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vendredi 3 mai 2019

Armement : Deux groupes industriels français fourniront 12 chasseurs de mines à la Belgique et aux Pays-Bas

Après avoir, dans la foulée de l’accord de partenariat stratégique conclu entre Paris et Canberra, signé le contrat de design pour les 12 futurs sous-marins Shorfin Barracuda destinés à la Royal Australian Navy, le constructeur naval français Naval Group, associé ECA Robotics, vient de remporter l’important marché portant sur le renouvellement des capacités de lutte anti-mines des forces navales belges et néerlandaises.

Lancé en 2016 sous la responsabilité de la Belgique, ce marché, pour lequel une enveloppe de 2 milliards d’euros était prévue, vise à remplacer les chasseurs de mines de type Tripartite [CMT, conçus à Lorient] qui, en service depuis plus de 30 ans au sein des forces navales belges et néerlandaises, arriveront en fin de vie en 2023.

Concrètement, le consortium emmené par Naval Group et ECA Robotics aura à livrer 12 chasseurs de mines à la Belgique et aux Pays-Bas mais surtout à imaginer ce que sera la guerre des mines de demain.

« La future capacité utilisera des systèmes non habités en surface, au-dessus du niveau de l’eau et sous l’eau afin de détecter puis neutraliser des mines. Grâce à cette nouvelle méthode de travail, le vaisseau-mère et son personnel pourront rester hors du champ de mines car seuls les drones y seront actifs », a ainsi résumé le ministère belge de la Défense.

"Belgique et Pays-Bas choisissent les industriels français Naval Group et ECA Robotics pour s'équiper de navires capables de détecter et détruire des mines (guerre des mines). Je m'en félicite et salue la coopération de trois pays actifs pour une Europe de la défense plus forte."

Deux autres concurrents étaient en lice pour ce marché, dont le néerlandais Damen, associé à l’allemand Atlas Elektronik et à Imtech België, ainsi que le français Thales [actionnaire de Naval Group à hauteur de 35%, ndlr] allié aux chantiers navals de Saint-Nazaire et à Socarenam.

Selon la presse d’outre-Quiévrain, le tandem Naval Group et ECA Robotics s’est imposé en faisant l’offre la moins-disante à 1,756 milliard d’euros tout en assurant qu’il y aurait des retombées pour les industriels belges et néerlandais. Ainsi, la production d’une cinquantaine de robots sous-marins devrait se faire à Zeebruges.

Quoi qu’il en soit, en obtenant ce marché visant à équiper des forces navales qui passent pour être parmi les plus performantes dans le domaine de la lutte anti-mines, Naval Group et ECA Robotics ont réussi un coup de maître.

En outre, dans le cadre de l’Otan, et avec 11 autres alliés, la Belgique et les Pays-Bas ont signé une lettre d’intention en vue de coopérer à la création de systèmes maritimes sans pilote, notamment en vue de réduire les coûts en réalisant des économies d’échelle. Et sur ce point, les deux industriels français sont sans doute désormais bien placés pour obtenir d’autres contrats à l’avenir.

« Les mines marines sont des armes relativement peu coûteuses et disponibles. Elles peuvent aisément empêcher l’accès aux ports et aux voies navigables. Un incident survenu sur l’Escaut ou dans la mer du Nord peut représenter une perte économique quotidienne de cinquante millions d’euros. Garantir la sécurité des voies navigables et des ports est donc crucial pour notre économie. Chaque semaine, nos navires sont engagés. Ils participent à des missions internationales », a par ailleurs fait valoir le ministère belge de la Défense, qui estime que ce contrat renforcera la position de la Belgique « au sein de l’Otan en tant qu’expert et pionnier dans le domaine ».

Source : Zone Militaire

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samedi 13 avril 2019

Armement : L’AirShark 765, « bateau volant » intéresse les forces spéciales françaises

Le SOFINS, salon des forces spéciales organisé tous les deux ans par le Cercle de l’Arbalète au camp de Souge [Gironde] est l’occasion pour les entreprises de présenter leurs dernières innovations susceptibles d’avoir une application concrète pour les opérations spéciales. Tel est le cas de la start-up SEAir.

En effet, cette entreprise, qui a déjà été distinguée par le Cercle de l’Arbalète en remportant le concours SOFLAB, a signé un partenariat avec Sillinger, le spécialiste du bateau pneumatique pliable et semi-rigide à usage militaire. Ce qui a donné lieu au « AirShark 765 », une embarcation pouvant s’élever d’une dizaine de centimètres au-dessus de l’eau, grâce à un système de foils rétractables.

Ce dispositif permet à l’AirShark 765 de stabiliser la gite et le roulis, d’évoluer à la vitesse maximale de 46 noeuds tout en consommant moins de carburant et de réduire les nuisances sonores.

« Les bateaux volants répondent à une véritable problématique de terrain rencontrée par les forces spéciales : diminuer la traumatologie des hommes et préserver le matériel embarqué grâce à la grande stabilité procurée par le vol d’un bateau 20cm au-dessus de l’eau. », fait valoir SEAir. Et d’ajouter : « Le système permet également d’augmenter la vitesse et l’efficacité dans les interventions [stabilité : précision du tir, discrétion : sillage et bruit moteur réduits, autonomie : rayon d’action augmenté grâce à une économie de carburant de 30%].

La mise au point de ce concept demande plusieurs compétences. Ainsi, explique SEAir, le « vol en bateau » nécessite de l’électronique embarquée [capteurs, centrale inertielle, actionneurs d’asservissement] ainsi qu’un boîtier de commande qui « permet une mobilité jusqu’à quatre axes : vertical haut/bas, longitudinal avant/arrière, rotation gauche/droite, pendule extérieur/intérieur. »

Pour fabriquer ses foils, l’entreprise a recours à l’impression 3D, laquelle est « au coeur de son ADN ». Grâce à ce procédé, elle produit des « pièces d’une géométrie complexes tant composites que carbones et bientôt métalliques ».

Pour rappel, les commandos Marine sont actuellement dotés d’embarcations commando à usage multiple embarquable [ECUME] NG, fournies par par Zodiac Milpro.

Source: Zone Militaire - Photo : Sillinger AirShark 765 par SEAir

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dimanche 7 avril 2019

Armement : La DGA commande des nano-drones Black Hornet 3 pour l’armée de Terre

« Pour ce qui est de la famille des petits drones, nous accusons un certain retard. Ainsi, dans le cadre de l’opération Barkhane, nous nous efforçons de doter nos unités élémentaires d’un petit appareil », confiait, l’an passé, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], lors d’une audition parlementaire.

D’où le programme DrOP [pour Drones Opérationnels de Poche], qui a fait l’objet d’un avis d’attribution de marché publié le 17 janvier. En effet, ce document indique que la Direction générale de l’armement [DGA] a notifié à FLIR Unmanned Aerial Systems un contrat d’une valeur de près de 77,4 millions d’euros [hors TVA]. Une somme qui comprend la livraison des nano-drones ainsi que les « prestations associées. »

Par la suite, FLIR a précisé, via un communiqué, que l’appareil choisi est le Black Hornet PRS, qui passe pour être le « plus petit système aérien sans pilote [UAS] au monde ».

Ce système a été développé par la société norvégienne Prox Dynamics, laquelle est devenue par la suite une filiale du groupe américain FLIR.

« Le FLIR Black Hornet PRS équipe le fantassin non spécialiste d’un outil de perception de la situation [SA] à la fois discret et immédiat. La technologie révolutionnaire EO [électro-optique] et IR [infrarouge] comble le fossé entre capteurs aériens et capteurs terrestres, offrant la même qualité de SA que les drones plus gros et les fonctions de localisation IED des UGV [drones terrestres, ndlr]. Extrêmement léger, quasiment silencieux, avec une autonomie de vol de 25 minutes, ce Black Hornet de poche éprouvé au combat transmet à l’opérateur des vidéos en direct et des images fixes HD », explique l’industriel sur son site Internet.

D’une masse de 1,3 kg et d’un format suffisamment compact pour qu’un fantassin puisse le transporter à la ceinture, ce système, composé de 2 drones, des batteries, un pad de pilotage et un écran de contrôle, est « facile à déployer » et ne demande pas une formation spécialisée pour l’utiliser. En outre, il est très discret, ce qui permet les « opérations à couvert ».

D’une masse de 18 grammes pour une longueur de 16 cm, le Black Hornet peut voler à une vitesse de 5 mètres par seconde à une altitude de 10 mètres.

« Nous sommes honorés de soutenir la mission des Forces armées françaises avec la fourniture du PRS Black Hornet et des services associés », s’est réjoui Jim Cannon, le patron de FLIR Systems.

La British Army a disposé de nano-drones Black Hornet pendant un temps avant de les retirer (momentanément?) du service. En 2013, il avait été rapporté par la BBC que le ministère britannique de la Défense [MoD] en avait commandé pour 31,3 millions de dollars à l’époque, ce qui correspondait à environ 160 exemplaires.

Source : Zone Militaire

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mardi 2 avril 2019

Mali : Une katiba jihadiste démantelée par des frappes aériennes françaises de Mirage 2000

Début janvier 2019, la force française Barkhane a démantelé un camp d’entraînement utilisé par un groupe jihadiste [la katiba de Serma], situé près de la frontière avec le Burkina Faso. Les renseignements recueillis à cette occasion permirent ensuite de planifier une autre opération dans la région de Dialoubé, située au sud-ouest de Tombouctou.

Ainsi, quelques jours plus tard, un raid aérien effectué par des Mirage 2000 et un avion de patrouille maritime Atlantique 2 [ATL], avec l’appui d’un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] MQ-9 Reaper, mit hors de combat une quinzaines de jihadistes qui, en relation avec la katiba de Serma, s’apprêtaient à attaquer une « emprise institutionnelle symbolique. »

Visiblement, ce groupe armé terroriste a de la ressource. En effet, selon le dernier compte-rendu des opérations publié par l’État-major des armées [EMA], de nouvelles frappes aériennes ont été réalisées par la force Barkhane dans cette même région de Dialoubé.

Ce raid a été décidé après qu’un groupe armé a été repéré lors d’une mission de reconnaissance aérienne, probablement assurée par un drone MQ-9 Reaper [l’EMA n’a donné aucun détail à ce sujet, ndlr].

Deux patrouilles de Mirage 2000 ont alors décollé de la base aérienne 101 de Niamey, ce 13 février, pour neutraliser ce groupe jihadiste, lequel est sans doute à l’origine de l’attaque commise contre un convoi de la gendarmerie malienne, entre Mopti et Dialoubé.

Ce dernier a en effet été la cible, la veille, d’une attaque à l’engin explosif improvisée, suivie de tirs nourris. « Le bilan est de trois morts », du côté des gendarmes, a précisé une source militaire malienne à l’AFP.

Quoi qu’il en soit, les frappes effectuées par les Mirage 2000, « en coordination avec les forces armées maliennes » [FAMa] ont permis de mettre « hors de combat plusieurs terroristes », a indiqué l’État-major, qui souligne que cela allait réduire « le niveau de menace dans cette région peu accessible du delta intérieur du Niger. Mais pour le moment, ce bilan n’est encore que provisoire puisqu’il est encore « en phase de consolidation ».

En outre, un MQ-9 Reaper a appuyé, comme il est d’usage, les Mirage 2000 lors de cette mission de frappe. Pour rappel, il est prévu que ces appareils soient armés, ce qui permettra de « réduire la boucle » entre la détection de la menace et la frappe visant à l’éliminer. Les premiers drones MALE doté de cette capacité devraient être livrés d’ici la fin de cette année.

Source : Zone Militaire


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dimanche 24 mars 2019

Tchad : Des frappes françaises détruisent des pick-up « hostiles » venus de Libye

En février 2019, l’État-major des armées [EMA] avait indiqué que, la veille, des Mirage 2000 engagés au titre de l’opération Barkhane avait effectué, dans le nord du Tchad et à la demande de N’Djamena, deux frappes pour stopper une colonne d’une quarantaine de véhicules considérés hostiles en provenance de Libye.

Et l’EMA d’ajouter que cette intervention des Mirage 2000, réalisée en coordination avec les forces armées tchadiennes, avait permis « d’entraver cette progression hostile et de disperser la colonne » qui « s’infiltrait profondément en territoire tchadien ».

« La colonne avait été repérée depuis au moins 48h. L’armée de l’air tchadienne avait déjà procédé à des frappes pour les stopper », avant de solliciter l’intervention française, a ensuite expliqué le colonel Patrik Steiger, le porte-parole de l’EMA, auprès de l’AFP. Les faits se sont exactement produits « entre le Tibesti et l’Ennedi », à 400 km à l’intérieur du territoire tchadien.

Plus tard, on a appris que cette colonne « hostile » était celle de l’Union des forces de résistance [UFR], un groupe rebelle tchadien, probablement contraint de quitter la Libye pour échapper à une offensive lancée par l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar.

À N’Djamena, le porte-parole de l’armée tchadienne, le colonel Azem Bermendoa Agouna, a assuré que la « colonne de mercenaires et terroristes » avait été « neutralisée et mise hors d’état de nuire par nos forces aériennes appuyées par les forces Barkhane. » Puis, a-t-il assuré, les « frontières tchadiennes sont sous contrôle et totalement sécurisées. »

Ce qu’a démenti Youssouf Hamid, le porte-parole de l’UFR. « On progresse toujours, on est prêt à [affronter] tout ce qui est devant nous, tout ce qui va se placer devant nous. On n’a pas peur des frappes aériennes françaises », a-t-il dit à l’AFP, après avoir dénoncé le « tournant dangereux pris par la France en s’impliquant militairement dans les « affaires internes » tchadiennes.

Visiblement, le « show of force » et les frappes des Mirage 2000 français n’auront pas été suffisants pour persuader les rebelles tchadiens de rebrousser chemin. D’où de nouvelles frappes effectués par l’aviation française.

« Partie de Libye, la colonne armée, forte initialement d’une cinquantaine de pick-up, n’a pas répondu aux avertissements dissuasifs et aux frappes des forces aériennes tchadiennes les 1er et 2 février puis des forces aériennes françaises le 3 février. Face à cette situation, les autorités tchadiennes et françaises ont décidé de nouvelles frappes, conduites par des Mirage 2000 les 5 et 6 février », a ainsi raconté l’EMA.

Prenant soin de souligner que les interventions des avions de l’armée de l’air ont été « conduites de façon proportionnée, graduée et précise » afin de « signifier à cette colonne la détermination des autorités tchadiennes et françaises à la voir stopper sa progression », l’EMA a indiqué que l’action des Mirage 2000, appuyés par un drone MQ-9 Reaper, a « permis au total de mettre hors de combat une vingtaine de pick-up. »

Pour Paris, qui n’a officiellement pas d’accord de défense avec N’Djamena [seulement un accord de coopération technique signé en 1976, ndlr], ces interventions sont justifiées par le fait que le « raid de cette colonne armée dans la profondeur du territoire tchadien était de nature à déstabiliser ce pays », dont les forces armées sont un partenaire « essentiel » de la France dans la lutte contre le terrorisme.

Source : Zone Militaire

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samedi 2 mars 2019

Mali : Une frappe française élimine une quinzaine de jihadistes dans la région de Mopti

Ces derniers jours ont été mouvementés au Mali. Après l’élimination de l’algérien Djamel Okacha [alias Yahia Abou al-Hamman], le numéro deux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], la mort de trois Casques bleus guinées près de Bamako lors d’une attaque attribuée à des « bandits » et un attentat ayant échoué contre le camp Boubacar Sada Sy, qui abrite les instructeurs militaires de l’EUTM Mali à Koulikoro, on apprend que la force française Barkhane a une nouvelle fois frappé la Katiba Macina, le 23 février 2019, dans la région de Mopti.

Comme cela fut le cas dix jours plus tôt au même endroit, une « manoeuvre de renseignement » a d’abord permis de repérer et d’identifier un rassemblement de jihadistes dans le secteur de Dialloubé [ou Dialoubé], situé au sud-ouest de Tombouctou. Puis, l’état-major de Barkhane a décidé d’intervenir, en envoyant une patrouille de Mirage 2000, appuyée par un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] MQ-9 Reaper sur les lieux de cette concentration de terroristes, appartenant à la Katiba Macina.

Résultat : la frappe aérienne effectuée par les avions de combat français a permis de mettre « hors de combat » une « quinzaine » de jihadistes, a indiqué, ce 25 février, l’État-major des armées. Ce dernier précise, comme la dernière fois, que cette opération a été conduite en coordination avec les Forces armées maliennes [FAMa].

« Ce nouveau succès, qui s’inscrit dans la continuité d’opérations menées dans cette même zone au cours des dernières semaines, cherche à réduire toujours plus le niveau de menace dans cette région peu accessible du delta intérieur du Niger », fait encore valoir l’EMA.

À noter que cette opération a été menée par Barkhane alors que le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre des Armées, Florence Parly, se trouvaient au Mali pour y rencontrer notamment les militaires français déployés à Gao.

« Soldats de Barkhane, vous obtenez des résultats opérationnels remarquables, décisifs. […] Vous êtes parvenus à détruire leurs moyens de combat, à intercepter leurs flux logistiques, à tarir leurs ressources. Nous devons le répéter : chaque jour, nos ennemis subissent des pertes importantes, ce qui réduit d’autant leur capacité de nuisance », a ainsi affirmé M. Philippe.

« De nombreux chefs et membres des différents groupes terroristes ont été mis hors de combat », a continué le Premier ministre, avant d’estimer que « si la menace djihadiste n’a pas disparu », elle « est désormais contenue, endiguée ». Ce qui fait que le « combat n’est pas terminé », a-t-il ajouté.

Quant aux frappes françaises effectuées également dans le secteur de Dialloubé, le 13 février dernier, les FAMa ont précisé plus tard qu’elles avaient éliminé « plus d’une dizaine de terroristes » de la katiba Macina et permis « la libération de deux otages de CARE-Mali ».

La force Barkhane tient particulièrement à l’oeil cette formation jihadiste, affiliée au GSIM. Son chef, Amadou Koufa, a en effet été éliminé en novembre dernier, lors d’une opération ayant mobilisé des moyens importants.

Source : Zone Militaire

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mardi 26 février 2019

France - Qatar : Un accord de « dialogue stratégique »

En froid avec l’Égypte et les monarchies sunnites du golfe arabo-persique, dont l’Arabie Saoudite, qui est par ailleurs actuellement sous le feu des critiques pour son rôle au Yémen ainsi que pour l’assassinat, en Turquie, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le Qatar cherche la moindre occasion pour rompre son isolement diplomatique. D’où, sans doute, sa frénésie d’achats d’équipements militaires que la nécessité d’assurer la sécurité de la prochaine coupe du monde de football, en 2022, ne suffit pas à expliquer.

Ainsi, après avoir pris livraison du premier des 36 avions Rafale qu’il a commandés, le Qatar a signé avec la France, ce 11 février, un accord de « dialogue stratégique », à l’occasion de la 19e visite à Doha du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

D’après les dirigeants qataris, cités par l’AFP, il s’agirait du « premier accord de ce type » signé entre l’émirat et un pays européen.

« Ce dialogue stratégique va fournir une plate-forme […] de coopération dans différents domaines entre les deux pays, y compris la sécurité régionale, l’énergie, l’économie et la culture », a expliqué le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, avant d’évoquer une « nouvelle phase » dans les relations entre Doha et Paris.

Source : Zone Militaire

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jeudi 7 février 2019

Peste porcine : L'armée engagée pour traquer les sangliers dans les Ardennes...

Le 25 janvier 2019, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé que l’armée serait mobilisée dans le cadre des mesures décidées pour éviter la propagation de la peste porcine africaine dans certains départements limitrophes de la Belgique, où plusieurs cas de sangliers malades ont été signalés.

L’enjeu étant de préserver les élevages porcins et le poids économiques qu’ils représentent, il a été décidé d’instaurer une « zone blanche de dépeuplement » d’une superficie de 141 km² et longeant les départements de la Meuse et des Ardennes. L’idée est d’y éliminer tous les sangliers susceptibles d’avoir été contaminés. Ce qui représente entre 500 et 600 hures.

L’annonce de M. Guillaume a pu prêter à sourire… certains imaginant des militaires traquer les sangliers avec des drones et des jumelles de vision nocturne, prêts à tirer avec leur HK-416FR et la Minimi. D’autres ont suggéré, non sans humour, qu’une telle opération pourrait s’appeler « Obélix »…

En réalité, le rôle de l’armée se limitera à un soutien logistique, avec notamment la mise à disposition des autorités sanitaires de camions pouvant transporter de gros volumes sur des terrains accidentés. « Des capacités qui s’avèrent nécessaires pour les opérations menées dans la zone concernée », explique l’État-major des Armées. Il s’agira surtout de transporter de « grandes cages-pièges ».

Par ailleurs, il est question de solliciter le 1er régiment de service militaire volontaire de Montigny-lès-Metz, dont la vocation est de permettre à des jeunes en échec scolaire de reprendre pied et d’avoir un avenir professionnel.

« Ces jeunes volontaires, encadrés par des militaires d’active, participeront au rabattage au profit des sociétés de chasse », indique l’EMA, avant de préciser qu’ils « Ils pourraient être engagés à partir du 31 janvier ».

Source : Zone Militaire

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mardi 5 février 2019

Armement : Barkhane – Déployé pour la première fois au Sahel, le Missile Moyenne Portée donne satisfaction

Comme annoncé au printemps 2018, la force Barkhane peut désormais compter sur une nouvelle arme : le Missile Moyenne Portée [MMP]. L’État-major des armées [EMA] en a fait l’annonce le 14 janvier 2019.

Ainsi, en décembre 2018, le MMP a été déployé pour la première fois lors d’une opération menée par le Groupement tactique Désert [GT-D] « Picardie », constitué autour du 1er Régiment d’Infanterie, dans la zone dite des trois frontières, car située aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Lancé en 2011 dans le cadre d’un contrat confié à MBDA, le MMP remplace les missiles MILAN, Javelin, HOT et ERYX. D’une très grande précision et ayant une portée supérieure à 4.000 mètres, ce système est doté d’une charge militaire polyvalente et d’un autodirecteur bi-bande visible/infrarouge non refroidi qui lui permet de viser des cibles ‘chaudes’ ou ‘froides’. Il peut donc être utilisé pour « traiter » des cibles différentes selon le mode choisi (anti-personnel, anti-véhicule, anti-infrastructures).

Pour choisir le mode correspondant à l’effet que l’on veut obtenir, il suffit simplement au tireur de cocher la bonne case en faisant défiler le menu déroulant du système.

Faisant appel à plusieurs technologies [charge multi-effets, liaison de données haute performance par fibre optique, traitement d’image, interfaces homme-machine], le MMP place « l’homme dans la boucle », c’est à dire que le tireur « voit » comme le missile et peut donc modifier sa trajectoire afin d’éviter toute méprise.

Grâce à ses fonctions, le MMP peut aussi être utilisé pour l’observation, que ce soit de jour comme de nuit. « Le mode ‘fusion’ détecte les sources de chaleur et nous permet par exemple de déceler un individu dissimulé derrière un bosquet ou un arbre », explique un sous-officier du GT-D « Picardie ». Et, toujours selon ce dernier, « le missile est équipé d’une caméra avec vision jour et nuit d’une qualité remarquable. »

Selon l’EMA, les capacités et les performances du MMP en font une « nouveau intéressante pour le théâtre d’opération qu’est la bande sahélo-saharienne alors que les flancs de certaines barres rocheuses peuvent servir d’abris aux membres des groupes armés terroristes. »

Pour rappel, la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 a revu à la hausse le nombre de MMP destinés à l’armée de Terre d’ici 2025, en le portant à 1.950 exemplaires (au lieu de 1.550). Ce système équipera aussi les Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar ainsi que, probablement, les drones tactiques Patroller.

Source : Zone Militaire - Photo : EMA

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mardi 29 janvier 2019

Armée de l'air : L’Agence de l’innovation de Défense lance un défi pour améliorer la sécurité des bases aériennes

Dans un rapport pour avis sur le « soutien et la politique de défense », publié en novembre 2016, et alors que le Plan Cuirasse avait été activé depuis les attentats de janvier 2015, il avait été fait état de 31 tentatives d’intrusion dans des enceintes militaires, soit cinq fois plus par rapport à l’année précédente.

Les tentatives d’intrusion dans une base aérienne font partie des menaces auxquelles les aviateurs doivent se préparer dans le cadre des exercices BASEX, organisés deux fois par an. Ainsi, à Luxeuil, en avril 2018, un scénario prévoyait une prise d’otage de personnels de la base aérienne 116, avec l’intervention du PSIG Sabre de la Gendarmerie nationale, avec coordination avec l’escadron de protection et avec la brigade de gendarmerie de l’Air.

La menace terroriste n’est pas la seule. Des intrusions peuvent aussi avoir pour objet le vol d’équipement, l’espionnage ou encore le sabotage. Aussi, afin d’améliorer la sécurité et la protection des bases aériennes, l’Agence de l’innovation de Défense [AID] vient de lancer un défi aux industriels, chercheurs, start-up et autres PME, avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA) et de l’armée de l’Air.

Ce défi s’adresse à ceux qui disposent [ou sont susceptibles de disposer] de solutions technologiques dans les domaines de la « surveillance par drone, des applications mobiles, de la biométrie, des systèmes de communication [phonie, transmission de données…], du traitement de l’image et de la vidéo, du Big Data, de l’intelligence artificielle, du design d’interfaces numériques centrées sur les usages, etc… ».

D’autres « briques technologiques » intéressent l’AID, notamment dans les domaines de « l’hypervision, de la fusion, du traitement, de l’analyse, d’aide à la prise de décision, de moyens de conduite d’opération de sécurisation, de la diffusion et du partage de données complexes structurées et non structurées [images, textes, données chiffrées, géolocalisées…].

L’objectif, est-il expliqué dans le dossier de présentation de ce défi appelé « Systèmes de Protection des bases aériennes » [ProDef], est de faire « émerger des solutions technologiques innovantes, pour les forces dans le cadre d’une démarche d’innovation ouverte, permettant d’améliorer l’efficacité et l’agilité du système de sécurisation d’une base aérienne, en utilisant des moyens mobiles déployables facilement. » Nul doute que cela intéressera également l’armée de Terre et la Marine nationale…

Visiblement, ceux qui auront relevé ce défi ne devront pas perdre de temps. Après la clôture des inscriptions [le 3 février], une journée de présentation sera organisée cinq jours plus tard, l’objectif étant de faire découvrir aux candidats la problématique de la protection des bases aériennes (environnement, géographie, contraintes, etc).

Puis les candidats auront jusqu’au 11 mars pour élaborer une proposition et la soumettre à l’AID. Enfin, deux semaines plus tard, un jury se réunira pour sélectionner les projets les plus pertinents.

> Pour s’inscrire : PRODEF: Défi de Protection Défense des bases aériennes

Source : Zone Militaire

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vendredi 4 janvier 2019

Emmanuel Macron : La construction d’un nouveau porte-avions n’est pas forcément garantie

Lors du dernier salon Euronaval, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le lancement des études relatives au futur porte-avions destiné à la Marine nationale, en précisant qu’elles devaient répondre à au moins trois questions à savoir les menaces que ce navire aura à affronter, les choix technologiques qu’il suppose et l’innovation qui devra l’accompagner tout au long de sa vie opérationnelle.

« Faisons de ce porte-avions, une véritable base avancée de notre marine. […] Nous devrons être réalistes mais ambitieux. Et grâce à ces études approfondies, imaginatives et rigoureuses, nous pourrons établir l’architecture de ce futur porte-avions et poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir en respectant les délais et les coûts », avait affirmé Mme Parly.

Ses propos ne laissaient guère de place au doute : la construction d’un nouveau porte-avions semblaient alors inscrite dans le marbre. Ou presque.

Seulement, lors de son intervention télévisée du 14 novembre, faite justement depuis le porte-avions Charles de Gaulle, le président Macron a laissé entendre que ce n’était pas forcément le cas.

« Dans ce lieu inouï [le Charles-de-Gaulle], le seul porte-avions européen à propulsion nucléaire, nous sommes les seuls au monde avec les Américains à disposer d’une telle technologie. […] C’est un joyau de notre armée, de notre technologie, de notre industrie de défense et de l’excellence des hommes et des femmes de notre armée », a déclaré M. Macron.

Après avoir abordé la question de l’autonomie stratégique européenne dans le domaine militaire, il a été demandé à M. Macron si la France allait « bâtir un ou deux autres porte-avions nucléaires » dans les années à venir.

« Il est trop tôt pour le dire », a répondu le président Macron. Évoquant les études en cours, dont les conclusions seront connues en 2020 (une «année charnière », a-t-il dit), il a ajouté que cela dépendra de l’évolution de la menace.

« Est-ce que c’est cet équipement qui est la meilleure réponse ou est-ce qu’il faut d’autres types de réponses?, a demandé le chef de l’Élysée. En outre, il faudra regarder l’évolution des technologies et voir aussi « comment évoluent nos partenaires ». Et donc, a-t-il continué, « c’est tout ce que nous sommes en train d’étudier ». Et d’ajouter : « Ce sont des tas de sujets stratégiques, techniques et opérationnels. »

Mais, a fait observer le président Macron, il y aura également un aspect budgétaire. « Un autre porte-avions comme celui-ci [le Charles-de-Gaulle], c’est 4 à 5 milliards d’euros. C’est aussi un coût. Donc, ce choix, on le fera en 2020 mais rien n’est exclu aujourd’hui. Ce choix sera conduit par un objectif : protéger la France et les Français » en permettant « à nos soldats d’avoir les meilleurs outils pour cela ». En un mot : «Être en capacité de répondre aux menaces du monde d’aujourd’hui et de demain ».

Si le porte-avions est un marqueur incontestable de la puissance d’une marine (et, par extension, de celle d’un État), il n’en reste pas moins que sa pertinence, telle qu’on la connaît actuellement, a été remise en cause par plusieurs rapports publiés récemment aux États-Unis par des centres de réflexion.

« Alors que la marine américaine jouit depuis longtemps d’une liberté d’action sur les océans du monde, son règne sans précédent est sur le point de s’achever. Au cours des dernières années, un certain nombre de pays, dont la Chine, la Russie et l’Iran, ont accéléré leurs investissements dans les capacités de déni et d’interdiction d’accès [A2/AD] avec des systèmes de défense anti-aérienne avancés, des missiles balistiques et de croisière anti-navires, des sous-marins et des porte-avions. Ces capacités vont probablement se multiplier dans les années à venir, imposant des contraintes plus grandes que jamais aux opérations des porte-avions américains », estimait ainsi, en 2016, le Center for a New American Security.

Ces capacités A2/AD vont ainsi obliger les porte-avions américains à opérer loin de leurs objectifs afin d’éviter de s’exposer à une telle menace. D’où d’ailleurs le développement du drone MQ-25 Stingray, destiné à ravitailler en vol les chasseurs-bombardiers embarqués.

Quant à la menace des missiles balistiques anti-navires, que la Chine est en train de développer avec le DF-21, elle suscite un certain scepticisme chez les spécialistes.

« Je n’ai pas d’éléments précis sur les missiles anti-navire chinois. J’en entends parler mais il me paraît difficile – je suis missilier balistique de formation – d’atteindre un bâtiment en mouvement avec un missile balistique. Mais pourquoi pas ? Les Chinois ont montré qu’ils étaient capables d’aveugler des satellites avec des lasers. Cependant, je me méfie », avait ainsi expliqué l’amiral Bernard Rogel, ex-chef d’état-major de la Marine nationale et actuellement chef d’état-major particulier du président Macron.

Et pour cause : un fois lancé, un missile balistique suit une trajectoire suborbitale pour ensuite se diriger vers une cible statique. Et, a priori, le DF-21 chinois, présenté comme étant un « tueur de porte-avions », n’a encore jamais touché un objectif en mouvement, ce qui relative beaucoup de chose. En revanche, tel n’est pas le cas des missiles hypervéloce (ou hypersonique), qui seront plus difficiles à repérer et à intercepter. La Russie en développerait un, à savoir le 3M22 Tsirkon.

Source : Zone Militaire

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jeudi 27 décembre 2018

France : Inquiétudes du chef d'état-major des armées sur nos capacités militaires

Malgré la hausse des moyens prévue par la loi de programmation militaire, les forces françaises seraient incapable de se lancer dans un conflit majeur, a assuré le général Lecointre lors d’une audition à l’Assemblée nationale.  

C'est tout le charme des auditions parlementaires à huis clos : on sait quand elles se déroulent, jamais quand le compte-rendu est rendu public. Le compte-rendu de l'audition du chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, pourtant effectuée le 18 octobre 2018 devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale, n'a ainsi été publié que ces derniers jours. Le contenu valait heureusement l'attente. Le général Lecointre est revenu sur ses propos de la précédente audition, en juillet dernier, qui avaient fait jaser le microcosme militaire. "A l'issue de la période de programmation militaire qui s'ouvre, assurait alors le CEMA, notre armée ne sera plus éreintée, sous-équipée, sous-dotée et sous-entraînée comme aujourd'hui. Mais elle restera une armée des "dividendes de la paix", une armée de temps de paix".

Trois mois après, le chef d'état-major des armées assure qu'il ne réemploierait pas le terme d'"armée de temps de paix". Mais si les termes évoluent un peu, le constat est le même : "Nous sommes une armée de temps de crise, mais pas de temps de grande conflictualité, résume le général Lecointre. Nous ne sommes pas en mesure, et nous n'avons pas de scénario prévoyant d'être engagés dans une guerre inter-étatique massive." Quelques lignes plus loin, le CEMA enfonce le clou. "Nous sommes attentifs à la brutalisation du monde, à ce qui peut se passer demain, mais aujourd'hui je n'ai pas de scénario qui permette de faire face à un conflit de masse."

Le redressement prendra du temps

Certes, la loi de programmation militaire, présentée comme une "LPM de reconquête" par le ministère des armées, est très positive, salue le général Lecointre. La LPM prévoit une hausse du budget de défense de 1,7 milliard d'euros par an jusqu'à 2022, et de 3 milliards d'euros par an de 2023 à 2025, pour atteindre 50 milliards d'euros en 2025, soit environ 2% du PIB. Mais le CEMA souligne que cette remontée en puissance financière mettra du temps pour donner ses pleins effets. "L'avantage que nous aurons, à la fin de l'exécution de la loi de programmation, sera d'être une armée reconstituée, ayant préservé une base industrielle et technologique de défense de très haut niveau et capable, si nécessaire – si des signes nous laissaient à penser que nous allions vers un conflit majeur –, d'effectuer un effort de montée en puissance majeure, indique le général Lecointre.  Mais, je le répète, nous n'en sommes pas là, nous n'imaginons pas aujourd'hui que cela puisse arriver."

Quelles forces doit pouvoir déployer la France en cas de conflit ? La loi de programmation militaire 2019-2025, votée en juillet dernier, définit, dans son rapport annexé, un "contrat opérationnel" pour les armées, qu'elles doivent être capables d'honorer à l'horizon 2030. Dans le cas d'une opération de "coercition majeure", l'armée devra pouvoir déployer "jusqu'à 2 brigades interarmes représentant environ 15 000 hommes des forces terrestres", qui doivent pouvoir mettre en œuvre 140 chars Leclerc, 130 blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, 800 véhicules de combat d'infanterie, 64 hélicoptères et 48 canons Caesar.

Force de réaction immédiate

L'armée de l'air doit être en mesure de déployer 45 avions de chasse, 9 avions de transport stratégique et de ravitaillement, 16 avions de transport tactique, 4 systèmes de drones armés, jusqu'à 4 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR), avec deux à trois bases aériennes projetées comme la base H5 de Jordanie utilisée actuellement pour l'opération Chammal au Levant. La marine, elle, doit pouvoir déployer une force navale composée du porte-avions avec son groupe aérien, ainsi que 2 bâtiments de projection et de commandement, jusqu'à 8 frégates, 2 sous-marins nucléaires d'attaque de type Barracuda, 5 avions de patrouille maritime et des moyens de guerre des mines et de ravitaillement à la mer.

Parallèlement, pour faire face à une opération urgente, la LPM prévoit une force interarmées de réaction immédiate (FIRI) de 2 300 hommes projetables sur très court préavis. Cette force, dotée de blindés, hélicoptères, d'une dizaine d'avions de chasse et de tous les moyens de soutien nécessaires, doit être projetable à 3 000 km dans un délai de 7 jours. Avant ce délai, la France doit être capable d'effectuer des frappes en profondeur par des moyens aériens et navals. La FIRI doit pouvoir être renforcée à hauteur de 5 000 hommes sous 30 jours, équipés de moyens complémentaires,  dont des systèmes de missiles sol-air SAMP/T et des drones de surveillance.

Dépendance américaine

Si ces moyens peuvent paraître impressionnants sur le papier, ils ne suffiraient pas pour un conflit majeur, un scénario qu'il serait bien imprudent d'exclure totalement. En juillet dernier, le général Lecointre soulignait ainsi que la "LPM ne nous permettra pas d'être une armée susceptible d'être engagée seule dans un conflit majeur en Europe centrale, par exemple". Une telle intervention, soulignait-il, ne serait possible que "dans le cadre de l'Otan et avec un soutien massif des États-Unis."

Source : Vincent Lamigeon

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mardi 27 novembre 2018

Nord Mali : Un raid héliporté de la force française Barkhane neutralise un groupe jihadiste

Il y a environ un mois, à Ndaki, localité située à 200 km environ au sud-ouest de Gao, dans la région du Gourma, deux sections des Forces armées maliennes [FAMa] avaient été sérieusement accrochées par un groupe armé terroriste [GAT], ce qui avait obligé la force française Barkhane à intervenir en engageant des hélicoptères d’attaque Tigre, des Mirage 2000 et deux groupes de commandos de Montagne.

Au regard de l’intensité des combats, il avait été envisagé que les soldats maliens venaient de tomber sur un important camp jihadiste ou qu’un chef de premier plan se trouvait parmi ce GAT.

Cette affaire a-t-elle un lien avec l’opération qu’ont menée les militaires français dans la nuit du 11 au 12 novembre ? En effet, un groupe de jihadistes a été repéré et identifié comme tel dans la région du Gourma. Ce qui a déclenché un raid héliporté, appuyé par un drone MQ-9 Reaper.

Selon l’État-major des armées, créée en 2014, les jihadistes visés étaient ceux de la « katiba du Gourma » [ou katiba 3-Alpha], qui fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM pour Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn], lui-même affilié à al-Qaïda. Cette katiba « privilégie l’affrontement indirect en ayant recours au piégeage ou au minage des axes de communication », explique-t-il.

Aux tirs de sommation effectués par les militaires français, les jihadistes ont « violemment répliqué avec des armes légères et collectives ». Ce qui a donné lieu à une riposte qui ne leur a laissé aucune chance : 7 d’entre eux ont ainsi été « neutralisés », dont très probablement leur chef, Almansour Ag Alkassam. La mort de ce dernier a été annoncée via les réseaux sociaux par des messages de condoléances émis par la mouvance jihadiste.

« La neutralisation probable du chef de la katiba du Gourma est un nouveau coup sévère porté aux groupes terroristes de la région et en particulier au GSIM », estime-t-on à l’État-major des armées, pour qui « cette action illustre la détermination des forces françaises à appuyer les pays de la région dans leur lutte contre ces groupes terroristes. »

Par ailleurs, les militaires français ont mis la main sur des armes lourdes et légères, des composants servant à la fabrication d’engins explosifs improvisés [IED] ainsi que sur des moyens de communication qui seront exploités par le renseignement.

Depuis le début de cette année, la force Barkhane (avec la Task Force Sabre armée par les forces spéciales) a neutralisé plus de 130 jihadistes dans la bande sahélo-saharienne. Le groupe Ansar Dine (lié au GSIM) et l’État islamique au grand Sahara [EIGS] ont été particulièrement visés.

Source : Zone Militaire - Photo : Archive EMA


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jeudi 25 octobre 2018

Etat islamique : Les États-Unis vont augmenter leur contribution à la force anti-jihadiste

Tentative d'implantation de l’État islamique : au Sahel-Sahara
Les États-Unis vont augmenter leur contribution à la force anti-jihadiste

À l’origine, la France souhaitait placer la Force conjointe du G5 Sahel sous un mandat des Nations unies afin de faciliter son financement et, donc, son déploiement. Seulement, les États-Unis s’y opposèrent et les diplomates durent revoir leur copie. Au plus obtinrent-ils, en décembre 2017, un soutien logistique de la part de la Mission de l’ONU au Mali [MINUSMA].

Cela étant, quelques semaines plus tôt, et alors qu’il manquait 423 millions d’euros pour lancer cette force anti-jihadiste commune au Mali, au Tchad, au Niger, au Burkina Faso et à la Mauritanie, les États-Unis annoncèrent leur intention d’accorder à cette dernière une enveloppe de 60 millions de dollars. À l’époque, quatre membres des forces spéciales américaines venaient d’être tués lors d’une embuscade tendue au Niger par une katiba de l’État islamique au Grand Sahara [EIGS].

Depuis, les fonds promis à cette force conjointe lors de deux conférences de donateurs ont toujours du mal à être débloqués… Ce qui fait qu’elle n’a toujours pas été déclarée opérationnelle et que la situation se dégrade dans certains secteur, comme dans le nord du Burkina Faso.

Mais, visiblement, la ministre française des Armées, Florence Parly, a obtenu des assurances de la part de son homologue américain, James Mattis, avec lequel elle s’est entretenu ce 2 octobre, à Paris.

Ainsi, selon Mme Parly, le chef du Pentagone lui aurait donné l’assurance que « l’aide que les États-Unis ont l’intention d’apporter à la force conjointe G5 Sahel serait très significativement augmentée par rapport à ce qui avait été initialement prévu ».

« Nous sommes persuadés que l’amélioration des conditions de sécurité dans la région passe d’abord par la capacité de ces États à restaurer eux-mêmes cette sécurité […] ce qui suppose aussi que la force conjointe du G5 Sahel puisse devenir opérationnelle, qu’elle soit équipée » et « c’est à cet effet que les États-Unis ont, je le crois monsieur le ministre, décidé de renforcer leur soutien et leur aide financière », a-t-elle ajouté sans plus de précision sur la nature et le niveau de cette aide.

Quoi qu’il en soit, M. Mattis a confirmé que la force française Barkhane continuerait à bénéficier d’un soutien américain [notamment dans les domaines du ravitaillement en vol et du renseignement, ndlr]. Un soutien « précieux », a souligné Mme Parly. « Ce sont grâce à ces gestes, grâce à cette cohésion, aussi, que le terrorisme sait qu’il n’aura aucun répit et que nous sommes déterminés à le terrasser », a-t-elle insisté.

« Nous soutenons les efforts conduits par la France auprès des troupes africaines et nous n’avons aucune intention de réduire ce soutien », a ainsi affirmé le secrétaire américain à la Défense.

Pour rappel, les forces américaines disposent de bases dans la bande sahélo-saharienne, en particulier au Niger, d’où elles mettent en œuvre des drones Reaper potentiellement armés. En outre, d’après le New York Times, la CIA serait également présente sur la base nigérienne de Dirkou, d’où elle mènerait des missions de surveillance et de renseignement en Libye.

Par ailleurs, M. Mattis a également affirmé que les États-Unis « ont démontré qu’ils continuaient à faire preuve d’une détermination inébranlable dans leur engagement dans l’Alliance atlantique », alors que le président Trump ne ménage pas ses critiques à l’endroit de cette dernière. En cause : les dépenses militaires de certains des pays membres, qu’il juge trop faibles.

Mais, ajouté le chef du Pentagone, à l’issue d’un entretien avec le président Macron, « les actes parlent plus fort que les mots. »

« L’Otan est le fondement de notre défense collective. Les État-Unis font du partage du fardeau une priorité, c’est aussi une priorité française. Il en va d’un meilleur fonctionnement pour toute l’Alliance atlantique », a rappelé Mme Parly, pour qui « l’Europe n’est pas une partie du problème, l’Europe est une partie de la solution ».

Source : Zone Militaire


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jeudi 9 août 2018

Logistique : Le NATAC de VOLIRIS, un nouveau moyen de transport militaire alternatif

Il n’est pas rare de voir un bataillon logistique parcourir plus de 500.000 km pour acheminer environ 3.000 tonnes de fret et près de 2.000 mètres cubes de carburant aux différentes emprises occupées par la force Barkhane au Sahel lors d’un mandat.

Chaque convoi mobilise une soixantaine de véhicules (et 200 militaires), le tout dans un environnement hostile, avec un climat éprouvant pour la mécanique et les hommes, un terrain difficile qui exige des conducteurs une certaine dextérité et une menace permanente d’une embuscade ou d’une attaque à l’engin explosif improvisé. En outre, la progression peut être lente : il faut parfois 48 heures pour ne faire seulement qu’une centaine de kilomètres.

Pour le moment, une alternative repose sur la Livraison par air (LPA), qui permet de ravitailler plus rapidement des bases avancées difficiles d’accès, tout en s’affranchissant des menaces d’attaque. Seulement, il faut jongler avec la disponibilité des avions de transport tactique, ce qui n’est pas toujours évident.

Lors de la journée de la Logistique, qu’il a organisée cette semaine, le Commandement logistique des forces [COM LOG] de l’armée de Terre s’est intéressé à de nouveaux moyens de transport alternatifs. « La logistique de ne s’interdit rien. […] Les dirigeables et autres navettes aériennes pourraient être une extension du transport logistique de surface et apporter des solutions dans les endroits très difficiles d’accès », a-t-il avancé sur sa page Facebook.

Trois moyens innovants ont, semble-t-il, retenu plus particulièrement son attention. Le premier est un concept de navette aérienne de transport automatique de containers (NATAC), développé par l’entreprise française Voliris.

Combinant les capacités d’un dirigeable et d’un drone, le NATAC peut transporter 30 tonnes de fret jusqu’à 500 kilomètres. Cet appareil peut être mis en oeuvre sur des pistes sommaires d’environ 800 mètres (pour le décollage comme pour l’atterrissage) et ne nécessite que d’un seul opérateur au sol. L’engin peut faire des allers-retours en mode automatique. Pour son développement, Voliris compte la Direction générale de l’armement [DGA] et l’ONERA parmi ses partenaires industriels.

Dans la même veine, le COMLOG a également évoqué le drone cargo logistique que développe GRIFF Aviation, dans le cadre d’un projet lancé par le Centre de recherche norvégien Norut. « La logistique au contact de demain pourrait passer en partie par ce type de drone pour servir de moyen d’évacuation rapide de blessés par exemple », a-t-il souligné.

Enfin, le COMLOG songe également aux convois terrestres automatisés, comme d’ailleurs l’US Army qui, à cette fin, mène le programme AMAS (Army and Marine Corps’ Autonomous Mobility Appliqué System). Une solution dans ce domaine a été présentée par Rheinmetall Man Military Vehicle, qui développe le concept « Platooning ».

Ce dernier vise à faire circuler en file indienne plusieurs camions autonomes (grâce à l’intelligence artificielle et à des capteurs de type LIDAR) et reliés entre eux par une liaison radio. Seul le véhicule de tête serait conduit par un équipage.

« Bien sûr, tout n’est pas transposable en l’état pour une application en logistique militaire. Cependant, certains concepts ou technologies doivent être suivis afin d’étudier une transposition possible sur les systèmes d’arme logistiques futurs correspondant à nos besoins », a conclu le COMLOG.

Source : Zone Militaire - Photo : NATAC (c) Voliris

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