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lundi 18 juin 2018

Secret-défense ! Les échecs de missiles français tirés en Syrie... Bug ou piratage ?

Syrie : enquête sur les ratés des missiles français

Des missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis bombardent la Syrie. Mais plusieurs missiles français ne partent pas à cause de défaillances. L’État se retranche derrière le secret-défense pour ne pas fournir d’explications.

"Tous les missiles français sont parvenus à leur objectif". Le 14 avril 2018, Florence Parly, la ministre des Armées, annonce que les frappes visant la Syrie qui viennent d’être conduites par la France et ses deux alliés, sont un succès. Une affirmation pourtant partielle, qui cache une réalité moins "glorieuse" pour la Défense française : quatre missiles sur les seize prévus n'ont finalement pas été tirés. Que s’est-il donc passé ce jour-là ?

Une opération coordonnée

Ces missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad, après l'attaque chimique commise une semaine plus tôt, le 7 avril, à Douma, que la France et ses alliés attribuent au régime de Damas. Paris, Washington et Londres décident de frapper militairement des sites de fabrication et de stockage d’armes chimiques en Syrie. Plusieurs cibles sont prévues : l’une en banlieue de Damas, visée par les britanniques et les américains, et deux autres dans le centre du pays, près de Homs, sur lesquelles vont intervenir les Français. Le 14 avril, à 3h du matin, le président américain Donald Trump annonce les frappes.

Un scénario simple qui s'enraye

Dans ce dispositif commun, l'action de la France se décompose en deux volets : l’un aérien et l’autre maritime. Côté air, onze avions de combat dont cinq Rafales sont prévus, ces derniers transportant chacun deux missiles Scalp. Côté mer, trois frégates multi-missions (FREMM) sont déployées en Méditerranée, toutes équipées pour la première fois de missiles de croisière navale (MdCN, d'une portée de 1 000 km).

Mais lors de l'opération, tout ne se passe pas comme prévu. Le 17 avril, le site La lettre A révèle que les frégates ont connu plusieurs aléas techniques. "La première frégate a fait face à un bug informatique et n'a pas pu tirer, confirme Jean-Marc Tanguy, grand reporter au magazine RAIDS. Sur la deuxième, les missiles font long feu et ne partent pas." Les commandants décident alors de recourir à la troisième frégate de secours. "C'est elle qui se charge de tirer les trois missiles MdCN, les seuls qu'elle détient à bord", poursuit le journaliste.

Cette opération militaire se déroule dans un laps de temps très court, avec un créneau de tir de seulement quelques minutes. Impossible donc pour les deux premières frégates de retenter leur chance. Résultat : au lieu des huit missiles prévus, seuls trois sont effectivement tirés.

Un des avions Rafale a lui aussi a connu des ratés. Un des dix missiles Scalp n'a pas donné toutes les garanties nécessaires à son lancement. "Quand l'ordre est donné de frapper, le missile fait lui-même ses vérifications grâce à son intelligence artificielle intégrée, explique un militaire qui préfère rester anonyme. Si tout va bien, les feux sont au vert, mais là ça n'a pas été le cas. En raison du temps très court pour mener à bien la mission, les pilotes ont préféré désactiver la charge et larguer le missile en pleine mer."

Bug ou piratage ?

Comment les autorités expliquent-elles ces bugs à répétition ? La ministre des Armées Florence Parly invoque le secret-défense sur cette opération militaire. "Nous n'avons pas l'habitude de commenter ce que nous faisons, se défend la ministre. Ce sont des informations classifiées." Pas question pour l'armée de donner des informations à l’adversaire. Malgré nos sollicitations, ni la Marine nationale, ni Naval group (l’industriel français qui construit les frégates), ni MBDA (leader européen de la fabrication de missiles) n'ont donné suite à nos demandes d'interviews.

Difficile dans ce contexte de pouvoir apporter une réponse précise sur ce qui s'est réellement passé cette nuit-là. Mais plusieurs sont évoquées pour tenter de d'expliquer ces ratés.

Les nouveaux missiles MdCN ont-ils suffisamment été testés ?

"Il n'y a eu qu'un seul test officiel effectué pour ces missiles, relève Vincent Groizeleau rédacteur en chef du magazine Mer et Marine. Ce n'est peut-être pas assez, mais cet essai a très bien fonctionné". Généralement, plusieurs essais sont réalisés avant la mise en service opérationnelle. "On a considéré que ce système était valide, constate le journaliste. L'armée a décidé qu'il n'y avait pas besoin de faire d'autres tests."

Ces bugs à répétition ont-ils été causés par un piratage russe ? "Dans la zone où sont positionnées les frégates françaises, la présence de sous-marins russes a été relevée, affirme un parlementaire membre de la commission de la Défense nationale. Les russes semblent avoir retrouvé d'importantes capacités militaires." De là à penser qu'il y a pu avoir piratage ? "C'est une question pour l'heure sans réponse."

D’autres experts considèrent que cette hypothèse ne tient pas la route. "Cela me parait peu probable, explique le chercheur Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales. Les systèmes de tirs de ces frégates ne communiquent pas avec l'extérieur. Un sous-marin peut faire des écoutes, ou tenter de gêner le déploiement des bateaux, mais en l'occurrence les russes préfèrent rester discrets plutôt que dévoiler leurs positions et risquer de ne plus pouvoir remplir leurs missions."

Conséquences commerciales et industrielles

L’hypothèse la plus probable reste donc un problème technique. Mais en continuant d'invoquer le secret-défense, le ministère des Armées ne protègerait-t-il pas les intérêts des industriels qui fabriquent ces missiles ?

Dans cette histoire, l’enjeu est de taille pour ces derniers. Un missile MdCN coûte environ un million d’euros pièce. La France en a commandé 150 à l'entreprise MBDA, et compte potentiellement en vendre à l’étranger, mais ce type d’incident technique peut avoir des conséquences commerciales sérieuses. "La crédibilité technique et opérationnelle d'un système est importante pour convaincre des acheteurs potentiels, estime le chercheur Corentin Brustlein. On l'a vu au moment de la mise en service du Rafale, les nombreux tests effectués à l'époque ayant permis de démontrer sa valeur stratégique." Une raison qui pourrait expliquer la réticence de l'État français à communiquer autour des résultats des tirs de missiles en Syrie.

Est-ce pour autant un bon calcul de taire ces éventuels dysfonctionnements ? "Il va falloir donner une réponse, sinon l'arme risque de ne pas être déployée, prévient Jean-Marc Tanguy, du magazine Raid. Une arme qui n'est pas fiable ne peut pas être utilisée, ce qui serait une mauvaise affaire pour la défense française." Un sujet d'autant plus sensible qu'il n'y a déjà que peu de clients susceptibles d'investir dans l'achat de ces missiles.

Le secret-défense est-il pour autant nécessaire dans cette affaire ?

"Il y a des opérations qui doivent rester secrètes, comme lorsque les soldats risquent leur vie, affirme Jacques Gautier, ancien vice-président Les Républicains de la commission de Défense du Sénat. Mais lorsqu'une opération est achevée et que des dysfonctionnements sont constatés, il vaut mieux être les premiers à réagir, plutôt que d'attendre que les journalistes fassent des hypothèses. Le ministère doit réfléchir en amont à sa communication."

La ministre des Armées Florence Parly est attendue le 27 juin 2018 pour s'expliquer devant la commission à l’Assemblée nationale. Et selon nos informations, les industriels et militaires doivent quant à eux rendre un rapport exhaustif cet été sur ce qu’il s’est vraiment passé. Un rapport qui sera sans doute lui aussi classé secret-défense.

Source : francetvinfo.fr - Cellule investigation de franceinfo, Nathalie Hernandez - Radio France

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samedi 16 juin 2018

MINERVE : Sécurité du territoire national, synergie entre Armée de Terre et Gendarmerie

En avril 2016, une compagnie du 7e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) fut sollicitée pour participer à une expérimentation qui, appelée «Minerve», visait à voir comment un groupe de combat d’infanterie pouvait appuyer les gendarmes pour des missions de contrôle du territoire, dans le cadre de l’opération intérieure Sentinelle.

À l’époque, le directeur général de la Gendarmerie nationale, qui était le général Denis Favier, avait expliqué que les armées, « avec leur savoir-faire et leurs moyens » pouvaient « apporter une plus-value » pour le contrôle des flux et des frontières.

Au-delà de l’opération Sentinelle, l’armée de Terre et la gendarmerie coopèrent étroitement en Guyane, dans le cadre de la mission Harpie, menée contre l’orpaillage clandestin.

Mais il est question d’aller plus loin. Ainsi, le 22 mai 2018, un accord de coopération a été signé pour renforcer « les synergies » entre l’armée de Terre et la Gendarmerie nationale.

En discussion depuis l’été 2017, cet accord comprend quatre axes, dont la « connaissance mutuelle, la formation, l’entraînement et le binômage d’unités ». En outre, il s’agit de « renforcer l’interopérabilité et l’efficacité opérationnelle dans le cadre des opérations conjointes sur le territoire national. »

Par ailleurs, l’armée de Terre et la Gendarmerie ont terminé la rédaction d’un mémento de procédures tactiques d’actions conjointes. Ce document doit notamment « stimuler » les initiatives en matière de « réflexion opérationnelle, de formation et d’entraînement » au niveau des échelons tactiques. 

Source : Zone Militaire

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mardi 12 juin 2018

Syrie : Task Force WAGRAM - Les artilleurs français dans l’offensive contre l’EI...

Depuis le 1er mai2018, et avec l’appui de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis [Inherent Resolve, ndlr], les Forces démocratiques syriennes [FDS], une alliance formée par les milices kurdes syriennes et des groupes arabes armés, mène l’opération « Roundup » qui vise à réduire les dernières positions tenues par l’État islamique [EI ou Daesh] dans l’est de la Syrie, plus précisément dans la moyenne vallée de l’Euphrate [MERV].

En outre, cette opération se fait en coordination avec les Forces de sécurité irakiennes (FSI), positionnées en « interdiction » de l’autre côté de la frontière.

En deux semaines, les FDS ont ainsi repris 30 km2 de terrain à l’EI. Et, il y a quelques jours, elles ont chassé les jihadistes de la localité de Baghuz, située au sud-est de celle d’Abou Kamal, sur la rive orientale de l’Euphrate.

Les artilleurs français de la Task Force [TF] Wagram, dotée de quatre CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] sont visiblement très impliqués dans l’opération Roundup. L’État-major des armées (EMA) n’a pas précisé leur localisation précise, si ce n’est qu’ils opèrent dans les environs d’al-Qaïm, localité située en territoire irakien, à environ 40 km au sud de Baghuz.

Entre le 1er et le 22 mai, la TF Wagram a ainsi effectué 84 missions de tirs en appui des FDS, dont 34 lors des 7 derniers jours. Dans son compte-rendu hebdomadaire des opérations, l’EMA ne précise pas la nature de ces missions, qui peuvent être d’interdiction, de destruction ou d’éclairement.

Si l’on se fie au nombre moyen de tirs par mission (6,7), l’on peut avancer que les CAESAr français ont au minimum fait feu à 560 reprises depuis le début de ce mois.

Les artilleurs de la TF Wagram ne sont pas les seuls à prendre part à l’opération Roundup étant donné qu’ils opèrent aux côtés d’une unité d’artillerie de l’US Marine Corps.

Comme la bande de Baghuz a été reprise à Daesh par les FDS, l’activité des artilleurs français pourrait baisser d’intensité dans les prochains jours. En effet, le prochain objectif de l’opération Roundup est désormais la localité de d’Hajin, située à une cinquantaine de kilomètres d’al-Qaïm. Or, leur portée étant de 37 km, les CAESAr ne devraient pas être concernés, sauf à les redéployer au plus près de la frontière irako-syrienne.

A priori, de nombreux cadres de l’EI seraient présents à Hajin, ville encerclée par les FDS. Des F-16 irakiens y ont effectué un nouveau raid, ce 25 mai, contre, selon Bagdad, un « QG de dirigeants » de Daesh ainsi que sur un « dépôt d’explosifs ». Ce raid irakien est le troisième à avoir été mené en un mois.

Par ailleurs, toujours dans le cadre de l’opération Chammal, les avions français (Rafale, Atlantique 2 et Transall C-160 Gabriel, dont une photographie a été diffusée par la page Twitter d’Inherent Resolve) ont assuré 12 sorties entre le 16 et le 22 mai, en appui des FDS. Aucune frappe n’a été réalisée.

Contrairement aux artilleurs, les aviateurs français semblent moins sollicités. Cependant, dans la nuit du 14 au 15 mai, deux Rafale de la base H5 [Jordanie] ont détruit un « bâtiment logistique » de Daesh dans le cadre d’une frappe « planifiée ».

Source : Zone Militaire

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samedi 9 juin 2018

Troupes de montagne : Quatre chasseurs alpins escaladent la tour de la Part-Dieu à Lyon...

Pour fêter les 130 ans de la création des troupes de montagne...

Les chasseurs alpins du 7e régiment du matériel ont escaladé la tour de la Part-Dieu ce mercredi après-midi pour fêter les 130 ans de cette unité des troupes de montagne...

Ils ont escaladé à mains nues la tour de la Part-Dieu.

Dans le cadre de la commémoration des 130 ans de la création des troupes de montagne, le 7e régiment du matériel a escaladé la tour de la Part-Dieu.
Quatre militaires se sont relayés tous les 35 mètres pour atteindre le sommet de la tour à mains nues.

Le «crayon» ou tour de la Part-Dieu culmine à 140 mètres.

Ils sont nombreux à s’arrêter en ce mercredi après-midi ensoleillé de juin. Il est vrai que le spectacle est plutôt inhabituel ! Quatre militaires s’apprêtent à escalader le « crayon », la tour emblématique de la Part-Dieu. Haute de 140 mètres, elle semble être un terrain de jeu parfait pour les hommes du 7e régiment du matériel.

Le régiment, qui compte 650 hommes, fête cette année les 130 ans de la création des troupes des montagnes (dont font partie les chasseurs alpins) et pour l’occasion, les soldats ont décidé de relever ce défi un peu fou. « Le but de cette opération, c’est vraiment de montrer les capacités du régiment comme l’escalade à mains nues », explique le colonel Laurent Kuntzmann.

Une occasion de montrer les capacités du 7e régiment

Certains s’interrogent sur les capacités que demande une telle ascension. « C’est sûr que ce n’est pas monsieur tout le monde qui peut le faire. Il faut avoir d’excellentes conditions physiques », ajoute le colonel.

Au pied de la tour, un stand a été installé pour répondre aux questions de chacun. « Et pourquoi pas déclencher des vocations ». Car l’objectif est également de faire connaître le régiment, le seul implanté à Lyon. « Nous n’avons pas pour vocation d’être des combattants mais nous nous occupons de monter du matériel et du personnel. On intervient sur les catastrophes naturelles par exemple », répond le militaire.

Le vent complique la tâche

Vers 14 heures, le premier grimpeur s’élance à mains nues. Il met à peine 10 minutes pour rejoindre le deuxième, qui se trouve 35 mètres plus haut. C’est là que les choses se compliquent un peu. Le vent souffle en rafale. « Il rend l’ascension plus difficile », annonce l’adjudant Raphaël, en lien direct avec les grimpeurs par talkie-walkie pendant toute la montée.

Le premier ayant attaqué la façade de biais, à cause des rafales de vent, le second n’a pas d’autres choix que de changer de tactique. Il décide alors de monter en escaladant la façade de face. Raphaël, qui suit toutes les opérations depuis le sol, s’inquiète un peu : « A cet instant on ne sait pas si le vent va permettre de continuer ».

Moins de 40 minutes pour escalader le « Crayon »

Après une ascension chaotique pour le second grimpeur, le troisième s’élance malgré les rafales qui sont de plus en plus fortes. « C’est le job. On n’a pas le choix ! Il faut y aller quand même », rappelle l’adjudant. Même s’il s’agit d’un exercice, les conditions restent les mêmes que pour n’importe quelle opération.

A plus de 100 mètres de haut, ce n’est pas encore terminé pour le dernier soldat. Il doit avant tout changer de fissure dans lequel il prend appui pour se hisser. Il prend le temps de longer la fenêtre avant d’attaquer la dernière partie. Le vent finit par se calmer et en moins de 40 minutes, le militaire atteint le sommet de la Tour Part-Dieu. S’il a le « luxe » de redescendre en ascenseur, les trois autres descendent en rappel sous les applaudissements des curieux.

Source : 20minutes.fr - Garance Ferrard

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mercredi 6 juin 2018

Armée de Terre : Recrutement des sous-officiers récemment rendus à la vie civile...

Au cours de ces trois dernières années, l’armée de Terre a recruté près de 46.000 soldats afin de pouvoir porter les effectifs de sa Force opérationnelle terrestre (FOT) à 77.000 hommes. Et, en 2018 encore, elle devra trouver 13.000 recrues supplémentaires.

Cet effort en matière de recrutement concerne également les cadres de l’armée de Terre. Ainsi, l’École nationale des sous-officiers d’active [ENSOA] de Saint-Maixent, qui recrute par voie directe et semi-directe, a vu son activité augmenter significativement, au point qu’il lui a fallu réactiver son cinquième bataillon d’élèves, dissous en 2005.

Cela étant, l’armée de Terre fait face à deux problèmes. Le premier porte sur la qualité des dossiers de recrutement, laquelle « s’érode », selon le général Jean-Pierre Bosser, son chef d’état-major. « Pendant vingt ans, l’armée de terre n’était jamais descendue en dessous du ratio d’un dossier utile sur deux ; aujourd’hui, le ratio se situe à un dossier utile sur 1,8. Cela met en exergue la question de l’attractivité du métier des armes et de nos parcours professionnels », avait-il expliqué lors d’une audition à l’Assemblée nationale, en octobre 2017.

Un second problème est que l’armée de Terre est confrontée à des « seuils critiques en matière de compétences ». Si ses effectifs sont suffisants, il n’en reste pas moins qu’il faut du temps pour former des cadres expérimentés. Le général Bosser avait ainsi estimé qu’il lui manquait « environ 3.000 sous-officiers supérieurs ».

« La remontée en puissance prend du temps, et nécessite un schéma d’anticipation dans le domaine des ressources humaines. Rien ne sert d’avoir de nouveaux chars, si nous n’avons pas de militaires pour les piloter et les diriger », avait souligné le CEMAT, lors de la même audition parlementaire.

D’où la politique de « réengagement » que vient de mettre en place l’armée de Terre, afin de «contribuer à la satisfaction globale de ses besoins en ressources humaines en volume et en qualité. »

En clair, il s’agit de permettre à des sous-officiers récemment rendus à la vie civile et disposant de «compétences recherchées » de « rempiler ».

« La conquête des qualifications est désormais un enjeu majeur des ressources humaines. Par cette campagne de recrutement, l’armée de Terre répond à cette problématique et participe à la réduction des déficits en sous-officiers supérieurs constatés dans certaines spécialités », explique le Sirpa Terre.

Cette « politique de réengagement » concerne exclusivement les sous-officiers qui ont quitté l’armée de Terre après la fin de leur contrat ou qui en ont démissionné « pour se reconvertir », à la condition qu’ils n’aient pas perdu leur aptitude et qu’ils ne cumulent pas 27 ans de service.

« Après réengagement, les sous-officiers récupèrent le grade qu’ils détenaient au moment de quitter le service et peuvent postuler à l’ensemble des examens ou concours ouverts à ses pairs », précise l’armée de Terre, qui ne dit cependant pas si une prime de « ‘réengagement » (comme il existe une prime d’engagement) est prévue.

Source : Zone Militaire

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dimanche 3 juin 2018

Infos FNCV : Du nouveau pour la carte du combattant AFN

Carte du Combattant aux militaires français en Algérie de 1962 à 1964... 

Par un communiqué daté du 27 mai 2018, Mme Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d’État auprès de la ministre des armées, a annoncé que le Premier ministre avait décidé d’attribuer, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019, aux militaires français déployés sur le territoire algérien entre le 1er juillet 1962 et le 1er juillet 1964, la carte du combattant.

Cette demande était portée depuis plusieurs années par notre fédération.

La FNCV a participé aux divers groupes de travail dont  les travaux ont permis cette avancée.

La retraite du combattant étant payée à terme échu le premier versement interviendra en juillet 2019.

Alain CLERC, président FNCV


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vendredi 1 juin 2018

Niger : Mort de quatre commandos américains par manque de préparation !

Manque de préparation et  négligences expliquent la mort de quatre commandos américains dans une embuscade au Niger...

Le 4 octobre 2017, une patrouille conjointe composée d’une dizaine de commandos des forces spéciales de l’US Army et soldats nigériens tombait dans une embuscade tendue par une centaine de combattants de l’État islamique au grand Sahara (EIGS) dans les environs immédiats du village de Tongo Tongo, près de la frontière séparant le Niger du Mali. Le bilan de cette attaque sera de 8 tués, dont 4 militaires américains.

Plus de six mois après les faits, le Pentagone a publié un résumé de 8 pages sur les 3.600 que compte le rapport d’enquête rédigé par le général Roger L. Cloutier Jr., le chef de l’état-major de l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique.

Tout d’abord, l’officier a souligné que « de nombreux actes de bravoure se sont produits ce jour-là », comme ceux du sergent La David Johnson, tué « en engageant activement l’ennemi » et en se « battant jusqu’à la fin ». Son corps ne sera retrouvé que 48 heures après l’attaque.

Aucun des quatre commandos américains du 3rd Special Forces Group n’a été capturé : ils ont été «tués au combat », après avoir « subi des blessures immédiatement mortelles ou rapidement mortelles», indique le rapport.

En mars, l’EIGS avait diffusé une vidéo de l’embuscade de Tongo Tongo. Selon le résumé qui en fut fait, elle montrait trois militaires américains, isolés, tomber un à un sous les balles des terroristes. L’un d’eux, a priori sérieusement touché, fut « achevé » par un terroriste. À l’époque, le Pentagone s’était insurgé contre la diffusion de ce film qui mêlait les images des caméras installées sur les casques des soldats américains à des séquences filmées par les jihadistes.

Quoi qu’il en soit, les commandos américains n’auraient jamais dû se trouver dans une telle situation, étant donné qu’ils n’avaient pas été suffisamment préparés pour la mission qui leur fut assignée, qui plus est conduite dans une région où 46 attaques avaient été signalées par les Nations unies.

Cette mission consistait à « trouver/surveiller et, si possible, capturer » un responsable de l’EIGS, en l’occurrence un certain Doundoun Cheffou, soupçonné d’être impliqué dans le rapt de Jeffrey Woodke, un travailleur humanitaire américain enlevé dans la région de Tahoua, en octobre 2016.

Or, les Bérets verts avaient été envoyés à Ouallam pour former des soldats nigériens et leur fournir une assistance en matière de contre-terrorisme. Mais seulement la moitié d’entre-eux avaient reçu « un entraînement collectif », affirme le rapport du Pentagone. En outre, aucun exercice n’avait été préalablement conduit avec les forces nigériennes.

Qui plus est, une telle mission n’aurait jamais dû être approuvée dans la mesure où sa description [concept des opérations, ou CONOPS] n’était qu’un copier-coller d’une autre menée précédemment. Ce qu’un « manque d’attention dans les détails » n’a pas permis de détecter, souligne le rapport. En outre, le niveau de commandement à qui elle a été adressée n’était pas approprié.

Aussi, insiste l’enquête du général Cloutier Jr, tous ces éléments « ont contribué à un manque général de prise de conscience de la situation et de supervision de la part du commandement à tous les échelons. » Il s’agit d’une combinaison « d’erreurs et de faiblesses individuelles, organisationnelles et institutionnelles », conclut le rapport.

Le bilan de l’embuscade de Tongo Tongo aurait pu être bien plus lourd sans l’intervention des forces françaises. Ces dernières ont reçu une demande d’appui aérien 53 minutes après le début des combats. Une patrouille de Mirage 2000 est arrivée 47 minutes plus tard. Ne pouvant pas intervenir directement étant donné la confusion sur le terrain, les pilotes français ont fait un « show of force » [démonstration de force], consistant à réaliser des passages à très basse altitude (au niveau de la cîme des arbres), lesquels ont contraint les jihadistes à prendre la fuite.

Source: Zone Militaire

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mardi 29 mai 2018

Fusillade : Trois morts en Belgique, dont 2 policiers à Liège... Terroriste ou forcené ?


Un homme a tué deux policiers à Liège (en Belgique) ce mardi matin. La piste terroriste est évoquée.

Un homme a tiré ce mardi matin vers 10h30 sur deux policiers devant un café à Liège, rapportent plusieurs médias belges francophones. Les deux policiers sont décédés. Un passant aurait également été tué, selon RTL.be.

Il a ensuite pris la fuite et pris une femme en otage dans un lycée proche. Il a été "neutralisé" par la police vers 11h. Selon la DH, l'auteur présumé aurait crié "Allahu akbar" avant d'être abattu.

Le bilan s'élèverait donc à 4 morts : 2 policiers, un passant et le tireur. Au moins deux autres personnes, des policiers selon la presse belge, ont été blessées.

Catherine Collignon, porte-parole du parquet fédéral, a, elle, fait état de deux blessés, en plus des deux policiers tués. Les circonstances des tirs sont encore "floues", a-t-elle souligné, tandis que la police de la ville a indiqué sur Facebook qu'il y avait eu une "prise d'otage".

Le quartier a été bouclé. Une quinzaine de véhicules de police sont sur place. On ignore pour l'instant les motivations du tueur. Selon la RTBF, la piste terroriste est privilégiée.

Source : Francetvinfo.fr / France 3 Région Hauts de France

Ndlr : Attentat de Liège - Le site d'information belge La Libre précise que selon le Parquet fédéral, suffisamment d'éléments permettaient de «considérer que le dossier [était] terroriste».
La « qualification d’infraction terroriste » est donc retenue, annonce le procureur du roi. Une instruction a été ouverte pour présomption d’infraction terroriste, sans plus d'information.

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dimanche 27 mai 2018

Charles de Gaulle voilé : La statue du Général “voilée” lors d'une cérémonie à Lourdes !

Mais que s'est-il passé à Lourdes lors du pèlerinage militaire international ?

Lors d'une cérémonie officielle en présence de la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq, la statue du général de Gaulle a été "emballée" pour d'obscures raisons.

A Lourdes, on sait sans doute mieux qu'ailleurs que les voies du Seigneur sont impénétrables mais on ignorait que celles de l'administration peuvent parfois l'être tout autant.

Car ce qui s'est passé le samedi 19 mai est assez incroyable : lors du Pélerinage Militaire International (PMI), une cérémonie au square Foch a eu lieu, en présence de la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq. Une cérémonie au cours de laquelle, la statue du Général de Gaulle qui se trouve à cet endroit a été "bâchée", "enveloppée", "voilée", etc...

Lors de la préparation de cette cérémonie, le 11 mai, l'idée avait été proposée, officiellement (selon un document préfectoral que nous avons consulté) par le représentant de la Délégation Militaire Départementale (DMD). Ce qui posait problème c'est que le square héberge deux statues qui se font face, celle de de Gaulle et celle du Maréchal Foch.


Voici ce qui est écrit sur le compte rendu de cette réunion préparatoire sur place :

"Dans la mesure où les deux statues qui composent le lieu se font face et afin d'éviter tout malentendu de positionnement vis à vis des délégations étrangères, la DMD a suggéré d'apposer un voile sur la statue du Général de Gaulle.

Cette dernière option n'est pas préconisée par la directrice de cabinet (NDLR : de la préfecture) en raison du risque de polémique que cela pourrait engendrer (extrait d'une note de la préfecture des Hautes-Pyrénées du 11 mai 2018)"


Aujourd'hui, la préfecture des Hautes-Pyrénées nous confirme que la préfète "n'a donné aucune instruction" pour voiler cette statue et a même "parfaitement déconseillé" de le faire. On imagine mal en effet, la représentante de l'Etat dans le département donner ce genre d'instruction, surtout en présence d'un membre du gouvernement !

En revanche, la préfecture indique ignorer totalement qui est à l'origine de cette couverture de la statue du général de Gaulle. La ville de Lourdes que nous avons cherché à joindre, ne nous avait pas encore répondu au moment de publier cet article.

Mise à jour du 24 mai :

La Fondation Charles de Gaulle a vivement réagi en demandant de "laver l'affront injuste" fait au général de Gaulle.

Jointe par France 3, la mairie de Lourdes parle d'une "maladresse partagée". Selon elle, les instructions de la préfète n'ont pas été transmises et les services municipaux, qui ont procédé aux installations, l'ont fait sous les ordres des militaires. Il s'agit d'une "boulette sans volonté de nuire". La ville se dit prête à trouver une solution, en accord avec la fondation Charles de Gaulle, pour honorer la mémoire du général et tourner la page.

Source : france3-regions.francetvinfo.fr  .3Occitanie

Ndlr : Une info en ce jour de Fête de Mère... La statue de Père voilée ! Restauration en cours, pour masquer des tags, une dégradation ou voile pudique ???!!!
Bonne Fête à toutes les maman ;-)

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samedi 26 mai 2018

Histoire - Indicatif "Clochette" : L'équipe médicale du 2e REP saute sur Kolwezi

« À l’impossible nul n’est tenu », dit-on. Pourtant, de la cuvette de Dien Bien Phu aux sables du Sahel, en passant par l’opération Bonite, c’est ce que font les médecins militaires affectés auprès des unités aéroportées de la Légion étrangère, pour sauver leurs camarades blessés au combat depuis 1948.

Justement, ce 20 mai 2018 marque le quarantième anniversaire de l’opération menée à Kolwezi par le 2e Régiment Étranger de Parachutistes (REP) de Calvi, qui est aujourd’hui la seule unité aéroportée de la Légion étrangère.

Le 11 mai 1978, environ 4.000 rebelles katangais, lourdement armés et transportés par le 2e division cubaine à travers la Zambie, s’emparent de Kolwezi, un ville stratégique au coeur du Katanga minier [Zaïre devenu « République démocratique du Congo »], et se livrent à des pillages et à des exactions contre les 3.000 ressortissants européens et la population locale. En trois jours, plus de 700 civils sont massacrés.

Devant la gravité de la situation, le président zaïrois, Joseph-Désiré Mobutu, demande l’aide de la France, de la Belgique et des États-Unis. À Paris, une intervention militaire – l’opération Bonite – est donc rapidement décidée. Dans la nuit du 17 au 18 mai, 700 légionnaires du 2e REP prennent la direction de Kinshasa, dont une équipe médicale de seulement 9 membres, dirigée par le médecin principal Jean-Noël Ferret.

Le 19 mai, une première vague de légionnaires saute sur Kolwezi. Seulement 4 membres de l’équipe médicale (le médecin, 2 infirmiers et un brancardier) équipés du strict minimum, en font partie. Et encore, leur présence n’est due qu’à un heureux concours de circonstances car elle n’était initialement pas prévue.

Une fois au sol, l’équipe médicale installe immédiatement un poste de secours de fortune afin de soigner les trois premiers blessés de l’opération, victimes d’incidents lors du saut.

L’objectif prioritaire est alors l’hôpital de la Gécamines [nom de la compagnie minière de Kolwezi]. Seulement, il a été saccagé et pillé par les rebelles. Heureusement, une clinique, toute proche, a été épargnée. Son ambulance 504 Peugeot est réquisitionnée par l’équipe médicale du 2e REP afin de pouvoir évacuer les blessés.

En fin d’après-midi, un poste de secours est installé avec le PC du 2e REP dans l’enceinte d’un lycée. Le lendemain, dès l’aube, une deuxième vague de légionnaires saute à son tour. Cette fois, l’équipe du médecin-principal Ferret est au complet, avec la totalité de son matériel. Là encore, elle s’emploie sans tarder à soigner quatre parachutistes qui, victimes d’un incident de saut, souffrent de fractures.

Puis viennent les premiers blessés au combat. Grâce à l’ambulance réquisitionnée, le médecin-principal Ferret peut les évacuer vers l’aéroport de Kolwezi, où les paras-commandos belges ont installé une antenne médico-chirurgicale, chargée d’accueillir les ressortissants européens évacués. Mais ce déploiement sera de courte durée : le 21 mai, le détachement belge se replie, avec les quelques médecins et chirurgiens civils travaillant à Kolwezi…

Le 2e REP devra donc faire sans soutien chirurgical et ses blessés devront attendre plusieurs heures avec d’être évacués vers Lumbumbashi ou Kinshasa par les Transall C-160 de l’armée de l’Air. Dans le même temps, le médecin-principal Ferret demande l’envoi de son adjoint, le médecin des armées Jean-Louis Morcillo. Ce dernier arrivera le 26 mai.

Entretemps, l’équipe du médecin-principal Ferret s’active auprès des légionnaires blessés au gré des accrochages avec les rebelles katangais. Malheureusement, les circonstances feront que tous ne pourront pas être sauvés, comme le caporal Jules Harte, qui, souffrant d’une grave blessure, décèdera avant son admission à l’hôpital de Kinshasa, son évacuation sanitaire ayant pris trop temps.

À la fin de l’opération Bonite, le 2e REP déplore 5 tués au combat et une vingtaine de blessés. Plus d’une centaine de légionnaires ont été soignés par l’équipe médicale du régiment pour des problèmes médicaux (hyperthermies, diarrhées de type salmonellose, infections palustres). Si cette intervention a été un succès (2.200 Européens sauvés, de même que 3.000 civils africains), elle a révélé une logistique médicale inadaptée (sous-dimensionnement des équipements médicaux, sous-effectif de l’équipe médicale, absence d’une antenne chirurgicale). Ce constat sera à l’origine d’importantes améliorations par la suite.

Le dévouement de l’équipe médicale dirigée par le médecin-principal Ferret n’est qu’un exemple pris parmi ceux décrits par le livre « Indicatif Clochette », dédiés aux membres du Service de Santé des Armées (SSA) qui ont servi auprès des unités aéroportées de la Légion étrangère depuis 1948.

D’ailleurs, la dernière commémoration de la bataille de Camerone, le 30 avril 2018, leur a rendu hommage, la main articulée du capitaine Danjou ayant été portée par le médecin-colonel (er) Jean-Louis Rondy, qui fut médecin-lieutenant au 1er bataillon étranger parachutiste pendant toute la bataille de Dien-Bien-Phu.

Cet ouvrage, que l’on doit au médecin en chef Luc Aigle, est une mine d’informations sur ces médecins au service des légionnaires-parachutistes. Outre des portraits de certains d’entre eux (qui ne peuvent susciter que de l’admiration), ce livre est émaillée de photographies souvent inédites. Évoquant des opérations récentes (dont Sangaris et Barkhane), il fait la part belle aux anecdotes, dont certaines donnent un peu de légèreté à un sujet grave.

Car comme le rappelle le général Jean Maurin, le commandant de la Légion étrangère (COM. LE), « au cours des guerres et en opérations extérieures, vingt et un médecins sont morts au combat dans nos rangs, et l’avant dernier nom d’officier inscrit sur les murs de la crypte d’Aubagne est celui d’un ‘Clochette’! ».

Source : Zone Militaire

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mercredi 23 mai 2018

Marine nationale : Le porte-avions Charles de Gaulle remis à flot...

Après quinze mois passés en cale sèche pour son second arrêt technique majeur (ATM), le porte-avions Charles de Gaulle a quitté le bassin Vauban, à Toulon, le 16 mai 2018. Le premier détail qui saute aux yeux est sa coque, qui, repeinte, est comme neuve.

Mais au-delà de ce côté anecdotique, le navire amiral de la Marine nationale dispose désormais d’une passerelle de défense à vue réaménagée, d’un Système d’exploitation navale des informations tactiques [SENIT 8] et de réseaux informatiques modernisés, avec une « maîtrise renforcée du risque ‘cyber' ».

Les radars du porte-avions ont été changés, le SMART S [surveillance aérienne et surface – Thales] ayant remplacé le DRJB-11B, d’une portée moindre tandis que le radar de navigation DRBN-34 a été démonté pour faire la place au SCANTER 6002. Et un nouveau système optronique multifonction, l’EOMS NG de Safran, a été installé.

Étant donné que les Super Étendard Modernisés ont été retirés du service, les bancs d’essais  de ces derniers ont été remplacés par d’autres, dédiés aux Rafale, avec le souci d’optimiser l’espace disponible pour assurer la maintenance. Une nouvelle optique d’appontage IFLOLS (Improved Fresnel Lens Optical Landing System) a été installée tandis que la PFOA [plate-forme « officier d’Appontage »] a été modernisée.

Dans le même temps, le Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage (SATRAP), qui compte 4 ailerons de stabilisation, 2 gouvernails et 12 trains COGITE (Compensation de la GITE), a été révisé.

Un autre gros morceau de cet ATM a concerné la propulsion du navire. Le combustible de ses deux chaufferies nucléaires a donc été remplacé » et les circuits alimentant les chaudières ont été passés au peigne fin.

« La sortie de bassin du navire est une étape sensible du fait du tonnage du bâtiment ; elle nécessite une bonne coordination de tous les acteurs sur le site. La phase suivante consiste à poursuivre à flot les travaux ainsi que les essais de bon fonctionnement des installations », précise Naval Group, qui conduit les travaux.

La dernière étape consistera à mener des essais en mer. « En premier lieu, ce sont les capacités de navigation du porte-avions qui seront validées, puis les installations liées aux aéronefs et, enfin, le système de combat », précise la Marine nationale. Et, Si tout va bien, la remontée en puissance du porte-avions se fera à l’automne prochain, afin qu’il puisse être opérationnel au début de l’année 2019.

En attendant, le groupe aérien embarqué (Gaé) continue son entraînement à bord du porte-avions américain USS George H.W Bush au large de Norfolk, dans le cadre de la mission « Chesapeake » tandis que l’équipage continue de suivre des formations relatives à la mise en oeuvre des nouveaux systèmes de navigation et de combat.

À ce sujet, la Marine nationale précise que les « formations en simulateur vont désormais davantage laisser la place aux différentes activités d’entraînement à bord avec, en perspective, la validation des qualifications de l’équipage. »

Cette refonte à mi-vie du porte-avions Charles de Gaulle, qui coûte 1,3 milliard d’euros, représente plus de 4 millions d’heures de travail, dont 1,8 million d’ingénierie et de conception. Ce chantier mobilise chaque jours plus 2.100 personnes, dont les 1.100 marins de l’équipage et 160 entreprises sous-traitantes. Près de 200.000 tâches sont à effectuer, de même que 2.000 tests et essais.

Photo : Marine nationale - Source: Zone Militaire

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samedi 19 mai 2018

Guerre contre Daesch : L'aviation française a effectué plus de 8000 sorties aériennes contre l'Etat islamique

Le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, le colonel Ryan Dillon, a fait état d’une hausse du nombre de frappes aériennes contre des positions occupées par l’État islamique (EI ou Daesh) en Syrie au cours quinze derniers jours. Ainsi, lors de la dernière semaine, 14 raids ont été effectués, a priori par des avions américains étant donné que les aviateurs français de l’opération Chammal n’ont délivré aucune munition entre le 18 et le 24 avril.

Cependant, les appareils de l’armée de l’Air (et l’Atlantique 2 de la Marine nationale) ont assuré 21 sorties aériennes « en appui des forces locales engagées au sol » au cours de la période considérée. Et c’est ainsi que le seuil des 8.000 sorties a été franchi le 23 avril dernier, à l’occasion d’une mission conduite en appui des Forces démocratiques syriennes (FDS) par une patrouille de Rafale ayant décollé la base aérienne projetée H5 en Jordanie.

« Ce chiffre rappelle l’ampleur et l’intensité de l’engagement français dans la lutte contre Daesh depuis septembre 2014, un engagement notamment marqué par la création d’une base aérienne projetée en Jordanie dès les premiers mois de l’opération […] ainsi que par 3 engagements du groupe aéronaval », a souligné le ministère des Armées.

L’aviation française (armée de l’Air et aéronautique navale) réalise quatre types de missions, qui vont du « renseignement dans la profondeur », pour « cartographier » l’adversaire et élaborer des dossiers d’objectifs, aux frappes planifiées et d’opportunité, en passant par le ravitaillement en vol, la coordination et le contrôle (C2) ou encore le transport (8.500 tonnes de fret acheminées depuis la France et entre les différents « spots » Chammal).

Et cela, dans un environnement particulièrement compliqué, notamment dans ciel syrien. «L’imbrication des forces au sol est de plus en plus marquée, au fur et à mesure que l’étau se resserre sur Daesh en Syrie. Il en est de même dans les airs. Les avions de la coalition évoluent désormais quotidiennement dans un mouchoir de poche à proximité des Sukhoï russes et des Mig syriens, tout cela au coeur des systèmes de défense sol-air des forces armées russes et syriennes », avait expliqué, en octobre dernier, le général André Lanata, le chef d’état-major de l’armée de l’Air.

Encore récemment, l’État-major des armées (EMA) donnait le détail précis du nombre d’avions engagés dans l’opération Chammal. Ce n’est désormais plus le cas puisqu’il parle maintenant d’une « dizaine d’appareils, essentiellement des Rafale. »

Or, à la fin de l’année 2017, il était question de réduire le format de la force Chammal, le président Macron ayant assuré que la guerre contre l’EI serait terminée d’ici la fin février 2018. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, les opérations continuent dans la mesure où l’organisation jihadiste a maintenu ses positions à la frontière irako-syrienne, profitant de l’offensive turque à Afrin, laquelle a détourné les Forces démocratiques syriennes (FDS).

« La France restera engagée aussi longtemps que nécessaire auprès de la coalition internationale, des autorités irakiennes et des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde) », a affirmé, le 26 avril, le président Macron, à la fin d’une conférence internationale contre le financement du terrorisme. « Cette bataille militaire contre Daesh se poursuivra jusqu’à son terme et sous toutes les formes nécessaires pour empêcher de reconstituer quelque marge de manoeuvre que ce soit », a-t-il insisté.

« Ne nous trompons pas, Daesh fera tout ce qui est en son pouvoir pour miner les efforts de l’Irak dans son travail de reconstruction d’un Etat viable et d’une société apaisée, et ces groupements terroristes feront tout dans la durée pour que la Syrie ne soit pas un Etat stable », a encore averti M. Macron.

Source : Zone Militaire - Photo : EMA/ Ministère des Armées

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mercredi 16 mai 2018

Syrie : Renforcement des Forces spéciales françaises

Le chef du Pentagone révèle que les forces spéciales françaises ont été renforcées en Syrie

Fin mars 2018, à l’issue d’une rencontre entre le président Macron, des représentants d’une délégation des Forces démocratiques syriennes, composées de milices kurdes et de groupes arabes armés, annoncèrent que la France allait renforcer sa présence militaire à Manbij, localité alors menacée par l’opération turque « Rameau d’olivier ». Et cela supposait le renfort des forces spéciales françaises déjà déployées en Syrie.

Plus tard, une source, à l’Élysée, précisa que « si le président [Macron] estimait que, pour atteindre nos objectifs contre Daesh, on avait besoin un moment donné de re-proportionner notre intervention militaire, il faudrait le faire, mais ce serait dans le cadre existant » de la coalition.

Et puis on en resta là, le ministère des Armées étant toujours très discret dès qu’il est question des missions assignées au Commandement des opérations spéciales (COS).

Lors de la conférence de presse qu’il a donnée aux côtés du président Trump lors de sa visite officielle à Washington, M. Macron a indiqué que la France avait « décidé d’augmenter sa contribution à la coalition » anti-jihadiste, avant de souligner qu’elle restait « totalement impliquée dans la lutte contre Daesh [EI ou État islamique] ».

Comme, les moyens aériens de l’opération Chammal n’avaient pas été renforcés et qu’il n’était pas question d’envoyer en Irak plus d’artilleurs [TF Wagram] et d’instructeurs [TF Monsabert et TF Narvik], l’on pouvait penser que cette « augmentation » de la contribution française à la coalition concernait le COS.

Ce que le chef du Pentagone, James Mattis, a confirmé, ce 26 avril. « Les Français nous ont renforcés en Syrie avec des forces spéciales au cours des deux dernières semaines », a-t-il en effet indiqué, lors d’une audition au Congrès.

Par ailleurs, et s’agissant du désir de M. Trump de retirer les troupes américaines de Syrie « très bientôt», M. Mattis a mis les choses au clair. « À l’heure actuelle, nous ne nous retirons pas », a-t-il dit. « Vous allez assister à un nouvel effort dans la vallée de l’Euphrate dans les jours qui viennent contre ce qui reste du califat » de l’EI, a-t-il même assuré.

Le combat contre l’EI « est en cours », a insisté le chef du Pentagone, avant de souligner que les opérations de la coalition seraient prochainement plus « nombreuses du côté irakien de la frontière. »

Source: Zone Militaire

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dimanche 13 mai 2018

Paris : Attentat terroriste au couteau revendiqué par Daesch l'Etat islamique !

Attentat au couteau à Paris : un mort, des blessés graves !

Une personne tuée à Paris dans une agression au couteau, le parquet antiterroriste saisi

L’homme qui a tué un passant et blessé quatre personnes samedi soir dans le centre de Paris avant d’être abattu par les forces de l’ordre était né en 1997 en Tchétchénie.

L’attaque au couteau à Paris revendiquée par le groupe Etat islamique, et qui a coûté la vie, samedi 12 mai, à un passant, a été perpétrée par un Français né en 1997 en Tchétchénie, dont les parents ont été placés dimanche en garde à vue.

Comment s’est déroulée l’attaque ?

Peu avant 21 heures samedi soir, un homme a commencé à attaquer des passants avec un couteau. L’attaque s’est déroulée rue Monsigny, dans le 2e arrondissement de Paris, près de l’Opéra Garnier. Il s’agit d’un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir.

Quelques minutes plus tard, une patrouille de policiers a intercepté l’assaillant. Un policier a fait usage d’un pistolet à impulsions électriques pour le maîtriser. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement.

Qui sont les victimes ?

Un passant, âgé de 29 ans, a été tué. Un homme de 34 ans a été transporté en « urgence absolue » à l’hôpital parisien Georges Pompidou et une femme de 54 ans a aussi été grièvement blessée. Une femme de 26 ans et un homme de 31 ans l’ont été plus légèrement.

« La personne la plus grièvement blessée (…) va mieux », elle « a été opérée et donc aujourd’hui elle est sauvée », a déclaré dans la nuit le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui s’est rendu à l’hôpital Georges Pompidou. « Deux de ses amis sont dans un autre hôpital, ils sont totalement hors de danger. Une quatrième personne qui avait été blessée est aussi hors de danger », a-t-il ajouté.

Qui est l’assaillant ?

Le jeune homme « est un Français né en Tchétchénie en 1997. Son père et sa mère ont été placés en garde à vue dimanche matin », a déclaré à l’Agence France-Presse une source judiciaire. « Il n’avait pas d’antécédent judiciaire », a-t-elle ajouté.

« A ce stade et sur la foi d’une part de témoignages faisant état du fait que l’agresseur a crié Allah Akbar” en attaquant les passants au couteau », et « compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris », a déclaré le procureur de la République François Molins samedi soir. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, présidera une réunion d’état-major, dimanche 13 mai, à 10 heures.

Quelle revendication ?

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat, rapporte le SITE Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes.

« L’auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l’Etat islamique et l’opération a été menée en représailles envers les Etats de la coalition » internationale antidjihadiste en Irak et en Syrie, a déclaré une « source sécuritaire » à Amaq, l’agence de propagande de l’EI.

Le contexte

Cette attaque intervient sept semaines après celles du 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude), qui avaient porté à 245 le nombre de victimes tuées dans les attentats sur le sol français depuis 2015. Des attaques ont déjà été menées au couteau, notamment à Marseille en octobre 2017. La France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l’EI.

Source : LeMonde.fr

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mercredi 9 mai 2018

République Centrafricaine : Des Spetnasz à BANGUI... La Russie étend son influence !

Malgré la présence de près de 13.000 Casques bleus de la MINUSCA [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la République centrafricaine, le contexte sécuritaire demeure tendu en Centrafrique.

Ainsi, le 10 avril 2018, et pour la première fois depuis 2016, une vingtaine de personnes ont été tuées lors d’affrontements entre une patrouille de la MINUSCA et une milice « d’autodéfense » autoproclamée au quartier musulman PK5 à Bangui.

Deux semaines plus tard, les Casques bleus ont été contraints d’intervenir pour arrêter la progression d’un nouveau groupe armé, appelé « Siriri », en direction de la localité de Gamboula, dans le sud-ouest du pays. Ce qui a donné lieu à de nouveaux combats ayant fait plusieurs morts parmi les rebelles.

Entre-temps, deux autres groupes armés issus de l’ex-coalition rebelle de la Séléka, à savoir le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et le Front Populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC, dirigé par Noureddine Adam), ont mis en place une « coordination militaire » n’excluant pas de « descendre sur Bangui » depuis Kaga-Bandoro, à 330 km au nord.

Une autre organisation, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), pourrait se joindre à ce mouvement alors qu’il y a peu, son chef, Ali Darass, était encore en froid avec certains dirigeants de l’ex-Séléka. Ces différents groupes armés forment des alliances au gré de leurs intérêts et comptent mettre la main sur les ressources naturelles du pays, sur fond d’influences extérieures. Ainsi, le FPRC a été choisi par le groupe chinois Poly Technologies pour la protection des activités de prospection en hydrocarbures dans le nord-est de la République centrafricaine.

Mais un autre pays entend accroître son influence en Centrafrique. Alors que le président centrafricain, Faustin-Archange Touadera, a récemment réclamé un nouveau renforcement de la MINUSCA, il se murmure que la Russie serait prête à envoyer des Casques bleus à Bangui. Du moins, c’est qu’a assuré une source diplomatique à l’AFP, le 25 avril.

Cependant, cela fait déjà maintenant plusieurs semaines que la Russie a une présence « militaire » à Bangui… Tout a commencé en octobre 2017, lors d’une rencontre entre le président centrafricain et Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. À l’issue, Moscou a demandé une dérogation à l’embargo sur les armes imposés à la Centrafrique auprès du Conseil de sécurité des Nations unies.

Et, après quelques tergiversations, dues à des réticences françaises [ex-puissance coloniale, la France avait lancé l’opération Sangaris en décembre 2013 pour éviter un massacre à Bangui], le feu vert a été donné à la Russie pour livrer aux forces armée centrafricaines (FACa) « 900 pistolets Makarov, 5.200 fusils d’assaut, 140 armes de précision, 840 fusils mitrailleurs, 270 lance-roquettes et 20 armes anti-aériennes ».

Ces armes ne sont pas arrivées seules à Bangui car elles ont été accompagnées par près de 200 instructeurs russes, dont on ignore exactement le statut officiel. Pour certains, ce seraient des mercenaires employés par les sociétés privées Sewa Security Services et Lobaye Ltd? Pour d’autres, ils feraient parties des Spetnasz, les forces spéciales russes. En tout cas, ces hommes à « l’allure militaire», ont pris possession du domaine de Bérengo (40 hectares), qui fut autrefois celui de l’empereur autoproclamé Bokassa.

Depuis la livraison de ces armes, les Russes ont accru leur influence à Bangui, au point que la sécurité rapprochée du président Touadera n’est plus assurée par des Casques bleus [rwandais] de la MINUSCA mais par une quarantaine d’hommes présentés comme étant des membres des forces spéciales russes.

« Nous avons jugé nécessaire de renforcer la sécurité autour du président et les Russes, avec qui nous entamons une coopération militaire, sont les mieux placés », a ainsi expliqué une source de la présidente centrafricaine à Jeune Afrique. En outre, le président Touadera aurait désormais un «conseiller-sécurité russe» auprès de lui, en la personne d’un certain Valeri Zakarov.

Et lors des heurts du 10 avril dernier, à Bangui, un « militaire russe » a été vu dans un véhicule de la gendarmerie centrafricaine au PK5. Ce qui a suscité des interrogations parmi les habitants. Aussi, il y a deux jours, sans doute pour s’attirer leurs bonnes grâces, des « ressortissants russes », en civil, ont distribué de l’aide alimentaire à 11 chefs de quartier.

La présence russe en Centrafrique n’est pas désintéressée : l’idée de Moscou est d’avoir un accès aux ressources naturelles du pays, dont l’uranium, des contrats de prospection minière ayant été conclus avec Bangui.

Reste à voir ce que fera la France dans ce jeu d’influence en Centrafrique, qui intéresse aussi les États-Unis, ces derniers ayant débloqué 10,4 millions d’euros pour équiper les FACa en véhicules et autres matériels de communication. L’Union européenne est aussi présente, via la mission EUFOR RCA, qui vise à former des bataillons centrafricains.

Source : Zone Militaire

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