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jeudi 21 novembre 2019

Etats Unis : Parachutistes de l'US Army blessés lors d’un saut d’entraînement

« Les opérations aéroportées comportent toutes un risque inhérent... »

Plus de 23 parachutistes de l’US Army blessés en atterrissant dans des arbres lors d’un saut d’entraînement

Les opérations aéroportées ne se passent pas toujours comme prévu. Et les parachutistes de la 4e Brigade relevant de la 25e Division d’Infanterie de l’US Army viennent d’en donner un nouvel exemple.

En effet, cette unité basée en Alaska a été sollicitée pour tenir le rôle de force adverse dans le cadre de manœuvres organisées à Camp Shelby [Mississippi], appelées "Operation Arctic Anvil" .

Ainsi, dans la nuit du 2 au 3 octobre 2019, les parachutistes de la 4th Infantry Brigade Combat Team ont embarqué à bord de trois avions C-130 Hercules, « avec un préavis minimal, comme pour un déploiement d’urgence. »

Seulement, l’exercice, mené de nuit, a mal tourné puisque, selon CNN, au moins 23 parachutistes [sur 87] ont été blessés lors de ce saut, qui s’est terminé dans une forêt de pins, à 400 mètres environ de la zone prévue. Certains d’entre eux sont restés accrochés à des arbres tandis que d’autres se sont blessés en arrivant brutalement au sol. Tous ont été pris en charge par les équipes médicales avant d’être admis à l’hôpital le plus proche. Et quatre d’entre-eux sont encore hospitalisés pour des fractures.

Dans un premier temps, le colonel Boby Ginn, qui commande Camp Shelby, a avancé que le vent aurait sans doute perturbé le saut des parachutistes. Un hypothèse toutefois prise avec prudence par le colonel Christopher Landers, le chef de corps de la 4e Brigade. « Il n’est pas certain que la météo ait été un facteur déterminant », a-t-il dit. En revanche, « il est possible qu’une erreur humaine en soit la cause », a-t-il avancé. « Les blessures lors des sauts sont assez courantes. A voir un tel nombre [de blessés] est relativement rare », a-t-il souligné.

« Les opérations aéroportées comportent toutes un risque inhérent. Nous nous efforçons de l’atténuer autant que possible », a fait valoir la 4e Brigade, via Facebook. « Maintenant que tous les soldats ont été retrouvés, notre objectif est de poursuivre l’entraînement. Malgré les défis auxquels nous sommes actuellement confrontés, les soldats placent toujours la mission en premier », a-t-elle ajouté.

Les troupes aéroportées américaines ne sont pas les seules à avoir récemment connu des déboires. En septembre, lors manoeuvres ayant mobilisé la 98e division parachutiste russe, deux véhicules de combat d’infanterie de type BMD se sont écrasés au sol, leur parachute ne s’étant pas ouvert après leur largage par un avion Il-76MD.

Source : ZONE MILITAIRE

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samedi 16 novembre 2019

Armées : Désormais, les chambrées de militaires du rang seront réduites à quatre lits !

« L’époque des dortoirs est révolue », a annoncé Florence Parly, la ministre des Armées, ce 17 octobre, lors d’un déplacement à la caserne Laperrine, qui abrite le 3e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], à Carcassonne.

Il s’agissait pour la ministre de donner le détail des mesures prises en faveur de l’amélioration des conditions d’hébergement des militaires, pour lesquelles une enveloppe d’un milliard d’euros a été prévue dans le cadre de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25. Soit un montant deux fois plus important par rapport à celui qui avait été voté lors de la précédente LPM.

L’hébergement des militaires dans les casernes et les bases est un sujet de préoccupation qui dure. En 1997, le plan Vivien devait permettre de lancer des travaux d’infrastructures pour l’améliorer. Mais les contraintes budgétaires ne permirent pas de le traduire dans les faits. Au point que, en 2013, le général Bertrand Ract-Madoux, alors chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], s’en était indigné. « Ce retard concerne la moitié de nos régiments et oblige à maintenir certains de nos militaires du rang dans des locaux à peine décents », avait-il déploré lors d’une audition parlementaire.

À l’automne 2014, ayant exigé un état des lieux, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, avait lancé un nouveau « plan d’urgence » pour traiter rapidement pas moins de « 700 points noirs », nécessitant 560 millions d’euros pour y remédier. Seulement, l’arrivée de nouvelle recrues dans les régiments, qu’il fallait bien loger d’une manière ou d’une autre, a compliqué la donne.

En outre, dans un rapport publié en 2017, le sénateur Dominique de Legge avait évoqué des « bâtiments entiers dédiés au logement […] inutilisables en raison de leur insalubrité résultant d’un défaut de maintenance régulière. »

L’actuelle LPM, qui se veut « à hauteur d’homme », entend améliorer cette situation, qui joue à la fois sur le moral des soldats ainsi que sur leur fidélisation. D’où le milliard d’euros annoncé.

Dans le détail, 520 millions d’euros seront affectés à l’amélioration de l’hébergement des militaires du rang des trois armées. Et comme c’est l’armée de Terre qui en compte le plus, le gros de cette somme servira à rénover ses casernes. En outre, 310 millions d’euros serviront au logement des cadres célibataires et 120 millions seront alloués à l’hébergement d’accueil temporaire.

Selon le projet de budget pour 2020, il est prévu 177 millions d’euros d’investissements. De quoi engager « 19 opérations de constructions neuves » et de livrer près de 2.200 places.

Cet effort permettra donc de mettre fin aux grandes chambrées : désormais, elles seront « dimensionnées » pour quatre militaires du rang et équipées de « sanitaires privés » [comprendre, des douches privées]. Pour le ministère des Armées, il « s’agit pour les jeunes engagés de disposer de leur propre espace personnel. »

En revanche, rien n’a été dit sur la surface qu’occupera une telle chambrée de 4 militaires du rang… Déjà que, avec les recrutements de ces dernières années, certains casernes se trouvaient à l’étroit…

S’agissant des cadres célibataires [géographiques ou non], il est question de les loger dans des « studios équipés (chambres, kitchenettes, sanitaires privés) ». Selon le ministère des Armées, les « investissements prévus permettront d’augmenter l’offre d’hébergement de 3 000 nouvelles places, principalement pour les cadres qui sont actuellement logés dans des chambres excédentaires de militaires du rang. »

« Le sommeil de plomb fait le soldat d’acier : il est essentiel à la préparation opérationnelle des militaires. Offrir les meilleures conditions de repos à nos soldats est aussi important que de les doter de nouveaux HK-416, de gilet-pare-balles ou de treillis neufs », a fait valoir Mme Parly.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Chambrée de Cuirassiers © DR

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mercredi 13 novembre 2019

OPEX - Barkhane : La France en soutient des forces sahéliennes face aux jihadistes

Comme on pouvait s’en douter, la force Barkhane a été sollicitée pour appuyer les Forces armées maliennes [FAMa] lors des combats ayant suivi les attaques jihadistes des postes de Boulikessi et de Mondoro, deux localités de la région de Mopti, situées près de la frontière avec le Burkina Faso.

Dans un communiqué publié le 2 octobre 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, avait en effet indiqué que les unités maliennes envoyées en renfort pour « pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes » ont bénéficié d’un appui d’avions de chasse [Mirage 2000] et d’hélicoptères d’attaque Tigre.

« La détermination de ces unités [maliennes] a permis de rétablir une situation délicate et compromise, et d’infliger des pertes aux terroristes », a souligné Mme Parly.

Selon Bamako, les jihadistes auraient perdu une quinzaine de combattants durant ces combats. Mais ils ont dans le même temps infligé de lourdes pertes aux FAMa, avec au moins 25 tués et près d’une cinquantaine de disparus [11 soldats maliens ont été « récupérés » lors des opérations de ratissage menées après la reprise des postes attaqués, ndlr].

En attaquant les postes de Mondoro et de Boulikessi [qui avait déjà été ciblé en 2017…], les jihadistes ont porté un coup dur à la Force conjointe du G5 Sahel étant donné qu’une des deux unités maliennes visées était placée sous le commandement de cette dernière. Qui plus est, ils ont mis la main sur des équipements ainsi que sur d’importantes quantités d’armes et de munitions. En outre, leur opération, comme cela fut déjà le cas lors de l’attaque du camp de Dioura [le 17 mars dernier], met le gouvernement malien en difficulté face à l’opinion publique.

Et il n’est pas le seul. Au Niger, les embuscades de Baley Beri [en mai, avec 27 soldats tués] et l’attaque « complexe » du camp d’In-Ates [juillet, avec 18 tués] ont illustré les faiblesses des forces armées locales. Même chose au Burkina Faso, avec l’attaque de Koutougou [24 soldats tués le 20 août] et celles menées en septembre contre des camions [au moins 29 tués parmi les civils]. Et ces « incidents » sécuritaires donnent lieu de plus en plus souvent à des tensions entre les communautés. Tensions qui profitent aux jihadistes.

« Les forces maliennes, comme l’ensemble des forces des pays du Sahel sont engagées dans un effort exigeant et de longue durée contre l’insécurité et le terrorisme. Elles consentent des sacrifices importants et se battent sur de nombreux fronts. Elles peuvent compter sur notre soutien et sur notre détermination dans ce combat commun », a encore assuré Florence Parly.

Selon le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, l’objectif de la force Barkhane au Mali est d’affaiblir les groupes jihadistes afin de les mettre à la portée des FAMa, qui « doivent pouvoir les affronter seules ou en tout cas en étant moins accompagnées » par les troupes françaises. Et, dans le même, il s’agit de les faire « monter en puissance », notamment « dans le cadre Union Training Mission [EUTM] » et par un « accompagnement » de la MINUSMA [mission des Nations unies au Mali, ndlr].

Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant. Au-delà de la formation, les questions capacitaires se posent… En outre, tant que les accords de paix d’Alger, signé par les autorités maliennes et les groupes indépendantistes touareg de l’Azawad [nord du Mali, ndlr], ne seront pas pleinement appliqués, il sera toujours compliqué de combattre les formations jihadistes, dont celles inféodées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

D’ailleurs, et ce n’est pas nouveau, certains de ces groupes armés touareg ne jouent pas franc jeu. Tel est notamment le cas, même s’il s’en défend, du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], qui, implanté dans la région de Kidal, compte dans ses rangs de nombreux transfuges d’Ansar Dine, une formation jihadiste dont le chef, Iyad Ag Ghali, dirige le GSIM.

D’après RFI, cité par Le Point, des cadres importants du HCUA ont été impliqués dans plusieurs attaques jihadistes au Niger. Un combattant du HCUA a « participé en mai dernier à l’attaque de Tongo Tongo [ou de Baley Beri], où 27 soldats nigériens ont été tués. Les armes prises ont été acheminées par les terroristes dans la vallée d’Inadar et réceptionnées par le chef d’état-major du HCUA. En juillet dernier, d’autres armes récupérées pendant l’attaque d’Inates sont transportées toujours au Mali, près de Menaka », explique l’hebdomadaire.

Quoi qu’il en soit, l’objectif de Paris est d’impliquer davantage ses partenaires européens au Sahel. « Nous aurions tort de croire que le terrorisme est une menace pour la France seule : nos partenaires ont tous été touchés, et c’est ensemble que nous devons réagir. Et pour ceux qui n’ont pas été frappés directement, il y a le devoir de solidarité », fit ainsi valoir la ministre des Armées, lors d’un déplacement au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS], en juin dernier.

« Il faut accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées, y compris lorsqu’elles vont au combat, et pas seulement dans les états-majors. Ce n’est pas un sport de masse, j’en conviens », avait-elle continué. Et de demander : « Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui, alors, le fera? »

Lors d’une audition parlementaire, le général Lecointre avait confirmé cette intention. « Nous réfléchissons à un partenariat militaire opérationnel auquel nous devons encourager nos partenaires. Je souhaite que les Européens soient de plus en plus sensibilisés à cette possibilité. À cet égard, nous travaillons à mettre sur pied une force qui serait coordonnée à l’opération Barkhane et qui serait capable de faire ce travail d’accompagnement des Maliens au combat une fois que nous porterons notre effort dans une autre zone », avait-il indiqué.

En clair, il s’agit de solliciter les autres pays européens afin de mettre en place un système inspiré de celui des OMLT [Operational Mentor Liaison Team], qui, en Afghanistan, reposait sur la présence d’instructeurs auprès des unités locales. Trouver des contributeurs ne sera pas forcément aisé… D’autant moins qu’il faudra composer avec les règles d’engagement propres à chaque pays.

« Un des principaux effets que nous recherchons est de pouvoir compter sur des énergies nouvelles pour accompagner les forces locales. Mais il ne faut pas que cela pèse sur Barkhane qui est déjà très employée », a résumé un officier français auprès de l’AFP.

En attendant, il y a urgence… « Je crains que nous n’ayons collectivement échoué à enrayer les causes profondes de la crise – la pauvreté, les failles de gouvernance, l’impunité – qui nourrissent la montée de l’extrémisme violent. Les groupes terroristes instrumentalisent les conflits locaux et se positionnent en défenseurs des communautés », relevait récemment Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

D’après les chiffre qu’il a donnés, le nombre de civils tués entre 2012 et 2018 dans les seuls pays du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad] a été multiplié par quatre. Et « plus de 5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de 4 millions ont été déplacées, 3 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de 2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. »

Aussi, avait prévenu M. Guterres, « soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence. Nous devons redoubler d’efforts. » D’autant plus que la menace jihadiste est désormais susceptible de s’étendre jusqu’aux pays du golfe de Guinée.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © EMA

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vendredi 8 novembre 2019

Armée de l’Air : Formation de pilotes de chasse, plus vite pour deux fois moins cher...

Jusqu’en avril dernier, il fallait quatre ans pour former un pilote de chasse. Ainsi, à Salon de Provence, un jeune élève entamait son cursus par une Formation militaire initiale [FMI], suivie par une Formation militaire générale de l’officier [FMGO]. À l’issue, c’est à dire au bout d’environ un trimestre, il était initié aux rudiments de l’aéronautique au sein de l’Escadron d’instruction de vol à voile, pour un stage pouvant durer de 3 à 6 mois.

Puis, après un passage à l’Escadron d’instruction sol du personnel navigant [EISPN] pour acquérir les bases théoriques, l’élève pouvait commencer sa formation initiale en vol, à bord des Cirrus SR-20 des escadrons d’instruction en vol [EIV] 3/5 Comtat-Venaissin » et 2/93 « Cévennes ».

Ensuite, l’élève-pilote rejoignait l’École de pilotage de l’armée de l’Air implantée sur la base aérienne 709 de Cognac pour effectuer 45 missions [dont deux en solo] aux commandes d’un Grob 120. Cette phase permettait de déterminer son orientation, à savoir la chasse ou le transport.

En fonction du verdict, il poursuivait son parcours sur TB-30 Epsilon pendant 6 à 7 mois, avant de rejoindre l’École de l’Aviation de Chasse [EAC] à Tours où, il allait apprendre les rudiments de son futur métier sur un biréacteur, l’Alphajet en l’occurrence. Enfin, une fois « macaroné », il prenait la direction de Cazaux pour intégrer l’Escadron de transition opérationnelle [ETO], soit la dernière marche avant de rejoindre une unité opérationnelle.

Le projet FOMEDEC [Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse], pour lequel 17 turbopropulseurs de type Pilatus PC-21 ont été acquis, a revu ce cursus en fusionnant les phases de formation sur TB-30 Epsilon et Alphajet, l’objectif étant de gagner du temps [6 mois de formation] et de réaliser 100 millions d’euros d’économies par an. En outre, toute cette partie de l’instruction se fait une seule et même base, à savoir celle de Cognac.

C’est donc désormais ce cursus qui est en vigueur. Toutefois, l’aspirant pilote de chasse a encore à faire ses preuves aux commandes d’un Alphajet puisque la transition opérationnelle se fait toujours à Cazaux.

Lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air [CEMAA] a rapidement évoqué le projet « MENTOR », dont l’objectif serait de réduire davantage le temps nécessaire pour former un pilote de chasse. Sans en donner le détail, il a indiqué aux députés que le cursus pourrait être réduit… d’un an.

Dans son rapport pour avis sur les crédits de l’armée de l’Air pour 2020, le députés Jean-Jacques Ferrara a livré quelques précisions sur ce projet « MENTOR ». Ainsi, l’École de transformation opérationnel de Cazaux s’effacerait au profit d’un renforcement de la base aérienne de Cognac. Et les Alphajet ne seraient pas remplacés.

Ce projet « consisterait à substituer à la phase 4, qui se déroule actuellement sur Alphajet à Cazaux, une phase complémentaire à Cognac. Une telle évolution suppose l’acquisition de huit PC-21 supplémentaires, déployés à Cognac, celle d’un simulateur complet supplémentaire et l’affectation d’un quatrième [escadron?] instructeur », indique le député.

Et d’ajouter : « Alors que la base aérienne de Cognac a déjà entrepris un vaste programme de travaux pour accompagner la montée en puissance de l’école de pilotage – le projet de loi de finances 2020 prévoit d’ailleurs les financements pour la construction d’un bâtiment supplémentaire – il sera essentiel de veiller à ce que les ressources suffisantes soient prévues pour poursuivre cette évolution. »

Par ailleurs, la phase élémentaire, qui se déroule actuellement à Salon-de-Provence, serait également revue en l’orientant « autour de trois axes de formation au pilotage : l’acquisition des bases, la voltige, le vol en formation », indique M. Ferrara. Cela permettrait de réduire sa durée, qui passerait de 33 mois avec 315 heures de vol à 24 mois, avec 275 heures de vol.

« Sa mise en œuvre passerait par le remplacement des Cirrus par un autre appareil plus moderne équipé d’un turbopropulseur », précise le député.

« Lors de son déplacement à Salon-de-Provence, le rapporteur pour avis a constaté que la base aérienne 701 était déjà en ‘ordre de bataille’ pour MENTOR. Il a aussi pu mesurer l’ampleur des travaux à conduire : hébergement des futurs élèves ou encore rénovation de l’infrastructure aéroportuaire », lit-on également dans le rapport du député.

Avec le projet « MENTOR », il n’y aura plus besoin que deux sites principaux pour la formation des pilotes de chasse : Salon-de-Provence pour la phase initiale et Cognac.

« Cette formation rénovée permettra de réduire de près de moitié le coût de formation d’un pilote de chasse, celui-ci passant de près de 700.000 euros à environ 400.000 euros. Surtout, elle permettrait de réduire d’un an la formation à l’horizon 2025 et de mieux répondre aux besoins des forces, les jeunes équipages étant formés sur un équipement présentant une avionique proche de celle de l’avion d’arme qu’ils auront à mettre en œuvre », fait valoir le rapporteur pour avis.

Une partie des économies viendrait du retrait des Alphajet, sachant que le coût d’une heure de vol effectuée avec cet appareil est de 7.800 euros… Soit 5 fois plus par rapport à un PC-21 [1.500 euros, ndlr].

Source : Zone Militaire - Opex360.com / Photo : © armée de l’Air

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mardi 5 novembre 2019

WANTED : 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara

Les États-Unis offrent 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara !

Le 4 octobre 2017, quatre commandos américains du 3rd Special Forces Group, partis en patrouille avec un détachement de l’armée nigérienne, furent tués lors d’une embuscade tendue par des jihadistes appartenant à l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] dans le secteur de Tongo Tongo, près de la frontière malienne.

Deux ans plus tard, dans le cadre de leur programme « Rewards for Justice », les États-Unis ont annoncé qu’ils offriraient jusqu’à 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef de l’EIGS. Ce dernier avait déjà été inscrit sur la « liste noire » américaine l’an passé.

En outre, une autre récompense, d’un montant identique, sera également proposée pour tout renseignement permettant « l’arrestation ou la condamnation dans n’importe quel pays de toute personne qui a commis, ourdi ou favorisé l’embuscade. »

« À ce stade, je ne pense pas que nous ayons arrêté qui que ce soit en lien avec le guet-apens », mais avec les récompenses, « nous espérons obtenir des indices ou informations qui permettent au gouvernement américain ou nigérien d’enquêter et de trouver les auteurs de cette attaque », a expliqué un responsable de la diplomatie américaine, cité par l’AFP.

Cela étant, en août 2018, l’un des responsables de l’embuscade de Tongo Tongo, un certain Mohamed Ag Almouner, a été tué par une frappe aérienne menée par la force Barkhane dans la région de Menaka [Mali].

Quant à Adnan Abou Walid Sahraoui, il est parvenu à passer entre les mailles du filet lors d’une opération française conduite à Intameda [Mali], en février 2018. Le général Bruno Guibert, qui commandait la force Barkhane à l’époque, confiera plus tard que le chef de l’EIGS s’était probablement réfugié en Mauritanie.

Pour rappel, Sahraoui a fait allégeance à l’EI en 2015, après avoir rompu avec le groupe al-Mourabitoune, qu’il avait rejoint alors qu’il était le porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO].

À noter que le programme « Rewards for Justice » offre des récompenses pour des renseignements concernant deux autres jihadistes actifs au Sahel, à savoir Hamad el-Khairy [pour son appartenance au MUJAO], et Malik Abou Abdelkrim [membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique]. Le chef d’al-Mourabitoune, Mokhtar Belmokhtar, ne figure plus sur cette liste, alors que sa tête avait été mise à prix pour 5 millions de dollars. Et pour cause : il aurait été tué par une frappe aérienne française menée au sud de la Libye en novembre 2016. Mais sa mort n’a cependant jamais été officiellement confirmée.

Par ailleurs, le 19 septembre, le général Stephen Townsend, le chef de l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique, a annoncé que les États-Unis allaient « renforcer » et « équiper » les forces armées nigériennes dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes et les activités criminelles. Et cela, alors que Niamey a autorisé les forces américaines à utiliser son territoire pour mettre en oeuvre des drones armés, notamment à partir d’Agadez.

« La mise en service effective de la base 201 d’Agadez apportera au Niger davantage de capacité de mission, d’agilité, de polyvalence et une gamme d’options de sécurité », a ainsi fait valoir le général Townsend. « Cela profitera également à la sécurité régionale dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Source : Zone Militaire

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dimanche 3 novembre 2019

Mali : Un militaire français tué par une IED, l’Etat islamique revendique l’attaque

Le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, a été tué par un engin explosif dans la région de Ménaka.

C’est le vingt-cinquième militaire français tué au Mali depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval ».

Un militaire français a été tué lors d’une opération, samedi 2 novembre au matin au Mali, après « le déclenchement d’un engin explosif improvisé (IED - Improvised Explosive Device) au passage de son véhicule blindé », a indiqué l’Elysée dans un communiqué. La victime, le brigadier  24 ans, faisait partie du premier régiment de Spahis de Valence, dans la Drôme.

Dans la soirée, l’attaque a été revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI). « Les soldats du califat ont pris pour cible un convoi de véhicules des forces françaises (…) près d’Indelimane, dans la région de Ménaka, en déclenchant un engin explosif », a écrit l’EI dans un communiqué signé « Province Afrique de l’Ouest », publié sur ses chaînes de messagerie Telegram.

L’explosion de l’engin artisanal qui a tué le soldat français est survenue pendant une mission de sécurisation prévue de longue date menée près de la frontière du Niger, dans le nord-est du Mali. C’est déjà dans cette même région que 49 soldats maliens avaient été tués vendredi. Cette attaque, l’une des plus meurtrières de ces dernières années pour les forces maliennes, avait également été revendiquée par l’EI. Il n’y a toutefois « aucun lien » entre les deux attaques, a affirmé le porte-parole de l’état-major français, le colonel Frédéric Barbry.
Vingt-cinquième soldat français tué au Mali

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a salué « le sacrifice » du militaire et exprimé « ses pensées vers ses camarades engagés dans les opérations au Sahel », « ainsi que vers leurs frères d’armes des armées sahéliennes, qui paient un lourd tribut dans la lutte contre le terrorisme ».

La ministre des armées, Florence Parly, a, elle, annoncé qu’elle se rendrait « très prochainement au Mali, afin de s’entretenir avec les autorités maliennes ».

« Dans un contexte sécuritaire dégradé, la mort du brigadier Ronan Pointeau nous montre que le combat contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel n’est pas terminé et notre détermination à le poursuivre est entière ».

M. Pointeau, qui s’était engagé dans l’armée en 2016, est le vingt-huitième militaire français tué dans la région depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval » dans ce pays, suivie de l’opération antiterroriste « Barkhane » élargie à cinq pays du Sahel en 2014.

Violences persistantes

Depuis 2012, le nord du Mali est tombé sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement, en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Malgré la mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5 Sahel, les violences djihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.
Lire aussi Au Mali, l’opération « Barkhane » ensablée en terre oubliée

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, beaucoup plus densément peuplé, où elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires. Une tuerie imputée à des chasseurs dogons se présentant comme un « groupe d’autodéfense » anti-djihadiste a ainsi fait quelque 160 morts le 23 mars dans le village peul d’Ogossagou, près de la frontière burkinabée.

Les deux communiqués de l’EI ont été publiés une semaine après la mort, dimanche, du chef de l’organisation terroriste, Abou Bakr Al-Baghdadi, tué lors d’un raid américain en Syrie.

Source : Le Monde.fr

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jeudi 31 octobre 2019

Mali : Les forces maliennes disent avoir « neutralisé » une cinquantaine de jihadistes, avec l’appui de Barkhane

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, fait actuellement face à une contestation grandissante, nourrie par le contexte social, un processus de paix avec les indépendantistes de l’Azawad [nord du Mali] au point mort, des violences inter-communautaires et une insécurité chronique, due aux groupes armés terroristes [GAT] et aux trafiquants de tous poils.

Cette contestation s’est amplifiée après les attaques des bases de Mondoro et de Boulkessi, le 30 septembre dernier. Revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], affilié idéologiquement à al-Qaïda, elles ont fait au moins 38 tués dans les rangs des Forces armées maliennes [FAMa], sans compter les disparus. Au 18 octobre, 27 manquaient encore à l’appel.

À la suite de ces attaques, les FAMa ont lancé deux opérations. La première, appelée « Renou Bravo Mike », a consisté à « ratisser » les environs de la base de Boulkessi [le « fort 11 »]. Selon un communiqué de l’état-major malien, des frappes aériennes « ont permis de neutraliser des terroristes ». Et d’ajouter : « La consolidation de l’emprise continue, avec le soutien des partenaires et un engagement très accru de la force Barkhane. »

Cette implication de Barkhane dans cette opération n’a pas été évoquée dans les deux derniers « points de situation » hebdomadaires publiés par l’État-major des armées [EMA], à Paris.

« Dans une logique d’approche zonale en bande sahélo-saharienne, la force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma – grande comme un quart du territoire métropolitain français – en appuyant les forces partenaires par le biais d’opérations conjointes et en agissant au profit de la population », répète l’EMA dans ses comptes-rendus.

Quoi qu’il en soit, l’état-major malien a indiqué que, le 16 octobre, ses troupes ont été prises à partie par des terroristes dans le village de Boulkessi, lors d'une « patrouille de reconnaissance. » Le bilan de cet accrochage est de 4 jihadistes « neutralisés » [comprendre : « tués »]. « Il a pu être établi des preuves de la participation de femmes aux côtés de l’ennemi », a-t-il par ailleurs souligné.

Dans le même temps, les FAMa ont lancé, le 7 octobre, une autre opération, qui, appelée « Éléphant », vise à rechercher et à détruire les « refuges ennemis ». « Elle se poursuit avec plus d’une vingtaine de sorties et frappes aériennes », a précisé l’état-major malien.

On ignore si les moyens aériens de Barkhane ont été de la partie. Le dernier compte-rendu de l’EMA indique que 93 sorties aériennes ont été effectuées entre les 11 et 18 octobre. Mais ce chiffre ne concerne que les avions de l’armée de l’Air. Le nombre de missions assurées par les hélicoptères du groupement aéromobile de Barkhane n’est jamais précisé.

Reste que, dans son communiqué, l’état-major malien fait état d’une « cinquantaine d’ennemis neutralisés et d’une trentaine de blessés » ainsi que de la destruction de « matériels » et d’un « important plot logistique de 35 fûts de carburant. »

Source : ZONE MILITAIRE


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lundi 28 octobre 2019

Syrie : Le chef de l'état islamique DAECH abattu lors d'une opération des forces spéciales américaines

M. Trump, le chef de Daesh est « mort comme un chien » !

Pour Paris et Londres, le combat n’est pas terminé.

Ce 27 octobre 2019, lors d’une allocution suivie par une conférence de presse, le président Trump a confirmé la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique [EI ou Daesn], lors d’une opération héliportée des forces spéciales américaines, menée quelques heures plus tôt à Barisha, un village situé dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Ainsi, selon les éléments donnés par le chef de la Maison Blanche, huit hélicoptères ont été utilisés pour ce raid, qu’il a qualifié d' »audacieux » et de « dangereux ».

« Nous devions survoler des zones contrôlées par la Russie. L’Irak a été excellent. Les combattants de l’EI sont détestés autant par les Russes qu’ils le sont par nous, ce qui explique, je crois, qu’ils peuvent faire le reste », a précisé M. Trump, qui a remercié la Syrie, la Turquie et un les Kurdes syriens.

Cependant, plus tôt, un responsable militaire américain avait confié à Newsweek que la Turquie n’avait pas été prévenue de cette opération contre le chef de Daesh.

« Nous savions que le bâtiment avait des tunnels. Nous avons atterri avec huit hélicoptères et avons fait exploser des murs sur le côté du bâtiment pour éviter les pièges. J’ai pu le voir depuis la Situation Room. C’était comme de regarder un film, très clair », a ensuite raconté le président américain.

Alors qu’il était pourchassé par les commandos américains et leurs chiens dans le bâtiment où il se trouvait, al-Baghdadi a « traîné trois de ses jeunes enfants avec lui » dans un tunnel sans issue, « gémissant et pleurant et criant tout du long », a poursuivi M. Trump.

« Il n’est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche [|…]Lors de l’opération de nos soldats, il a atteint le bout d’un tunnel, traqué par nos chiens. Il a déclenché son gilet d’explosifs, causant sa mort et celle de ses trois enfants. Son corps a été mutilé par les explosions et le tunnel s’est effondré sur lui », a précisé le président américain. « Le voyou qui a essayé d’intimider les autres a passé ses derniers instants dans une peur terrible, en panique et inquiétude totales, terrifié par les forces américaines qui s’abattaient sur lui », a-t-il insisté.

Par ailleurs, cette opération a permis de mettre la main sur de nombreux documents « précieux » de Daesh. Et, selon M. Trump, un « grand nombre » de jihadistes ont été tués et les forces spéciales américaines n’ont subi aucune perte.

Le chef de Daesh « est mort comme un chien, comme un lâche », a martelé M. Trump lors de son intervention. « Le monde est maintenant un lieu plus sûr », a-t-il estimé.

Cela étant, la mort d’al-Baghdadi ne signifie pas pour autant la fin de l’organisation jihadiste. C’est un « moment important dans notre combat contre la terreur mais la bataille contre le fléau de Daesh n’est pas encore terminée », a souligné Boris Johnson, le Premier ministre britannique.

« Nous travaillerons avec nos partenaires de la coalition pour mettre un terme aux activités meurtrières, barbares de Daech une bonne fois pour toute », a encore affirmé le locataire du 10 Downing Street.

« Al-Baghdadi ne manquera pas au monde », a réagi Ben Wallace, le ministre britannique de la Défense. « L’EI est l’organisation terroriste la plus meurtrière de notre génération. Leurs chefs ont tordu l’islam pour rallier des milliers de gens à leur cause maléfique », a-t-il fait valoir, en saluant le succès de l’opération américaine.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a souligné que la fin d’al-Baghdadi ne signifie pas la fin de son organisation. « Nous poursuivrons le combat sans relâche contre Daech, avec nos partenaires, en nous adaptant aux nouvelles circonstances régionales », a-t-elle assuré. Et d’ajouter : « Je félicite nos alliés américains pour cette opération. J’ai aussi aujourd’hui une pensée particulière pour toutes les victimes de la folie de Baghdadi et des criminels qui l’ont suivi. »

« La mort d’al-Baghdadi est un coup dur porté contre Daesh, mais ce n’est qu’une étape », a commenté, plus tard, le président Macron. « Le combat continue avec nos partenaires de la coalition internationale pour que l’organisation terroriste soit définitivement défaite. C’est notre priorité au Levant », a-t-il ajouté.

Quant aux Forces démocratiques syriennes [FDS], auxquelles les milices kurdes syriennes fournissent le gros des troupes, elles s’attendent à des représailles.

« Les cellules dormantes vont venger Baghdadi. Donc on s’attend à tout, y compris des attaques contre les prisons » où sont détenus les combattants jihadistes, a dit le général Mazloum Abdi, le général [kurde] des FDS. Peu après l’intervention de Donald Trump, ce dernier a évoqué une « coopération de renseignement sur le terrain » et une « véritable surveillance » ayant duré cinq mois, soit jusqu’à la réussite de l’opération « commune » ayant abouti à la mort d’al-Baghdadi.

Cependant, et alors que le président Trump a remercié la Russie, lors de sa conférence de presse, le ministère russe de la Défense a exprimé des doutes sur la mort d’al-Baghdadi.

« Le ministère de la Défense russe ne dispose pas d’informations fiables sur les actions de l’armée américaine dans la zone de désescalade d’Idleb […] concernant une énième mort » d’al-Baghdadi, a en effet déclaré le général , Igor Konachenkov, son porte-parole, via un communiqué. Selon lui, il y aurait des « détails contradictoires » qui « soulèvent des questions légitimes et des doutes sur la réalité et, surtout, sur le succès de cette opération américaine ».

Source: ZONE MILITAIRE

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samedi 26 octobre 2019

Budget OPEX : Alerte du Sénat, il manque 300 millions d’euros pour financer les opérations extérieures !

En juillet 2019, les parlementaires ont reçu un tableau précisant les plafonds de dépense de chaque ministère pour le prochain exercice budgétaire. Et s’agissait du ministère des Armées, il y est indiqué que son budget augmenterait de 1,53 milliard d’euros. Seulement, le souci est que la trajectoire financière de la Loi de programmation militaire 2019-25 prévoit un hausse de 1,7 milliard

Comme l’a souligné le journal Le Monde, le ministère de l’Action et des Comptes publics « raisonne par rapport aux montants budgétés en 2019, lors de la loi de finances initiale, et qui peuvent donc varier par rapport aux crédits effectivement dépensés ». Et d’expliquer que cette hausse moins importante qu’attendu prendrait en compte la « démographie déclinante » de la mission « Anciens combattants ».

En tout cas, le 13 juillet, à l’Hôtel de Brienne, le président Macron avait assuré que « l’effort budgétaire pour notre défense sera […] tenu » parce que « le contexte stratégique le nécessite, parce que c’est ma responsabilité de chef des armées de voir loin, de ne jamais céder aux sirènes du court terme, mais au contraire, de maintenir notre nation dans le temps long de l’histoire. Parce que notre nation, si fière, à juste titre, de son passé, doit aussi agir aujourd’hui pour rester demain maître de son destin, aux côtés des Européens. »

Lors de l’Université d’été de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, a rappelé cet engagement. La LPM « sera respectée », a-t-elle dit. Et « j’aurai l’occasion de détailler prochainement le contenu du budget 2020 lors de la présentation du projet de loi de finances en conseil des ministres à la fin du mois. » On en saura donc un peu plus à ce moment-là.

Cependant, il a déjà été précisé par l’entourage de Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, que les dépenses de l’État devraient augmenter de 4,6 milliards d’euros en 2020, ce qui permettra de financer les priorités gouvernementales, dont la Défense, la Solidarité et l’Éducation nationale. Mais « les dépenses augmentent moins vite que la croissance. Leur part va donc baisser dans le produit intérieur brut’, ont confié ces sources au quotidien Le Monde.

Mais avant d’évoquer le budget 2020, il reste à boucler l’exercice budgétaire 2019. Et comme tous les ans, à pareille époque, la question de sous-financement des opérations extérieures [dotées de 850 millions d’euros en Loi de finances initiale, ndlr] revient dans le débat.

En 2018, M. Darmanin avait annulé 404,2 millions de crédits destinés à la mission Défense pour financer les surcoûts liés aux opérations extérieures [OPEX] et aux missions intérieures [MISSINT]. Et il avait donc écarté tout recours à la solidarité interministérielle, principe pourtant réaffirmé par la LPM 2019-25. Ce qui lui valut d’être sous le feu des critiques au Parlement, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative.

À l’époque, il fut expliqué que le ministère des Armées pouvait supporter ces annulations de crédit étant donné que ses dépenses de personnel avaient été moins élevées que prévu. En outre, il pouvait puiser dans les 164 millions d’économies réalisées sur des programmes d’armement. Qu’en sera-t-il cette année, sachant que, selon toute vraisemblance, il manquerait encore 300 millions d’euros pour financer les surcoûts liés aux OPEX ?

En tout cas, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a d’ores et déjà pris les devants, lors d’une intervention à l’Université d’été de la Défense.

« Cette année encore, au moins 300 millions d’euros resteront à financer, si ce n’est plus. Ce surcoût doit être pris en charge par la solidarité interministérielle. C’est la loi, c’est aussi le respect de la parole donnée. 300 millions, c’est l’équivalent de trois ans de livraison des véhicules blindés Griffon : c’est donc, enfin, la condition de la modernisation des armées », a fait valoir M. Cambon, après avoir rappelé que le Sénat « avait introduit cette clause de sauvegarde dans la loi de programmation militaire (LPM), pour protéger les ressources des armées. »

La Haute-Assemblée avait également adopté une mesure visant à empêcher toute ponction du budget des Armées pour financer le Service national universel [SNU]. Or, là encore, M. Cambon a lancé un avertissement.

« A l’heure où le gouvernement chiffre le SNU à 1,5 milliard d’euros par an, je demande la création dans le projet de loi de finances pour 2020 d’une mission budgétaire spéciale, pour éviter tout risque d’un siphonnage des crédits de la défense. Chacun sait bien que le SNU n’est pas financé! », a affirmé le sénateur.

Voilà qui promet une session parlementaire animée...

Source : ZONE MILITAIRE

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mercredi 23 octobre 2019

Offensive turque en Syrie : Macron craint « une situation humanitaire insoutenable »

Le chef de l'État français va réunir un conseil de défense restreint ce dimanche à 22 heures pour faire le point sur la situation en Syrie. 13/10/2019 -  

« Notre volonté commune est que cette offensive cesse », a déclaré le président français, qui recevait la chancelière allemande ce dimanche à l'Elysée.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel s'est déroulée ce dimanche sous le signe de la gravité, alors que la Turquie mène depuis mercredi une offensive sanglante contre les Kurdes. Cette opération en Syrie risque de créer une « situation humanitaire insoutenable » et d'aider l'État islamique « à réémerger dans la région », a déclaré le chef de l'État français à l'Élysée alors qu'il recevait la chancelière allemande.

« Nous avons échangé, qui avec le président (américain) Trump, qui avec le président (turc) Erdogan, et nous avons passé le message clair de notre volonté commune que cette offensive cesse », a ajouté le président français, avant un dîner des deux dirigeants européens à l'Élysée. « Notre conviction est que cette offensive prend le risque d'une part, et nous le constatons d'ores et déjà sur le terrain, de créer des situations humanitaires insoutenables et, d'autre part d'aider Daech à réémerger dans la région », a ajouté Emmanuel Macron, qui a convoqué dimanche à 22 heures un conseil restreint de défense sur la Syrie.

Ce Conseil de défense réunira notamment le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres de la Justice, des Affaires Étrangères, des Armées et de l'Intérieur, ainsi que le chef d'état-major des armées, l'Amiral Rogel. « J'ai parlé une heure avec le président Erdogan, nous devons tenir compte des intérêts et de la sécurité de la Turquie. Mais nous pensons aussi qu'il faut mettre un terme à cette invasion turque, car il y a des raisons humanitaires et on ne peut pas accepter cette situation contre les Kurdes », a ajouté Angela Merkel.

Emmanuel Macron appelle les Européens à « s'unir »

« Face à cette situation, nous resterons très coordonnés, comme nous l'avons été pour signifier aux Turcs la fin de toutes nos ventes d'armes, mais également sur les initiatives à prendre dans les prochaines heures et les prochains jours », a conclu le président français. Il a aussi appelé les Européens à s'unir dans « ce moment, européen et international difficile et parfois inquiétant ». « Nous ne pouvons nous permettre ni de vision ni aveuglement ni faiblesse », a-t-il ajouté, « l'Europe ne peut s'offrir le luxe de vaines querelles, de petites disputes ou d'ajouter des crises internes aux tensions du monde qui nous affectent déjà ».

Au 5e jour de leur attaque, les forces turques et leurs alliés locaux ont avancé en profondeur en Syrie dimanche, semblant en passe d'achever la première phase de leur offensive contre les forces kurdes, lâchées par Washington qui a annoncé le retrait de près de 1 000 soldats du nord syrien. Les autorités kurdes ont annoncé la fuite de près de 800 proches de jihadistes de l'État islamique d'un camp de déplacés.

Source : AFP et Le Point International

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samedi 19 octobre 2019

Armée de terre : Un militaire de la DGSE tué par un tir accidentel à Cercottes

Selon des informations de France Info, un militaire de l’armée de Terre, âgé de 27 ans, a accidentellement perdu la vie lors d’un stage au Centre parachutiste d’entraînement spécialisé [CPES] de Cercottes [Loiret].

Le drame se serait produit le 7 octobre 2019. A priori, le jeune militaire, dont on ignore évidemment l’identité, aurait été victime d’un tir accidentel. « Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de cet accident », a précisé France Info. Il est probable qu’une enquête de commandement a été ouverte.

Le CPES de Cercottes est l’une des trois emprises utilisées par la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] pour la formation et l’entraînement des membres du Service Action [SA], les deux autres étant le Centre parachutiste d’instruction spécialisée [CPIS] de Perpignan et le Centre parachutiste d’entraînement aux opérations maritimes [CPEOM] de Quélern.

Les accidents lors de tels stages sont rares. Le dernier en date [ou connu] remonte au 30 mars 2009. Ce jour-là, deux militaires avaient été tués lors d’un exercice impliquant la pose d’explosifs sur un véhicule. Malheureusement, ils n’eurent pas le temps de se mettre à distance de sécurité au moment de l’explosion de la charge.

Pour le moment, s’il n’a pas encore publiquement réagi, le ministère des Armées a confirmé la mort de ce jeune militaire auprès de France Info.

Source : ZONE MILITAIRE


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mercredi 16 octobre 2019

Syrie - Offensive turque : Retrait des forces spéciales américaines... Macron réunit un conseil de défense...

Malgré la résistance que leur opposent les milices kurdes syriennes [YPG], et selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], les forces turques et leurs supplétifs syriens ont conquis la ville frontalière de Tal Abyad, au cinquième jour de l’opération « Source de paix », lancée justement après le retrait des forces spéciales américaines de cette localité, sur ordre du président Trump.

Ce dernier, estimant que le combat contre l’État islamique [EI ou Daesh] était terminé alors que des opérations des Forces démocratiques syriennes [FDS, alliance arabo-kurde] étaient encore en cours dans le secteur de Baghouz, avait annoncé le retrait de Syrie des forces américaines. Ce qui, à l’époque, avait donné lieu à une vive polémique et provoqué le départ de James Mattis, alors chef du Pentagone.

Pour autant, la portée de la décision de M. Trump avait été par la suite atténuée, dans la mesure où il était question, selon ses propres mots, d’un retrait devant se faire à un « rythme adapté » et de « façon prudente. »

Mais, désormais, il n’est plus question de prudence, alors même que, comme l’a souligné un récent rapport des Nations unies, l’EI « renforce les conditions propices à son éventuelle résurgence ». En outre, le Pentagone a estimé de son côté qu’un désengagement de la coalition de Syrie serait prématuré étant donné que les FDS n’ont pas encore les capacités suffisantes pour mener des opérations de contre-guérilla.

En effet, le chef du Pentagone, Mark Esper, a annoncé le retrait de jusqu’à 1.000 soldats américains actuellement présents dans le nord de la Syrie, « sur ordre » de Donald Trump.

« Nos forces peuvent se retrouver prises en étau entre deux armées opposées qui avancent et c’est une situation intenable », a justifié M. Espert, sur la chaîne de télévision CBS, ce 13 octobre.

« Dans les dernières 24 heures, nous avons appris que [les Turcs] ont probablement l’intention d’étendre leur offensive plus au sud que ce qui était prévu à l’origine et à l’ouest », a encore affirmé M. Esper. « Nous avons également appris dans les dernières 24 heures que […] les FDS cherchent à conclure un accord, si vous voulez, avec les Syriens et les Russes pour riposter contre les Turcs dans le Nord », a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient quelques heures après que le Pentagone a confirmé que des tirs d’artillerie turcs avaient eu lieu à proximité d’une base américaine située à Kobané, ville kurde qui, normalement, n’est pas concernée par l’opération « Source de paix ».

Ce retrait pose la question du maintien, sur place, des forces spéciales françaises [dont l’agence officielle turque Anadolu avait publié les emplacements qu’elles occupaient en mars 2018] et britanniques, qui appuient les Forces démocratiques syriennes face à l’État islamique.

D’après le quotidien The Times, il aurait été préalablement décidé que les commandos britanniques quitteraient le nord de la Syrie en cas de retrait américain. En revanche, on ignore ce que décidera Paris pour ses forces spéciales…

« L’offensive turque en Syrie est au cœur de nos préoccupations. […] Nous avons échangé avec les présidents Trump et Erdogan. Notre objectif est que cette offensive cesse. Cette offensive crée des situations humanitaires insoutenables et permet à Daesh de se renforcer », a fait valoir, en attendant, le président Macron, qui doit réunir, dans la soirée, un conseil restreint de défense.

Par ailleurs, et selon l’agence Sana, Damas se prépare à envoyer des troupes dans le nord de la Syrie afin de « contrer l’agression de la Turquie. » Mais elle n’a pas donné de détails sur le volume des forces qui seront mobilisées. « Toutes les options sont étudiées face à l’offensive turque, le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour affronter l’agression », a commenté un responsable kurde, sous le couvert de l’anonymat.

Source : Zone Militaire

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dimanche 13 octobre 2019

Armement : Le DOGO, un drone terrestre armé israélien, évalué par le 1er RPIMA...

Le 1er RPIMa pourrait prochainement déployer un nouvel « auxiliaire robotique » lors des délicates missions de libération d’otages ou de lutte contre le terrorisme, apprenait-on jeudi lors d’une visite ministérielle au 4e RHFS de Pau. Depuis l’an dernier, le régiment de Bayonne évalue en effet le robot terrestre DOGO conçu par l’Israélien General Robotics et dont l’originalité repose sur l’emport d’une solution létale.

Régiment « action » du Commandement des forces spéciales Terre (CFST), le 1er RPIMa maîtrise de nombreux domaines opérationnels, à commencer par la lutte contre le terrorisme et à la libération d’otages. Ces missions sont l’apanage des équipes CTLO (Contre-Terrorisme Libération d’Otages) dont l’action est soutenue par un éventail de systèmes robotiques dédiés à la reconnaissance, tel le minidrone aérien DJI Mavic Pro. Déterminantes mais « passives », ces solutions n’excluaient pour autant pas le scénario d’une intervention frontale potentiellement périlleuse pour les membres du 1er RPIMa. Dévoilé en 2016 par General Robotics, le drone DOGO représentait dès lors un compromis idéal entre reconnaissance et neutralisation, autorisant les opérateurs à rester à couvert durant pratiquement toutes les phases de l’intervention. Il a donc rapidement trouvé acquéreur, notamment en Asie et en France, où un unique exemplaire a été livré au 1er RPIMa à des fins d’évaluation.


Léger et rapide, le DOGO a, en l’apparence, tout d’un robot terrestre « classique ». Et pourtant, celui-ci cache des caractéristiques plutôt uniques dans ce segment. Il comprend premièrement une vision périphérique à 360°, assurée par les huit caméras installées sur l’avant de la plateforme et sur les deux bras rotatifs installés à l’arrière. Il est également doté d’un micro et d’un haut-parleur, permettant aux opérateurs d’écouter discrètement les conversations, voire d’entamer des négociations avec l’adversaire. Les données recueillies sont transmises via une connexion haut débit cryptée à la station de contrôle durcie Panasonic Toughpad FZ G1. Les deux bras mobiles lui permettent ensuite d’évoluer sur des terrains irréguliers et de monter sans grande difficulté une rangée d’escaliers. La portée théorique s’étend à 300 mètres, mais se réduit à « une cinquantaine de mètres » lors des scénarios étudiés par le 1e RPIMa, en raison de l’environnement confiné dans lequel évolue le drone.
 
Le drone DOGO acquis par le 1er RPIMa et sa station de contrôle

Au-delà de sa fonctionnalité de reconnaissance, partagée avec la quasi-totalité des drones du même type, le DOGO est une solution duale offrant plusieurs options « offensives » létale ou incapacitante. La version livrée au 1er RPIMa intègre ainsi une cartouche de gaz incapacitant CS fixée sur le rail Picatinny installé sur le capot, ainsi qu’un Glock 26 placé dans un compartiment escamotable et doté d’un système de visée laser intuitif. Grâce aux joysticks de la station de contrôle, l’opérateur peut désormais sélectionner la cible et déclencher le tir à distance. L’intérêt est des plus évidents: maintenir une capacité de réaction quasi immédiate sans passer par une phase d’assaut prompte à exposer l’équipe CTLO. Le DOGO se veut être « le prolongement de l’opérateur en milieu clos », résume l’un des militaires intégré au programme d’évaluation.

Inutile de fantasmer sur le scénario du « drone tueur incontrôlable » de type Terminator, le DOGO place d’emblée l’opérateur au centre de la boucle décisionnelle. « La capacité létale, c’est finalement la prolongation directe de l’opérateur. Celui-ci demeure en permanence quelques mètres derrière et garde un contrôle total sur l’engin », rassure notre interlocuteur. De fait, rien n’est automatisé et l’opérateur évalue constamment la situation via la caméra, détermine lui-même la cible via le désignateur laser et « ne délivre le coup que si cela s’avère nécessaire pour pouvoir après investir les lieux et libérer un otage ».

Après une année de tests, le DOGO se révèle « être une réelle plus-value pour nous pour ouvrir les angles et pour ne pas exposer les équipiers dans un combat très complexe, qui est celui du milieu clos », précise le 1er RPIMa. « Ce drone est particulièrement intéressant en cas de retranchement de l’adversaire, lorsqu’il est impossible de pénétrer dans la pièce pour le neutraliser », ajoute-t-il. La fonction tir notamment, uniquement testée sur cible afin de « symbioter » l’arme avec le système de visée, s’est jusqu’à présent révélée « satisfaisante ». La seule problématique resterait celle de l’élongation, les murs et autres obstacles étant susceptibles d’impacter la portée. Ce type de RETEX transite auprès de la cellule développement du 1er RPIMa, qui se charge ensuite de les transmettre à l’industriel afin qu’il puisse effectuer les éventuels ajustements.

Vidéo Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=CYMtX3E-Lgs


Source : Forces Operations Blog - Nathan Gain

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mercredi 9 octobre 2019

Armée de Terre : Renouer avec l’art de la ruse et les opérations de « déception » au combat

Quel est le point commun entre la guerre de Troie, la prise du château de Grand Fougeray par le connétable Bertrand du Guesclin , l’offensive « Bagration », menée par l’armée Rouge contre la Wehrmacht en 1944 et, à la même époque, le Débarquement en Normandie ? Eh bien toutes ces batailles ont le point commun d’avoir été remportées grâce au recours de stratagèmes entrant dans le champ de ce qu’on appelle des opérations de « déception ». C’est à dire, pour faire simple, à la ruse.

Du latin « Deceptere » [attraper, tromper, abuser], la déception est un « effet résultant de mesures visant à tromper l’adversaire en l’amenant à une fausse interprétation des attitudes amies en vue de l’inciter à réagir d’une manière préjudiciable à ses propres intérêts et de réduire ses capacités de riposte », selon le vocabulaire militaire.

En clair, il s’agit de planifier un ensemble d’actions coordonnées pour tromper le commandement adverse en vue de le faire réagir dans le sens que l’on souhaite. Et les opérations de déception reposent sur trois procédés pouvant être utilisés simultanément.

Le premier est la dissimulation, qui consiste à cacher ses moyens, ses actions et ses intentions aux yeux de l’adversaire en les camouflant [camouflage « classique », contre-mesures électroniques, écrans de fumée, utilisation d’artifices, fausses désignations d’unités] ou en réduisant ses capacités en matière de renseignement [brouillage électronique, destructions de ses capteurs, etc].

Le second procédé est l’intoxication. Cela passe par la diffusion de faux ordres et de rumeurs, l’utilisation d’agents doubles ou « retournés » pour faire passer des messages soigneusement sélectionnés à l’ennemi, la multiplication d’incidents pour donner un sentiment d’habitude chez l’adversaire avant de passer réellement à l’action ou encore le recours aux actions politico-diplomatiques.

Enfin, le troisième procédé est la simulation, qui fait appel au leurrage [fausses émissions radio, faux emplacements de combat, etc], aux manoeuvres de diversion et à la feinte.

Le Débarquement en Normandie est un modèle du genre, avec l’opération Fortitude, qui consista à faire croire à l’état-major allemand que les Alliés débarqueraient dans le Pas-de-Calais. Des unités fantômes furent créées en Angleterre et en Écosse, avec des faux véhicules et des avions en bois ou gonflables, une activité radio intense, des fuites contrôlées via les canaux diplomatiques des pays neutres, le recours à des agents doubles [voire à des agents alliés sacrifiés] ou encore à des bombardements intensifs sur les prétendues zones de débarquement.

Après la Seconde Guerre Mondiale, l’armée française eut recours à ce type d’opération. En Indochine, l’interception des communications du Viet-Minh permit de fabriquer de faux documents en vue de faire croire qu’il y avait des « taupes » dans l’entourage du général Giap et celui de Ho Chi Minh. Ce qui jeta le trouble [et la suspicion] chez l’adversaire, avec quelques « purges » à la clé [*].

Le même principe fut utilisé en Algérie, avec de fausses listes de prétendus « partisans » algériens de l’armée française établies en vue d’intoxiquer le commandement de l’Armée de libération nationale [ALN] et de provoquer des purges dans les rangs de cette dernière.

Par la suite, si l’Union soviétique continua de pratiquer la « maskirovka » avec un art consommé [ce que font encore, du reste, les forces russes actuellement], les armées occidentales négligèrent les opérations de déception par la suite. La fin de la Guerre froide et la supériorité technologique face à des adversaires aux capacités limitées renforcèrent ce désintérêt. Et de « mauvais procès » en « perfidie » intentés au recours à la ruse, pour simplifier, firent le reste.

Seulement, le contexte a changé : cette supériorité militaire technologique occidentale est désormais contestée [avec la prolifération des capacités dite « nivelantes » dont disposent des groupes non-étatiques, par exemple] et la « menace de la force » a fait son apparition en même temps que les politiques d’affirmation de puissance menées par des pays comme la Russie et la Chine.

Qui plus est, la collecte du renseignement a fait des progrès majeurs, avec des capteurs toujours plus nombreux, performants et accessibles associés à des capacités de traitement des informations susceptibles de donner des niveaux d’analyses jusqu’alors jamais atteints, grâce au big data et à l’intelligence artificielle. En un mot, tromper l’adversaire sera de plus en plus compliqué, à moins de pouvoir compter sur des technologies nouvelles en matière de dissimulation, de leurrage et de contre-renseignement.

Ainsi, par exemple, un essaim de drones pourrait simuler une fausse attaque ou saturer les défenses adverses. Et c’est sans oublier que le cyberespace offre un large de champ de manoeuvre pour les opérations d’intoxications. En tout cas, cela mérite réflexion. Et l’armée de Terre pourrait s’y employer, comme l’a sous-entendu le général Jean-Pierre Bosser, son chef d’état-major [CEMAT].

En effet, lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, le général Jean-Pierre Bosser a évoqué [très brièvement] les opérations de déception au moment d’aborder les discussions qu’il a eues avec ses homologues britannique et allemand au sujet de « l’action terrestre future ».

Selon le CEMAT, quatre questions ont dominé ces échanges : la guerre de haute intensité, la robotique militaire [soit la guerre à distance et/ou par procuration], le « soldat augmenté » et… la déception.

« Dans notre doctrine d’emploi, nous avons un peu oublié les actions de déception. Nous allons fêter demain le soixante-quinzième anniversaire du Débarquement [**]. Or, l’année du Débarquement, a été conduite une opération de déception exceptionnelle, dénommée Fortitude. Si pour nos amis britanniques, la déception est restée dans la doctrine, nous l’avons un peu évacuée. C’est dommage car la déception est une capacité majeure qui va du simple camouflage jusqu’à des manœuvres de grande ampleur », a ainsi affirmé le général Bosser.

Cela étant, en France, les opérations de déception semblent avoir retrouvé un certain intérêt depuis quelque temps. Certains chercheurs ont tenté de réhabiliter la ruse [comme Jean-Vincent Holeindre, avec son livre « La ruse et la force« , mis en avant par le ministère des Armées]. Et le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement [CDEC] de l’armée de Terre a publié plusieurs articles sur ce sujet.

Chercheur au sein du Laboratoire de Recherche sur la Défense [LRD] de l’Institut français des relations internationales [IFRI], le commandant Rémy Hemez a aussi publié une note remarquée, intitulée « Opérations de déception : repenser la ruse au XXIe siècle ». Et le prochain numéro de la revue DSI abordera cette question dans un dossier titré « La guerre des perceptions – Tromper l’ennemi pour vaincre ».

Source : Zone Militaire

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samedi 5 octobre 2019

Radicalisation : Attaque islamiste au couteau à la préfecture de police de Paris - Le parquet antiterroriste saisi de l’enquête !

Le 3 octobre 2019, muni d’un couteau de cuisine en céramique qu’il venait d’acheter le jour même, Mickaël H, un fonctionnaire de 45 ans originaire de la Martinique, affecté au service informatique de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris [DRPP], a tué deux policiers [le major Damien E., 50 ans et le gardien de la paix Anthony L., 39 ans] ainsi qu’un adjoint administratif [Brice L., 38 ans] et un agent du soutien opérationnel la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne [Aurélia T., 39 ans].

Puis il a blessé une employée des ressources humaines et un autre fonctionnaire avant d’être abattu par un jeune agent de police.

Selon les informations données par la presse, Mickaël H. travaillait au service informatique de la DRPP depuis 2003, en qualité d’adjoint administratif employé de catégorie C. Et il était jusqu’alors décrit comme étant un « fonctionnaire modèle ».

Il n’avait « jamais présenté de difficultés comportementales », a ainsi assuré Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. Ce qu’ont confirmé plusieurs syndicats de police. « Ça ressemble vraiment à un acte de folie », a commenté Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, auprès de France Info.

Seulement, l’hypothèse de l’acte de « folie » s’est dissipée au fil des investigations. Marié et père de deux enfants, Mickaël H., converti à l’islam, aurait entretenu des liens avec des personnes appartenant à la mouvance salafiste, a envoyé plusieurs SMS à son épouse [qui a été placée en garde à vue] accréditant la thèse d’un acte prémédité.

Aussi, au vu de ces éléments, le Parquet national antiterroriste [PNAT] s’est saisi de cette affaire. Et l’enquête a été reprise sous les qualifications « d’assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Reste que la présence d’un individu apparemment radicalisé au sein de la préfecture de police de Paris interroge. D’autant plus que la DRPP a notamment la mission de lutter « contre les extrémismes à potentialités violentes et le terrorisme, en particulier l’islamisme radical » et que les investigations qu’elle conduit « visent principalement à déjouer les projets d’attentats et à démanteler les filières d’acheminement des jeunes vers les zones de combat. Les recherches portent également sur le soutien logistique et financier que certains groupes ou individus sont susceptibles d’apporter à des structures terroristes et sur le prosélytisme en faveur du djihad exercé par certains. »

À ce titre, et comme l’a indiqué Didier Lallement, le préfet de police de Paris, Mickaël H était « habilité au secret défense » et il était « en règle avec les obligations inhérentes à ce type d’habilitations.

« Comment se fait-il que dans le cœur de la lutte antiterroriste, quelqu’un qui est radicalisé, n’a pas été détecté? » a demandé Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat de police Unité-SGP-FO.

Pourtant, la loi du 30 octobre 2017, dite SILT [Sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme] a modifié l’article L114-1 du Code de la sécurité intérieure afin d’autoriser des enquêtes administratives « en vue de s’assurer que le comportement des personnes physiques ou morales concernées n’est pas devenu incompatible avec les fonctions ou missions exercées. »

Le rapport des députés Éric Diard et Éric Poulliat, publié en juin dernier et intitulé « Les services publics face à la radicalisation« , donne quelques chiffres.

La détection des individus radicalisés se concentre d’abord sur le recrutement. Mais, notent les députés, « en raison d’une dissimulation toujours possible, il n’existe pas de garantie absolue qu’une personne radicalisée ne puisse pas être recrutée. »

En outre, ajoutent-ils, une « radicalisation peut intervenir postérieurement à l’entrée dans la police, en particulier à la suite d’une conversion. » Pour faire face à cette menace « post-recrutement », l’Inspection générale de la police nationale [IGPN] a mis en place, en 2016, une cellule spéciale chargée de surveiller les policiers soupçonnés de radicalisation.

« Une réunion trimestrielle rassemblant la DGSI, le Renseignement territorial, la direction de la formation de la Police nationale et l’IGPN permet d’évoquer les personnes sources de préoccupation. Ce sont généralement les services de renseignement qui alertent sur l’existence de signes de radicalisation [fréquentation d’une mosquée de tendance salafiste, par exemple] », explique le rapport parlementaire.

Ainsi, au niveau de la Police nationale, il y aurait eu 28 cas de radicalisation constatés parmi les 150.000 fonctionnaires de police.

« Ces cas de radicalisation concerneraient essentiellement des policiers de la sécurité publique, celle-ci comptant les effectifs les plus nombreux. Ils se répartiraient en quatre catégories : agents réputés en lien ou en contact avec des milieux islamistes radicalisés, agents ayant des pratiques religieuses ostentatoires, agents ayant des prises de position publiques ou manifestant un intérêt soutenu pour l’islamisme radical et agents dont le comportement se serait radicalisé », avance le rapport.

S’agissant de la préfecture de police de Paris, la DRPP, où travaillait donc Mickaël H. a recensé une quinzaine de cas, sur plus de 43.000 agents.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © Préfecture de police de Paris


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