un lot d’une cinquantaine de Véhicules Haute Mobilité [VHM] de type BvS10 Mark 2, auprès de la société suèdoise Hagglünds AB, filiale de BAE Systems. Il s’agissait alors de pouvoir remplacer les Véhicules Articulés Chenillés [VAC], alors utilisés par la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM] et les légionnaires du 3e Régiment Étranger d’Infanterie [REI].

Amphibie, articulé en deux modules grâce à un système de vérins et monté sur chenilles, le VHM peut transporter une charge de 5 tonnes. Son armement se compose d’une mitrailleuse de 12,7 mm ou de 7,62 mm [selon les versions] et son blindage le rend particulièrement résistant aux roquettes RPG ainsi qu’aux engins explosifs improvisés [IED]. D’une autonomie de 250 km, il peut rouler à la vitesse de 65 km/h. Les premiers exemplaires furent livrés à l’armée de Terre en janvier 2012.

Récemment, ces VHM ont été envoyé en Lituanie, au titre de la mission Lynx, conduite dans le cadre des mesures de réassurance décidées par l’Otan au profit des États baltes et de la Pologne. Et, jusqu’à présent, ils n’avaient jamais connu les rigueurs de la bande sahélo-saharienne. C’est désormais chose faite.

En effet, ce 11 juillet 2019, l’État-major des armées [EMA] a indiqué que le VHM a été engagé pour la première fois dans une opération menée « récemment » par le Groupement tactique n°1  [GTD-1] dans la région du Gourma, au Mali. Et visiblement, leurs capacités n’ont pas déçu.

Ainsi, explique l’EMA, ces VHM permettent à des sections de « s’affranchir des pistes et se déplacer en terrain désertique difficile, sans risque d’ensablement. » Et pour cause : ces véhicules peuvent acheminer soldats et matériels vers des zones inaccessibles aux blindés à roues.

Et cela, grâce à leurs larges chenilles qui sont particulièrement bien adaptées au désert dans la mesure où elles leurs donnent une « portance significative sur le sable. » En outre, ces VHM sont munis de « galets » qui leur permettent « d’absorber les irrégularités du terrain », ce qui, souligne l’état-major, est « apprécié » par les équipages.

Les qualités du VHM sont « réelles et en saison des pluies, il contribue pleinement à conserver l’initiative sur les groupes armés terroristes. […] Il y a une réelle plus-value à l’avoir en Afrique », a commenté un capitaine.

Les VHM arrivés en juin au Mali ont été modifiés pour la circonstances. Leur partie basse a été sur-blindée afin de prendre en compte la menace des IED. Les différentes versions [du VHM] utilisées par Barkhane [véhicule mortier, véhicule de commandement] sont en outre « toutes pourvues de mitrailleuses de 12,7 mm télé-opérés », a encore précisé l’EMA.

Source: Zone Militaire - Photo : Ministère des Armées


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jeudi 18 juillet 2019

Guyane: Mort de trois militaires dans une opération anti-orpaillage !

Lutte contre l'orpaillage clandestin : Trois militaires meurent accidentellement en Guyane !

Cinq autres militaires sont hospitalisés, dont un dans un état grave, après avoir été victimes d'émanations toxiques au fond d'une galerie.

Mercredi, trois militaires sont morts accidentellement et cinq autres ont été blessés, dont un grièvement, dans une opération contre l'orpaillage clandestin en Guyane, a indiqué ce jeudi la ministre des Armées. «J'ai appris cette nuit avec beaucoup de tristesse la mort accidentelle de trois militaires français lors d'une mission dans le cadre de l'opération Harpie de lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane», a indiqué Florence Parly.

«Alors que les militaires s'apprêtaient à disposer des charges explosives pour détruire les installations souterraines des orpailleurs, huit d'entre eux ont été victimes d'émanations toxiques au fond d'une galerie. Immédiatement évacués et pris en charge par les premiers secours, trois militaires sont décédés», a-t-elle précisé dans le communiqué. «Les cinq autres ont été évacués à Cayenne où ils ont été hospitalisés. L'un d'entre eux est dans un état grave», ajoute le texte.

L'armée de Terre en deuil

Ce jeudi matin, le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de Terre, a exprimé sur Twitter sa «profonde tristesse» et a publié les photos des trois victimes, le sergent-chef Edgar Roellinger (27 ans), le caporal-chef de 1ère classe Cédric Guyot (31 ans) et le caporal-chef Mickaël Vandeville (30 ans). «Je reste préoccupé par l'état de santé de leurs cinq camarades blessés que j'assure de tout mon soutien», a aussi écrit le général Bosser.

De son côté, le général François Lecointre, chef d'état-major des armées, a adressé ses «pensées» à «la famille et aux frères d'armes» des trois militaires, membres du 19e régiment du génie à Besançon, qui effectuaient une mission de courte durée en Guyane.

132 sites aurifères illégaux

Le procureur adjoint de Cayenne, Jean-Claude Belot, avait confirmé à l'AFP mercredi soir (jeudi heure de Paris) une information du média local Guyane la 1ère faisant état de la mort de trois militaires. Jean-Claude Belot avait donné pour «certaine» la cause accidentelle. La zone du drame est une zone forestière isolée du sud-ouest guyanais, dans le secteur «Saint-Jean/Abounami», sans voie terrestre vers le littoral et sans réseau téléphonique, selon le parquet.

Ce secteur se situe au sein du Parc amazonien de Guyane, vaste espace protégé, où les chiffres disponibles montrent une forte présence de sites aurifères illégaux. Selon la dernière mission de survol du parc, effectuées sur plusieurs jours fin janvier dernier, 132 sites aurifères illégaux y avaient été identifiés (123 sites alluvionnaires et 9 sites d'extractions d'or primaires avec puits) soit dix de plus que fin août 2018, lors de la précédente mission aérienne. Il s'agit de l'un des chiffres les plus élevés de ces onze dernières années.

Plusieurs morts en Guyane ces dernières années

L'armée doit déplorer plusieurs décès en Guyane ces dernières années. En août 2018, un militaire du 3e régiment étranger d'infanterie est mort et treize autres ont été blessés, dont cinq gravement, dans un accident de la route

En décembre 2017, le sergent Alexandre Chan Ashing, de la 1ère compagnie du 9ème régiment d'infanterie de marine, a été mortellement blessé par un tir accidentel de sa propre arme alors qu'il regagnait en pirogue sa base de Saint-Jean-du-Maroni après une opération de lutte contre l'orpaillage dans le cadre de l'opération Harpie.


En juin 2012, lors d'une opération conjointe de l'armée et de la gendarmerie visant à lutter contre l'orpaillage - là aussi dans le cadre de l'opération Harpie -, deux militaires sont décédés après être tombés dans une embuscade. Trois gendarmes ont aussi été blessés, dont un grièvement.

Source : LeFigaro.fr / AFP

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mercredi 17 juillet 2019

Armement : Sous-marin Suffren, un bond technologique et capacitaire pour la FOST...

Le 12 juillet 2019 fut un grand jour pour la Marine nationale en général et la Force océanique stratégique [FOST] en particulier puisqu’il marquera le lancement officiel, à Cherbourg, du « Suffren », le premier des six sous-marins nucléaire d’attaque [SNA] prévus par le programme « Barracuda », lancé en 1998 par la Direction générale de l’armement [DGA] et dont le coût [développement et construction] est estimé à 9,5 milliards d’euros.

Ces sous-marins remplaceront les SNA de la classe Rubis, dont le premier exemplaire – le Rubis – a été mis en service en 1983. D’ailleurs, le SNA Saphir vient de rejoindre Cherbourg en vue de son désarmement.

Par rapport aux SNA de la classe Rubis, ceux de type Barracuda permettront à la FOST de faire un bond technologique et capacitaire, étant donné les innovations et les armes qu’ils embarqueront.

Ainsi, le « Suffren » sera deux fois plus imposant que le « Rubis », avec un déplacement en surface de 4.700 tonnes et de 5.300 tonnes en plongée. D’une longueur de 99 mètres [soit presque l’équivalent d’un terrain de football] pour un diamètre de 8,8 mètres, il sera mis en oeuvre par un équipage mixte de 65 marins. Pouvant rester en plongée à une profondeur supérieure à 300 mètres, son autonomie [70 jours] sera accrue de 25% par rapport aux SNA d’ancienne génération. En outre, son constructeur, Naval Group, assure que sa disponibilité sera de 270 jours par an grâce à une maintenance « optimisée ». L’industriel indique qu’une interruption pour entretien et réparation [IPER] sera toutefois nécessaire tous les 10 ans environ.

Pour évoluer dans les profondeurs, le « Suffren » est doté d’un réacteur nucléaire à eau pressurisée, qui, dérivé des chaufferies K-15 équipant le porte-avions Charles de Gaulle et les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la classe Triomphant, utilise de même uranium faiblement enrichi que les centrales nucléaires françaises. À ce sujet, précise Naval Group, « 1 g d’uranium 235 permet de produire plus d’énergie qu’une tonne d’hydrocarbures ». Enfin, il dispose également de deux turbines de propulsion, de deux turbo-alternateurs et de deux moteurs électriques.

S’agissant des évolutions technologiques, l’intelligence artificielle [IA] sera présente à bord du Suffren. Certes, comme l’a souligné l’amiral Bernard-Antoine Morio de l’Isle, le commandant de la FOST, lors d’une récente audition parlementaire, elle l’est déjà sur les sous-marins.

« C’est dans le contrôle commande des réacteurs qu’elle est tout d’abord apparue. Lors d’une avarie sur le réacteur, le ‘contrôle commande’ propose des options pour revenir à l’état sûr. Il peut y avoir également des actions correctrices automatiques dont l’opérateur suit le déroulement », a en effet expliqué l’amiral Morio de l’Isle. Et pour le Suffren, a-t-il précisé, l’IA « concernera aussi la sécurité plongée du bateau»

Le système d’exploitation du Suffren permettra « de commander et de surveiller, à distance, la totalité des installations [chaufferie, propulsion, électricité, sécurité plongée systèmes auxiliaires, stabilité] », explique Naval Group.

Il sera ainsi le « premier sous-marin à proposer un tel niveau d’automatisation », l’équipage étant en mesure de « conduire » le navire et de « gérer la vie à bord, à distance », depuis deux pupitres, dont « le poste de conduite propulsion [PCP], dédié à la conduite de l’usine électrique, de la chaufferie et de la propulsion, et le « poste central navigation opérations » [PCNO], dédié au contrôle et au commandement du sous-marin.

Doté d’un système de combat entièrement digitalisé, le Suffren sera dépourvu d’un équipement jusqu’alors considéré comme étant une caractéristique des sous-marins. Exit, donc, le périscope… remplacé par un mât optronique de veille et un mât optronique d’attaque non-pénétrant, munis de caméras jour haute définition, infrarouge et à intensification de lumière. Cela lui permettra d’observer la surface de jour comme de nuit.

Doté de liaisons de données tactiques assurant son interopérabilité et transmises par un système de communications modernisé, ce système de combat « intègre de nombreux sous-systèmes [sonar, radar, navigation, armes] assurant des capacités de veille et de lutte au-dessus et au-dessous de la surface de la mer », assure Naval Group. Enfin, le Suffren aura une manoeuvrabilité accrue, grâce aux barres en X de son « appareil à gouverner ».

Ces évolutions technologiques ouvrent le champ des possibles en matière capacitaire. La discrétion étant fondamentale dans le combat sous-marin, le Suffren, malgré sa masse et sa longueur, sera aussi bruyant qu’un banc de crevettes, grâce à un système de « pompe hélice ». En clair, il sera dix fois plus silencieux que les SNA de la classe Rubis. Dans le même temps, la performance de ses sonars sera quintuplée… Un atout de taille quand on sait que les sous-marins en service sont toujours de plus en plus nombreux [il y en aurait 450 aujourd’hui] tout en étant plus performants.

Le Suffren sera aussi optimisé pour les opérations spéciales, grâce à son « Dry Deck Shelter » [hangar de pont], qui est une sorte de sas où sera logé le propulseur sous-marin de troisième génération [PSM3G] qui, utilisé par le commando marine Hubert, peut emporter une dizaine de nageurs de combat, pilote compris.

Imaginé il y a plus de 10 ans par le commando Hubert et produit par ECA Group, le PSM3G permettra d’infiltration discrète de nageurs de combat. « C’est un véritable outil anti-déni d’accès. […] Il y a très peu de nations qui possèdent ce type de vecteur et maîtrisent la capacité globale du triptyque PSM-DDS-SNA. Les capacités opérationnelles du PSM3G sont révolutionnaires par rapport à l’actuel PSM2G », assurait, en décembre 2017, la Marine nationale.

Par ailleurs, ce « Dry Deck Shelter » autorisera la mise en oeuvre de drones sous-marins.

Mais le bon capacitaire le plus important concerne l’action vers la terre, avec les missiles de croisière navals [MdCN] que pourra emporter le Suffren, ce qui fera de lui le premier sous-marin français à être dotée d’une « capacité stratégique de frappe dans la profondeur ». En outre, pouvant emporter deux fois plus de munitions qu’un SNA de la classe Rubis, il sera en mesure de mettre en oeuvre des torpilles lourdes F-21 et des missiles anti-navires SM-39 Exocet.

Le développement et la construction du Suffren [qui compte 700.000 composants], aura exigé plus de 70 millions d’heures de travail à Naval Group et à TechnicAtome ainsi qu’à la centaine de sous-traitants et PME impliqués dans ce programme. Sans oublier le travail effectué par la DGA et la Direction des Applications Militaires [DAM] du Commissariat à l’énergie atomique [CEA].

D’ailleurs, la complexité d’un tel sous-marin a donné lieu à quelques retards… le Suffren devait initialement être lancé en 2017. Ce qui a contraint la Marine nationale à prolonger la vie opérationnelle du Rubis. Il y a trois ans, Laurent Collet-Billon, alors Délégué général pour l’armement, avait évoqué un « problème de qualité du travail » pour expliquer ce contre-temps.

Quoi qu’il en soit, le Suffren entamera ses essais au premier semestre 2020. Et sa mise en service fera entrer la FOST dans une nouvelle ère… qui devrait durer une bonne quarantaine d’années.

Source: Zone Militaire - Images Naval Group - Marine nationale

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